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LE MINISTERE DU PARFAIT SERVITEUR
Dans le dernier paragraphe du chapitre, le Seigneur montre que les liens de la chair doivent maintenant être mis de côté pour faire place aux liens spirituels. Ceux qui sont véritablement les membres de sa famille (celle de la foi), ce sont ceux qui ont une relation vitale avec Lui ; en écoutant la Parole et en obéissant à la volonté de Dieu, ils manifestent leur appartenance au Seigneur (v. 34-35).
4.1 : La contestation du ministère du Seigneur par ses proches et par les scribes (v. 20-22)
Le Seigneur est toujours prêt à répondre aux besoins de ceux qu'Il laisse s'approcher de Lui. Il commence aussitôt à les enseigner, sans même prendre le temps de manger ! (v. 20).
Les proches de Jésus ne le comprennent pas et l'accusent même d'être « hors de sens » (v. 21). Ils restent insensibles à la gloire morale du Fils de Dieu ; au lieu d'admirer le dévouement du parfait serviteur qui s'oublie lui-même pour s'occuper des foules, ils sont persuadés qu'il faut « se saisir de lui ». Combien les pensées des hommes qui ne reconnaissent pas la divinité de Christ diffèrent de celles de Dieu ?
Jésus rencontre une plus grande opposition encore de la part des scribes venus de Jérusalem. Ne pouvant nier la puissance par laquelle Il chassait les démons, ils l'attribuent à Satan lui-même : « Par le chef des démons, il chasse les démons » (v. 22), disent-ils.
Ainsi, par cette déclaration que l'on trouve dans deux autres évangiles (Matt. 12 : 24 ; Luc 11 : 15), le rejet du Seigneur par les chefs du peuple est prononcé ; elle marque un tournant dans le ministère de Jésus. Quelle douleur une telle incompréhension a dû produire dans son coeur, alors que s'accomplissaient les déclarations prophétiques : « les calomniateurs se sont rassemblés contre moi... ils ont grincé les dents contre moi » (Ps. 35 : 15-16).
Le Seigneur n'a pas demandé la vengeance de ses opposants, mais Il va leur montrer la folie de ce qu'ils affirment.
4.2 : L'allégorie de l'homme fort (v. 23-27)
Dans sa sagesse, Jésus, réalisant la double exhortation donnée dans le livre des Proverbes (26 : 4-5), ne peut laisser passer l'injure adressée à Dieu et à l'Esprit Saint. Il intervient aussitôt et démontre aux scribes le non-sens de leur affirmation par cet argument simple : « Comment Satan peut-il chasser Satan ? » (v. 23). Puis, en se servant d'une parabole (v. 27), Il déclare quel est le secret de sa puissance et de sa victoire sur Satan. Afin de délivrer l'homme du pouvoir de « l'homme fort » (qui est le diable), Jésus a dû entrer dans sa maison et le lier. C'est ce qui a été accompli lors des tentations au désert ; là, l'Homme parfait, qui mettait en pratique toute parole de Dieu (Matt. 4 : 4), a vaincu et lié l'ennemi. A la croix, Satan sera « rendu impuissant » (Héb. 2 : 14), son pouvoir sera brisé. Tous ceux qui croient en Christ sont délivrés de son esclavage ; leur délivrance complète aura lieu à la venue du Seigneur (1 Thes. 4 : 17).
La puissance par laquelle Jésus chassait les démons était donc celle par laquelle Il avait triomphé de leur chef. Désormais, Il pouvait entrer dans le domaine de « l'homme fort » et « proclamer aux captifs la délivrance » (Luc 4 : 19).
Vainqueur de Satan et de la mort, élevé dans la gloire, Jésus invite encore aujourd'hui tous les hommes à venir à Lui, « pour qu'ils se tournent des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan à Dieu » (Act. 26 : 18).
4.3 : Le péché contre le Saint Esprit (v. 28-30)
Attribuer l'activité accomplie par le Seigneur à la puissance de Satan était d'une extrême gravité : c'était un blasphème contre le Saint Esprit, la puissance par laquelle Jésus agissait. Aussi Jésus doit-il annoncer que « quiconque proférera des paroles injurieuses contre l'Esprit Saint n'aura jamais de pardon : il est passible du jugement éternel » (v. 29).
La mention d'un péché qui ne peut être pardonné risque d'être particulièrement troublante pour des croyants. Nous devons comprendre que le péché contre le Saint Esprit suppose un état d'endurcissement extrême, tel que celui des scribes rapporté ici. Il ne concerne pas un chrétien qui pourrait être anxieux au sujet de l'état de son âme ou qui craindrait d'avoir prononcé une parole qui ne pourrait pas être pardonnée. Comment pourrait-on mettre en doute la grâce de Dieu ? « Si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité », car « le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1 : 7, 9).
4.4 : La relation vitale avec Jésus (v. 31-35)
La scène qui vient de se produire, avec le blasphème formulé par les scribes, témoigne qu'il n'y a pas de relation possible entre Dieu et l'homme qui le rejette. Le Seigneur ne peut pas trouver de fruit dans sa vigne, parmi le peuple auquel Il s'est adressé jusqu'à maintenant. « Sa mère et ses frères », qui ici représentent le peuple juif, se tiennent dehors (v. 31a).
Le Seigneur s'adresse maintenant à ses frères et à sa mère qui l'ont fait appeler (v. 31b) : Il leur déclare qu'Il n'a plus de relation avec eux. Celle qu'Il a selon sa naissance est interrompue, à cause du rejet que les chefs du peuple lui ont manifesté.
Plus tard, l'auteur de l'épître aux Jébreux écrira : « ... Celui qui sanctifie et ceux qui sont sactifiés sont tous d'un : c'est pourquoi il n'a pas honte de les appeler frères... » (Héb. 2 : 11).
Le Seigneur considère comme membres de sa famille ceux qui ont reçu avec foi sa Parole ; en Lui obéissant, ils accomplissent la volonté divine que cette Parole exprime. Ils peuvent produire les fruits que Dieu attend des siens.
L'apôtre avait aussi considéré ses privilèges personnels de race ou de religion comme des éléments entravant sa course chrétienne ; il les avait abandonnés afin de gagner Christ lui-même ! (Phil. 3 : 4-8).
Luc précise : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique » (Luc 8 : 21). Il ne suffit pas d'entendre, il faut pratiquer ! « Mettez la parole en pratique, et ne l'écoutez pas seulement, vous séduisant vous-mêmes », dit Jacques (Jac. 1 : 22).
Le Seigneur n'annule nullement ici la valeur des relations naturelles qu'Il a lui-même établies ; celles-ci sont pour la vie terrestre, alors que les relations spirituelles appartiennent à une sphère absolument différente et indépendante de la nature humaine.
Pour faire la volonté de Dieu, il faut la connaître ; pour cela, il faut donc l'avoir vraiment entendue. Dans le chapitre 4, le Seigneur va « encore » s'adresser aux foules, afin de les enseigner par des paraboles.
A la suite du blasphème contre le Saint Esprit prononcé par les scribes au chapitre précédent, le Seigneur établit une distance avec son peuple qui le rejette. Il ne peut plus reconnaître les relations naturelles qu'Il avait avec Israël (ses « proches »). Désormais, ce sont ceux qui font la volonté de Dieu qui sont sa mère et ses frères (3 : 34), c'est-à-dire ceux auxquels une nouvelle vie est communiquée par la foi.
Jésus quitte la « maison » image d'Israël pour se rendre près de la « mer », image de tous les peuples de la terre, les nations. C'est parmi ceux-ci que la grâce de Dieu, rejetée par Israël, va opérer désormais.
Le Seigneur continue pourtant à dispenser son enseignement devant la foule qui s'est rassemblée auprès de Lui : « il leur enseignait beaucoup de choses par des paraboles » (v. 2). En raison de l'état d'esprit de ceux qui l'ont déjà rejeté, Il n'emploie plus le même langage : son enseignement devient plus difficile à déchiffrer, car il doit être reçu par la foi.
Par la parabole du semeur, Jésus va montrer la nécessité pour lui-même de semer dans les coeurs la Parole de Dieu ; celle-ci produira des fruits que l'homme naturel sans la vie de Dieu est incapable de porter.
5.1 : La parabole du semeur et son explication (v. 1-20)
Cette première parabole se trouve aussi en Matthieu (13 : 3-23) et Luc (8 : 4-15).
Avant d'exposer la parabole, le Seigneur dit : « Ecoutez » (v. 2) ; puis, Il dit encore : « Qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende (v. 9). L'enseignement du divin Prophète, qui constitue la partie essentielle de son ministère, doit être écouté. C'est ce que Dieu demande aux hommes : « Ecoutez-moi attentivement » (Es. 55 : 2). « Bienheureux l'homme qui m'écoute » (Prov. 8 : 34). De la part de l'Eternel, Jérémie annonçait la bénédiction sur Jérusalem : « Si vous m'écoutez attentivement... alors... cette ville sera habitée à toujours... » (Jér. 17 : 24-25).
A nouveau seul avec ses disciples, Jésus répond à leur demande en leur donnant l'explication de la parabole du semeur. Si nous désirons, comme eux, être enseignés, Il mettra aussi à notre portée le « mystère du royaume de Dieu » (v. 11), les choses qui demeurent cachées aux raisonneurs et aux sceptiques, mais qui sont révélées aux « petits enfants » (Matt. 11 : 25).
Auparavant, par une citation du prophète Esaïe, le Seigneur confirme son rejet par Israël. Les chefs du peuple ayant refusé son témoignage, les enseignements du Seigneur leur demeurent incompréhensibles. Esaïe avait justement annoncé ce jugement du peuple incrédule qui est rappelé ici : « afin qu'en voyant ils voient et n'aperçoivent pas, et qu'en entendant, ils entendent et ne comprennent pas » (v. 12 ; Es. 6 : 9-10). Après la venue du Seigneur, il en sera de même pour les chrétiens apostats auxquels Dieu enverra « une énergie d'erreur, pour qu'ils croient au mensonge... » parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés (2 Thes. 2 : 10-11).
Quel privilège pour nous qui avons par grâce obtenu le pardon de nos péchés de nous rendre à des réunions chrétiennes où le Seigneur nous invite nous aussi autour de Lui pour lire et méditer les Saintes Ecritures.
La parabole du semeur que le Seigneur explique maintenant à ses disciples constitue le point de départ de tout son enseignement (v. 13), car pour le recevoir, il faut que l'Evangile ait véritablement pris racine dans le coeur.
- « le long du chemin » (v. 4, 15) : le chemin représente un coeur soumis aux influences du monde, endurci par l'habitude et la distraction, tel un lieu où l'on passe et repasse continuellement. Ainsi, la Parole de Dieu est entendue mais la semence ne peut pénétrer dans le coeur qui demeure fermé et Satan (figuré par les oiseaux) s'empresse de la ravir.
- « le terrain rocailleux » (v. 5-6, 16-17) : la rocaille est dure intérieurement, même si quelque terre s'y est mêlée : peut-être des sentiments charitables ou un certain intérêt religieux.... On a reçu la Parole « avec joie », mais ce n'est que superficiel : la conscience n'est pas vraiment réveillée, l'âme n'a pas été régénérée. Quand le soleil de la tribulation ou de la persécution se lève, la plante se dessèche, manifestant qu'aucun fruit ne pouvait être produit.
- « parmi les épines » (v. 7, 18-19) : la germination de la graine, puis le développement de la tige ont eu lieu, mais le terrain est encombré d'épines qui empêchent la plante de se développer et finissent par l'étouffer complètement. Les « soucis du monde », la « tromperie des richesses » et les « convoitises » ont accaparé celui qui, malgré une certaine apparence, ne possède pas la vie de Dieu.
- « la bonne terre » (v. 8, 20) : seul ce terrain porte du fruit. Il s'agit d'une « bonne terre », c'est-à-dire d'un coeur « travaillé » par l'action de la Parole, pouvant recevoir la semence divine. La quantité de fruits produits est croissante : « l'un trente, un autre soixante et un autre cent » (v. 20), car Marc présente l'oeuvre du divin Semeur désirant toujours plus de fruit (Jean 15 : 2, 8). A chaque « saison » lors de la jeunesse, de l'âge mûr ou de la vieillesse) correspond également un fruit (Ps. 1 : 3). A quelque âge que nous soyons, cette promesse demeure : « Ceux qui sont plantés dans la maison de l'Eternel fleuriront dans les parvis de notre Dieu. Ils porteront du fruit encore dans la blancje vieillesse, ... afin d'annoncer que l'Eternel est droit... » (Ps. 92 : 13-14).
Ceux qui sont semés sur la bonne terre « entendent la Parole :
- ils « portent du fruit » (v. 20).
5.2 : L'image de la lampe (v. 21-25)
L'enseignement que le Seigneur donne dans ces versets s'applique à ceux qui ont reçu la Parole : la semence divine ayant pénétré le coeur du croyant, il est une « lampe » qui peut répandre de la lumière.
Jésus dit : « La lampe vient-elle pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour être mise sur le pied de lampe ? ». L'ennemi cherche à empêcher la lumière de briller et suscite des obstacles.
Ainsi, au lieu d'être placée sur le pied de lampe, la lumière peut être mise :
- « sous le boisseau » : cette ancienne unité de mesure pour les liquides ou les céréales nous parle d'activité extérieure, des affaires, de notre métier... Si nous sommes complètement absorbés par notre travail, la lumière divine pourra-t-elle vraiment briller ? Désirons, au contraire, être « des luminaires dans le monde, présentant la parole de vie », au sein des ténèbres morales qui nous entourent (Phil. 2 : 15-16).
- « sous le lit » : le désir de confort, la paresse et l'indifférence peuvent aussi voiler la lumière et annuler le témoignage pour le Seigneur.
