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Jérémie persécuté et maltraité
Jérémie opprimé par les princes et emprisonné (Jér. 37)
Jérémie descendu dans la citerne (Jér. 38 : 1-6)
Pourtant, quelle honte, il se trouve des princes pour se lever et l'accuser de haute trahison ; ils sont quatre et leurs noms sont conservés dans l'Ecriture. Ils affirment devant le roi : « Cet homme ne cherche point la prospérité de ce peuple, mais le mal ». Ils prétendent que, par ses paroles, Jérémie rend lâches les mains des soldats et celles de tout le peuple. « Qu'on fasse donc mourir cet homme ! », s'écrient-ils (Jér. 38 : 4 ; Lam. 3 : 52).
Si le coeur de Sédécias est rempli de la crainte des hommes, la crainte de Dieu ne s'y trouve pas (Jér. 38 : 5, 19, 25 ; Prov. 29 : 25). Comme Pilate, il cherche à dégager sa responsabilité. Il répond aux princes : « Voici il est entre vos mains ; car le roi ne peut rien contre vous ». Pilate n'aurait pas voulu que Christ meure, mais il voulait avant tout ne souffrir aucun dommage (Jean 19 : 12). C'est pourquoi il livre finalement le Seigneur à la volonté des Juifs (Luc 23 : 25). Dans cette scène Jérémie est encore un type de Christ.
Forts de l'assentiment du roi, ces hommes descendent Jérémie, avec des cordes, dans la fosse de Malkija où il n'y avait point d'eau, mais de la boue ; le prophète y enfonce, condamné, dans la pensée de ses tortionnaires, à une mort lente et cruelle dans ce cachot. Sa foi est mise à l'épreuve : Dieu l'avait pourtant assuré qu'Il serait avec lui (Jér. 1 : 8, 19) ! Ne pouvait-il pas alors se demander si Dieu n'était pas après tout une source qui trompe ? (Jér. 15 : 18). Mais quelle grâce, un Dieu fidèle veillait sur lui ! (Deut. 32 : 18).
Pendant ce temps, après avoir laissé volontairement Jérémie entre les mains des princes, « le roi était assis à la porte de Benjamin » (Jér. 38 : 7), apparemment insensible à ce qui venait d'arriver. Il est bien loin de ressembler à ce roi des nations, Darius, contraint par son entourage à envoyer Daniel à ce qui semblait être une mort certaine. Ce roi ne connaît plus de repos et se hâte, au point du jour, de courir à la fosse aux lions. Quelle joie il manifeste d'apprendre que le Dieu vivant a délivré son serviteur. Il a envoyé un ange fermer la gueule des lions (Dan. 6 : 14, 18, 20-23 !
Grande est la détresse du prophète dans ce puits immonde et bourbeux. La fin du verset 6 fait penser aux paroles du psalmiste : « Je suis enfoncé dans une boue profonde, et il n'y a pas où prendre pied... Je suis las de crier » (Ps. 69 : 2-4). C'est une image des souffrances et de la mort de Christ, enfoncé dans la boue profonde du péché, et souffrant de la part des hommes.
L'intervention d'Ebed-Mélec auprès du roi pour secourir Jérémie (Jér. 38 : 7-13)
Sédécias fait à nouveau volte-face (Prov. 21 : 1) : il accorde à son serviteur la grâce demandée. Il lui commande de prendre trente hommes pour l'aider à remonter Jérémie de la fosse ! Cette opération laborieuse souligne le dévouement d'Ebed-Mélec. Les cordes dont se sert cet homme ne sont-elles pas avant tout des liens d'amour ? (Osée 11 : 4). Les vieux lambeaux d'étoffes et les vieux haillons qu'il fait parvenir à Jérémie, pour les mettre sous ses aisselles et diminuer ainsi sa souffrance, disent assez le soin avec lequel ce sauvetage est opéré. Ces choses sans apparence ont la riche valeur de l'amour ; elles ne perdront pas leur récompense. Pour notre monde, épris de technicité, il s'agit de moyens misérables ; on pourrait en dire autant au sujet de la corbeille (2 Cor. 11 : 33), de l'aiguillon de boeufs (Jug. 3 : 31), ou encore des cinq pains d'orge et des deux poissons (Jean 6 : 9) employés dans d'autres circonstances.
Jérémie est ramené dans la cour de la prison. Là, son ministère d'amour se poursuit jusqu'à la prise de la ville. Il peut adresser un dernier appel à la conscience de Sédécias. Il le supplie en vain d'écouter la voix de l'Eternel (Jér. 38 : 14-28).
La récompense d'Ebed-Mélec
Aussitôt après avoir délivré Jérémie, Ebed-Mélec s'efface, ce que nous avons souvent le plus de peine à faire. Mais ce n'est pas en vain qu'il a été « celui qui comprend le pauvre » (Ps. 41 : 1). Il sera, à son tour, délivré au mauvais jour. L'Eternel confie à Jérémie, encore captif, un message pour lui : « Va, et tu parleras à Ebed-Mélec, l'Ethiopien » (Jér. 39 : 15). Dieu lui confirme qu'Il va « faire venir ses paroles sur cette ville pour le mal » et cela aura lieu en sa présence. Puis Il ajoute : « Je te délivrerai en ce jour-là... tu ne seras point livré en la main de ces hommes dont tu as peur... certainement je te sauverai... tu auras ta vie pour butin, car tu as eu confiance en moi, dit l'Eternel » (Jér. 39 : 16-18). Il est précieux de voir comment Dieu attribue aux siens ce qu'Il a lui-même produit dans leurs coeurs.
Il n'est jamais en reste avec les hommes de foi. Dieu n'est pas injuste pour oublier leur oeuvre et l'amour qu'ils ont montré pour son Nom en servant les saints (Héb. 6 : 10).
Tel est le secret de la bénédiction pour cet homme ; elle sera partagée avec le fidèle Baruc (Jér. 45 : 5), au moment où tout croule autour d'eux. A la différence du roi Sédécias, il a su placer sa confiance en Dieu qui regarde aux motifs du coeur. Etranger aux promesses faites à Israël, comme Rahab ou Ruth, il a trouvé son « asile » en l'Eternel qui, Lui-même, a été « sa confiance » (Ps. 32 : 7 ; Jér. 17 : 7-8).
Et mon âme qui croit en elles, n'a rien à craindre désormais.
Je le sais, ô douce pensée ! Oui, je le sais, de tes brebis,
Nulle ne sera délaissée : puissant Berger, tu l'as promis.
