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Es-tu heureux(se) ?

 

            Quand j’étais un petit garçon, ma famille avait l’habitude de partir pour les vacances d’été. Nous fréquentions une assemblée de croyants, à l’endroit où nous étions. J’ai remarqué là un jeune homme qui avait l’air heureux, toujours joyeux. Bien que cela fasse plus de 25 ans, je me rappelle très clairement qu’il paraissait différent des autres. Un jour, après une réunion, j’ai demandé à mon père qui était ce jeune homme. Il m’a répondu qu’il « avait été sauvé du monde » ! Il n’avait pas grandi dans une famille chrétienne. Ses parents n’étaient probablement pas croyants, mais il avait été sauvé, il avait accepté le Seigneur Jésus comme son Sauveur. Et, on pouvait le constater, sa joie était visible ! Plus tard, j’ai pensé : C’est un peu bizarre, tous les autres, ou la plupart, étaient aussi des croyants, mais ils n’avaient pas la même joie sur leurs visages... - Cela ne nous amène-t-il pas à nous poser des questions ? Suis-je heureux ? Es-tu heureux(se) ?
            C’est la question que j’aimerais te poser. Mais tu dis peut-être : « Je ne suis pas heureux du tout, je n’arrive pas à me réjouir ! Comment serait-ce possible ? Si seulement vous connaissiez ma situation ! ». Crois-moi, je suis passé par là. Beaucoup de chrétiens ont ces pensées, tu n'es donc pas le(la) seul(e) ! Pourtant, comme chrétien, nous devrions nous réjouir, non pas dans nos circonstances, mais dans le Seigneur. J’aimerais donc t’encourager si tu ne te sens pas du tout heureux.
            Tu as certainement remarqué que la Bible est pleine de versets qui nous parlent de joie. J’aimerais prendre un encouragement dans les écrits de l’apôtre Paul, au sujet de la joie. Ce serviteur a montré beaucoup de zèle pour le Seigneur. Il a été béni et a porté beaucoup de fruits pour Dieu, mais il a dû endurer aussi beaucoup d’épreuves. Lis seulement 2 Corinthiens 11. 22-33 et tu verras ce qu'il a supporté. Souvent, quand je traversais des difficultés, je lisais ce passage et me disais : « Tu penses que tu souffres, que tu connais des difficultés ? Pense à ce que l’apôtre Paul a dû traverser ». Comparé à ce qu'il a dû supporter, mes souffrances paraissaient alors bien petites.
            Et pourtant, cet homme qui a tant souffert a beaucoup parlé de la joie et de se réjouir. Cherche dans ce que Paul a écrit tous les versets qui parlent de joie ou de se réjouir. Il y en a des dizaines ! Bien entendu, nous ne pouvons pas tous les considérer ici. Mais j’aimerais attirer ton attention sur un verset bien connu dans sa lettre adressée aux croyants de Philippes. Dans cette épître, l’apôtre parle de joie ou de se réjouir une vingtaine de fois ! Le verset que je désire souligner est au chapitre 4 : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous !» (Phil. 4 : 4).
            À cette époque, Philippes était une colonie romaine, la ville principale de la partie est de la Macédoine. Paul avait visité Philippes une dizaine d'années avant d'écrire son épître. C'était la première ville d'Europe où une assemblée s’était formée, suite à l’enseignement de ce serviteur. Cela signifie que les croyants de Philippes connaissaient Paul et qu'eux le connaissaient aussi. Au cours des années, ils étaient restés en contact ; deux fois ils lui ont envoyé un don (4 : 15-18). Paul aimait les Philippiens et désirait aller les voir de nouveau (1 : 25-26 ; 2 : 24), mais, quand il a écrit cette épître, il était en prison. Je crois qu’il est important de garder ces choses en tête quand nous la lisons. Il est toujours utile de rechercher les circonstances dans lesquelles se trouvent l’auteur et les destinataires d’une lettre. D'une manière générale, il est toujours utile de savoir quand, pourquoi, où et par qui un livre ou une épître ont été écrits.
            Donc Paul, en prison, écrit aux croyants de Philippes et leur parle de joie et de se réjouir. Malgré sa situation difficile, Paul est heureux (1 : 4, 18 ; 2 : 2, 17-18 ; 4 : 1). Il encourage les Philippiens à se réjouir avec lui (2 : 17-18, 28 ; 3 : 1), pas dans les circonstances, mais dans le Seigneur (4 : 4).
            Ces croyants savaient très bien que, pour Paul, ce n’était pas seulement de la théorie. Lorsqu’il avait visité Philippes bien des années auparavant, il avait aussi fini en prison (Act. 16 : 16-40). Paul et ses compagnons avaient prêché l'évangile dans cette ville pendant quelques temps, puis il y avait eu de l'opposition, certaines personnes étant mécontentes. Faussement accusés, Paul et Silas ont été battus (voir 2 Cor. 11 : 25) et jetés en prison. Ils ont reçu beaucoup de coups, ce qui a probablement entraîné de grandes souffrances. Ils ont été mis ensuite en prison. Un geôlier a été chargé de les garder sûrement, pas pour leur propre sécurité, bien sûr, mais pour qu’ils n’aient aucune chance de s’échapper.
            Lorsque le gardien de la prison a reçu cet ordre, il a fixé sûrement les pieds de Paul et de Silas dans des entraves de bois, appelées « ceps ». C'était un instrument de torture épouvantable que les Romains avaient inventé. Les soldats écartaient au maximum les jambes du condamné et les fixaient dans des blocs de bois.
            Paul et Silas étaient donc en prison, à demi-nus. Ils avaient été battus et leurs dos saignaient. Ils avaient très mal aux jambes. Ils ne pouvaient pas s'asseoir normalement car leurs pieds étaient pris dans les ceps. Ils ne pouvaient pas non plus s'étendre, à cause des coups reçus sur le dos. Ils ne pouvaient pas dormir. Et, selon les historiens, la prison était dans une caverne, en montagne. Elle était donc froide et sombre. Qu’ont fait Paul et Silas ? Il est écrit : « Vers minuit, Paul et Silas, en priant, chantaient les louanges de Dieu » (Act. 16 : 25). Pas de pleurs, de lamentations, mais des prières et des louanges ! Ils se réjouissaient dans le Seigneur ! Quel exemple pour nous !
            Ces circonstances ont amené au salut le geôlier et toute sa maison (v. 31). Ce malheureux avait failli se suicider. Il pensait, en effet, que les prisonniers avaient fui à la faveur du tremblement de terre qui avait eu lieu après minuit. Ces personnes ont probablement fait partie, ensuite, de l’assemblée de Philippes. Je ne doute pas que les croyants de cette ville (et beaucoup d’autres) savaient ce qui s’était passé dans la prison cette nuit-là. Alors, quand Paul, de sa prison, leur a écrit de se réjouir toujours dans le Seigneur, ils savaient qu’il parlait par expérience.
            Il est important de considérer l’ordre des événements en Actes 16 : 25. D’abord, ils ont prié, puis ils ont chanté les louanges de Dieu. Il me semble qu’ils ont commencé par apporter leur fardeau devant le trône de la grâce, et qu’alors la paix a rempli leur cœur. Le Seigneur Jésus a promis à ses disciples : « Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix » (Jean 14 : 27). Il ferait la paix par son œuvre à la croix et Il leur laisserait sa paix. Nous avons besoin de cette paix dans les circonstances difficiles.
            Paul, même dans des circonstances très difficiles et très éprouvantes, pouvait se réjouir dans le Seigneur. Il a encouragé les autres croyants (toi et moi aussi) à faire de même. Donc, si tu es malheureux, dis-le au Seigneur, pour qu’Il te donne sa paix et que tu puisses te réjouir en Lui !


D’après Paul Meijer - « L’explorateur chrétien » n°6