« Dans le Christ Jésus »
Deuxième épître à Timothée
La position chrétienne : être « en Christ »
La position chrétienne est une position parfaite car elle ne dépend que de Christ et de son œuvre accomplie. Les croyants sont dès à présent bien assurés dans une position céleste là où leur Sauveur se trouve, s’étant Lui-même assis « dans les hauts [lieux] », « ayant fait par lui-même la purification des péchés » (Héb. 1 : 3). L’apôtre Paul affirme : « Tel est le céleste, tels aussi sont les célestes » (1 Cor. 15 : 48). Amis chrétiens, bien que nous soyons encore sur cette terre, nous sommes déjà maintenant comme Lui : « Comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde » (1 Jean 4 : 17) ! Citoyens du ciel et non plus de la terre (voir Phil. 3 : 20), nous ne sommes spirituellement plus « du monde », tout en étant encore physiquement « dans le monde » (voir Jean 17 : 11, 14). Mais, par la grâce de Dieu, nous trouvons, en regardant en haut, « toute bénédiction spirituelle » (Éph. 1 : 3) : paix, joie dans le Seigneur, communion, force dans la grâce qui est en Lui, confiance, assurance… Toutes ces bénédictions nous sont assurées dans un Christ céleste, et alors que nous connaissons des tribulations dans notre vie sur la terre, elles nous font apprécier notre position céleste et nous y conforte.
La position chrétienne, c’est être « dans le Christ Jésus » ; « en Christ » ; « en Lui » – expressions que nous trouvons à de multiples reprises dans les épîtres. Cette position est exposée dans l’épître aux Éphésiens, où les croyants sont vus non seulement bénis sur la terre de bénédictions célestes, mais assis « dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » (2 : 6 ; 1 : 3) – non pas « avec Lui », car ils n’y sont pas encore physiquement ; cela se produira à sa venue. Cette séance dans le ciel « n’est pas la position que le chrétien espère atteindre, mais la place dans laquelle il est amené maintenant » (W.T. Turpin). Les expressions « en Jésus », « en Christ », « en qui », sont employées 13 fois dans l’épître aux Éphésiens qui contient « un exposé des pensées divines les plus élevées et les plus profondes » qui ont été révélées à l’apôtre Paul (A. Remmers).Les croyants sont donc de fait « en Christ ». Leur position est assurée devant Dieu comme l’est celle de Christ Lui-même. Nous sommes intimement liés à son Fils, un en Lui, et c’est ainsi que Dieu nous voit.
Nous sommes pleinement acceptés par Dieu et rendus « agréables dans le Bien-aimé » (Éph. 1 : 6), et ainsi dans une position de totale faveur de sa part. Quelle grâce pour nous qui étions autrefois loin de Dieu, « dans la chair » (Rom. 7 : 5) et sans Christ, d’être maintenant « dans le Christ Jésus » ! Nous avons été approchés de Dieu « par le sang du Christ » (voir Éph. 2 : 12-13) dont la valeur immense nous permet d’entrer dans la proximité immédiate de Dieu (voir Héb. 10 : 19) et d’y prendre place !
Des ressources pour les temps difficiles
Dans la deuxième épître à Timothée, nous lisons - pas moins de 7 fois (une plénitude) - que nous sommes « dans le Christ Jésus ». Cette épître à Timothée est de toute importance pour nous aujourd’hui, que « les fins des siècles ont atteints » (1 Cor. 10 : 11). Nous vivons dans « les derniers temps » (ch. 2) et même dans « les derniers jours » (ch. 3) dans lesquels, hélas, la maison spirituelle de Dieu est dans un désordre croissant et ressemble à une maison en ruine. Elle est devenue une « grande maison », dans laquelle « vases à honneur » pour Dieu et « vases à déshonneur » cohabitent (2 : 20). Mais Dieu, Lui, ne change pas et demeure toujours fidèle (2 : 13) – ce qui est un encouragement pour tout croyant qui désire se conduire comme il convient dans « la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant » (voir 1 Tim. 3 : 15).
Par cette lettre – la dernière de l’apôtre Paul, écrite à la fin de sa vie, alors qu’il était en prison –, Paul apporte au jeune Timothée, son « enfant dans la foi » (1 Tim. 1 : 2), objet de son affection particulière (2 Tim. 1 : 2), les encouragements dont il aura besoin dans les temps difficiles, ceux dans lesquels il vivait déjà. Par la grâce de Dieu, cette lettre à Timothée nous est parvenue, à nous qui sommes arrivés aux derniers jours et même à « la dernière heure » (1 Jean 2 : 18) qui précède de peu la venue du Seigneur Jésus. De même que le Seigneur ne voulait pas que ceux qu’Il aimait soient inquiets et troublés au moment de son départ (voir Jean 14 : 1, 27b), Il ne veut pas que les siens soient découragés à la veille de son retour. Ses paroles avaient autrefois fortifié et encouragé les disciples, et aujourd’hui, comme pour Timothée, Il permet que cette épître nous apporte les ressources et les points d’appui dont Il sait que notre foi a besoi
Le Christ Jésus, la ressource première du croyant
Notre ressource première, c’est le fait même que nous sommes « dans le Christ Jésus ». Toutes les ressources, tous les points d’appui du croyant au milieu de la ruine et de la faiblesse, découlent de ce fait. C’est de Lui que proviennent toutes les ressources nécessaires aux croyants pour être fidèle jusqu’à la fin ; c’est sur Lui que nous pouvons nous appuyer, car Il est le « roc » (Matt. 16 : 18) dont la stabilité est inébranlable lorsque tout s’écroule autour de nous ; c’est en demeurant près de Lui que nous sommes gardés et protégés (voir 1 Sam. 24 : 23b) ; c’est par Lui que nous résistons et tenons ferme dans les combats spirituels que nous avons à mener contre « les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes » (Éph. 6 : 12).
Être « dans le Christ Jésus », c’est Lui appartenir entièrement ; c’est être à Celui qui pour nous « est mort et a été ressuscité » (2 Cor. 5 : 15) ; c’est réaliser que l’on est mort, et que notre vie est « cachée avec le Christ en Dieu » (Col. 3 : 3) ; c’est vivre de Celui qui est désormais dans le ciel et qui paraît « pour nous devant la face de Dieu » (Héb. 9 : 24).
Demeurer « dans le Christ Jésus » tout au long de notre vie sur la terre aura pour conséquence que nous recevrons de nombreuses bénédictions - rappelons qu’en Lui nous sommes « bénis de (ou : en) toute bénédiction spirituelle ». De plus, nous bénéficierons de toutes les ressources nécessaires pour traverser les temps difficiles qui précèdent le retour du Seigneur Jésus, ressources qui ne se trouvent qu’en Lui. Arrêtons-nous un instant sur chacune des expressions de la deuxième épître à Timothée qui nous rappellent que nous sommes « dans le Christ Jésus », et ce que cela nous apporte :
-
La promesse de la vie (1 : 1) ;
-
Le don de la grâce à salut (1 : 9) ;
-
L’amour (1 : 13) ;
-
La grâce qui fortifie (2 : 1) ;
-
Le salut, avec la gloire éternelle (2 : 10) ;
-
Une vie de piété (3 : 12) ;
-
La foi (3 : 15).
-
« La promesse de la vie qui est dans le Christ Jésus »
Dès les premiers mots de cette lettre (v. 1-2), l’apôtre introduit la Personne du Christ Jésus. C’est par Lui, par la mort et la résurrection de Celui qui, par amour, a laissé sa vie afin de la reprendre (Jean 10 : 17), que le croyant obtient la vie éternelle. Dans le Nouveau Testament, la vie nous est présentée sous deux aspects, l’un développé par l’apôtre Jean, l’autre par l’apôtre Paul.
Jean nous enseigne que nous possédons la vie nouvelle et éternelle dès que nous avons cru au Seigneur Jésus. Quiconque croit qu’Il est le Christ est « né de Dieu » (1 Jean 5 : 1), « né de nouveau », c’est-à-dire comme d’une nouvelle source et origine de vie qui est divine (voir Jean 3 : 3, et la note). Jean, dans son évangile et sa première épître, nous apprend que la vie éternelle est une réalité actuelle pour tout croyant. Elle est un don de Dieu et une certitude présente : « C’est ici le témoignage : Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie » (5 : 11) ; « Tout cela, je vous l’ai écrit afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » (5 : 13). Bénédiction merveilleuse, privilège extraordinaire : le croyant possède en Christ une nouvelle nature et une nouvelle vie ! Christ est la vie, le croyant est en Christ : il possède donc dès à présent la vie.
Dans les écrits de l’apôtre Paul, la vie éternelle est encore à venir. C’est celle que nous connaîtrons lorsque nous serons introduits par Jésus Lui-même dans le ciel – les morts seront ressuscités et les vivants transmués, et tous vivront à toujours avec le Christ. Nous l’avons en espérance glorieuse (Rom. 2 : 7 ; Tite 3 : 7) et en aboutissement d’une vie de sainteté (Rom. 6 : 22). Elle est une promesse divine (1 Jean 2 : 25), donc certaine, car elle vient du « Dieu qui ne peut mentir » (Tite 1 : 2).
Si Paul, dans l’épître aux Romains, ne va pas au-delà de notre mort avec Christ, toutefois il mentionne notre vie future avec Lui (voir Rom. 6 : 8). Il nous montre quelle est notre position actuelle en Christ : « vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. 6 : 11). Il nous exhorte à nous livrer (ou : offrir, comme en 12 : 2) nous-mêmes à Dieu, « comme d’entre les morts étant faits vivants » (6 : 13).
Paul appliquait le caractère céleste de sa position à son existence terrestre, dans sa vie et son apostolat. Nous avons, comme lui, comme Timothée, la vie dans le Christ Jésus ; puissions-nous la manifester, afin que la vie de Christ soit vue en nous !
-
« Cette grâce nous a été donnée dans le Christ Jésus »
Si la vie nous est promise, la grâce nous est donnée. Nous avons dans les versets 9 à 10 du chapitre un une progression merveilleuse, qui part du salut et va jusqu’à la vie – et tout cela, c’est l’œuvre de Dieu et de notre Sauveur Jésus Christ. Tout d’abord, Dieu nous a sauvés ; c’est la part de quiconque croit au Seigneur Jésus (voir Act. 16 : 31). Il nous a aussi appelés ; c’est un appel divin (Phil. 3 : 14), un appel au salut et « à la gloire éternelle » (1 Pi. 5 : 10) ; un appel à la vie présente en Christ, qui s’achèvera dans la gloire avec Lui. Il n’y a pas d’œuvre à accomplir pour répondre à cet appel ; c’est le plan de Dieu de sauver ceux qui croient, et il n’y a rien à faire pour en bénéficier. Il suffit d’entendre l’appel de la grâce et d’accepter par la foi le salut offert en grâce (Éph. 2 : 8-9), ce salut qui se trouve « dans le Christ Jésus » et dans son œuvre. Christ est alors introduit, car c’est par Lui que la grâce nous a été donnée et en Lui qu’elle a été manifestée. Lui a « annulé la mort et fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile ».
Le plan de Dieu date de l’éternité d’avant le temps, mais il s’est réalisé dans le temps. Quand « l’accomplissement du temps est venu » (Gal. 4 : 4), Dieu a envoyé son Fils sur la terre, « Dieu a été manifesté en chair » (1 Tim. 3 : 16). Ainsi « La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (Tite 2 : 11 ; voir Jean 1 : 14, 17). Cette grâce de l’amour de Dieu est le moyen du salut pour tout homme : « Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éph. 2 : 5-8). La grâce est le don de Dieu – tout vient de Lui - ; la foi est l’acceptation par l’homme de ce don qui sauve. Béni soit Dieu pour ce don merveilleux de la grâce, par et en Jésus Christ son Fils, pour notre salut !
-
« La foi et l’amour qui sont dans le Christ Jésus »
Nous pouvons lire en Jean 1 : 17 : « la grâce et la vérité sont venues (ou : vint) par Jésus Christ ». De même, ce verset (1 Tim. 1 : 13) peut être lu ainsi : « la foi et l’amour qui est dans le Christ Jésus ». En Christ, la grâce et la vérité, la foi et l’amour, sont parfaitement unies.
Le mot « foi » présente plusieurs significations et l’apôtre reviendra un peu plus loin sur ce qu’est « la foi qui est dans le Christ Jésus » (3 : 15). Elle apparaît cependant déjà ici, comme ayant été réalisée pleinement en Lui. L’épître aux Hébreux nous présente Jésus comme étant « le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement » (Héb. 12 : 2). En Lui la foi a un commencement et un aboutissement, elle a été accomplie. « Il l’a parcourue en toute perfection de la crèche à la croix » (J.G. Bellett), et elle sa fin dans la gloire du ciel. Nous trouvons en Jésus le parfait exemple d’une vie et d’une marche de pleine confiance en Dieu, et en même temps un Objet pour notre foi.
Mais ce verset nous présente aussi « l’amour qui est dans le Christ Jésus ». Nous croyons en Jésus Christ, en l’amour qui est en Lui, manifesté tout au long de sa vie au milieu des hommes et qui L’a conduit jusqu’au don de sa vie pour nous sauver et nous amener au Père. La Parole de Dieu nous entretient souvent de l’amour du Christ ; c’est un sujet très précieux. Elle nous le révèle, elle nous le fait contempler et admirer. Paul pourra parler de l’amour du Christ qui nous englobe tous, qui L’a conduit à se « livrer lui-même » pour son Assemblée, pour tous les croyants, pour chacun de nous (Éph. 5 : 2, 25 ; Gal. 2 : 20). Est-ce que « l’amour du Christ nous étreint » (2 Cor. 5 : 14) lorsque nous pensons au fait qu’Il est descendu jusque dans la mort parce que nous étions morts et qu’Il voulait que nous obtenions la vie ? Si nos cœurs sont occupés de l’amour qui est dans le Christ Jésus, manifesté d’une manière suprême à la croix, cela nous conduira à l’adoration : « À celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang – et il a fait [de] nous un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père –, à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » (Apoc. 1 : 5-6).
Si nous réalisons un peu quelque chose de l’amour qui est dans le Christ Jésus, nous aurons à cœur de garder les commandements qu’Il nous a donnés Lui-même dans sa Parole (Jean 14 : 15, 21). Timothée avait un « modèle » de saines paroles dans ce qu’il avait entendu de l’apôtre inspiré ; n’avons-nous pas dans les paroles du Seigneur Jésus un parfait « modèle » de paroles qui sont « esprit et vie », justes et sensées (Jean 6 : 63 ; 2 Tim. 1 : 13) ? Témoignage a été rendu à Jésus par certains de ceux qui ont entendu ces paroles de grâce ; ainsi, son disciple Pierre a dit : « Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6 : 68 ; voir encore Luc 4 : 22 ; Jean 7 : 46). Puissions-nous les recevoir dans notre cœur (voir Luc 2 : 19 ; 51b), les assimiler, les méditer et les mettre en pratique, par la foi et dans l’amour !
-
« La grâce qui est dans le Christ Jésus »
La grâce sauve (Act. 15 : 11), justifie (Act. 3 : 24 ; Tite 3 : 7), mais elle enseigne aussi (Tite 2 : 12) ; elle affermit le cœur (Héb. 13 : 9), nous donne une espérance (2 Thes. 2 : 16) … L’apôtre nous a déjà présenté le don de la grâce de Dieu en Christ (1 : 9), qui accompagne son dessein d’éternité de sauver les hommes par l’œuvre de la rédemption accomplie par son Fils, Jésus Christ. Maintenant, il nous présente la grâce sous un autre aspect. Ce n’est pas ici la grâce qui sauve à salut, mais la grâce qui nous donne les forces dont nous avons besoin chaque jour.
Timothée sentait bien sa faiblesse dans les temps difficiles qui étaient arrivés, et il ne pouvait plus compter sur le soutien de l’apôtre qui était en prison et allait bientôt lui être enlevé. Mais Paul lui présente une ressource et un soutien bien supérieurs : la grâce qui est en Christ. « Quand je suis faible », disait l’apôtre, « alors je suis fort » (2 Cor. 12 : 10). Si nous réalisons qu’il n’y a « pas de force en nous » (2 Chr. 20 : 12), nous ne compterons pas sur nous-mêmes pour marcher, pour servir ; mais nous viendrons puiser la force là où elle se trouve : dans la personne même du Seigneur Jésus, dans sa grâce fidèle.
Cette grâce de Dieu qui est « dans le Christ Jésus » nous conduit (2 Cor. 1 : 12), nous soutient, nous accompagne dans le chemin. Le Seigneur Jésus sait quelles sont les difficultés que nous rencontrons dans un monde hostile car Il a vécu et marché sur la terre, comme homme. Nous admirons la grâce qui était en Lui et qu’Il a manifestée ici-bas. Il nous appelle à Le suivre et à puiser en Lui la grâce qui nous donnera les forces nécessaires pour avancer et croître « jusqu’à lui » (Éph. 4 : 15 ; voir 2 Pi. 3 : 18), et aussi pour montrer cette grâce dans notre vie (voir Ps. 18 : 26).
-
« Le salut qui est dans le Christ Jésus »
« Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a pas non plus sous le ciel d’autre nom qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faut être sauvés » (Act. 4 : 12). Comme nous l’avons déjà vu, le seul et unique moyen d’obtenir le salut n’est pas en nous ni en une œuvre que nous puissions essayer de faire. Comment un pécheur pourrait-il se justifier devant Dieu ? Job, et aussi son ami Bildad, ont posé la même question qui les préoccupait : « Comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu ? » (Job 9 : 2 ; 25 : 4). Dieu a-t-il accepté le sacrifice de Caïn, fruit de ses propres efforts, de son propre travail ? Non, mais Il a accepté le sacrifice d’Abel, offert par la foi (Héb. 11 : 4), une offrande qui évoquait le parfait sacrifice de Christ, qui seul a la pleine faculté de satisfaire à toutes les exigences du Dieu saint quant au péché, et de Lui rendre ainsi le pécheur agréable, lorsqu’il a été entièrement lavé et purifié de ses péchés dans le sang du sacrifice offert (voir Gen. 4 : 3-7 ; Héb. 11 : 4). La Parole de Dieu affirme que le croyant est « justifié gratuitement par la grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus » (Rom. 3 : 24).
Au salut qui est dans le Christ Jésus est liée « la gloire éternelle ». Il s’agit donc d’un salut complet, de la réception de l’évangile – « puissance de Dieu pour sauver quiconque croit » (Rom. 1 : 16) - de la délivrance, de la justification, de la sanctification, et enfin de l’introduction dans le ciel. Comme il a été écrit : « En 2 Timothée 2 : 10, le salut est vu dans son entier, depuis le point de départ où l’âme reconnaît Jésus comme Sauveur, jusqu’à l’aboutissement dans la gloire éternelle » (A. Gibert). C’est « un si grand salut » (Héb. 2 : 3) parce que la Personne en qui il se trouve est infiniment grande. Aussi Paul, par amour pour Christ et pour les âmes, était prêt à souffrir et à tout endurer – et ce n’étaient pas que des mots ! – pour que ceux que Dieu avait choisis « dès le commencement pour le salut » (2 Thes. 2 : 13) le reçoivent dans son entier. Il savait très bien que quiconque méprise le salut et Celui en qui seul il se trouve, et refuse de croire en Lui, ne pourra échapper au jugement et à la mort éternelle (voir Jean 3 : 18). Sachons vraiment comprendre combien il est important, vital, de recevoir « le salut qui est dans le Christ Jésus, avec la gloire éternelle » !
-
« Vivre pieusement dans le Christ Jésus »
Nous avons ici la réalisation pratique de la vie chrétienne. Une vie de piété, c’est-à-dire de dévouement à la gloire de Dieu, ne peut se vivre que dans la communion avec le Christ. Mais une telle vie engendre des persécutions. Christ les a connues plus que quiconque, et l’apôtre Paul a suivi les traces de son Maître. Dans les versets 10 et 11 de ce chapitre 2, il explique comment sa foi, son support, son amour et sa patience, lui ont causé persécutions et souffrances (voir encore 2 Cor. 11 : 23-33). Les temps deviennent de plus en plus difficiles, beaucoup manifestent extérieurement une certaine « apparence de piété », mais ils en ont effectivement « renié la puissance » intérieure (2 Tim. 3 : 5). La fidélité et la piété des vrais croyants est mise à l’épreuve. Ils sont appelés à une vie de sainte crainte et de révérence de Dieu qui est à l’opposé de celle que les « hommes méchants » de ce monde vive. Le modèle de la vie de piété se trouve en Christ (Il est par excellence le « khasid », l’homme pieux que la Parole nous présente – voir 2 Chr. 6 : 41 et la note), qui a connu « la contradiction des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12 : 3). Vivre « pieusement dans le Christ Jésus », c’est être « sobre en toutes choses » et « endurer les souffrances », faire « l’œuvre d’un évangéliste » et « accomplir pleinement son service » (2 Tim. 4 : 5), toutes choses qui sont agréables à Dieu.
L’apôtre avait exhorté Timothée à « s’exercer à la piété », à s’y entraîner par un exercice spirituel personnel et constant, qui est d’une grande utilité dans la vie du chrétien (1 Tim. 4 : 7-8). Et l’apôtre Pierre, rappelant aux croyants que le « jour du Seigneur » viendra bientôt avec la fin de la terre et des cieux de maintenant, les exhorte à mener une vie en « sainte conduite et en piété » (2 Pi. 3 : 10-11). « Vivre pieusement dans le Christ Jésus » est une vie à l’honneur de notre Seigneur, et il en vaut certainement la peine ! Souvenons-nous que « la piété, avec le contentement, est un grand gain » pour le croyant fidèle à son Seigneur. (1 Tim. 6 : 6), et que cela nous incite à la « poursuivre (voir 1 Tim. 6 : 11).
-
« La foi qui est dans le Christ Jésus »
« La foi qui est dans le Christ Jésus », c’est l’excellence de la foi. Homme parfait sur la terre, Jésus a été « le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement » - Celui qui la réalise en perfection et qui la mène à son aboutissement (Héb. 12 : 2). De nombreux hommes et femmes de foi nous sont donnés en exemple dans le chapitre 11 de l’épître aux Hébreux, mais c’est avant tout et surtout à Jésus qu’il nous faut regarder attentivement pour apprendre ce qu’est la foi dans sa pleine définition et sa réalisation complète (12 : 2a).
Nous avons au verset 14 de 2 Tim. 3, le deuxième des trois « Mais toi », par lesquels l’apôtre sépare nettement le croyant d’avec les faux croyants et les incrédules des temps difficiles de corruption morale et spirituelle qui étaient arrivés (voir 3 : 10 et 4 : 5). Paul place ici devant Timothée, pour son encouragement, ce qu’est la vie du croyant en contraste avec celle des hommes sans Dieu. Le chrétien place toute sa confiance en Christ, qu’il a appris à connaître dans la Parole de Dieu – « toute Écriture » (3 : 16). « Je me suis confié en ta parole », dira le psalmiste (Ps. 119 : 42b).
Timothée connaissait « les Saintes Lettres » (v. 15), c’est-à-dire l’Ancien Testament. Quant à nous, nous avons aujourd’hui « toute Écriture », la Parole inspirée de Dieu complète, afin que nous soyons rendus « accomplis », pleinement qualifiés par elle « pour toute bonne œuvre » (v. 17). C’est une chose importante pour notre Dieu : l’apôtre nous apprendra ailleurs que c’est pour les bonnes œuvres dans lesquelles nous sommes appelés à marcher, que Dieu nous a « créés dans le Christ Jésus » (Éph. 2 : 10). Que cette Parole de Dieu nous soit toujours plus précieuse et utile ! Prenons à cœur l’exhortation de l’apôtre Paul : « Que la parole du Christ habite en vous richement » (Col. 3 : 16). Cette parole divine nous entretient de notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ, et c’est elle qui fera de nous des chrétiens qui vivent pour Dieu, des « hommes de Dieu accomplis » (2 Tim. 3 : 16-17).
Par la Parole de Dieu, nous acquérons de la sagesse pour notre course terrestre, afin qu’elle soit trouvée à l’honneur et à la gloire de Dieu. C’est « le salut de la course » qui est envisagé ici par l’apôtre. Lui pouvait partir sereinement pour être avec Christ, en sachant qu’il avait « achevé sa course » (4 : 7) dans le service de l’évangile, ce qui était l’un des objectifs (Act. 20 : 24) que le Seigneur lui a accordé de réaliser pour Sa gloire. La foi en Christ et les enseignements de la Parole de Dieu nous conduiront jusqu’au terme de notre course jusqu’à « ce jour-là » (v. 8), le jour de la récompense du Seigneur aux siens pour la fidélité qu’ils auront manifestée (voir Matt. 25 : 21).
Demeurer en Lui jusqu’à ce que nous soyons avec Lui
Ce jour est proche ! Jésus nous dit : « Voici, je viens bientôt, et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon que sera son œuvre » (Apoc. 22 : 12). « Dans le Christ Jésus », nous avons toutes les ressources nécessaires et utiles pour demeurer fermes et fidèles dans notre traversée d’un monde hostile, pour combattre le bon combat, achever la course et garder la foi (2 Tim. 4 : 7). Que le Seigneur nous donne d’être et de demeurer en Lui, dans notre vie, notre marche et notre service, jusqu’au jour éternel où nous serons avec Lui !
Ph. Fuzier – juillet 2026