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L’obéissance des enfants à leurs parents


Exhortations adressées aux enfants
Exhortations aux parents
 

Exhortations adressées aux enfants

                        Obéir en toutes choses
            
« Enfants, obéissez à vos parents en toutes choses, car cela est agréable dans le Seigneur » (Col.  3 : 20).
            « Enfants, obéissez à vos parents, dans le Seigneur, car cela est juste » (Éph. 6 : 1).

            Ces exhortations sont adressées aux enfants : ils doivent obéir à leurs parents « en toutes choses », c’est-à-dire dans celles qui leur plaisent et dans celles qui ne leur plaisent pas. Il est facile d’obéir quand on nous commande quelque chose qui nous fait plaisir, mais c’est beaucoup plus difficile lorsque ce qui nous est commandé impose un sacrifice. Pourquoi l’enfant est-il appelé à obéir ? Parce que le Seigneur lui commande l’obéissance, ses parents représentant l’autorité du Seigneur : en obéissant à ses parents, un enfant obéit au Seigneur ; en désobéissant à ses parents, il désobéit au Seigneur.
            L’obéissance des enfants est facile s’ils comprennent que, en obéissant à leurs parents, ils obéissent au Seigneur ; si un enfant aime le Seigneur, il sera heureux d’obéir. Jésus dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (Jean 14 : 23), il obéira ; nous avons ce même principe dans la famille chrétienne.
            Il n’est pas nécessaire qu’un enfant soit converti pour obéir à ses parents. Quelqu’un disait une fois : Comment aurai-je à discipliner mes enfants puisqu’il n’y a que le vieil homme en eux ? Or, ils doivent être instruits dans les choses de Dieu jusqu’au moment où Dieu les convertira. Quand le nouvel homme est là, il y a un levier nouveau, puissant, divin, pour agir sur un enfant ; mais avant même qu’il soit là, les parents sont responsables de faire valoir leur autorité vis-à-vis des enfants, comme Dieu nous l’enseigne.
            Il y a un ordre selon Dieu. Le père est au-dessus de l’enfant ; celui-ci n’est pas l’égal du père, en position ; même chez un païen, l’enfant n’est pas l’égal de son père. Dieu n’a pas créé l’enfant égal du père : l’ordre selon Dieu, même chez les incroyants, c’est que le père soit au-dessus de son enfant et l’enfant doit obéir. Si la vie divine est donnée à l’enfant, un ressort nouveau d’obéissance existe. En attendant, un enfant doit être instruit dans les choses de Dieu, comme le disait quelqu’un : C’est comme un feu que l’on dresse, on met le bois, le charbon (on instruit l’enfant dans les choses de Dieu par les enseignements de la Parole) jusqu’à ce que Dieu mette le feu à cet ensemble.

                        Une bénédiction particulière liée à l’obéissance
            
« Honore ton père et ta mère (c’est le premier commandement avec promesse), afin que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre » (Éph. 6 : 2-3).

            Il y a une bénédiction particulière attachée à l’obéissance des enfants, à ce qu’ils honorent leurs parents. C’est ce que nous trouvons dans la parenthèse du verset ci-dessus : « C’est le premier commandement avec promesse » ; c’est une citation de l’Ancien Testament (voir Ex. 20 : 12) et cela a trait évidemment à une bénédiction sur la terre en rapport avec le caractère terrestre du peuple d’Israël. Pour ce qui nous concerne maintenant, c’est une bénédiction spirituelle : il y a une bénédiction promise aux enfants qui obéissent.
            Nulle part il n’est indiqué de limite pour l’obéissance des enfants. La question peut donc se présenter d’une façon parfois assez délicate : un fils, arrivé à l’âge d’homme, peut être tenté de mépriser la pensée de son père s’il la croit fausse. Il doit toujours se garder de manquer à l’honneur dû à son père. « Honore ton père et ta mère » ; pendant toute leur vie, les enfants doivent les honorer. Il y a beaucoup d’épreuves dans les familles, causées par le fait que les enfants ont oublié qu’ils doivent honorer leurs parents. Prendre conseil auprès des parents ne sera pas chose pénible à un croyant, même devenu homme ; c’est un privilège et non une pénible contrainte.
            Quand il est question d’honorer ses parents, c’est jusqu’au dernier jour qu’il faut le faire ; il s’agit là des liens d’affection et des marques de respect. Mais quand il s’agit d’autorité, il est certain qu’un jeune homme qui a quitté le toit de son père est le chef de son propre foyer. Si son père vient à demeurer chez lui, ce n’est pas la même chose que s’il allait demeurer chez son père. Le fils est responsable de son foyer devant Dieu, il est chef de son foyer et responsable de la marche de sa maison. Tandis que s’il est chez son père, sa position est différente. Dieu nous fera toujours sentir ces choses ; s’il y a de la piété, il n’y aura pas de difficultés, et plutôt, avant de risquer d’en avoir, on se séparera.

                        La désobéissance, un trait des derniers jours
            
« Or sache que dans les derniers jours il surviendra des temps difficiles?: les hommes seront égoïstes, avares, vantards, hautains, blasphémateurs, désobéissants à leurs parents, ingrats, sans piété » (2 Tim. 3 : 1-2).

            Aujourd’hui dans le monde, les traits des derniers jours sont déjà manifestés et ce qui caractérise généralement les enfants, c’est l’insoumission à l’égard de leurs parents : « désobéissants à leurs parents ». Cette conformité au monde se manifeste jusque dans nos familles ; elle se traduit de bien des manières, elle se manifeste en ce que l’esprit et les pensées du monde arrivent à nous gagner. Il est attristant de voir dans des familles chrétiennes cet esprit d’insoumission et de révolte chez les enfants. On dit que si les parents ne gouvernaient pas leurs enfants, c’étaient les enfants qui gouvernaient les parents. Si on ne tient pas dès leur jeune âge les enfants dans le respect de ces principes d’obéissance, on aura plus tard des difficultés considérables. On dit quelquefois : les enfants sont jeunes, il faut les laisser faire, on verra plus tard quand ils pourront comprendre, on leur expliquera qu’il faut obéir. - Eh bien, on aura laissé se développer une plante dont on ne pourra plus ensuite extirper les racines. Que de parents ont été obligés de dire plus tard : nous ne faisons plus ce que nous voudrions de nos enfants ; nous ne pouvons plus les retenir ! - On ne peut plus extirper les racines de la plante qui s’est développée. Et Dieu se sert de nos enfants pour nous châtier ! Dieu nous fait souffrir et nous discipline par cette insoumission de nos enfants qui risquent même de s’engager sur un chemin où la grâce de Dieu seule pourra les arrêter.
            Dieu peut exercer et exerce sa discipline à l’égard des enfants désobéissants. Il peut exercer un gouvernement à leur égard, et son gouvernement peut aller jusqu’à la mort ; c’est ce que nous trouvons dans la chapitre 30 des Proverbes : « L’œil qui se moque d’un père et qui méprise l’obéissance envers la mère, les corbeaux du torrent le crèveront et les petits de l’aigle le dévoreront » (v. 17). Pourquoi est-ce que les corbeaux du torrent le crèveront, les petits de l’aigle le dévoreront ? Parce qu’il sera là comme un cadavre (voir Matt. 24 : 28 où il est question du « corps mort » d’Israël sur lequel fondra le jugement). C’est un cas où le gouvernement de Dieu va jusqu’à la mort. Dieu peut retirer de la scène un enfant désobéissant ; son gouvernement peut aller jusque-là ! L’obéissance est due par les enfants aux parents, au père, à la mère - à la mère aussi bien qu’au père - et c’est pourquoi Proverbes 30 nous dit : « l’œil… qui méprise l’obéissance envers la mère ». Si nous aimons nos enfants, voulons-nous agir à leur égard de telle façon qu’ils risquent de se trouver placés dans une position où Dieu sera obligé d’exercer à leur égard un tel jugement ?


Exhortations aux parents

                        La responsabilité des parents, et du père en particulier
            
« Élevez-les dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur » (Éph. 6 : 4b).
            « Élève le jeune garçon selon la règle de sa voie ; même lorsqu'il vieillira, il ne s'en détournera pas » (Prov. 22 : 6). 

            Les parents chrétiens doivent toujours pouvoir enseigner à leurs enfants au moins la crainte de Dieu, ce qui est l’essentiel. Le père peut ne pas être un docteur dans la connaissance, il peut n’avoir aucun don, mais s’il est pieux, il connaît Dieu lui-même, et s’il connaît Dieu pour lui-même, il est à même, non pas de convertir ses enfants, mais de leur enseigner, en la vivant, la crainte de Dieu. Si le père et la mère vivent dans la crainte de Dieu, ils n’ont pas besoin d’être des prophètes, des docteurs, des pasteurs ; s’ils sont des hommes de Dieu, les enfants verront Dieu en eux, liront la crainte de Dieu dans leurs parents ; leurs enfants auront vu Dieu en eux comme on doit voir Dieu en nous tous, et c’est là le plus élevé et le plus utile de tous les enseignements. De sorte que nous ne pouvons pas nous excuser et dire qu’il nous est impossible d’accomplir auprès des enfants l’essentiel : la mission des parents est de mettre les enfants en contact avec Dieu et cela se réalise pratiquement dans l’exercice de la piété dans le foyer : la fidélité dans la prière, dans la lecture de la Parole non bâclée, non faite à la hâte, non faite après tout le reste, quand peut-être on a rempli le cœur et l’esprit des enfants du monde et des choses qui sont dans le monde. La mission des parents c’est honorer Dieu en Lui donnant sa place dans la vie de la famille.
            Très souvent, ce sont les chrétiens simples mais pieux qui réalisent le mieux leur service à l’égard de leurs enfants parce que leurs enfants voient Dieu en eux et tout est là.

                        La valeur de l’exemple
            
Enseigner la connaissance théorique a de la valeur, mais pas beaucoup si cet enseignement ne suit pas (non pas précède) une conduite, une vie familiale telle que les enfants se sentent devant Dieu. Or cela c’est à la portée de tous ; heureusement que cela ne dépend pas d’un don, mais seulement de la piété du croyant, Dieu soit béni. Un chrétien simple, un chrétien qui n’a pas beaucoup de connaissance, peut être mieux placé qu’un autre pour élever ses enfants comme Dieu veut qu’ils le soient ; c’est la piété qui nous manque et non la connaissance, c’est la recherche persévérante, de tous les instants, de la présence de Dieu dans notre foyer et un exercice profond quand nous sentons que quelque chose a éliminé Dieu pour ainsi dire de notre foyer, de notre cœur d’abord.
            Le premier enseignement que les parents ont à donner aux enfants, c’est l’exemple de leur propre maison. Il faut que les enseignements verbaux, théoriques soient en rapport avec la conduite, avec la pratique de la vie de Dieu, de Christ dans nos maisons. Il est évident que si des parents ne vivent pas de la vie de Christ chez eux, ils sont mal placés pour aller enseigner les enfants à vivre cette vie de Christ, pour les élever sous les avertissements du Seigneur puisqu’eux-mêmes ne tiennent pas compte de ces avertissements.
            Dans nos maisons, tout devrait correspondre à ce caractère de Dieu puisqu’un foyer chrétien c’est un lieu dans lequel Dieu habite. On devrait avoir dans nos maisons le sentiment de la présence de Dieu et du fait que tout est accompli d’une façon qui réponde au caractère de Dieu qui est amour et lumière.

                        Pas de dureté paternelle excessive
            
« Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants » (Éph. 6 : 4a).
            « Pères, n’irritez pas vos enfants, afin qu’ils ne soient pas découragés » (Col.  3 : 21).

            Il y a quelquefois des pères qui irritent leurs enfants. C’est pourquoi les exhortations ci-dessus leur sont adressées. Il faut remarquer que si l’obéissance est due au père comme à la mère (il est dit à « vos parents » Col. 3 : 20), il n’est cependant pas dit : parents n’irritez pas vos enfants. Il semble que la mère n’a pas besoin de cette exhortation ; elle a trop souvent des trésors de faiblesse pour ses enfants, c’est le cœur maternel qui parle. Parfois la mère intervient pour laisser faire à l’enfant ce que le père a défendu et elle ajoute : surtout ne le dis pas à ton père. Cette façon de faire n’est pas selon Dieu. Quand la mère apprend aux enfants à cacher quelque chose à leur père, lorsque la mère a eu une faiblesse et a permis à l’enfant quelque chose qui est en opposition avec la volonté du père, on peut dire que le désordre est dans le foyer.
            Les pères ont besoin à cet égard de ne pas se montrer autoritaires, arbitraires ; ils ont besoin de comprendre leurs enfants, de réaliser que leurs enfants sont faibles, de voir ce qu’ils sont eux-mêmes ; et combien de fois l’avons-nous expérimenté les uns et les autres : nous nous retrouvons dans nos enfants ; les défauts, les imperfections de nos enfants, sont souvent nos propres défauts, nos propres imperfections, et quand nous voyons agir nos enfants, nous disons : voilà, c’est ce que je fais moi-même. Nous avons besoin de la grâce du Seigneur pour nous supporter, et nous avons besoin de grâce à l’égard de nos enfants, tout en maintenant le principe de l’autorité et de l’obéissance. C’est pourquoi la Parole nous dit : « N’irritez pas vos enfants, afin qu’ils ne soient pas découragés ». Ne mettons pas sur leurs épaules un fardeau qu’ils ne peuvent pas porter. Apprenons-leur l’obéissance, soyons fermes, mais en même temps ne les décourageons pas ; tenons compte de leur âge, de leur inexpérience, de leurs faiblesses. C’est toute une affaire, toute une école ; il faut que nous soyons nous-mêmes à l’école de Dieu pour apprendre à discerner ce qui convient, pour savoir doser la fermeté, l’autorité et en même temps la grâce et le support. Il faut que nous ayons à faire avec le Seigneur pour cela et c’est dans la mesure dans laquelle nous aurons à faire avec le Seigneur que nous pourrons vraiment élever nos enfants « dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur ».


Notes prises à une réunion d’étude de la Parole (Saintes - 18 mai 1950)