LA PURETÉ
Lecture proposée : Hébreux 9 : 6-28 ; Lévitique 16 ; Nombres 19
Une ressource pour le pécheur
S’approcher de Dieu par un sacrifice
Le grand jour des expiations
La génisse rousse
Plaire au Seigneur par une marche pure
Je désire présenter quelques pensées concernant la pureté. L’épître aux Hébreux répond tout entière à cette question : Comment l'homme pourra-t-il s'approcher de Dieu ?
Il y a deux côtés distincts :
- la perfection devant Dieu, résultant de l'excellence du sacrifice de son Fils ;
- l'application pratique de cette justice dans nos cœurs.
Il y aura de la bénédiction si nous nous approchons avec un cœur pur. Aussi ce dernier point est très important. Nous devons être exercés d'une façon continuelle, et surtout quand nous nous approchons pour rendre culte. Pour l'Assemblée, le livre des Hébreux prend pour terme de comparaison le grand jour des expiations exposé dans le livre du Lévitique (ch. 16). Une fois par an, le grand sacrificateur entrait dans le lieu saint pour le peuple d'Israël, portant le sang des sacrifices pour le péché.
Chaque homme doit d'abord comprendre quel est son état devant Dieu. Il a besoin de rencontrer Christ pour résoudre la question du péché. Avant même que le Seigneur n'ait dit un mot, s'il y a de la vérité et de la droiture dans le cœur – et, il faut le dire, sous l'effet de la grâce de Dieu -, le sentiment de notre culpabilité entre dans notre cœur et nous ne pouvons que nous écrier comme Pierre : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur » (Luc 5 : 8), ou comme Ésaïe : « Malheur à moi ! je suis perdu ! » (És. 6 : 5). La grâce répond aussitôt. La ressource est présentée : l'évangile de notre Seigneur Jésus-Christ, le sacrifice de la croix.
S’approcher de Dieu par un sacrifice
Le Lévitique, code du sacerdoce, nous montre par les différentes offrandes comment un homme peut s'approcher de Dieu :
- d'abord l'holocauste, qui demande une appréciation mûrie dans le cœur de ce qu'il y a eu d'agréable pour Dieu dans le sacrifice du Seigneur ;
- puis le sacrifice de prospérités, où la pensée principale est la communion de l'adorateur.
Après les offrandes « d'agréable odeur », viennent les sacrifices « pour le péché », divisés en deux classes : 1) les offrandes pour le péché ; 2) les oblations pour le délit. Il faut bien les distinguer :
- Le sacrifice pour le péché nous enseigne qu'une pleine expiation a été faite. Car le péché dans sa nature même est incompatible avec la sainteté de Dieu. S'il n'est pas au bénéfice de l'œuvre de Christ, celui qui s'en rend coupable est condamné aux ténèbres éternelles.
- Quant au sacrifice pour le délit, il envisage tout ce qui trouble le cours normal des voies de Dieu. Une chute s'est produite, il faut qu'intervienne une restauration. Nous avons affaire avec le Père, nous recevons le pardon divin. Il en résulte du bien, des œuvres qui conviennent à la repentance.
Le chapitre 16 du Lévitique nous présente le grand jour des expiations qui concerne l'ensemble du peuple (en figure l'Assemblée). C'était le seul jour de l'année où le souverain sacrificateur entrait dans le lieu très saint sans mourir (v. 2 ; Héb. 9 : 7). Mais avec quelle crainte ! Il était entouré d'une nuée d'encens, et sur sa robe des clochettes tintaient, de sorte que le peuple, en les entendant, savait ainsi qu'il était encore en vie. Deux hommes, Nadab et Abihu, sont morts pour avoir présenté un feu étranger devant l’Éternel (Nom. 3 : 4). II est grave de se présenter devant Dieu avec un cœur non jugé, des pensées étrangères, une attitude qui ne convient pas.
Le sacrificateur devait d'abord offrir pour lui-même (v. 11), et ici le type n'est qu'une ombre de notre « grand souverain sacrificateur » (Héb. 4 : 14). Tout un taureau était nécessaire à sa sanctification personnelle. Il nous convient aussi de penser d’abord à nos propres fautes, c’est l'enseignement que nous devons en retirer. Puis, pour le peuple, il offrait un bouc (v. 15), un animal moins grand.
Nous formons avec tous nos frères un seul corps, sauvé par le sang de l'Agneau, par le sang du propre Fils de Dieu (Act. 20 : 28b). Au culte, chacun doit apporter son offrande. Nous formons une assemblée de sacrificateurs, il n'est pas convenable de compter sur un seul. Même un frère qui n'ouvre pas la bouche, une sœur qui ne peut s’exprimer, apportent leur offrande. Dieu ne regarde pas aux capacités, à la facilité, mais au cœur. Il est beau de venir au culte « préparé », avec une grande reconnaissance dans le cœur, saisi par la pensée que Jésus a souffert pour moi et pour tous. Quel sacrifice de bonne odeur pour Lui ! Sans doute est-Il obligé de purifier nos offrandes qui, sur terre, sont toujours mélangées.
Hébreux 9 : 13 nous présente « le sang de boucs et de taureaux » - c’est l’expiation -, et « la cendre d'une génisse » (la génisse rousse), qui nous parle d’une purification pratique, ce qui est de la plus haute importance. Ceux qui sont appelés à s'approcher de Dieu doivent se sanctifier continuellement.
Purification pour le chemin du désert
Le chapitre 19 des Nombres nous présente en détail la génisse rousse, seulement mentionnée en Hébreux 13 : 9. L'antitype de tout sacrifice, c'est le Seigneur. La génisse était égorgée hors du camp. Sa teinte rousse – la couleur du sang - nous parle du sang versé, de la mort de Christ.
Cette génisse rousse devait avoir les qualités suivantes :
- être « sans tare » : en Christ, il n'y avait pas de péché originel. Une tare se transmet dans une famille de génération en génération ;
- sans « défaut corporel » : Christ, homme sans péché, n'ayant même pas été assujetti, dans sa nature, aux conséquences du péché ;
- ne pas avoir « porté le joug » : le Seigneur Jésus a été parfait pendant toute sa vie. Il n’y avait rien de répréhensible dans sa marche. Le brigand, crucifié à côté de Jésus, pouvait le confesser : « Celui-ci n'a rien fait qui ne doive pas se faire » (Luc 23 : 41). C'est volontairement qu'Il est venu parmi nous et qu'Il a « porté nos souffrances, et s'est chargé de nos douleurs » (És. 53 : 4).
Le sacrificateur est alors Éléazar, troisième fils d'Aaron. Et ce seul fait suffit à nous rappeler la faiblesse de l'ancien sacerdoce : Aaron était mort, comme Moïse, en conséquence de sa désobéissance. La charge avait été transmise à celui qui le suivait. Nous devons, nous aussi, garder ce qui nous a été une fois confié par ceux qui nous ont précédés dans le chemin de la foi.
Il était fait aspersion du sang, sept fois, droit devant la tente de rassemblement (Nom. 19 : 4). La génisse était brûlée, sa cendre était soigneusement conservée « pour la préparation de l’eau de séparation » (v. 9b), pour la purification du péché, qui revêt ici un caractère spécial. Il est produit par les contacts avec le monde, avec ceux qui sont morts dans leurs fautes et dans leurs péchés (Éph. 2 : 1). Tels sont ceux qui n'ont pas répondu aux appels divins, même s'ils paraissent d'un caractère aimable. Un chef s'est mis à leur tête et les conduit, c'est Satan. Nous sommes au milieu d'un tel monde, des contacts sont inévitables et ils produisent de la souillure. Ce n'est pas moins grave qu'un péché positif. Rien de souillé n'entrera dans la présence de Dieu. Le péché n'a pas de place au ciel.
Il nous faut rechercher la pureté. C'est pour le désert que la ressource de la purification nous est donnée. Maintenant, un seul sacrifice suffit ; c'est une chose faite une fois pour toutes (Héb 10 : 10, 14).
On prenait les cendres de la génisse (v. 9a) - et non le sang. Le souvenir des souffrances de Christ est une pensée sanctifiante entre toutes. C’est une « eau de séparation ». Le Saint Esprit (l'eau vive) l'applique à nos cœurs. Chez le chrétien, la chair est loin d'être libre d'agir. Elle doit au contraire être tenue pour morte. Nous sommes exhortés à « mortifier nos membres qui sont sur la terre » (Col. 3 : 5). Notre liberté est celle de l'Esprit.
Purification pour le culte
Nous lisons en 1 Corinthiens 11 : 28 : « Que chacun s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ». Notre purification doit être continuelle et toute particulière quand nous nous rendons au culte. Notre négligence à ce sujet est la cause de notre peu de joie, du manque de bénédiction et de la faiblesse du culte que nous rendons à Dieu. La pensée de Dieu c'est d'ouvrir les écluses des cieux (Mal. 3 : 10). Mais une ombre suffit pour interrompre la communion, il faut que nos cœurs soient purs.
Comment se défendre de la mort qui est dans ce monde ? Nos contacts avec des camarades, nos relations de travail, la lecture des journaux... tout cela est un moyen de souillure. Si nous n'appliquons pas à nos consciences et à nos cœurs la ressource que Dieu nous offre, nous perdons de notre pureté. Pour l'Israélite la purification n'était pas instantanée. Il devait se purifier le troisième jour, pour redevenir pur le septième. Obtenir un tel résultat nécessite tout un travail. Dieu y prend de la peine, si l'on peut dire. Dans l'agriculture, pour obtenir une récolte, il faut des labours, beaucoup de travail et de temps avant que les semences lèvent. De la même manière, il nous faut du sérieux, des exercices. Tout travail de Dieu demande un temps spirituel d'instruction salutaire. Dieu y attache beaucoup d'importance : pour la moindre souillure, il fallait sept jours. Nos cœurs doivent être sensibles pour comprendre s'il y a une ombre. Nos propres pensées sont plus agréables pour notre chair : Veillons !
Des cœurs purifiés
Il y avait deux endroits où pouvait se trouver l'impureté :
- dans la tente (v. 14-15) : nous pouvons voir là en figure l'Assemblée, notre famille ou même notre corps - cette tente dans laquelle nous gémissons étant chargés, dit l'apôtre (2 Cor. 5 : 4).
- dans les champs (v. 16) : ce qui représente notre marche dans le monde.
Tout ce qui était dans la tente était rendu impur, tout « vase découvert » (v. 15), auquel aucun couvercle n'était attaché (la Parole insiste sur ce point) était souillé. Chaque croyant possède le Saint Esprit, mais il doit prendre garde à ne pas l’attrister, ce qui survient s'il méprise ce que la Parole nous enseigne. Il doit être conservé dans un vase couvert, entouré d'une armature solide : la cuirasse de la foi (voir 1 Thes. 5 : 8), afin que ce qui est du monde ne vienne pas souiller ce qui est de Dieu. Des manquements à cet égard seront une cause de faiblesse, une perte de joie, un interdit s'installe dans notre cœur. L'homme impur sera retranché du milieu de la congrégation. Le culte s'en ressentira. Si nous ne nous apercevons pas de cette perte de communion, l'Ennemi, quant à lui, cherche à élargir cette position. Notre cœur perd sa fraîcheur, un « vieillissement » atteint le cœur et l’l'esprit – un état anormal chez un enfant de Dieu.
Les fruits de la chair, choses extrêmement laides aux yeux de Dieu existent à l'état de germe dans nos cœurs. Nous n'avons pas à nous faire d’illusions, nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Tel est l'aboutissement des mouvements de notre cœur, même si l'aspect extérieur est beaucoup plus aimable. Voici la photographie du cœur, du mien, du vôtre : méchanceté, égoïsme, difficulté à aimer les autres.
Dieu veut que ces choses soient surmontées dans l'Assemblée et que nos cœurs soient nets, purs, sans rancune. Il désire que nous soyons aimants, compréhensifs envers tous. Notre pauvre cœur trouve tant de prétextes pour donner libre cours aux manifestations de l'amour propre. Il faut nous supporter l'un l'autre, nous pardonner aussi, nous aimer enfin. Pardonner certaines choses demande un grand travail dans nos cœurs, de longs exercices. Venons avec des pensées de paix. Comprenons qu'il y a de grandes différences entre les frères. Il y a des souffrances que le Seigneur permet dans l'Assemblée pour que l'amour puisse s'exercer. Il faut beaucoup de prière, toujours rechercher la pensée de Dieu dans sa Parole. C'est difficile ! Nous avons à supporter des différences de sentiment, de pensée (Phil. 3 : 15b ; 4 : 2).
Plaire au Seigneur par une marche pure
Nous avons tous le même désir de plaire au Seigneur :
- « Je cours droit au but » - ma marche personnelle ;
- « Marchons dans le même sentier » (Phil. 3 : 14 ; 16) - notre marche collective.
Il faut aimer les frères en Christ. Avoir toujours des pensées de paix, d'amour, de bienveillance, de compréhension, à cause du Seigneur. Telle est sa volonté. Marchons avec des cœurs pur : « Heureux » dit l'Écriture, « ceux qui sont purs de cœur, car c'est eux qui verront Dieu » (Matt. 5 : 8). Ayons les cœurs purifiés par sa grâce, par cette précieuse eau de séparation !
« Bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d’esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Cor. 7 : 1).
D’après une méditation de la Parole de Dieu (Bordeaux, mai 1962)