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DEUXIÈME ÉPÎTRE AUX THESSALONICIENS (1)


CHAPITRE 1 – Encouragement - les souffrances pour le royaume de Dieu

            Dans ce premier chapitre, l’apôtre Paul prépare les destinataires de sa lettre pour ce qu’il a d’important à leur dire dans le deuxième chapitre. Après la salutation initiale, il exprime sa reconnaissance pour l’accroissement spirituel que Dieu avait produit parmi eux. Cependant, ses paroles laissent déjà quelque peu percevoir son souci que leur espérance en Christ ne soit plus aussi vivante qu’au début. Les grandes persécutions qu’ils traversaient avaient fourni à l’Ennemi une occasion de les amener à en tirer de fausses conclusions.
Paul leur montre clairement que leurs tribulations n’avaient rien à faire avec le jour du Seigneur ; elles avaient un tout autre caractère que ce qu’ils pensaient. Parallèlement, il les encourage en leur déclarant que bientôt les rôles seront inversés : dans le jour du Seigneur, eux connaîtront le repos, tandis que ceux qui les ont opprimés recevront leur juste jugement. À la fin du chapitre, on voit l’effet pratique que ce fait doit avoir sur les croyants, dans leur vie de tous les jours.

                        « Paul, Silvain, et Timothée, à l’assemblée des Thessaloniciens, en Dieu notre Père et dans le Seigneur Jésus Christ » (v. 1).
            On peut remarquer que Paul, écrivant aux assemblées, ne se présente que trois fois comme seul auteur de la lettre : dans les épîtres aux Romains, aux Galates et aux Éphésiens, où son autorité apostolique est particulièrement engagée. Dans toutes les autres épîtres à des assemblées locales, il s’associe des compagnons d’œuvre, comme ici Silvain et Timothée. Ensemble, ils avaient déjà écrit la première épître. Ensemble, ils avaient visité les croyants de Thessalonique ; ensemble ils avaient travaillé parmi eux et vu l’œuvre du Seigneur. Ils avaient partagé et leur joie et leurs préoccupations au sujet de ces jeunes croyants. Dirigés par le Saint Esprit, ils sont conduits maintenant à leur écrire cette seconde lettre.
            Le nom de Paul vient en premier, et en fait c’est lui l’auteur de la lettre (3 : 17). Quoiqu’il soit « l’apôtre des nations », il ne mentionne pas explicitement ici son apostolat. Si la lettre a bien pour but de corriger et d’enseigner, elle est en premier lieu l’expression d’une relation d’amour et de confiance. Et il n’y avait aucun doute que ce serait ainsi aussi que les Thessaloniciens recevraient ce que l’apôtre avait à leur dire.
            Silvain (ou Silas) était de ceux qui étaient « estimés parmi les frères » (Act. 15 : 22), et il était « prophète » (v. 32). C’est un fidèle compagnon de service de Paul, depuis le moment où Barnabas et Marc l’ont quitté (v. 40).
            Comme dans la première épître, l’introduction porte un caractère particulier. Les auteurs s’adressent « à l’assemblée des Thessaloniciens, en Dieu notre Père et dans le Seigneur Jésus Christ ». Ce qui est mis en évidence ici, ce n’est pas le caractère de « l’assemblée de Dieu » selon le conseil éternel de Dieu, mais les relations de communion des croyants avec Dieu, leur Père, et avec le Seigneur Jésus Christ.
            Si chaque enfant de Dieu a une relation personnelle avec Lui et avec le Seigneur Jésus, il y a aussi avec les personnes divines des relations collectives. Lorsqu’il est parlé de notre relation avec Dieu comme tel, il s’agit en général de notre responsabilité. Il est notre Créateur, et nous avons à Lui rendre compte. Notre relation avec Lui comme Père, en revanche, évoque l’intimité que nous avons avec Lui comme chrétiens. Quel encouragement pour les Thessaloniciens de savoir, dans leurs circonstances extérieures difficiles, que Dieu était leur Père et qu’Il les aimait !

                        « Grâce et paix à vous, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ  ! » (v. 2).
            La relation des croyants avec Dieu, leur Père, et avec le Seigneur Jésus Christ est la source de toutes leurs bénédictions. Paul souhaite aux Thessaloniciens la grâce et la paix, sachant que l’une et l’autre ne peuvent venir que du ciel.
            Paul ne souhaite ni le bonheur ni la richesse, pas plus que la santé ou le bien-être. Il n’était certainement pas indifférent à ces choses, mais il savait ce dont ils avaient surtout besoin. Les vœux de grâce et de paix - bien que souvent mentionnés dans les épîtres - ne sont pas une simple formule de politesse. Ils découlent d’un besoin que l’apôtre ressentait profondément.
            Ce n’est pas sans motif que la grâce et la paix sont souvent mentionnées ensemble, et que la grâce est nommée en premier. Il y a entre elles une relation de cause à effet. Un plus profond sentiment de la grâce produit une plus grande jouissance de la paix. C’est déjà vrai lorsqu’un pécheur apprend à connaître le Sauveur : la grâce lui apporte le salut et le résultat est la paix avec Dieu. Il en est de même dans notre vie chrétienne. Plus nous goûterons la grâce, plus nos cœurs jouiront de la paix de Dieu.
            Dans cette lettre qui traite particulièrement du jour du Seigneur, il est remarquable de trouver, déjà dans l’introduction, deux mentions de la seigneurie de Christ. Il est maintenant le Seigneur des croyants, et bientôt Il manifestera publiquement que Dieu L’a fait non seulement « Christ », mais « Seigneur » sur toutes choses (Act. 2 : 36).
            Ce titre de Seigneur, Kyrios en grec, pouvait attirer l’attention des Thessaloniciens, qu’ils aient été d’origine juive ou païenne. Pour quelqu’un qui avait grandi parmi les Juifs, c’était une allusion claire à « l’Éternel » de l’Ancien Testament. Et pour la plupart des destinataires de la lettre, qui étaient venus du paganisme, le titre de « Kyrios » était exclusivement attribué à l’empereur de Rome. Lui seul avait le droit de se nommer ainsi. Cependant, lors de la visite de Paul et de ses compagnons, les Thessaloniciens avaient appris qu’il y avait « un autre roi, Jésus » (Actes 17 : 7). Ce fait, déjà mis en évidence dans la première épître, leur est encore rappelé ici. Il devrait toujours exercer une grande influence sur notre vie pratique.

                        « Nous devons toujours rendre grâces à Dieu à votre sujet, frères - comme il est juste - parce que votre foi augmente beaucoup et que l’amour de chacun de vous tous, l’un pour l’autre, s’accroît » (v. 3).
            « Nous devons… » exprime le sentiment profond d’une obligation. Les auteurs de la lettre ressentaient le besoin de présenter cette reconnaissance à Dieu, parce qu’elle était motivée par l’état des Thessaloniciens. L’expression « comme il est juste » le confirme.
            Paul et ses compagnons étaient des observateurs attentifs. Le bon état de ces jeunes croyants ne leur échappait pas et les conduisait à remercier Dieu. Paul ne fermait pas les yeux sur les aspects négatifs, mais partout où cela était possible, il rendait d’abord grâces pour ce qui pouvait être mentionné de positif (voir Rom. 1 : 8 ; 1 Cor. 1 : 4 ; Éph. 1 : 16 ; Col. 1 : 3 ; 1 Thes. 1 : 2). Mis à part les épîtres personnelles, cette expression de reconnaissance envers Dieu ne manque que dans l’épître aux Galates et dans la deuxième épître aux Corinthiens, et cela pour des motifs faciles à comprendre.
            Quels étaient donc les motifs de cette reconnaissance ? Deux caractères des Thessaloniciens sont mentionnés ici : premièrement leur foi, ensuite leur amour. Il s’agit ici de la foi en exercice dans la vie de tous les jours. La foi nous introduit et nous maintient en relation avec Dieu notre Père et avec le Seigneur Jésus. Elle transforme en réalités vivantes les choses invisibles pour l’œil naturel.
            L’amour se manifeste en action. Ici nous le voyons personnel, commun et réciproque. C’était l’amour « de chacun », l’amour « de vous tous » et c’était l’amour « l’un pour l’autre ». L’ordre dans lequel sont mentionnés ces deux caractères saillants, la foi et l’amour, n’est pas arbitraire. La foi nous met en contact avec la source éternelle de l’amour en Dieu lui-même, et il en résulte que nos cœurs sont attirés vers tous ceux qui Lui appartiennent.
            La foi des Thessaloniciens augmentait beaucoup et leur amour abondait. La comparaison avec ce qui est dit dans la première épître montre qu’ils avaient fait des progrès remarquables en peu de temps, et cela bien que ces qualités aient déjà été présentes auparavant. L’introduction de la première épître mentionne leur « œuvre de foi » et leur « travail d’amour » (1 : 3). Plus loin, il est dit que leur foi envers Dieu était connue non seulement en Macédoine et en Achaïe, mais en tous lieux (1 : 8). Et il n’était pas nécessaire de leur écrire pour les exhorter à l’amour fraternel, car ils étaient enseignés de Dieu à cet égard (4 : 9-10). « Rester sur place, c’est reculer », dit un proverbe profane ; et c’est certainement vrai aussi dans le domaine spirituel. Dieu désire notre croissance spirituelle, des progrès dans notre vie chrétienne. La parole de Dieu ne suppose jamais que nous ayons atteint un niveau dont nous puissions nous satisfaire, et où nous puissions nous reposer. Salomon, le sage, l’a exprimé ainsi : « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante qui va croissant jusqu’à ce que le plein jour soit établi » (Prov. 4 : 18). Quelle perte pour le croyant quand, au lieu de cette croissance, il y a stagnation, ou même, recul !
            « Parce que votre foi augmente beaucoup ». Dans la nature, la croissance est liée à la présence de la vie. De même, notre foi ne peut croître que si elle est vivante. Tel est le caractère d’une foi que Dieu produit. Une vie imprégnée de cette foi est une vie riche d’expériences encourageantes. Bien que jeunes dans la foi, les Thessaloniciens avaient fait de telles expériences et, par conséquent, ils avaient grandi dans la foi.
            « L’amour de chacun de vous tous, l’un pour l’autre, s’accroît ». Cela fait penser à un fleuve qui déborde et arrose tout un pays. Les relations des Thessaloniciens avec leurs frères et sœurs non seulement étaient en bon état, mais prospéraient. Bien que nous ne vivions pas de l’amour des autres, c’est dans la nature même de l’amour qu’il y ait réciprocité et progrès. L’apôtre Paul écrit dans l’épître aux Philippiens : « Je demande ceci dans mes prières, que votre amour abonde encore de plus en plus en connaissance et toute intelligence » (1 :9). Plus nous demeurons dans la jouissance de l’amour du Seigneur, plus cet amour rayonne envers les autres. Et inversement, un amour défaillant pour le Seigneur entraîne le déclin de notre amour pour nos frères et sœurs.

                        « Si bien que nous-mêmes nous nous glorifions de vous dans les assemblées de Dieu au sujet de votre patience et de votre foi dans toutes les persécutions et les tribulations que vous supportez » (v. 4).
            Ces paroles sont avant tout un encouragement. Même si Paul n’avait pas l’habitude de parler beaucoup des croyants, dans le cas des Thessaloniciens il ne pouvait faire autrement. Il se glorifiait à leur sujet dans les autres assemblées de Dieu, en parlant de leur patience et de leur foi. Il ne faisait pas l’éloge de leurs propres qualités, mais de ce que Dieu avait opéré en eux. Il y a là aussi une leçon pour nous. Ne nous arrive-t-il pas de rechercher les choses négatives dont nous pourrions parler, au lieu de nous glorifier de ce que la grâce de Dieu a pu produire chez nos frères et sœurs ? Paul avait un œil très exercé pour discerner le mal, et il s’en est occupé toutes les fois que cela était nécessaire, mais nulle part il ne donne l’impression d’avoir cherché à en découvrir.
            Dès le début de leur vie chrétienne, les Thessaloniciens avaient connu les souffrances et l’opprobre (Act. 17 : 5-9). Ils avaient reçu la Parole, « accompagnée de grandes tribulations » (1 Thes. 1 : 6). Or ces circonstances ne s’étaient pas améliorées ; elles s’étaient plutôt aggravées, semble-t-il. Et c’était justement l’occasion qu’avaient saisie les faux docteurs pour troubler ces croyants.
            Aujourd’hui aussi, il y a des chrétiens persécutés, et si nous habitons dans des pays où règne la paix et la liberté religieuse, c’est un motif de reconnaissance envers Dieu. Toutefois, selon 2 Timothée 3 : 12, tous ceux qui se placent ouvertement du côté du Seigneur Jésus seront persécutés, d’une manière ou d’une autre.
            Mais, comme nous le verrons au chapitre suivant, ces persécutions n’ont rien à faire avec le « jour du Seigneur ». Les tribulations qui accompagneront ce jour seront, avant tout, un jugement sur les incrédules, tandis que les épreuves actuelles des croyants sont un moyen dans la main de Dieu pour les former, les discipliner, et pour mettre à l’épreuve leur foi (voir par exemple 1 Pi. 1 : 7).
            Les Juifs attendaient effectivement un temps de tribulations. Ils savaient que Dieu se révélerait en jugement avant l’établissement de son royaume. C’est pourquoi l’erreur qui avait été insinuée parmi les Thessaloniciens était difficile à discerner et dangereuse. Les séducteurs venaient avec des arguments fondés sur l’Ancien Testament. Mais il est toujours important de faire une juste application des citations de la Parole. L’attente des chrétiens n’est pas orientée vers ces jugements, mais vers la venue du Seigneur lui-même. Avant que soient versés sur cette terre les jugements judiciaires du jour du Seigneur, Il viendra comme l’Époux pour nous recueillir auprès de Lui. C’est ce que Paul avait précisément exposé dans sa première lettre (4 : 13-18).
            Remarquons qu’en mentionnant les persécutions et les tribulations endurées par les Thessaloniciens avec patience et avec foi, Paul ne dit rien de l’espérance. Il y avait la patience, mais ce n’était plus la « patience d’espérance », telle qu’il en est parlé dans la première épître (1 : 3). L’espérance de la venue de Christ avait été le ressort de leur patience et ce ressort semblait avoir perdu sa force. Ce dont ils avaient besoin, ce n’était pas seulement de la patience dans leurs circonstances difficiles, mais de « la patience du Christ » (3 : 5). Il attend maintenant le moment de recueillir auprès de Lui son épouse ; et de la même manière, nous avons à L’attendre, Lui qui va venir pour nous unir à Lui. À l’assemblée fidèle à Philadelphie, Il peut dire : « Tu as gardé la parole de ma patience » (Apoc. 3 : 10).
            La foi, l’amour et l’espérance sont souvent associés dans les épîtres, d’où l’importance de l’omission de l’espérance dans ce passage. Les Thessaloniciens avaient perdu leur espérance parce qu’ils subissaient l’influence de l’erreur. Ils n’étaient plus, comme auparavant, des chrétiens orientés vers un seul but. La foi et l’amour avaient été affermis en eux par les persécutions, et la patience était encore là ; mais l’espérance leur manquait désormais.
            De nos jours aussi, certains croyants pensent que l’assemblée doit passer par la grande tribulation. Et on peut souvent constater que, chez eux, l’espérance chrétienne tient peu ou pas de place. Mais le Nouveau Testament nous enseigne clairement que nous n’avons à attendre aucun événement avant la venue du Seigneur, qui est l’accomplissement de notre espérance. Certes, il peut se passer encore bien des choses - même des choses dont la Bible parle -, mais aucune n’est obligatoire. Celui qui fixe son attente sur certains événements et pense qu’ils devraient encore se réaliser avant que le Seigneur vienne enlever les siens, oriente son espérance sur des événements et non sur le Seigneur.
            La vraie espérance chrétienne est dirigée vers une Personne : « l’Étoile brillante du matin » (Apoc. 22 : 16), Celui qui vient avant que les jugements du jour du Seigneur ne fondent sur la terre. Quelque chose manque forcément lorsque Christ n’est pas personnellement devant le cœur comme Celui qui peut venir à tout moment pour prendre les siens auprès de Lui.

                        « C’est un signe manifeste de la juste appréciation de Dieu, pour que vous soyez estimés dignes du royaume de Dieu pour lequel aussi vous souffrez » (v. 5).
            La justice de Dieu se manifestera, tant à l’égard des persécuteurs des croyants qu’à l’égard des croyants persécutés. Dieu n’est pas injuste quand Il permet que ses enfants soient opprimés. Au contraire, les tribulations peuvent être, dans sa main, un moyen de mettre leur foi à l’épreuve et de manifester clairement leur mise à part de ce monde. Leurs souffrances sont en relation avec le royaume de Dieu, le domaine où sont reconnus les droits de Christ à qui Dieu a donné toute autorité. Ceux qui déjà maintenant reconnaissent cette autorité sur leur vie sont persécutés par ceux qui sont encore sous le pouvoir de Satan. Mais le jour vient où le royaume de Dieu sera publiquement établi en puissance sur la terre, et les souffrances de ceux qui sont persécutés prendront fin. C’est à l’établissement de ce royaume en gloire que Paul fait allusion ici.
            Dans le livre des Actes, nous voyons que Paul avait déjà averti « que c’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Act. 14 : 22). D’autres passages des épîtres nous montrent aussi que le chemin du croyant vers la gloire passe par la souffrance. Par exemple : « ... si du moins nous souffrons avec lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec lui » (Rom. 8 : 17) ; et : « si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Tim. 2 : 12).
            Pierre dit : « Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le feu ardent qui est au milieu de vous pour vous éprouver, comme s’il vous arrivait quelque chose d’extraordinaire ; au contraire, réjouissez-vous dans la mesure où vous avez part aux souffrances de Christ, afin qu’aussi, à la révélation de sa gloire, vous vous réjouissiez avec allégresse » (1 Pi. 4 : 12).
            Les souffrances dont il est question dans ce verset 5, ce ne sont donc pas celles que Dieu, en conséquence de notre infidélité, peut employer pour discipliner ses enfants, mais celles que nous connaissons parce que nous sommes associés à un Christ rejeté. Ce sont ces souffrances-là que Pierre mentionne dans les cinq chapitres de sa première épître : souffrances qui mettent à l’épreuve et épurent notre foi (1 : 6-7) ; souffrances par conscience envers Dieu (2 : 19) ; souffrances pour la justice (3 : 14) ; souffrances pour le nom de Christ (4 : 13-14) et souffrances en résistant à Satan (5 : 8-10).
            Toutes ces souffrances sont en rapport avec le royaume de Dieu. Paul ne parle pas d’être rendus dignes du ciel, mais du royaume. Notre place au ciel, dans la maison du Père, est parfaitement assurée par l’œuvre du Seigneur à la croix, tandis que notre place dans le royaume de Dieu est liée à la part que nous prenons aux souffrances pour le témoignage de Jésus Christ et à notre fidélité (2 Tim. 2 : 3-4). Dans plusieurs passages, la mention du royaume est étroitement liée à notre responsabilité.
            Le royaume a un côté céleste, et c’est celui-là qui nous concerne. Nous viendrons du ciel pour régner avec le Seigneur. C’est aussi de cet aspect céleste du royaume que le Seigneur parle en Matthieu 13 : 43 : « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père ».
            Ainsi, l’établissement du royaume de Dieu manifestera clairement de quel côté les Thessaloniciens se trouvaient. Leurs souffrances étaient la preuve qu’ils étaient « estimés dignes » de ce royaume. Cependant, cette dignité n’était pas due à leur propre mérite. Leur fermeté ne venait pas de leurs propres efforts, mais de Dieu. La pensée ici n’est nullement que nous puissions, par les souffrances, nous procurer ou mériter une place dans le royaume, mais que les souffrances sont la preuve que nous en sommes dignes. Elles en sont comme le sceau et la confirmation.
            En Apocalypse 5 : 12, il est dit du Seigneur : « Digne est l’Agneau qui a été immolé de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et bénédiction ». Nous le comprenons facilement. Le Seigneur Jésus est digne de recevoir son royaume et toute la souveraineté qui s’y rattache. Il possède cette dignité par Lui-même, et de plus, par ses souffrances et sa mort sur la croix, Il a acquis comme homme le droit à la domination universelle.
            Nous possédons aussi la dignité qui convient au royaume, mais comme une chose qui nous a été donnée. Elle devrait avoir une influence pratique sur notre vie. La première épître a exhorté les croyants à marcher d’une manière digne de Dieu qui nous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire (2 : 12). Les caractères du royaume dans sa forme publique (justice, paix et joie - Romains 14 : 17) devraient déjà être visibles dans toute notre vie.
            Les Thessaloniciens traversaient la persécution, ils souffraient pour le nom du Seigneur, et c’était la preuve qu’ils échapperaient aux jugements qui accompagneront l’établissement du royaume (voir Luc 21 : 36).

                        « Si du moins il est juste devant Dieu que de rendre la tribulation à ceux qui vous font subir la tribulation, et de vous donner, à vous qui la subissez, du repos avec nous à la révélation du Seigneur Jésus venant du ciel avec les anges de sa puissance » (v. 6-7).
            Ces versets nous montrent les effets qu’auront la venue du Seigneur Jésus sur la terre (sa révélation) et l’établissement du royaume de Dieu. Pour ceux qui subissent maintenant la persécution, il y aura du repos, tandis que pour les persécuteurs, il y aura la rétribution. Les rôles seront inversés. La tribulation qu’auront connue les croyants prendra fin, alors que leurs oppresseurs subiront leur juste châtiment.
            La tribulation subie par les croyants ne peut avoir aucun rapport avec le jour du Seigneur, puisque, à ce moment-là, ils auront trouvé le repos. Nous voyons ici de quelle manière grossière les Thessaloniciens avaient été induits en erreur. La vérité était renversée. Le fait même qu’ils souffraient était une démonstration que le jour du Seigneur n’était pas encore là.
            Le verset 6 nous parle, tout d’abord, de ceux qui persécutent les croyants. Dieu est juste et Il les châtiera, peut-être même de leur vivant. Cependant, la preuve évidente de la justice de Dieu en jugement, lorsqu’Il « rendra la tribulation », sera apportée devant tous au plus tard au jour du Seigneur. Nous avons ici une application du principe posé en Galates 6 : 7 : « Ne vous y trompez pas ; on ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera ».
            Le principe de la rétribution est souvent mentionné dans l’Ancien Testament. Par exemple : « Car l’Éternel, le Dieu des rétributions, rend certainement ce qui est dû » (Jér. 51 : 56), ou : « Soyez forts, ne craignez pas ; voici votre Dieu : la vengeance vient, la rétribution de Dieu ! Lui-même viendra, et vous sauvera » (És. 35 : 4). Bien que nous vivions dans un temps de grâce où nous ne demandons pas la vengeance, il y aura cependant une rétribution de la part de Dieu pour tous les actes commis aujourd’hui. Bien des fautes semblent rester impunies, comme si Dieu n’en tenait pas compte. Mais Dieu voit la moindre injustice ; rien ne peut Lui être caché. Il y aura, pour chaque acte d’oppression, de persécution, de moquerie ou de mépris à l’égard des croyants, une rétribution au jour du Seigneur.
            Du ciel, le Seigneur Jésus a interpellé Saul de Tarse : « Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? » (Act. 9 : 4). Le principe subsiste : tout ce qui est fait aux croyants est fait à Christ. En vertu de son œuvre à la croix, nous Lui appartenons et Lui sommes intimement liés. Et le jour vient où le prix que nous avons à ses yeux sera montré publiquement.
            La justice de Dieu est révélée aujourd’hui dans l’évangile. Par l’œuvre du Seigneur Jésus, Dieu a trouvé un moyen de manifester sa justice alors même qu’Il fait grâce, ainsi qu’il est écrit : « en sorte qu’il est juste et qu’il justifie celui qui est de la foi en Jésus » (Rom. 3 : 26). C’est la bonne nouvelle de la grâce, accessible à tous, et celui qui la méprise aura affaire à la justice de Dieu en jugement. C’est en justice aussi que la rétribution sera exercée au jour du Seigneur, lors de l’établissement du royaume. Le psalmiste dit : « La justice et le jugement sont les bases de ton trône ; la bonté et la vérité marchent devant ta face » (Ps. 89 : 15).
            Au châtiment des oppresseurs répond le repos de ceux qui subissent la persécution. En disant ici : « du repos avec nous », Paul et ses compagnons s’associaient aux destinataires de l’épître. Ils passaient, eux aussi, par des tribulations et des temps de détresse. Les Thessaloniciens n’étaient pas seuls à être éprouvés, et ils ne seraient pas seuls non plus quand le temps du repos serait là.
            L’expression « la révélation du Seigneur Jésus du ciel » se réfère à son apparition en gloire. Sa première venue sur cette terre a aussi été une révélation, mais avec un caractère tout différent. Il vint en grâce. « La grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » (Jean 1 : 17). Mais lorsqu’Il apparaîtra une deuxième fois sur la terre, ce sera pour manifester sa puissance et sa gloire dans le jugement. Il ne s’agit pas ici de sa venue pour prendre les siens auprès de lui, mais bien de son retour avec les siens, afin d’établir son royaume ; c’est là le jour du Seigneur.
            Il est possible que le Seigneur nous délivre de nos oppresseurs ici-bas déjà, et tout à fait certain que nous entrerons dans le repos au moment où le Seigneur nous enlèvera de cette terre, soit par la mort, soit par sa venue pour nous. Cependant, il n’est pas question ici du moment où commence le repos, mais de ce qui caractérise le jour du Seigneur. C’est, d’une part, la rétribution et le châtiment pour ceux qui font subir la persécution et, d’autre part, le repos pour ceux qui l’ont subie.
            Le croyant possède aujourd’hui déjà le repos de la conscience. Celui qui s’appuie sur l’œuvre du Seigneur Jésus à la croix sait qu’il a la paix avec Dieu : « Venez à moi... et moi, je vous donnerai du repos » (Matt. 11 : 28). En outre, dans notre marche à travers ce monde, nous avons le privilège de goûter le repos de nos âmes : « Prenez mon joug sur vous », dit le Seigneur, « et vous trouverez le repos de vos âmes » (v. 29). Mais aussi longtemps que nous serons sur la terre, nous ne connaîtrons pas le repos dont il est question dans notre passage. Nous avons maintenant des tribulations, et lorsqu’elles prendront fin, nous jouirons du repos éternel, en contraste avec ce qui est réservé aux incrédules : « La fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit » (Apoc. 14 : 11).
            La révélation du Seigneur Jésus est « avec les anges de sa puissance ». Toute puissance lui appartient, et Il lui plaît de l’exercer par le moyen des anges (voir Matt. 13 : 41-42 ; 16 : 27 ; 24 : 31). Ce sont eux qui ont fait connaître sa naissance (Luc 2 : 10), eux qui ont témoigné de sa résurrection (Matt. 28 : 2) et eux qui ont annoncé son retour (Act. 1 : 10). Les croyants, en revanche, ne sont pas des instruments de sa puissance, mais les monuments de sa gloire (v. 10).

                        « En flammes de feu, exerçant la vengeance sur ceux qui ne connaissent pas Dieu, et sur ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus Christ » (v. 8).
            Les flammes de feu parlent de la vengeance de Dieu exercée en jugement. Il en avait été ainsi pour Sodome et Gomorrhe et il en sera de même au jour du Seigneur.
            Lorsque le Seigneur Jésus était sur la terre, les hommes ont entendu les paroles de grâce et de miséricorde qui sortaient de sa bouche. Puis le monde l’a vu mourir sur la croix, sans qu’Il n’exprime aucune parole de vengeance et de rétribution. Au contraire, on a pu L’entendre dire : « Père, pardonne- leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23 : 34). Mais quand viendra le jour du Seigneur, Il sera le Juge inflexible, de la bouche duquel sortira l’épée du jugement et de la vengeance (voir 2 Thes. 2 : 8).
            Dieu a dit par Moïse : « À moi la vengeance et la rétribution... Car le jour de leur calamité est proche, et ce qui leur est préparé se hâte » (Deut. 32 : 35). Il ne s’agit pas de la vengeance dans le sens négatif qui caractérise, hélas ! notre nature humaine, mais d’une juste rétribution, qui est une prérogative de Dieu.
            Prenons garde, nous qui vivons aujourd’hui dans le temps de la grâce, de ne pas nourrir des pensées de jugement et de vengeance, comme l’ont fait Jacques et Jean, lorsqu’ils voulaient faire descendre le feu du ciel sur les Samaritains (Luc 9 : 54). Nous savons que le jour du jugement vient, et avec lui la rétribution. Cette pensée devrait nous animer d’un sentiment de compassion envers les incrédules et nous donner du zèle pour répandre l’évangile de la grâce, chaque fois que l’occasion se présente.
            Deux classes de personnes sont mentionnées ici comme devant subir la vengeance : ceux qui ne connaissent pas Dieu (c’est-à-dire les nations en général) et ceux qui n’obéissent pas à l’évangile (c’est-à-dire les Juifs) (voir 1 Thes. 4:5). Les nations, ayant abandonné la connaissance de Dieu, étaient tombées dans l’idolâtrie et dans une corruption morale complète (Rom. 1 : 28). Contrairement à elles, les Juifs ne pratiquaient pas l’idolâtrie - du moins extérieurement - depuis leur captivité à Babylone. Ils avaient eu de tout temps une certaine connaissance de Dieu, et prétendaient Le servir. Mais ils n’avaient, bien souvent, aucun engagement de cœur. Le fait qu’ils avaient rejeté et crucifié le Messie et qu’ils n’obéissaient pas à l’évangile prouvait clairement qu’ils n’étaient pas moins coupables que les nations. Le juste jugement de Dieu, exercé par le Seigneur Jésus, frappera les uns et les autres, bien que le degré de leur responsabilité ne soit pas le même.
            Si nous considérons le temps actuel et nos pays christianisés, nous voyons une situation semblable. La connaissance de Dieu, au moins extérieure, existe depuis des siècles, mais n’a pas, pour autant, amené tous les hommes à obéir à l’évangile. Elle ne fait qu’augmenter la responsabilité de ceux qui ne l’ont pas reçu. D’autre part, nous devons constater aujourd’hui que le nombre de personnes qui effectivement « ne connaissent pas Dieu » augmente de manière effrayante. D’innombrables jeunes grandissent sans avoir jamais entendu parler du Seigneur Jésus.
            À ce propos, on pourrait se demander comment il est possible que Dieu amène en jugement des gens qui n’ont jamais entendu parler du Sauveur et auxquels l’évangile n’a jamais été annoncé. La Bible ne laisse pas cette question sans réponse. Selon l’épître aux Romains, il y a au moins deux choses dont tout homme devra rendre compte : le témoignage de la création (1 : 19) et celui de la conscience (2 : 15). Il n’y aura donc d’excuse pour personne, bien qu’il soit clair, ici aussi, que les responsabilités sont différentes.
            Considérons encore un point à la fin du verset 8. Il n’est pas reproché à ces hommes de ne pas avoir cru à l’évangile - ce qui est aussi vrai sans doute -, mais de ne pas avoir obéi à l’évangile. Il n’est pas rare que le message du salut soit présenté comme une offre de la part de Dieu, que l’homme est libre d’accepter ou de refuser. Il est vrai que Dieu a donné à l’homme la possibilité de dire non ; il n’est pas un robot. Un refus pourtant témoigne de sa propre volonté et de sa désobéissance.
            Lorsque l’apôtre Paul s’adresse aux intellectuels de son temps, à l’Aréopage, il leur dit expressément : « Dieu... ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent » (Act. 17 : 30). Il est dit aussi : « Mais tous n’ont pas obéi à l’évangile » (Rom. 10 : 16). Pierre attire l’attention sur « la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de Dieu » (1 Pi. 4 : 17). « Qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3 : 36).
            Ce n’est pas une faveur que l’homme fait à Dieu lorsqu’il croit à l’évangile, mais bien un acte d’obéissance. Il n’est donc pas libre, de ce point de vue, puisqu’il s’agit d’un ordre de la part de Dieu. Nous ne devrions ni oublier, ni taire cet aspect, en présentant l’évangile.

                        « Ils subiront le châtiment d’une perdition éternelle loin de la face du Seigneur et loin de la gloire de sa force » (v. 9).
            Ce verset nous décrit en peu de mots, mais de manière explicite, en quoi consistera le juste jugement de Dieu : ce sera la destruction éternelle. Le mot « châtiment », en grec, a la même racine que le mot « juste ». Le châtiment de Dieu n’est pas infligé de manière arbitraire, il est juste et mérité. L’idée erronée qu’un Dieu d’amour ne peut punir pour l’éternité ne tient pas compte du fait qu’il est aussi un Dieu de lumière et que, dans sa sainteté, Il ne peut voir le mal.
            Le jugement de Dieu sera donc « la perdition éternelle », que le Seigneur Jésus lui-même met en contraste avec la vie éternelle en Matthieu 25 : 46. Là, le Seigneur parle de ceux qui « s’en iront dans les tourments éternels », tandis que les justes iront « dans la vie éternelle » (voir Dan. 12 : 2). L’espérance du croyant est d’entrer dans la gloire du ciel et d’y être pour toujours avec le Seigneur (1 Thes. 4 : 17). C’est sa présence qui constitue la gloire du ciel, et les incrédules en seront privés pour toujours. La destruction éternelle équivaut à être banni éternellement de la présence de Celui qui est la source de la vie, de la lumière et de l’amour.
            De plus, ceux qui subiront le jugement de Dieu seront aussi exclus de « la gloire de sa force », lorsque sa grandeur et sa gloire seront pleinement déployées, aussi bien dans le règne de mille ans que dans l’éternité.
            Ce qui fera toute l’horreur de la perdition éternelle, ce sera le fait d’être séparé à jamais de Dieu et du Seigneur. L’enfer, c’est cela : être privé de la présence de Celui qui remplira d’un bonheur éternel le ciel et la maison du Père. Le souffle de chaque être humain est aujourd’hui en la main de Dieu (Dan. 5 : 23). Chacun de nous - qu’il le reconnaisse ou non - vit, se meut et existe en Lui (Act. 17 : 28). Jamais une créature sur la terre n’a fait l’expérience d’être totalement coupée de Dieu. Les hommes ont été créés pour être tournés vers Dieu, et c’est précisément cela qui manquera à ceux qui seront dans les tourments éternels. Ils seront coupés de leur origine et ce que cela signifie dépasse ce que nous pouvons imaginer. C’est pourquoi ils sont appelés « les morts » en Apocalypse 20 : 12, bien qu’ils existent éternellement. La mort ici ne signifie pas la fin de l’existence, mais la séparation d’avec Dieu (la mort parle toujours de séparation). L’idée est assez répandue qu’en enfer les hommes seront tourmentés par le diable, mais cela n’a pas le moindre fondement. Le diable lui-même subira le tourment éternel (Apoc. 20 : 10). Dans ce lieu de ténèbres, le feu ne s’éteint pas et le ver ne meurt pas (Marc 9 : 44-48). Des regrets perpétuels seront la part terrible de ceux qui seront loin de Dieu.
            Ce verset 9, conjointement à d’autres passages de la Parole, réfute clairement aussi bien la fausse doctrine de l’universalisme que celle de l’annihilation des méchants. Selon la première, tous les hommes finiraient par avoir accès au ciel, parce que Dieu mettrait un terme aux peines subies dans la géhenne. Selon la seconde, il n’y aurait pas d’existence après la mort pour les incrédules, ou une existence limitée dans le temps. De telles théories font fi de l’enseignement des Écritures. « Perdition » ou « destruction» ne signifie nullement annihilation ou anéantissement de l’existence, bien au contraire. De même que les croyants continueront à exister dans un bonheur sans fin, les incrédules continueront à exister dans ce qui est appelé la « perdition éternelle ». La « seconde mort » (Apoc. 20 : 14) n’est pas la fin de l’existence, mais la séparation éternelle d’avec Dieu.
            Le mot « éternel » a une importance particulière, à laquelle est sensible tout croyant soumis à la Parole de Dieu. Les adeptes de la doctrine de l’universalisme essaient d’expliquer que le mot éternel ne signifie pas perpétuel ou sans fin. Pourtant, un passage tel que 2 Corinthiens 4 : 16-18, où est employé le mot « éternel » (aionios), met clairement en évidence la différence entre ce qui est limité dans le temps et ce qui est éternel.
            Voici encore quelques exemples de ce qui nous est présenté dans le Nouveau Testament comme demeurant éternellement : le Dieu éternel (Rom. 16 : 26) ; l’Esprit éternel (Héb. 9 : 14) ; la vie éternelle (Jean 3 : 16) ; le salut éternel (Héb. 5 : 9) ; la rédemption éternelle (Héb. 9 : 12) ; l’héritage éternel (Héb. 9 : 15) ; la maison éternelle (2 Cor. 5 : 1) ; la gloire éternelle (2 Tim. 2 : 10).
            Peut-on honnêtement prétendre, après avoir considéré ces passages, que les « tourments éternels » sont limités dans le temps ? Non, évidemment ! Pour nier l’éternité des peines, il faut tordre la vérité ; ce qui revient à nier ce que Dieu, qui ne peut mentir (Tite 1 : 2), nous dit dans sa Parole.

                        « Quand il viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru, car notre témoignage auprès de vous a été cru » (v. 10)
            Le Seigneur reviendra sur la terre, là où on n’a pas voulu de Lui. «Et ses pieds se tiendront, en ce jour-là, sur la montagne des Oliviers» (Zach. 14 : 4). Ce sera sa venue en gloire. De nombreux passages de l’Écriture mettent cette venue en relation avec le jugement. C’est ce que nous avons vu au chapitre 5 de la première épître, lorsqu’il est parlé du jour du Seigneur.
            Le verset 10 fait un contraste particulier avec le verset précédent. Il est dit - et combien cela est précieux à nos cœurs ! - que le Seigneur sera « glorifié dans ses saints ». Si nous sommes « ses saints », ce n’est ni par nos efforts ni par nos mérites, mais parce que nous avons été rendus tels. Paul emploie déjà cette expression dans la première épître, quand il parle de « la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints » (3 : 13). L’expression englobe aussi les saints de l’Ancien Testament. Nous serons alors manifestés en étroite relation avec Christ et conformes à la sainteté de Celui que nous accompagnerons.
            Que signifie « glorifier » ? - ce mot que, peut-être, nous utilisons parfois sans en peser le sens. Glorifier signifie manifester les vertus et les beautés d’une personne. Le Seigneur Jésus a glorifié Dieu, comme aucun autre n’aurait pu le faire, en faisant connaître ce qu’Il est : lumière et amour. Et le point culminant de cette glorification, c’est la croix (Jean 13 : 31). Dans ce verset 10, nous apprenons que les traits glorieux de Christ seront vus en nous, ses saints, à sa venue. Il sera alors manifesté dans la perfection et la beauté qui Lui sont propres.
            La révélation du Seigneur en gloire a deux aspects :
                  - d’un côté, Il sera glorifié dans le jugement, en manifestant sa sainteté (comme en Ex. 14 : 4, 17 ; Ézé. 28 : 22) ;
                  - de l’autre côté, Il sera glorifié « dans ses saints » : ici, il n’est pas glorifié par ses saints, mais en eux. La gloire que nous refléterons lorsque nous Lui serons semblables sera sa propre gloire, celle qu’Il nous a donnée (Jean 17 : 22). Non seulement nous la partagerons avec Lui, mais nous en serons aussi les porteurs. Quelle grâce !

            Il sera « admiré dans tous ceux qui auront cru ». La venue du Seigneur ne passera pas inaperçue ; il s’agira d’un événement public. Nous pouvons imaginer la surprise du monde lorsqu’il verra les effets de la grâce de Dieu dans des hommes tels que nous. Le temps des souffrances et des persécutions sera définitivement passé, ce temps dans lequel, comme le dit l’apôtre Paul, « nous sommes devenus comme les balayures du monde et le rebut de tous » (1 Cor. 4 : 13).
En ajoutant « car notre témoignage auprès de vous a été cru », l’apôtre place les Thessaloniciens au rang de ceux qui apparaîtront avec le Seigneur en gloire. Il leur rappelle leur conversion. Ils avaient reçu la parole de la prédication comme étant véritablement de Dieu (1 Thes. 2 : 13). Toute leur vie de croyants est évoquée ici, depuis leur conversion jusqu’au jour où ils verront l’Objet de leur foi. C’était un encouragement pour eux dans un temps où ils étaient troublés quant au jour du Seigneur.

                        « C’est pour cela aussi que nous prions toujours pour vous, que notre Dieu vous juge dignes de l’appel, et qu’il accomplisse tout le bon plaisir de sa bonté et l’œuvre de la foi, en puissance » (v. 11).
            Paul et ses compagnons priaient continuellement pour les Thessaloniciens. Il ne s’agit pas ici d’actions de grâces, comme au verset 3, mais de prières. Cet exemple nous rappelle que nous avons à rendre grâces et à intercéder pour nos frères et sœurs, et que nous devons le faire avec constance, comme l’évoque le mot « toujours » dans ce verset. Ici, le but de cette intercession est que Christ soit glorifié maintenant dans les croyants.
            Bien que la relation avec le verset 10 soit évidente, cette prière reprend en fait la pensée du verset 5. Elle n’a pas en vue le temps futur de la manifestation publique du Seigneur, mais le temps présent du royaume de Dieu, durant lequel les Thessaloniciens souffraient et subissaient la persécution. La demande était que Dieu les juge dignes de l’appel. Quant à leur position, ils l’étaient déjà ; mais il s’agit ici de leur marche pratique, comme le fait comprendre le verbe « juger ».
            De façon générale, l’appel peut se rapporter à ce que nous possédons déjà (comme en Éph. 4 : 1), ou aux choses à venir, ce qui semble être le cas ici. Dans la même ligne que ces versets 5 et 11, nous avions déjà lu dans la première épître : « Nous vous avons... suppliés instamment de marcher d’une manière digne de Dieu qui vous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire » (2 : 12).
            Les croyants sont appelés à refléter quelque chose de la gloire du Seigneur ici-bas déjà, dans leur vie quotidienne, en attendant le jour où cette gloire sera manifestée en eux de manière parfaite et visible de tous.
            En considérant les tribulations par lesquelles passaient les Thessaloniciens, on peut comprendre qu’il soit parlé de l’œuvre de la foi en puissance. Dieu avait commencé à opérer en eux l’œuvre de la foi et la prière de Paul était que cette œuvre soit pleinement accomplie. Qu’en est-il de l’œuvre de la foi dans nos vies ?

                        « Afin que le nom de notre Seigneur Jésus Christ soit glorifié en vous, et vous en lui, selon la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ » (v. 12).
            C’est par ces paroles, qui décrivent un objectif précis, que se termine ce chapitre d’encouragement. L’appel de Dieu appartient au passé, et son accomplissement, au futur. Mais ce magnifique avenir - le jour du Seigneur, où Il sera glorifié dans ses saints - projette ses rayons dans le temps présent, où les croyants sont encore persécutés. Aujourd’hui, les droits du Seigneur sont foulés aux pieds. Les hommes de ce monde déclarent toujours : « Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous » (Luc 19 : 14) ; et ils sont hostiles à ceux qui reconnaissent son autorité dans leur vie et suivent ses traces. La gloire de Christ est encore cachée. Mais, bien que le jour où Il sera glorifié publiquement dans les siens ne soit pas encore là, il y a néanmoins des hommes qui en reflètent quelque chose aujourd’hui déjà, et cela dans des circonstances difficiles. Christ glorifié dans les siens - voilà ce qui peut être réalisé moralement dans notre vie ici-bas.
            Il est nommé ici « notre Seigneur Jésus Christ ». Il est le Seigneur, à qui il a été donné autorité sur toutes choses et dont nous sommes les esclaves. Nous Le glorifions lorsque nous Le servons et reconnaissons ses droits dans notre vie pratique. Il est aussi Jésus, l’Homme qui est venu sur la terre, s’abaissant Lui-même, pour consacrer sa vie à son Dieu. Nous Le glorifions lorsque nous apprenons de Lui (Matt. 11 : 29) et que nous suivons ses traces (1 Pi. 2 : 21). Il est aussi le Christ, l’Oint de Dieu, Celui qui est élevé très haut et glorifié à la droite de Dieu. C’est en Le contemplant là que nous serons « transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3 : 18).
            Comment saisir la portée des mots qui suivent : « et vous en lui » ? Paul écrit aux Colossiens en parlant du jour où sa gloire sera manifestée : « Quand le Christ, qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui en gloire » (Col. 3 : 4). Cela dépasse véritablement notre entendement et, de ce fait, notre capacité d’expliquer vraiment cette expression. Nous voyons ici le Seigneur s’identifier avec les siens. Lorsque les caractères du Seigneur sont vus en nous - c’est ainsi qu’Il est glorifié en nous -, nous sommes liés à Lui d’une façon si étroite que Paul peut dire que nous sommes en même temps glorifiés en Lui. Autrement dit : si ceux qui nous entourent ne voient plus que Christ en nous, nous sommes pratiquement déjà un avec Lui.
            Il est ajouté : « selon la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ ». Si Dieu atteint ce but dans notre vie, ce n’est que par sa grâce, sans aucun mérite de notre part. Comme toujours, nous n’apportons que des mains vides, mais Dieu peut les remplir.

 
E. A. Bremicker – Messager évangélique (2000 p. 51-60, 70-79, 121-128)

À suivre