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PREMIÈRE ÉPÎTRE AUX THESSALONICIENS (5B)


CHAPITRE 5 (suite) – Enseignements pratiques pour les croyants

            L’épître se termine par une série d’enseignements pratiques pour la vie quotidienne. Au total, nous n’en avons pas moins de 20. Ces exhortations s’adressent à ceux qui sont fils de la lumière et fils du jour. Bien que l’action de l’Esprit Saint chez les Thessaloniciens, récemment convertis, rende superflues des exhortations pratiques très détaillées, ils avaient toutefois encore besoin que Paul leur précise brièvement quelques points. Combien plus en avons-nous besoin nous-mêmes ! Il y a tant de choses dans nos vies qui ne sont pas conformes à ce que le Seigneur demande de ses serviteurs. Laissons donc ces courts versets de la fin parler à nos cœurs. Que ceux qui attendent le Seigneur l’honorent par leur vie jusqu’au moment de sa venue !
            Le contenu de ces derniers versets se subdivise ainsi :
                  1- exhortations concernant notre vie d’assemblée locale (v. 12-14) ;
                  2- exhortations concernant notre vie chrétienne en général (v.15-18) ;
                  3- exhortations concernant l’activité et l’action de l’Esprit Saint (v.19-22) ;
                  4- exhortations concernant notre sainteté pratique (v. 23-24) ;
                  5- exhortations finales (v. 25-28).

« Or nous vous prions, frères, de connaître ceux qui travaillent parmi vous, et qui sont à la tête parmi vous dans le Seigneur, et qui vous avertissent » (v. 12).
            Parmi les Thessaloniciens, il y avait plusieurs frères spécialement actifs, qui étaient à la tête et qui les avertissaient. Nous n’avons pas ici une indication que Paul ait officiellement désigné ou établi ces frères pour exercer de telles fonctions. Bien qu’il s’agisse d’une assemblée très récente, il y avait tout simplement là de tels frères qui, conduits par le Saint Esprit, avaient à cœur ce service.
            Il en est de même aujourd’hui. Chaque assemblée locale, si elle est dans un bon état pratique, connaît ce genre d’activité. De même qu’une famille ne peut exister sans direction, et qu’un état ne peut fonctionner sans autorités, il y a dans une assemblée locale une direction spirituelle qui doit être honorée et respectée. Ce n’est pas le cléricalisme, mais le fait que Dieu pourvoit aux besoins des siens de toutes manières.
            Les frères ainsi mentionnés sont caractérisés par trois choses : ils travaillent, ils sont à la tête et ils avertissent. Travailler signifie ici « se donner de la peine jusqu’à l’épuisement ». On peut servir de toutes sortes de manières. Nous avons le bel exemple d’Épaphras, qui se dévouait pour les croyants à Colosses. Paul lui rend témoignage qu’il « était dans un grand travail de cœur » pour les saints. Les frères qui sont à la tête possèdent une autorité spirituelle ; cependant ils ne doivent pas conduire selon la chair, mais selon la volonté du Seigneur. Les conducteurs n’ont jamais à dominer sur les croyants. Ils doivent être les modèles du troupeau et aller devant lui. Nous sommes mis en garde par l’exemple négatif de Diotrèphe, qui voulait être le premier et chassait des frères de l’assemblée (3 Jean 9-10).
            Une direction spirituelle doit être « dans le Seigneur ». Qu’est-ce que cela signifie ?
                  - Premièrement, elle s’exerce dans le domaine spirituel. Pour ce qui est de notre vie naturelle, nous avons d’autres autorités au-dessus de nous (par exemple le gouvernement ou nos supérieurs dans notre activité professionnelle).
                  - Deuxièmement, l’autorité spirituelle des conducteurs ne repose pas sur des hommes qui les ont établis, mais sur le Seigneur seul. C’est pourquoi ce service n’est, entre autres caractères, pas héréditaire.
                  - Troisièmement, il est clair que le conducteur ne doit pas aller au-delà de ce que le Seigneur demande des siens. S’il le fait, son service n’est plus « dans le Seigneur ».
            Nous avons besoin d’être avertis. Il y a des docteurs qui nous transmettent simplement la vérité, mais il y a aussi des frères qui nous avertissent, qui nous mettent en garde contre les erreurs qu’ils peuvent constater.
            Paul nous engage à une juste appréciation de ces frères. Il s’agit d’abord de les « connaître », ce qui implique l’estime et le respect. Cela ne nous est-il pas souvent difficile ? À l’égard de ceux qui travaillent, nous sommes assez volontiers reconnaissants. Mais quand il s’agit de ceux qui nous conduisent, et même nous avertissent, nous avons plus de peine. Une attitude de soumission est contraire à notre chair. Cependant, c’est ce que la Parole de Dieu nous demande : « Obéissez à vos conducteurs et soyez soumis, car ils veillent pour vos âmes, comme ayant à rendre compte ; afin qu’ils fassent cela avec joie, et non en gémissant, car cela ne vous serait pas profitable » (Héb. 13 : 17).

« Estimez-les très haut en amour à cause de leur œuvre » (v. 13a).
            Ces mots n’ont pas trait au principe divin selon lequel « l’ouvrier est digne de sa nourriture » et à la nécessité de faire participer à nos biens temporels celui qui enseigne (Matt. 10 : 10 ; Gal. 6 : 6). Ce qu’il nous est dit ici, c’est que nous ne devons pas avoir seulement des mains ouvertes, mais des cœurs ouverts. Il s’agit de notre disposition intérieure vis-à-vis de nos conducteurs, vis-à-vis de tous ceux qui exercent en notre faveur une activité dans le Seigneur.
            Nous devrions leur témoigner du respect et de l’amour, non pas à cause de leur personne, mais à cause de leur travail. Honorer des frères à cause de leur personne peut devenir facilement un piège ; nous risquons de leur donner une place qui ne leur appartient pas. Mais nous devons être reconnaissants de ce qu’ils font pour nous. Les honorer en amour signifie naturellement aussi prier pour eux. Soyons en garde contre la tendance à critiquer nos conducteurs et appliquons-nous à prier pour eux avec persévérance.

« Soyez en paix entre vous » (v. 13b).
            La paix dans les relations entre les croyants est une chose essentielle. La paix est un des caractères du royaume à venir, mais elle doit déjà se trouver parmi nous maintenant. Le monde cherche la paix, mais sans Dieu cette recherche est vaine. Aussi longtemps que l’homme n’a pas la paix avec Dieu, il ne pourra pas en avoir de durable avec son prochain. Mais les enfants de Dieu ont toutes les raisons de vivre en paix entre eux déjà maintenant.
            Une condition pour cette paix réside dans le fait d’estimer son prochain supérieur à soi-même, comme l’évoque l’exhortation précédente. Si nous n’estimons pas nos conducteurs très haut en amour, s’il y a de la jalousie à leur égard, nous ne pouvons être en paix entre nous. Il ne peut y avoir de relations réciproques paisibles que si chacun reconnaît avec gratitude ce que Dieu a opéré en chaque frère et sœur. C’est ce que l’on pouvait voir parmi les chrétiens au commencement : « Les assemblées donc, par toute la Judée et la Galilée et la Samarie, étaient en paix, étant édifiées, et marchant dans la crainte du Seigneur ; et elles croissaient par la consolation du Saint Esprit » (Act. 9 : 31). Combien il serait beau qu’un tel témoignage puisse nous être adressé par le Saint Esprit ! Quelle tristesse quand l’Ennemi réussit à susciter le désaccord entre les frères ! Notre témoignage devant ce monde en souffre, et Dieu est déshonoré.

« Nous vous exhortons, frères : avertissez ceux qui vivent de manière désordonnée, consolez ceux qui sont découragés, venez en aide aux faibles, soyez patients envers tous » (v. 14).
            Nous sommes différents les uns des autres et il y a des différences dans notre croissance spirituelle. Nous ne pouvons être en paix entre nous que si nous avons une véritable sollicitude les uns pour les autres. Et cela d’autant plus pour ceux qui sont exposés à des dangers particuliers. Ici sont nommés trois groupes de personnes qui réclament des soins appropriés : ceux dont la marche est déréglée, ceux qui sont découragés, et les faibles.
            Comme d’autres expressions dans cette épître, celle qui est utilisée ici - vivre de manière désordonnée, ou déréglée - est empruntée au langage militaire. Dans la seconde épître, nous voyons de quoi il s’agit (voir 3 : 6-10.) Il y avait dans cette assemblée des croyants qui ne voulaient plus travailler. Ils pouvaient même avoir pour cela des arguments plausibles, puisqu’ils attendaient la venue imminente du Seigneur. Cependant la Parole de Dieu qualifie un tel comportement de « désordonné ». Bien que nous devions attendre chaque jour notre Seigneur, il est important que nous assumions nos responsabilités dans ce monde en toute fidélité.
            Ces gens vivant de manière désordonnée doivent être avertis ; il faut leur montrer clairement l’anomalie de leur comportement. Dans la seconde épître, il est enjoint aux Thessaloniciens de se retirer de ceux qui marchent dans le désordre. Ainsi donc, plusieurs n’avaient pas accepté la mise en garde. Remarquons l’ordre des interventions : d’abord avertir avec amour, ensuite seulement, lorsque les avertissements sont restés sans résultat, il faut se retirer. Ce principe garde toute son importance aujourd’hui.
            Ensuite sont mentionnés ceux qui sont découragés. Ils doivent être consolés et encouragés. Ce sont ceux qui, dans les circonstances de la vie, connaissent les déceptions. Les exercices et les épreuves les abattent et les dépriment. Ou bien, ce sont ceux qui ont perdu une personne bien-aimée et connaissent la tristesse du deuil. Combien de nos jours sont découragés ! Les connaissons-nous ? Avons-nous pour eux des yeux et un cœur ? Les visitons-nous ? Savons-nous les encourager ?
            Le troisième groupe, ce sont les faibles. Ce peut être ceux qui sont faibles dans leur corps, mais surtout ceux qui le sont spirituellement. Il y a des faibles en foi (Rom. 14 : 1), dont nous devons prendre soin. Ayons des égards pour eux et aidons-les.
            Nous sommes enfin exhortés à être patients envers tous. La patience est une des éminentes vertus chrétiennes. Elle fait partie du fruit de l’Esprit (Gal. 5 : 22), et elle est le premier caractère de l’amour mentionné en 1 Corinthiens 13 : 4. De Dieu lui-même il est dit qu’Il est patient (Rom. 2 : 4). La patience doit donc être un de nos ornements. Combien souvent la paix entre les enfants de Dieu est troublée par l’absence de la patience !

« Prenez garde que personne ne rende à quelqu’un le mal pour le mal ; mais poursuivez toujours ce qui est bon, entre vous, et à l’égard de tous » (v. 15).
            Nous avons là un principe général concernant notre comportement vis-à-vis de tous. Nous avons à veiller à ce que personne - et chacun de nous est personnellement concerné - ne rende le mal pour le mal. Ce principe est en opposition avec celui de la loi, dans laquelle il était écrit : « Œil pour œil, dent pour dent » (Ex. 21 : 24). Dans le monde, on trouve cette manière d’agir. Seule la grâce de Dieu peut nous amener à marcher selon d’autres critères, des critères divins. Nous avons ici l’un des principes du royaume de Dieu. Le Seigneur en a parlé dans le Sermon sur la montagne (qui justement développe les principes du royaume des cieux) : « Vous avez entendu qu’il a été dit : « Œil pour œil, et dent pour dent ». Mais moi, je vous dis : Ne résistez pas au mal ; mais si quelqu’un te frappe sur la joie droite, présente-lui aussi l’autre » (Matt. 5 : 38-39). L’apôtre Paul écrit aussi aux Romains : « Ne rendez à personne mal pour mal » (Rom. 12 : 17).
            Pour les Thessaloniciens, il était certainement plus difficile que pour la plupart d’entre nous de se conduire selon ce principe. Ils se trouvaient alors sous la pression de la persécution de la part de leurs compatriotes. Nous avons lu au premier chapitre qu’ils avaient reçu l’évangile « avec beaucoup de tribulations ». Ils avaient subi beaucoup de torts, et ils sont exhortés ici à ne pas rendre le mal qu’on leur avait fait. Combien nous sommes portés à nous défendre ou à nous venger, quand nous sommes attaqués ! Encourageons-nous à agir comme le Seigneur qui, « lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas » (1 Pi. 2 : 23).
            Paul ajoute : « Poursuivez toujours ce qui est bon, entre vous, et à l’égard de tous ». Nous ne devons donc pas seulement veiller à ne pas rendre mal pour mal, mais nous efforcer de faire du bien. Cela d’abord vis-à-vis de nos frères et sœurs (« entre vous »), mais aussi dans nos relations avec les gens de ce monde (« à l’égard de tous »). Nous devons, nous qui sommes lumière dans le Seigneur, manifester les caractères de la lumière envers ceux qui vivent encore dans les ténèbres. Ce n’est que de cette manière que nous serons de vrais serviteurs du royaume et de fidèles témoins du Seigneur.

« Réjouissez-vous toujours » (v. 16).
            La joie est mentionnée ensuite. Elle devrait être un trait caractéristique du chrétien. Le monde, tout autour de nous, est plein de violence, de haine, d’injustice et par conséquent de tristesse. Satan cherche à donner aux hommes l’illusion de la joie, mais la fin de la joie dans ce monde est toujours la tristesse. L’exemple du fils prodigue en Luc 15 le met en évidence. Seuls ceux qui ont une relation vivante avec Jésus connaissent la vraie joie. Nous avons la joie du salut, et nous pouvons savourer celle de suivre le Seigneur dans son chemin. Cela ne veut pas dire que nous ne connaissions aucune tristesse, mais même dans les circonstances affligeantes, nous avons lieu de nous réjouir. La tristesse est toujours relative à la terre, aux circonstances de la vie que nous traversons, tandis que la vraie joie est toujours en rapport avec le Seigneur et avec ce qui est dans le ciel. C’est pourquoi nous pouvons les connaître les deux à la fois. Alors qu’il était prisonnier, Paul pouvait écrire aux Philippiens : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je vous le dirai : réjouissez- vous ! » (Phil. 4 : 4).

« Priez sans cesse » (v. 17).
            Pour pouvoir toujours goûter la joie dans le Seigneur, nous devons vivre dans une communion permanente avec Lui. Or celle-ci s’exprime par la prière. C’est pourquoi Paul dit : « Priez sans cesse ». Lui-même en avait donné l’exemple aux Thessaloniciens, car il priait continuellement pour eux. Cette exhortation ne concerne pas en premier lieu nos réunions de prière en assemblée, ni les moments de nos journées où nous joignons les mains pour prier. On ne peut faire cela d’une manière ininterrompue, jour et nuit. Mais la prière peut être décrite comme étant la respiration de l’âme (tout comme la lecture de la Parole en est la nourriture). Nous respirons de manière spontanée, sans même nous rendre compte que nous le faisons. Mais si nous cessons de respirer, nous en réalisons très vite les conséquences. Il en est ainsi de la prière : elle est notre lien permanent avec le Seigneur, l’expression de notre dépendance. En ce sens, c’est une attitude intérieure dans laquelle nous pouvons continuellement demeurer - au travail, à la maison, dans nos loisirs, etc.
            Le Seigneur nous en donne l’exemple. Pour Lui, ce n’était pas seulement une bonne habitude, mais, comme homme parfait, Il vivait dans une dépendance continuelle de son Dieu.

« En toutes choses rendez grâces, car telle est la volonté de Dieu dans le Christ Jésus à votre égard » (v. 18).
            Dans les Écritures, la prière est bien souvent associée à l’action de grâces (voir par ex. Col. 4 : 2). Il est selon la volonté de Dieu que nous sachions Lui exprimer notre reconnaissance en même temps que nos prières. C’est là l’état de cœur convenable devant Lui. Philippiens 4 : 6 nous invite à Lui présenter nos demandes « par des prières et des supplications avec des actions de grâces ». Si nous prions avec de telles dispositions intérieures, nous savons que le Seigneur nous exaucera selon ce qui est bon pour nous, et la paix de Dieu sera notre part. Si nous prions sans rendre grâces, nous devenons vite impatients et insatisfaits lorsque nos demandes ne sont pas exaucées selon ce que nous attendions.
            Un chrétien qui ne peut plus rendre grâces est malheureux. C’est pourquoi Satan cherche à nous occuper de toutes sortes de choses négatives, pour nous faire oublier de remercier. Mais si nous avons les yeux ouverts sur les effets de la bonté de Dieu, nous trouverons dans toutes les circonstances de la vie des motifs pour rendre grâces. Si nous sommes persuadés que toutes choses travaillent pour notre bien (Rom. 8 : 28), nous aurons toujours lieu de remercier Dieu.

« N’éteignez pas l’Esprit » (v. 19).
            Les versets 19 à 22 forment un tout, concernant l’activité du Saint Esprit. La Parole de Dieu utilise plusieurs images pour illustrer son action. Ici c’est un feu que nous pourrions éteindre. Dans notre vie personnelle, éteindre l’Esprit signifie ne plus nous laisser diriger et corriger par lui. Alors il ne peut plus nous occuper de la personne de Christ et de nos bénédictions célestes. Dans les réunions d’assemblée, éteindre l’Esprit signifie remplacer sa direction par des arrangements humains. Nous nous privons alors de ce que le Seigneur voudrait produire par son moyen.
            Cette exhortation est en relation directe avec le verset suivant, qui parle du don de la prophétie ; celui-ci ne peut évidemment s’exercer si l’Esprit de Dieu est éteint.
            En relation avec l’activité du Saint Esprit, nous devons distinguer quatre choses :
                  - éteindre l’Esprit - en nous-mêmes, en d’autres ou dans l’assemblée, en annulant son action ; c’est ce que nous avons ici ;
                  - attrister l’Esprit Saint (Éph. 4 : 30) ; cela arrive quand nous péchons, l’Esprit qui habite en nous est alors déshonoré et attristé, et la communion avec le Seigneur est interrompue ;
                  - résister au Saint Esprit (Act. 7 : 51) ; c’est ce que font les incrédules qui s’opposent à son action lors de la prédication de la Parole ;
                  - blasphémer contre le Saint Esprit (Matt. 12 : 24-32) ; c’est le péché de ceux qui identifiaient la puissance du Seigneur avec celle de Satan.

« Ne méprisez pas les prophéties » (v. 20).
            Dans le Nouveau Testament, la prophétie n’est pas en premier lieu l’annonce d’événements futurs (bien que ce soit le cas dans certains passages). Elle consiste généralement en ceci : dans une situation bien précise, Dieu donne par son Esprit le message dont nous avons exactement besoin à ce moment-là, encouragement, consolation, exhortation ou enseignement. L’explication d’un passage de la Bible est en principe toujours la même, mais l’application qu’en fait la prophétie peut varier. Aujourd’hui nous avons besoin d’un message, et demain, dans d’autres circonstances, nous aurons besoin d’un message tout différent. Pour que nous soyons en état de recevoir ce que Dieu nous donne, il faut que le Saint Esprit puisse agir librement au milieu de nous. La prophétie est le don le plus important qui puisse être exercé dans les rassemblements des saints ; nous devons le désirer ardemment (1 Cor. 14 : 1-5).
            Mépriser les prophéties signifie donc ne pas laisser au Saint Esprit sa place pour agir au milieu de nous. En réalité, cela va plus loin qu’éteindre l’Esprit, car quand nous méprisons la prophétie, nous méprisons celui qui en est la source, l’Esprit de Dieu lui-même. Nous ne saurions attacher trop d’importance à nous laisser diriger par lui quand nous sommes réunis en assemblée. Et pour qu’il en soit ainsi, il faut que tout ce qui vient de la chair soit mis de côté. Souvenons-nous que même si nous n’avons pas une ordonnance établie pour le déroulement des réunions, il peut y avoir en nous bien des choses qui font obstacle à l’action de l’Esprit, et nous font perdre beaucoup de bénédictions.

« Mettez tout à l’épreuve ; retenez ce qui est bon » (v. 21).
            Ce verset est en lien direct avec le précédent. Nous ne devons pas mépriser les prophéties, mais nous devons tester si ce qui est dit est réellement donné par l’Esprit. Nous ne connaissons que trop bien le cœur de l’homme. Il est possible de parler en pensant être conduit par l’Esprit, alors qu’en réalité, ce n’est que l’action de la chair. En raison de la juste liberté qu’il y a dans les réunions, la chair peut facilement intervenir. D’où la mise en garde de ce verset.
            « Mettre tout à l’épreuve » ne signifie pas que nous ayons à examiner tout ce qui est diffusé dans la chrétienté en fait de déviations ou de fausses doctrines. En le faisant, plus d’un croyant est lui-même tombé dans l’erreur. Mais cela veut dire que nous avons à peser si ce qui nous est enseigné l’est réellement sous la direction de l’Esprit. « Mettre à l’épreuve » ne signifie pas non plus examiner si ce qui est dit nous convient ou non, nous plaît ou non, mais il s’agit de discerner quelle en est la source.
            « Retenez ce qui est bon » ; nous faisons facilement le contraire ! Nous éprouvons, nous pensons constater que ce qui a été dit n’était pas de l’Esprit, nous en parlons et nous critiquons. Tandis que ce qui était bon, ce qui venait de l’Esprit, nous l’oublions vite. Après avoir examiné, nous devons laisser de côté ce qui était moindre (ce qui ne nous empêche pas d’en parler fraternellement avec la personne concernée), et garder pour nous-mêmes ce qui est profitable.

« Abstenez-vous de toute forme de mal » (v. 22).
            Cette exhortation s’applique évidemment d’une manière générale à toute notre vie. Paul écrit aux Romains : « Je désire que vous soyez sages quant au bien, et sans compromis avec le mal » (16 : 19). Le mal peut se manifester sous des formes très diverses, et Satan sait trouver pour chacun de nous un terrain d’approche différent. Nous avons à être en garde contre « toute forme de mal ».
            Mais d’autre part, cette exhortation est aussi en rapport avec ce qui vient d’être dit. Il y a le danger d’éteindre l’Esprit et de mépriser les prophéties ; et il y a celui d’abuser de la liberté et de ne pas éprouver de manière spirituelle ce qui est dit.

« Que le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement ; et que votre esprit, votre âme et votre corps tout entiers soient conservés sans reproche à la venue de notre Seigneur Jésus Christ » (v. 23).
            Ce verset introduit la fin de l’épître. L’apôtre va mentionner à nouveau la venue du Seigneur, ce qui a été le thème essentiel de sa lettre aux Thessaloniciens. Mais d’abord il place devant eux « le Dieu de paix ». Il leur avait enseigné que Dieu les « appelle à son propre royaume et à sa propre gloire » (2 : 12). Ce royaume caractérisé par la paix est à venir, mais nous connaissons déjà le Dieu de paix. Et c’est Lui qui nous gardera dans la sainteté jusqu’au moment où le Seigneur viendra pour établir son royaume sur cette terre.
            Nous avons déjà rencontré plus d’une fois dans cette épître le sujet de la sainteté pratique : la sainteté dans le service de l’apôtre (2 : 10), la sainteté dans nos affections (3 : 11-13), la sainteté dans notre marche (4 : 1-8). Ici la sainteté est mentionnée comme l’œuvre que le « Dieu de paix » accomplit en nous. Lui seul peut produire en nous une entière sainteté pratique, c’est-à-dire la séparation du mal et la consécration au Seigneur.
            Dans la première partie de ce verset, c’est Dieu qui nous sanctifie ; dans la deuxième, il n’est pas précisé qui nous maintient dans cet état. Il est simplement dit : « Que votre esprit, votre âme et votre corps tout entiers soient conservés sans reproche ». Il est ainsi, d’une part, fait appel à notre responsabilité personnelle, mais d’autre part, il nous est rappelé que nous ne pouvons rien sans Dieu. Il y a les deux aspects. Nous sommes exhortés à parcourir notre chemin en sainteté, mais par ailleurs nous savons que Dieu seul peut opérer cette sainteté. Nombreux sont ceux qui ont voulu la réaliser avec leurs propres forces, et ils ont fait naufrage.
            Ce n’est qu’ici que sont mentionnés sous cette forme l’espritl’âme et le corps. Nous avons bien, en d’autres passages, la mention de l’âme et de l’esprit en contraste avec le corps : d’un côté « l’homme intérieur », de l’autre « l’homme extérieur ». Mais ici trois domaines sont distingués. L’être humain dans son entier est ainsi décrit. Ces trois éléments sont mentionnés par le Seigneur Jésus en rapport avec sa propre Personne ; Il parle de son esprit (Luc 23 : 46), de son âme (Marc 14 : 34) et de son corps (Héb. 10 : 5).
            Le corps est le vase qui contient l’âme et l’esprit, et il est facile de comprendre ce que veut dire garder notre corps en sainteté. Définir l’âme et l’esprit est plus difficile ; mais, bien que subtile, la différence entre les deux existe pourtant, puisqu’elle est faite dans plusieurs passages du Nouveau Testament (notamment Héb. 4 : 12). L’âme est le siège de nos sentiments et de nos affections, tandis que l’esprit est la faculté intelligente que Dieu a donnée à l’homme, en contraste avec les animaux, et par laquelle il peut entrer en relation avec Lui.
            Combien il est donc important pour nous que nos affections et notre esprit soient gardés dans une entière sainteté. Toute notre personne est ainsi concernée. Aucune de ses parties ne doit être laissée en arrière. Certains peuvent être attentifs à garder leur corps dans la sainteté, mais oublier de le faire avec leur âme et leur esprit. D’autres, ne se préoccupant que de leurs affections, peuvent tomber dans de fausses doctrines, parce qu’ils ne veillent pas sur leur esprit. D’autres encore, peuvent attribuer beaucoup d’importance à la pureté de l’esprit, mais négliger la sainteté du corps. La volonté de Dieu est que notre être tout entier soit gardé : esprit, âme et corps.

« Celui qui vous appelle est fidèle, et il le fera » (v. 24).
            Cependant, l’apôtre ne veut pas décourager les Thessaloniciens. Nous pourrions craindre, en méditant le verset précédent, de ne jamais pouvoir atteindre le niveau d’une entière sainteté. Quelle consolation alors de lire : « Celui qui vous appelle est fidèle, et il le fera » ! Sans rien oublier de notre responsabilité, souvenons-nous avec joie de la fidélité de notre Dieu. Si de notre côté tous les manquements sont possibles, de son côté, une certitude demeure : Il est fidèle.
            L’appel de Dieu, ici, n’est pas en rapport avec son royaume et sa gloire (voir 2 : 12) ; c’est l’appel à la sainteté pratique. Si nous ne satisfaisons pas à cette responsabilité, c’est notre faute. Dieu est fidèle, Il achèvera l’œuvre qu’Il a commencée en nous. C’est pourquoi nous n’avons pas à douter, en pensant que le chemin dans lequel Dieu nous appelle est trop élevé pour nous. Et le jour vient où, glorifiés, nous nous tiendrons en sainteté devant Lui.

« Frères, priez pour nous » (v. 25).
            Paul portait sur son cœur tous les saints partout et priait continuellement pour eux. Mais il savait aussi combien leurs prières pour lui étaient nécessaires. La prière ne nous unit pas seulement avec Dieu, mais aussi avec nos frères et sœurs.
            Nous remercions Dieu pour les frères qu’Il nous a donnés pour nous expliquer la Parole, la développer, et l’appliquer à nos cœurs et à nos consciences. Mais combien il est nécessaire que ces frères, non seulement nous transmettent la parole de Dieu, mais aussi prient pour nous ! Et inversement, il est tout aussi important que nous priions pour ceux qui se consacrent d’une manière spéciale au service du Seigneur. Ils ressentent le besoin de nos prières, que ce soit pour eux-mêmes ou pour leur activité.

« Saluez tous les frères par un saint baiser » (v. 26).
            Le baiser était alors la manière habituelle de se saluer. L’accent n’est donc pas mis sur le baiser, mais sur la sainteté de la salutation. Pour nous, il peut aussi s’agir d’une poignée de main. Qu’en est-il de la sincérité de nos salutations ? Il peut malheureusement arriver que nous manquions de droiture dans ces occasions apparemment anodines. Les paroles de courtoisie que nous prononçons lors d’une salutation peuvent être en entier désaccord avec les sentiments de nos cœurs. Ce n’est alors certainement pas une « sainte » salutation !

« Je vous adjure par le Seigneur que la lettre soit lue à tous les saints frères » (v. 27).
            Paul se sert ici d’une expression très forte. Adjurer implique « lier par un serment solennel ». Il avait très à cœur que cette lettre soit lue à tous les croyants. D’autres que les destinataires directs devaient donc aussi en prendre connaissance. Ainsi, déjà en ce qui concerne la première épître qu’il écrivit, l’apôtre était conscient qu’elle était inspirée, et que son contenu serait d’une grande importance pour tous.
            En fait, si nous regardons autour de nous, nous voyons beaucoup d’ignorance quant aux vérités enseignées dans cette épître ; le retour du Seigneur Jésus est peu compris. Reconnaissons combien elle est actuelle et combien elle nous interpelle personnellement.

« Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous ! » (v. 28).
            Quelle belle conclusion pour cette épître de consolation ! Le Seigneur va bientôt revenir pour nous prendre auprès de Lui afin que nous paraissions avec Lui en gloire : c’est « la grâce qui nous sera apportée à la révélation de Jésus Christ » (1 Pi. 1 : 13). En fait, nous dépendons entièrement de la grâce. Nous avons fait l’expérience de cette grâce lorsque, comme pécheurs, nous sommes venus à Jésus. Nous ferons l’expérience de sa grâce lorsqu’Il reviendra. Et chaque jour de notre vie, sa grâce nous est indispensable. Notre Seigneur connaît nos circonstances, nos infirmités, notre inexpérience, et sa grâce est suffisante pour répondre à chacun de nos besoins. Elle est la source inépuisable qui coule à flots pour nous, jusqu’à ce que nous soyons avec Lui dans la gloire.

Ta grâce, ô Dieu, m’a pardonné,
Et ton ciel est à moi.
De ta puissance environné,
Je peux tout par la foi.


E. A. Bremicker – Messager évangélique (1998 p. 332-342 ; 375-383)