PREMIÈRE ÉPÎTRE AUX THESSALONICIENS (5A)
CHAPITRE 5 – Le jour du Seigneur
Comme nous l’avons déjà remarqué, les versets si encourageants de la fin du chapitre 4 constituent une parenthèse. Si importante qu’elle soit, puisqu’elle contient une nouvelle révélation, elle interrompt cependant le courant de pensée. Au verset 14 du chapitre 4, Paul parle du fait que Dieu amènera avec Christ ceux qui se sont endormis en lui. Cette déclaration est en relation avec l’apparition du Seigneur en puissance et en gloire. Au début du chapitre 5, l’apôtre enchaîne sur cette pensée.
Il est important de bien voir cela. Autrement, on risque de faire une fausse interprétation du passage. Dans les premiers versets du chapitre 5, il n’est pas question de la venue du Seigneur pour nous, mais de son apparition publique sur la terre. C’est en relation avec elle qu’il est parlé ici du « jour du Seigneur ». En ce qui concerne l’enlèvement des croyants et la venue du Seigneur pour nous, une «parole du Seigneur» était nécessaire, c’est-à-dire une révélation nouvelle. Quant au «jour du Seigneur», les croyants avaient déjà été enseignés. Paul n’avait pas à donner de nouvelles explications.
Les trois premiers versets de notre chapitre nous montrent quelles sont les conséquences de cette apparition pour les incrédules. Les versets 5 à 11 en présentent les conséquences pratiques pour ceux qui savent que le Seigneur Jésus doit revenir du ciel en gloire, pour prendre en main le gouvernement sur la terre.
« Mais, au sujet des temps et des saisons, frères, vous n’avez pas besoin qu’on vous écrive » (v.1).
L’expression « les temps et les saisons » est utilisée dans trois passages :
- dans ce verset 1 ;
- en Daniel 2 : 20-21 : « Béni soit le nom de Dieu, d’éternité en éternité ! car la sagesse et la puissance sont à lui, et c’est lui qui change les temps et les saisons, qui dépose les rois et établit les rois » ;
- en Actes 1 : 6-7 : « Étant donc assemblés, ils l’interrogèrent : Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël ? Et il leur dit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité ».
Si nous considérons le contexte de chacun de ces passages, nous remarquons que l’expression évoque des événements en rapport avec cette terre. Le prophète Daniel l’utilise au sujet de l’établissement et de la destitution des rois, et le Seigneur Jésus lui- même, en relation avec le royaume futur. L’expression « les temps et les saisons » se rapporte à la période où le Seigneur établira son royaume sur cette terre, période qui sera introduite par des jugements terribles pour les hommes.
Si nous avons cela devant les yeux, nous pouvons bien comprendre que Paul n’ait pas besoin d’instruire davantage les Thessaloniciens à ce sujet. Ils connaissaient tout ce qui concerne la venue du Seigneur sur la terre. Premièrement parce que l’apôtre les avait enseignés lui-même quand il avait été parmi eux. Secondement parce qu’ils avaient les écrits de l’Ancien Testament, où l’on trouve beaucoup d’indications quant à l’établissement du royaume. On y voit quels temps et quelles dispensations viendront sur cette terre, et comment ils auront leur accomplissement dans la plénitude des temps (c’est-à-dire le Millénium).
La pensée de la venue du Seigneur pour juger la terre n’était donc pas nouvelle, contrairement à celle de l’enlèvement des croyants.
Nous n’avons pas ici l’espérance de l’Église, mais l’annonce des événements qui se dérouleront sur la terre. Bien que, comme chrétiens, nous devions être de ceux qui aiment l’«apparition» du Seigneur (2 Tim. 4:8) et qui attendent sa «révélation» (1 Cor. 1:7), notre espérance est cependant d’abord fixée sur notre enlèvement auprès de lui. Cet événement est en relation avec le ciel, tandis que son apparition est en relation avec la terre. C’est pourquoi l’enlèvement des croyants n’est pas mentionné dans l’Ancien Testament, ni non plus directement dans le livre de l’Apocalypse. La prophétie biblique s’occupe toujours d’événements qui concernent la terre. (De la même manière, l’assemblée, quand elle est mentionnée dans l’Apocalypse, est toujours vue en rapport avec sa situation terrestre).
Voici ce qu’un commentateur a écrit à ce sujet : « L’Église, composée de tous les croyants de la dispensation actuelle, est céleste ; tant du point de vue de son appel que de sa destinée, elle n’appartient pas à la terre. C’est pourquoi son enlèvement de la terre au ciel n’est pas inclus dans le cours des événements sur cette terre. Et par conséquent, nous n’en trouvons pas mention dans l’Ancien Testament. Une bonne compréhension de ce fait est une clé pour saisir de nombreuses vérités concernant les différentes dispensations, vérités qui sans cela demeureraient incompréhensibles pour nous » (F.B. Hole).
Beaucoup de chrétiens qui ne discernent pas ces différences tentent de découvrir des circonstances et des événements qui devraient précéder l’enlèvement des saints. La Parole de Dieu ne nous permet pas de le faire. S’il s’agit de l’établissement du royaume, du « jour du Seigneur » (v. 2), il y a certains préalables (voir par ex. 2 Thes . 2 : 3). Mais s’il s’agit de la venue du Seigneur pour nous, nous avons sa ferme promesse : « Je viens bientôt ». Nous n’avons rien d’autre à attendre. Il peut venir aujourd’hui même pour nous prendre à Lui.
« Car vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit » (v. 2).
De même que les Thessaloniciens étaient enseignés quant aux temps et aux saisons, ils savaient aussi comment le jour du Seigneur viendrait. Ces deux notions sont intimement liées l’une à l’autre. Les événements qui se dérouleront lors de la venue du Seigneur sur la terre introduiront le jour du Seigneur. Ce jour est mentionné une trentaine de fois dans l’Ancien Testament, sous la désignation de « jour de l’Éternel ». Cette expression évoque l’établissement du royaume du Messie sur la terre. Un jour, dans la Bible, n’a pas nécessairement 24 heures. Ce mot peut aussi désigner un certain laps de temps ayant des caractères spécifiques. Nous trouvons par exemple « le jour du salut » (2 Cor. 6 : 2), ou « le jour de la colère » (Rom. 2 : 5). Le « jour du Seigneur » est une période caractérisée par la reconnaissance officielle de l’autorité et de la souveraineté du Seigneur Jésus. Cette période commence par le jugement, comprend la domination milléniale de Christ sur la terre et s’achève aussi avec le jugement, avant l’établissement du « jour de Dieu » (2 Pi. 3 : 12-13), c’est-à-dire de l’état éternel. Aujourd’hui nous vivons dans un temps que l’on pourrait appeler « le jour de l’homme ». L’autorité du Seigneur est foulée aux pieds et Satan domine sur ce monde. Mais dans le jour du Seigneur, toutes choses seront rétablies dans un parfait accord avec lui. Dieu mettra toutes choses sous l’autorité de Jésus Christ, l’homme glorifié (Ps. 8 : 6 ; Éph. 1 : 10).
Dans l’Ancien Testament, les prophètes Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Joël, Amos, Abdias, Sophonie, Zacharie et Malachie mentionnent « le jour de l’Éternel ». Dans le Nouveau Testament, nous trouvons « le jour (ou la journée) du Seigneur » (voir Act. 2 : 20 ; 1 Thes 5 : 2 ; 2 Thes. 2 : 2 ; 2 Pi. 3 : 10. Une étude attentive de tous les passages concernés fait voir que la plupart d’entre eux parlent du début de ce jour, donc des jugements qui l’introduisent. Quelques passages nous montrent le royaume lui-même, tandis que d’autres encore parlent de la fin de ce jour-là. Dans le verset que nous avons sous les yeux, Paul dit que ce jour viendra comme un voleur ! C’est manifestement le début de cette période, qui sera caractérisé par des jugements terribles sur les hommes qui habiteront alors sur la terre.
Citons à ce sujet quelques passages de l’Ancien Testament : « Le jour de l’Éternel est grand et fort terrible ; et qui peut le supporter ? » (Joël 2 : 11). « Malheur à vous qui désirez le jour de l’Éternel ! À quoi vous servira le jour de l’Éternel ? Il sera ténèbres, et non lumière, comme si un homme s’enfuyait de devant un lion, et qu’un ours le rencontre » (Amos 5 : 18-19). « Le grand jour de l’Éternel est proche ; il est proche et se hâte beaucoup. La voix du jour de l’Éternel : l’homme vaillant poussera là des cris amers. Ce jour est un jour de fureur, un jour de détresse et d’angoisse, un jour de dévastation et de ruine » (Soph. 1 : 14- 5). « Car voici, le jour vient, brûlant comme un four » (Mal. 4 : 1).
À la lecture de ces passages, nous pouvons bien comprendre que l’apôtre compare la venue de ce jour à celle d’un voleur dans la nuit, ce qui signifie toujours surprise et malheur. La venue du Seigneur sur la terre portera ces deux caractères. Ce sera une surprise totale, car personne ne s’y attendra. Les hommes vivront dans une insouciance complète, et les jugements fondront sur eux tout d’un coup. La venue du Seigneur aura des conséquences terribles pour tous ceux qui n’en auront pas tenu compte. Elle signifiera pour eux un jugement présent et éternel.
Plusieurs passages du Nouveau Testament comparent la venue du Seigneur à celle d’un voleur. Ils concernent toujours des incrédules, jamais des croyants. Le Seigneur pourrait-Il venir pour nous comme un voleur dans la nuit ? Bien au contraire, nous L’attendons comme « l’Étoile brillante du matin » (Apoc. 22 : 16), comme Celui qui est « notre espérance » (1 Tim. 1 : 1), Celui qui vient nous chercher. Il est l’Époux ; et l’épouse ne l’attend pas comme un voleur. En Matthieu 24 : 43, le Seigneur utilise lui-même l’image d’un voleur, mais ce sont tout particulièrement les Juifs incrédules qui sont en vue. En Apocalypse 3 : 3, il dit à l’assemblée à Sardes que, si elle ne se repent pas, il viendra sur elle comme un voleur. Il s’agit là spécialement des chrétiens de nom, incrédules : « tu as le nom de vivre, et tu es mort ». En 1 Thessaloniciens 5, nous trouvons un troisième groupe : ce sont, d’une manière générale, les hommes incrédules qui vivront sur la terre lors de la venue du Seigneur. Pour tous ceux qui ne L’auront pas reçu, ce jour viendra comme un voleur dans la nuit.
Dans les deux premiers versets de ce chapitre, il est donc bien clair qu’il ne s’agit pas de la venue du Seigneur pour nous. « Le jour du Seigneur » concerne des événements qui auront lieu sur la terre après notre enlèvement. Il reste bien sûr un aspect céleste de ce jour ; il est alors décrit par des expressions telles que : « le jour de Christ » (Phil. 1 : 10 ; 2 : 16), « le jour de Jésus Christ » (Phil. 1 : 6), « la journée du Seigneur Jésus » (1 Cor. 5 : 5 ; 2 Cor. 1 : 14) et « la journée de notre Seigneur Jésus Christ (1 Cor. 1 : 8). Sous cet aspect, ce jour est en relation avec notre manifestation devant le tribunal de Christ et avec la récompense qu’Il accordera. Mais il n’est pas question de cela ici.
« Quand ils diront : « Paix et sûreté », alors une subite destruction viendra sur eux, comme les douleurs sur celle qui est enceinte, et ils n’échapperont pas » (v. 3).
Ce verset confirme la déclaration du verset précédent : le jour du Seigneur vient à l’improviste. La destruction qui fondra sur les hommes a deux caractéristiques : elle est subite et sans échappatoire possible.
« Quand ils diront… » : ce sont les incrédules, non les croyants ! Après l’enlèvement des saints, il y aura sur la terre un temps dans lequel les hommes seront amenés à croire à la paix et à la sécurité. Le rêve de l’humanité semblera s’être réalisé. Déjà actuellement, nous assistons à toutes sortes d’efforts des nations pour établir la paix.
Après l’enlèvement des saints, le chef de l’empire romain futur (voir entre autres Apoc. 13) aura une telle emprise sur les hommes qu’ils lui feront aveuglément confiance. La politique et les capacités de cet homme donneront l’illusion que la paix et la sécurité sont enfin réalisées. Mais le principe divin demeure : « Il n’y a pas de paix... pour les méchants » (És. 48 : 22 ; 57 : 21). La paix qu’ils penseront avoir ne sera qu’une illusion et la sûreté sur laquelle ils se reposeront se révélera être une tromperie.
Le jugement viendra sur eux comme une subite destruction ; son arrivée est comparée aux douleurs qui surviennent à une femme enceinte. Le changement sera dramatique et foudroyant. Une catastrophe d’une ampleur jusque-là inconnue fondra sur ce monde. Ce sont les jugements qui introduisent le jour du Seigneur et qui précèdent immédiatement sa venue sur cette terre. L’Apocalypse nous décrit abondamment ces jugements, à commencer par ceux qui sont déclenchés par l’ouverture des sept sceaux. Bien que le monde ait connu beaucoup de catastrophes naturelles et de désastres, nous ne pouvons pas nous représenter ce qui atteindra alors la terre. Ces jugements seront terribles.
Le mot destruction ne signifie pas forcément « anéantissement ». Il décrit ici la disparition de tout ce qui donne un sens à l’existence de l’homme. Ce n’est donc pas du jugement éternel qu’il est question ici. Ces hommes seront jugés plus tard devant le grand trône blanc et seront condamnés pour toujours, mais ce qui est présenté ici, ce sont les jugements qui tomberont sur les hommes dans le temps de la grande tribulation. Et de même qu’il n’y aura aucune échappatoire devant le jugement éternel, il n’y aura aucune possibilité non plus d’échapper à cette « destruction ». C’est une solennelle déclaration de l’apôtre, par le Saint Esprit : « ... et ils n’échapperont pas ». Celui qui ne reçoit pas maintenant Jésus comme son Sauveur et son Seigneur connaîtra alors ce jugement.
Arrivé à ce point, je désire demander à mon lecteur : Êtes-vous convaincu que vous ne connaîtrez pas ce jugement ? Avez-vous une relation personnelle vitale avec le Seigneur Jésus ? Il a porté aussi pour vous le jugement divin, afin que vous ne le connaissiez pas.
Et pour nous, croyants ? Pas d’hésitation, ce jugement ne nous atteindra pas. Quand ce verset aura son accomplissement, nous serons déjà avec le Seigneur, selon sa promesse : « Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière » (Apoc. 3 : 10). C’est bien de cette « heure de l’épreuve » qu’il est parlé en 1 Thessaloniciens 5 : 3, mais nous serons mis à l’abri. Comment ? Avant qu’elle vienne. Voilà ce qui nous donne toute assurance. Nous ne connaîtrons pas ces tourments parce que le Seigneur nous aura enlevé auparavant auprès de Lui.
Quel contraste entre les hommes de ce monde et les croyants ! Nous pouvons connaître la souffrance et la peine maintenant, mais cependant nous goûtons déjà la paix intérieure. Nous avons la paix avec Dieu (Rom. 5 : 1), nous jouissons de la paix de Dieu et par-dessus tout nous connaissons le Dieu de paix (Phil. 4 : 7, 9). Notre sécurité pour le temps et pour l’éternité se fonde sur l’œuvre accomplie par le Seigneur Jésus.
« Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, pour que le jour vous surprenne comme un voleur » (v. 4).
L’apôtre ne parle plus maintenant des incrédules, pour lesquels le jour du Seigneur vient comme un voleur, il s’adresse directement aux croyants : « Mais vous… ». La connaissance du jour du Seigneur devrait avoir dans nos vies des effets pratiques qui nous distinguent des gens du monde.
Ce contraste est présenté dans les versets qui suivent au moyen des expressions : lumière et ténèbres, jour et nuit, dormir et veiller, être sobre et s’enivrer, perdition et salut.
L’apôtre affirme encore une fois que les jugements à venir ne nous sont pas destinés. Le jour du Seigneur ne nous surprendra pas comme un voleur. Bien que nous vivions dans ce monde, nous ne sommes pas dans les ténèbres. Dans ce monde, tout est obscurité profonde ; les hommes vivent dans les ténèbres. Ils appartiennent aux ténèbres, et s’y trouvent à l’aise. Dans un sens, nous vivons aussi dans cette nuit, mais nous n’en sommes pas. Nous sommes du jour. Nous sommes actuellement comme des corps étrangers dans cette nuit, puisque nous attendons le jour et en manifestons les caractères.
Un exemple tiré de la nature peut illustrer cela : Il y a des animaux diurnes et des animaux nocturnes. Ces derniers ne sont à l’aise que quand il fait nuit. Par contre, lorsque des animaux diurnes doivent sortir la nuit, c’est pour eux quelque chose d’inhabituel, de contraire à leur nature. Il en est ainsi de nous. Par notre nouvelle nature, nous sommes du jour et de la lumière. Mais nous vivons encore dans la nuit, sans lui appartenir. C’est pourquoi le jour ne nous surprendra pas comme un voleur. C’est pour ceux qui appartiennent aux ténèbres qu’il viendra de cette manière.
« Car vous êtes tous fils de la lumière et fils du jour ; nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres » (v. 5).
Ce verset renforce la déclaration du précédent. Il nous montre la position dans laquelle nous avons été introduits. La séparation du jour et de la nuit, de la lumière et des ténèbres, est un principe divin essentiel que nous trouvons déjà lors du premier jour de la création : « Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres. Et Dieu appela la lumière Jour ; et les ténèbres, il les appela Nuit » (Gen. 1 : 4-5). Or cette séparation, nous la retrouvons partout dans la Parole de Dieu. La lumière et les ténèbres sont incompatibles, il ne peut y avoir aucune communion entre elles (2 Cor. 6 : 14). Un épisode de l’histoire des fils d’Israël en Égypte illustre l’enseignement que nous avons ici. Chez les Égyptiens régnaient de profondes ténèbres. Extérieurement, les fils d’Israël étaient aussi dans ces ténèbres. Mais il y avait une différence essentielle : dans leurs maisons, il y avait de la lumière (Ex. 10 : 23).
Nous sommes « fils de la lumière et fils du jour ». « Être fils » signifie porter les caractères de son origine. C’est ainsi que nous trouvons dans la Bible : fils du tonnerre, fils de Bélial, fils de la désobéissance, fils de consolation, etc. Ici, « être fils » signifie : porter les caractères de la lumière et du jour. Venu sur cette terre, le Seigneur s’est présenté comme étant la lumière du monde. En Lui, nous sommes devenus lumière (Éph. 5 : 8). Dieu nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière (1 Pi. 2 : 9). Il nous a « rendus capables de participer au lot des saints dans la lumière » (Col. 1 : 12). Une si merveilleuse position entraîne naturellement la conséquence pratique que nous avons à marcher comme des enfants de lumière (Éph. 5 : 8 ; 1 Jean 1 : 7).
Nous ne sommes pas seulement des fils de la lumière, mais aussi des fils du jour. Nous avons déjà vu au chapitre 2 que Dieu nous appelle à son propre royaume (v. 12). Le moment vient où « les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Matt. 13 : 43). Cela se réfère à la partie céleste du royaume futur. Nous appartenons déjà à ce jour à venir, et nous le montrons lorsque nous manifestons déjà maintenant les traits moraux de ce jour-là : par exemple la justice, la paix et la joie dans l’Esprit Saint (voir Rom. 14 : 17). Nous ne trouvons pas ces traits moraux dans ce monde, qui est caractérisé par les ténèbres. Mais nous devons nous en distinguer clairement et faire briller la lumière devant Lui.
« Ainsi donc ne dormons pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres ; car ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit » (v. 6-7).
À tout privilège correspond une responsabilité. Si Dieu nous présente notre position, Il nous dit aussi de quelle manière nous avons à y conformer notre conduite. Fondamentalement, nous sommes tous des fils de la lumière et des fils du jour. Mais, bien que nous ayons reçu un tel privilège, nous courons le risque de nous endormir pratiquement. Quant aux autres - les incrédules -, il est tout normal qu’ils dorment. Mais pour un croyant, c’est quelque chose d’anormal : il est un fils de la lumière et un fils du jour ; comme tel, il devrait veiller et être sur ses gardes. La vigilance est nécessaire pour attendre le Seigneur, et la sobriété, pour ne pas être contaminé par les choses de ce monde.
Les hommes de ce monde dorment, ils ne pensent ni au jugement à venir ni à l’éternité. Il devrait en être autrement de nous, croyants. Le mot utilisé ici pour « dormir » n’est pas le même que celui qui a été employé précédemment pour décrire la mort physique. Un croyant qui dort est indifférent aux réalités spirituelles. Que l’homme naturel y soit insensible, on peut bien s’y attendre : il ne peut les saisir. Mais il en est bien autrement du chrétien : il doit veiller, être intérieurement sur ses gardes, et ainsi être attentif aux choses spirituelles que Dieu nous communique.
Vigilance et sobriété vont ensemble (voir 1 Pi. 5 : 8). Être sobre signifie être dégagé de l’influence des multiples moyens d’étourdissement que Satan place devant nous. Qu’elles sont nombreuses, les « drogues » par lesquelles il voudrait neutraliser notre témoignage vis-à-vis de ce monde !
Dieu nous présente dans sa Parole bien des personnes qui, au lieu de veiller, se sont endormies (par ex. Samson, Jonas, les disciples au jardin de Gethsémané). Souvenons-nous de la parabole des dix vierges (Matt. 25 : 1-13). Malgré la différence intérieure fondamentale qu’il y avait entre elles (cinq avaient de l’huile, cinq n’en avaient pas), elles s’étaient pourtant toutes endormies. Celui qui les aurait observées n’aurait pu constater la différence, elles paraissaient toutes semblables. Il ne devrait pas en être ainsi de nous. Nous sommes du jour et cela doit se voir dans notre comportement. Le sommeil et l’ivresse spirituels appartiennent à la nuit et caractérisent les gens de ce monde.
« Mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, ayant revêtu la cuirasse de la foi et de l’amour et, pour casque, l’espérance du salut » (v. 8).
Nous courons sans cesse le danger de nous laisser entraîner. D’où l’exhortation renouvelée à la sobriété. Dieu veut que nous allions notre chemin sans nous laisser influencer par ce monde. Et dans ce but, Il ne nous a pas laissés sans ressources ; Il nous a donné des armes par lesquelles nous pouvons nous défendre : la cuirasse de la foi, celle de l’amour, et le casque de l’espérance du salut.
Comme au chapitre 1 (v. 3), nous retrouvons ici la foi, l’amour et l’espérance. Là, ces trois choses étaient les traits et les fruits intérieurs de notre vie spirituelle ; ici, elles nous sont présentées comme les armes qui nous aident à manifester dans la nuit les caractères de la vie nouvelle.
Dans le Nouveau Testament, le croyant est plusieurs fois comparé à un combattant. Trois passages mentionnent ses armes :
- en Romains 13 : 12, il est question des « armes de la lumière » ;
- en Éphésiens 6 : 10-20, nous est décrite « l’armure complète de Dieu », que nous sommes exhortés à revêtir ; ce passage contient la description la plus détaillée du combat, et surtout des armes qui sont à notre disposition ; grâce à elles, nous sommes toujours en mesure de résister aux attaques de l’Ennemi ;
- ici, en 1 Thes. 5, le combat porte un autre caractère que celui qui est décrit en Éphésiens 6.
Là, il s’agit des bénédictions spirituelles qui nous sont données en Christ, et le combat existe parce que l’Ennemi s’efforce de nous priver de la jouissance de ces bénédictions ; c’est une attaque bien précise de Satan. Il voudrait nous faire oublier le retour du Seigneur en nous incitant à nous associer au monde et à nous conformer à lui. Nous avons à nous défendre contre ces attaques en utilisant les armes mises à notre disposition. En les examinant, nous constatons que ce sont des armes défensives ; elles sont là pour nous protéger.
La cuirasse protège le cœur, le siège de nos affections. Le Seigneur désire posséder entièrement notre cœur. Il sait aussi combien facilement nous sommes attirés vers les choses de ce monde, vers les choses visibles. Or la foi nous attache aux choses invisibles d’une sphère qui deviendra un jour une réalité visible pour nous. Dans la mesure où nos cœurs sont occupés de ce qui va venir, nous oublions ce qui est autour de nous, et nos affections sont conservées pour le Seigneur. Plus ce qui est visible nous occupe, plus le danger est grand de nous y engager et d’y attacher nos cœurs.
L’amour est aussi une protection pour ne pas nous laisser prendre par autre chose. Il ne s’agit pas seulement de l’amour pour Dieu, mais aussi de l’amour pour les frères et sœurs. Si nous laissons le vide se faire dans nos cœurs quant à Dieu et quant à nos frères et sœurs, Satan saura bien le remplir par les choses du monde.
Mais nous avons aussi besoin d’une protection pour la tête, pour notre manière de penser. C’est le casque de l’espérance du salut. Il s’agit ici de l’attente de notre Seigneur « comme Sauveur, qui transformera notre corps d’abaissement en la conformité du corps de sa gloire » (Phil. 3 : 20-21). Si nos pensées sont orientées vers sa venue, qui signifie pour nous un salut parfait tant du corps que de l’âme, nous sommes gardés d’une manière de penser charnelle. C’est ainsi que nous protège l’espérance que nous possédons.
En résumé, nous voyons que nous serons gardés si nos cœurs sont orientés, non vers le présent visible, mais vers l’avenir invisible. Les trois grandes vertus de 1 Corinthiens 13 (la foi, l’amour et l’espérance) nous sont ainsi rappelées ici.
Remarquons encore que nous devons être « revêtus » de ces armes, c’est-à-dire les porter. Il nous est peu utile de simplement les connaître, bien que ce soit une condition préalable. Il ne nous est pas utile non plus de nous en prévaloir. Ce qui est important, c’est d’être capables de les manier. Un soldat en état d’alerte porte ses armes continuellement sur lui. Il devrait en être ainsi de nous.
« Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à la possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ, qui est mort pour nous » (v. 9-10a).
Ces mots expriment toute l’assurance qui est la part des croyants. La colère de Dieu est placée en contraste avec le salut, notre espérance. Dans ce passage, « la colère » est une allusion à la grande tribulation qui introduira le jour du Seigneur. Cela correspond à la subite destruction mentionnée au verset 3. Au chapitre 1, nous avons déjà trouvé une mention de cette colère. Il nous est dit là qu’elle vient, mais que nous en serons délivrés (v. 10).
Dans son langage symbolique, l’Apocalypse nous décrit cette colère à venir d’une manière saisissante, au moyen des sept sceaux, des sept trompettes et des sept coupes. Et l’apogée de cette colère coïncide avec le retour du Seigneur sur cette terre. En Apocalypse 6 : 16-17, nous voyons « la colère de l’Agneau » et « le grand jour de sa colère ». Quelles expressions ! L’Agneau de Dieu, qui est mort comme victime expiatoire, apportera alors la rétribution et le jugement. Quel sort terrible pour ceux qui devront rencontrer cette colère !
Mais ici, une parole de consolation est adressée aux croyants : cette colère ne nous atteindra pas, car nous ne serons plus sur la terre. Nous serons gardés, non pas « au travers » de l’heure de l’épreuve, mais « de » l’heure de l’épreuve (Apoc. 3:10). Nous ne passerons donc pas par la grande tribulation qui atteindra la terre. L’histoire d’Énoch, enlevé avant le jugement du déluge, en est une illustration (Gen. 5 : 24 ; Héb. 11 : 5).
Le mot « destinés », utilisé ici, dirige nos pensées vers les desseins de Dieu. Nous sommes destinés au salut ! Ce salut nous est présenté dans la Parole de Dieu sous trois aspects :
- dans le passé, un salut déjà accompli (par ex. 2 Tim. 1 : 9 ; Tite 3 : 3-5 ; Éph. 2 : 5) ;
- pour le présent, un salut quotidien dans les circonstances que nous traversons (par ex. Héb. 7 : 25) ;
- pour le futur, le salut dont il est question ici.
Quand le Seigneur Jésus viendra pour nous prendre à Lui, ce salut deviendra réalité. Il est pour nous déjà certain, il n’y a aucun doute à son sujet ; mais c’est une espérance, car nous ne le possédons pas encore en fait. De la même manière, nous lisons en Hébreux 9 : 28, qu’Il « apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui l’attendent ». Ce sera le dernier acte du Seigneur Jésus pour notre délivrance, le couronnement final de la grâce. Ce salut englobe la résurrection des saints d’entre les morts et l’enlèvement de tous les croyants, avant le déferlement de la juste colère de Dieu sur la terre.
Cependant, ici, ce n’est pas seulement le fait de notre salut qui est mentionné, mais la raison pour laquelle nous serons sauvés : le Seigneur Jésus « est mort pour nous ». Parole merveilleuse, qui fait battre plus fort le cœur de tout enfant de Dieu. « Pour » signifie « en faveur de » ou encore « à la place de ». À la croix, Jésus a été notre substitut (ou : remplaçant). C’est ce qui est placé devant nous au début du verset 10. Il a porté le jugement qui devait nous atteindre justement. La colère qui devait être notre part est tombée sur Lui. Et Dieu, qui est juste, ne condamne pas deux fois. Celui qui sait que le Sauveur a porté la condamnation à sa place n’a plus à craindre le jugement à venir. Au chapitre 1 (v. 10), notre délivrance de la colère est liée à la résurrection de Christ, donc au fait que Dieu a agréé son œuvre à la croix. Ici nous sommes en présence de sa mort. Les deux faits réunis, sa mort et sa résurrection, nous donnent toute assurance. Aurions-nous encore quelques doutes à ce sujet ? Non, le salut qui est devant nous est aussi sûr que celui que nous possédons déjà.
« Afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui » (v. 10b).
Tel est le but final de notre salut : nous vivrons ensemble avec Lui. En même temps, c’est comme un résumé des enseignements de l’apôtre depuis le verset 13 du chapitre 4. Tous les croyants vivront avec le Seigneur ; ils partageront avec Lui non seulement la gloire céleste, mais aussi la domination sur la terre.
Nous retrouvons ici les deux termes « veiller » et « dormir », toutefois ils n’ont pas le même sens qu’au verset 6. Un croyant qui dort dans le sens du verset 6 ne reçoit aucune promesse (ce qui ne veut pas dire qu’il est perdu). Dans notre verset, ceux qui dorment sont ceux qui se sont endormis dans le Seigneur, et ceux qui veillent sont les vivants, tels que nous les avons vus au chapitre 4. Tous les croyants qui ont part à la première résurrection (soit ressuscités, soit transmués) reviendront avec Christ pour vivre avec Lui et régner avec Lui. C’est sur le fondement de sa mort et de sa résurrection que tout cela deviendra un jour réalité.
Nous réjouissons-nous de vivre avec Lui ? Quel bonheur d’être avec Lui dans la gloire ! Mais nous pouvons aussi nous réjouir à la pensée qu’un jour tous ses droits seront reconnus sur cette terre. Nous serons alors avec Lui et participerons à sa souveraineté. Soyons de « ceux qui aiment son apparition » (2 Tim. 4 : 8).
« C’est pourquoi exhortez-vous les uns les autres et édifiez- vous l’un l’autre, comme aussi vous le faites » (v. 11).
Tous ces enseignements sont destinés à nous encourager. Les circonstances que nous traversons peuvent être difficiles. De même que le Seigneur est rejeté, nous le sommes aussi virtuellement. Mais le moment vient où nous vivrons avec Lui et où nous partagerons sa gloire. Voilà ce qui nous encourage.
Dans le Nouveau Testament, le verbe « édifier » est utilisé aussi bien dans le sens littéral que dans le sens figuré. Dans ce deuxième sens, comme ici, il évoque l’influence fortifiante de l’enseignement sur les croyants. L’édification est l’enseignement qui contribue à la croissance. Cette édification est produite par :
- l’amour (1 Cor. 8 : 1 ; Éph. 4 : 16) ;
- la prophétie, c’est-à-dire la parole de la part de Dieu (1 Cor. 14 : 3) ;
- l’exhortation (ici, en 1 Thes. 5).
L’exhortation aussi bien que l’édification ont leur place dans les rassemblements des croyants. Quand nous nous réunissons, nous pouvons nous encourager par les vérités qui concernent la venue du Seigneur. Mais là, les Thessaloniciens sont invités à s’exhorter et à s’édifier « les uns les autres ». L’apôtre ne confie pas cette mission à certains frères spécialement désignés pour cela, mais à tous les frères et sœurs. De plus, nous voyons l’importance des entretiens individuels. Ne soyons pas comme Caïn qui disait : « Suis-je, moi, le gardien de mon frère ? » (Gen. 4 : 9). Nous nous préoccupons volontiers de ce qui concerne nos frères et sœurs ; soyons donc de ceux qui encouragent et édifient. Combien sont nombreux aujourd’hui les enfants de Dieu qui ont besoin d’un tel service d’amour ! Et en terminant, posons-nous la question : Paul pourrait-il nous dire à nous aussi : « comme aussi vous le faites » ?
E. A. Bremicker – Messager évangélique (1998 p. 279-287 ; 301-312)
À suivre