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 Les points d’appui du croyant dans un temps de ruine
Deuxième épître à Timothée
 

Un témoignage en faillite dans un temps de ruine
Des points d’appui pour le croyant
Des exhortations à laisser Christ remplir notre vie

            Nous sentons combien les enseignements de la Parole, et de cette épître en particulier, sont à propos dans les circonstances que nous traversons. Dans ces temps de ruine, nous voyons Paul écrivant à Timothée qui est un jeune homme. Il lui adresse ses dernières paroles et lui dit : Tu sais, tout est perdu ; extérieurement, c'est la déroute. - C'est un tableau de déroute que présente en effet cette seconde épître à Timothée. La première nous montre comment il faut se conduire dans l'assemblée qui est en ordre (voir 3 : 15) et la seconde... c'est un peu le « sauve qui peut » pour ainsi dire. L'assemblée est ébranlée, le témoignage croule. Sur quoi s'appuyer ? Eh bien, il n'y a peut-être pas d'épîtres où l'on trouve autant de points d'appui que dans cette seconde épître à Timothée. Elle est adressée à un jeune homme ; on a peur quelquefois, et on dit : Il ne faut pas trop charger les jeunes. Or, ici Dieu fait écrire Paul, un père, à un jeune homme. Il lui fait écrire ses instructions. Paul lui dit : Je ne te cache pas les choses, voilà la situation terrible, affligeante ; mais, tu sais, il n'y a pas d'autre chemin et voilà le chemin que j'ai tracé. « J'ai combattu le bon combat... » (2 Tim. 4 : 7). Fais comme moi. - C'est ce qu'il nous dit à tous. Puissions-nous avoir l'oreille et le cœur d'un Timothée !


Un témoignage en faillite dans un temps de ruine

            Il a été donné à l'apôtre Paul de voir s'écrouler le résultat extérieur de son travail. Que cela ait été une de ses plus grandes douleurs, nous n'en discutons pas ; il a consacré sa vie à l'assemblée. Paul a souffert pour rassembler, tandis que Jésus a souffert pour racheter. Nous trouvons dans l'expérience du christianisme un résultat qui rejoint toutes les expériences que Dieu a faites avec l'homme avant le christianisme et nous y ajoutons, nous, depuis que Paul a écrit, une expérience nouvelle et semblable - outre les expériences individuelles - car nous pouvons bien reconnaître et sentir que nous aussi, dans ce témoignage du dernier temps, nous avons failli. Il est bon de le sentir. Il ne faut pas que nous levions la tête vers Dieu comme si nous n'avions rien fait quant à ce déclin. L'intelligence de la foi, dans tous les temps, c’est qu'elle ne lève pas la tête vers Dieu comme si rien ne s'était passé. C'est Caïn qui a fait cela, comme s'il n'y avait rien entre Dieu et Adam et sa descendance ; il s'est tourné vers Dieu comme si, après tout ce qui s'était passé, il pouvait s'arranger avec Lui d'une façon bien commode, et l'attitude de Caïn offrant les fruits de son travail se retrouve dans toutes les époques, tandis que la foi, au lieu de lever un front audacieux vers Dieu, baisse la tête vers la terre. La foi reconnaît le péché, les défaillances dont elle est coupable.

                        Une attitude humble
            Il est certain et personne ne saurait contredire que cette pensée, cet état d'esprit, a caractérisé d'une façon distincte nos conducteurs du 19ème siècle. Il n'est pas possible de lire un de leurs écrits sans trouver que ce qui les a distingués dans leur attitude vis-à-vis de Dieu, c'est que, alors que d'autres, en reconnaissant beaucoup de choses, voulaient venir devant Dieu la tête haute comme si rien ne s'était passé et comme si l'on pouvait se retrouver au chapitre 2 des Actes, nos conducteurs, enseignés par Dieu sont venus le front dans la poussière et ont dit : Nous avons péché, nous comprenons que la gloire de Dieu ne peut pas oublier l'offense qui pendant tant de siècles est montée vers Dieu à cause des infidélités.
            Chers frères et sœurs et tout croyant qui veut trouver Dieu en bénédiction, nous avons les mêmes raisons de prendre et de garder cette attitude d’humiliation, et cela d'autant plus que vis-à-vis même de ceux qui nous ont enseignés, nous avons décliné.
            Je ne saurais trop insister sur ceci, c'est que l'intelligence de la foi qui connaît Dieu, qui va droit à Lui, sait ce qui convient à Dieu et ce qui ne Lui convient pas, et bannit de son attitude ce qui ne convient pas : le front audacieux qui outrage Dieu et qui, au fond, caractérise l’attitude de tout homme non touché par la grâce. Parlez à n'importe quel homme dans la rue, endurci contre Dieu. Au lieu d'avoir honte de tout ce qui a marqué sa vie - et il le sait bien, il sait qu'il y a dans sa vie beaucoup de choses déshonorantes - il se dresse contre Dieu. Il est comme la femme des Proverbes qui s'essuie la bouche et dit : « Je n'ai pas commis d’iniquité » (Prov. 30 : 20). Le principe est le même, qu'il s'agisse d'un incroyant ou des chrétiens. Ce qui honore Dieu, ce n'est pas que nous couvrions ce que nous avons fait contre Lui, mais c'est aller devant Dieu en découvrant ce que nous avons fait, ce que nous sommes - sinon Dieu se chargera de le faire ; mais nous nous serons privés de la bénédiction.

                        Responsabilité et humilité
            Relativement au témoignage il faut que nous ne perdions pas cela de vue : les frères dans les assemblées, quels qu'ils soient, qui ont pris une position d'avant-garde et par suite de responsabilité, doivent être les premiers dans ce chemin, et des modèles dans ce chemin qui consiste à venir devant Dieu la face contre terre et dans la poussière, avec le sentiment profond, vrai, que nous avons ajouté à toutes les défaillances antérieures. Alors Dieu bénit, Dieu se révèle ; nous ouvrons notre cœur, Dieu ouvre le sien. Mais si nous fermons notre cœur, Dieu ferme le sien, C'est un principe immuable, permanent dans toutes les relations de l'homme avec Dieu, dans quelque condition que soit l'homme, à plus forte raison lorsqu'il s'agit de ceux qui, par la grâce de Dieu, ont été groupés autour de Christ et, on peut le dire malgré tout, ont été placés dans le chemin qui est selon la pensée du Seigneur.
            Les frères doivent être des modèles d'humilité, il faut le redire. Au lieu de lever la tête et de se promener par le monde comme s'ils étaient des saints et des purs, ils doivent traverser ce monde et aller devant Dieu et devant les hommes avec ce sentiment intérieur et continu qu'ils ont horreur d'eux-mêmes. En même temps, ayant ce sentiment, ils ont le droit de la part de Dieu - Dieu leur donne ce droit moral intérieur - de jouir de leur position immuable, inattaquable en Christ. Mais quelqu'un qui se prévaut de sa situation et de sa position en Christ et qui n'est pas droit devant Dieu en maintenant dans son cœur et dans sa vie des choses incompatibles avec cette présence de Christ, comment Dieu peut-il le qualifier et comment la Parole peut-elle le qualifier ?
            Nous voulons jouir de Dieu, c'est le bonheur, le bonheur suprême, partout et toujours, le bonheur sur la terre et dans le ciel. Nous voulons jouir de Dieu, alors ne pensons pas que nous courberons les droits de Dieu aux caprices et aux passions de nos pauvres cœurs - jamais !


Des points d’appui pour le croyant

                        Satan est vaincu
            Que dit Paul à Timothée au commencement, dans le premier chapitre ? - Timothée, ne te laisse pas effrayer par l'apparente victoire de l'Ennemi ; Dieu nous a donné des choses qui sont hors de sa portée. Satan a beau faire, c'est un ennemi vaincu, Jésus Christ a fait luire la vie, Il a annulé la mort (2 Tim. 1 : 10). Si notre Seigneur Jésus Christ a annulé la mort, c'est que Satan est vaincu. Satan est très rusé, il fait beaucoup de mal aux croyants ; depuis 2000 ans, il en a fait et il continue à en faire. Mais la foi sait que Satan est vaincu. C'est pourquoi il ne peut pas supporter un chrétien pieux quelque part ; il va s'appliquer à le faire broncher, il le séduira ; s'il y a une pièce de « l'armure » qui lui manque (voir Éph. 6 : 10-20), une affection qui n'est pas jugée, Satan va prendre cette âme par là ; il ne peut pas supporter quelqu'un de pieux ; cela le gêne - et une assemblée à plus forte raison !
            Un des devanciers qui nous ont enseignés disait qu'une assemblée, deux ou trois croyants sans prétention, c’est une épine dans le côté du diable ; c'est très juste. Partout où on allie le monde et le christianisme, où il y a alliance, mélange, le diable dit : Ceux-là je les tiens, je les domine, je les mène par leurs convoitises, ils sont mes esclaves, mes serviteurs ; ils font ce que je veux ; ils ne sont pas les témoins du vainqueur de la croix mais mes serviteurs à moi. - Tandis que si nous voulons servir le Seigneur et non pas Satan, nous sentons la force de Satan. Un chrétien qui vit dans le monde ne sent pas la force de Satan ; il ne sait pas ce que c'est que d'avoir des hauts et des, bas, il ne sait pas ce que c'est que de perdre la communion : il ne l’a pas !
            Savons-nous ce que c'est que la communion avec le Seigneur, vivre en communion avec Lui ? Ce ne sont pas des mots ! Jouir de la communion avec le Père et son Fils Jésus Christ, savons-nous vraiment ce que c'est ? Quand nous ne jouissons pas de la communion avec le Père et son Fils nous sommes, pratiquement, dans les mains de Satan. Avoir communion, cela ne veut pas dire parler des choses de Dieu, cela veut dire en jouir, y vivre, notre âme étant nourrie de ces choses, notre âme en étant remplie - c’est bannir tout ce qui nous prive de cela.
            Nous avons à veiller à ne pas parler de ce que nous ne sentons pas, à ne pas dire des choses que nous ne réalisons pas, sinon nous nous séduisons nous-mêmes.

                        La mort est vaincue
            Mais voilà un fait, une certitude : Satan est un ennemi vaincu et Jésus a annulé la mort - la mort est nulle, et il y a cette expression belle et très forte : « Il a fait luire la vie et l'incorruptibilité par l'évangile » (1 : 10). Avant la croix les croyants n'avaient pas du tout la même pensée que nous ; la mort était quelque chose de sombre, même pour les croyants ; Jésus n'était pas mort et ressuscité.
            Depuis plus de vingt siècles, l'Ennemi n'a pas perdu son temps, mais Paul dit à Timothée : la victoire est bien remportée et n'est pas remise en question Le Seigneur nous rappelle que la défaite de Satan est une vraie défaite, définitive, et il n'est pas question d'en annuler la portée.
            Au fond du Jourdain, bien qu'il déborde par-dessus toutes ses rives, les douze pierres ont été déposées en témoignage que l'arche du Seigneur de toute la terre est passée là, au fond des eaux du Jourdain, et que la mort est vaincue. Le Seigneur peut dire à l’apôtre Jean : « Ne crains pas… je tiens les clés de la mort et du hadès » (Apoc. 1 : 17-18). Réjouissons-nous dans cette pensée. Voilà le point d'appui pour notre foi. N'y aurait-il que cela, nous savons que la mort est annulée. Nous sommes à Christ, liés à Christ, le vainqueur de la mort, cela en vaut la peine !
            Après tout, c'est bien ce dont il faut se souvenir quand l'heure vient de quitter ce monde ; c'est alors le suprême dépouillement, dépouillement définitif vis-à-vis des choses liées à l'ancienne création. Il s'agit de savoir si sur ce point on est bien fixé, c'est-à-dire si on a la vie éternelle par la foi au nom du Seigneur Jésus. Il faut nous le rappeler souvent, et nous le voyons dans cette épître, que les parents enseignent leurs enfants avec les « Saintes Lettres » (2 Tim. 3 : 15), que les parents, de bonne heure, fassent pénétrer la Parole de Dieu dans le cœur de leurs enfants. Que les parents se souviennent - et les chefs de famille en particulier - qu'avant de penser aux autres âmes, ils ont à penser à l'atmosphère de leur propre maison. Timothée avait été nourri des Saintes Lettres. Que la lecture de la Parole de Dieu soit faite avec toute révérence dans les familles, avec tout le respect et tout l'esprit de prière et de supplication qui conviennent ! Qu'il nous soit donné de ne pas profaner la Parole en la mélangeant à nos propres pensées ! Et lorsque les parents peuvent dire : En voilà un qui est passé de la mort à la vie ! Un autre ! … et ils sont tous passés de la mort à la vie ! Seigneur, tu peux venir ! - Et si même avant la venue du Seigneur nous devons quitter la terre, c'est bien, tout est réglé, l'essentiel est fait.
            C'est sérieux ! Il ne s'agit pas de nous payer d'apparences, comme l'Ennemi veut toujours nous entraîner à faire ; il s'agit toujours d'aller voir les bases de la vérité sous les apparences.

                        La promesse de la vie en Christ
            Jésus a annulé la mort et a fait luire la vie et l'incorruptibilité par l'évangile. Quand la marée emporte tout, voilà un pivot qu'elle ne touchera pas. Il y en a d'autres dans cette épître et le premier verset d'abord – « la promesse de la vie qui est dans le Christ Jésus ».
            Dans toute cette épître, Dieu ne considère pas ce qui est dispensationnel, l'assemblée même, mais Il invite nos âmes à s'appuyer sur ce qui est éternel, à savoir la vie éternelle, la promesse de la vie donnée avant les temps des siècles. Avant qu'il y eût le temps, déjà la promesse de la vie était donnée ! Voilà à quelle hauteur Dieu nous élève quand tout croule ici-bas ; nous en avons besoin. Et quand ce qui est confié à l'homme disparaît et s'écroule, Dieu dit : - Voilà ma pensée, ce que je vais faire ; voilà mon conseil contre lequel rien ni personne ne peut quoi que ce soit. - Cela est précieux, et il faut le prêcher au monde. Quand on prêche l'évangile, il ne faut pas prêcher des mots, il faut prêcher des faits : la croix de Jésus, le triomphe de Christ, le sang de Christ, la venue de Christ.
 

                        Se fortifier dans la grâce du Seigneur
            Paul invite Timothée à se fortifier dans la grâce (2 : 1). Et Il nous dit à nous aussi d'être de bons soldats de Jésus Christ. Un bon soldat doit être dévoué, ne pas s'embarrasser dans les affaires de la vie (2 : 4). J'en suis persuadé, Beaucoup de choses nous embarrassent dans notre combat. La -vie chrétienne la plus simple est la meilleure ; plus elle est simple, mieux elle vaut : ne pas s'embarrasser dans les affaires de la vie. Lorsqu’un soldat part à la guerre, il y a une séparation entre lui et son passé ; c'est fini, il oublie son passé, tout ce qui le rattache à la vie ordinaire et, dans un sens, nous devrions tous être ainsi à des degrés divers, selon notre foi, et ne pas nous embarrasser dans les affaires de la vie. Que chacun de nous s'arrête devant le Seigneur et voie ce dont il peut se séparer, ce qui peut l'embarrasser dans la vie. Bien des chrétiens perdent leur vie avec des riens ; des chrétiens avancés en âge : d'expérience en Christ ? Rien ! On parlera de toutes sortes de choses de la vie, des difficultés, douleurs, épreuves… même cela ! L'expérience d’une épreuve où on n'a pas vécu Christ, c'est une expérience perdue ; c'est à recommencer…
            Mais la vie tout entière n'est pas à recommencer, on ne la recommence pas. On trouve même des chrétiens avancés en âge - l'âge ne fait pas la piété ni la spiritualité ; ce n'est pas parce qu'on est vieux qu'on est un père… - qui auront passé tant d'années et de circonstances sans Christ ! Et nous ne pensons pas seulement à des gens du dehors, mais même parmi nous, croyants. Dieu nous envoie une épreuve, que faire ? Première chose : Seigneur donne-moi d'être avec toi ; qu'est-ce que j'ai à apprendre ? - Un moment plus facile, de prospérité, survient : Avant tout, Seigneur, avec toi ! - J'insiste sur cela parce que c'est un des maux dont nous souffrons aujourd'hui : que la vie se déroule jour après jour, heure après heure, sans rien.
            On ne vous aura pas mis en prison, vous serez compté peut-être pour un très brave chrétien, très gentil, très bien. À ce point de vue, il peut arriver qu'un chrétien qui aura eu une lourde chute aura une vie plus belle, plus pleine, parce qu'il aura été brisé. Il pourra dire : J’ai appris qu'il me faut Christ à tout prix ! - Ce n'est pas toujours le cas, mais c'est arrivé.
            Je prie, je supplie que nous ne pensions pas qu'une vie irréprochable extérieurement soit une vie pleine, pas du tout. Un chrétien disait : Il y a trois hommes en moi : le vieil homme, le nouvel homme, et entre les deux tout ce qui m'occupe chaque jour. - Et je crois que nous avons tous à faire attention à cela !


Des exhortations à laisser Christ remplir notre vie

            Si dans les familles on disperse son temps, si l'on émiette son temps, ses pensées, ses affections, sur une multitude de petits objets, toute l'atmosphère familiale s'en ressent et cela explique énormément de choses. Il n'y a jamais la même armature d'âme, jamais la même nourriture d'âme et alors au jour de l'épreuve, lorsque les flots viennent contre cette maison (voir Matt. 7 : 25), spirituellement parlant, qu’arrive-t-il ? … C’est très sérieux ! Et j'attire l'attention sur ce point, celle des parents, des enfants qui sont en âge de responsabilité : Qu'est-ce qui remplit ma vie du matin au soir ? - Faisons attention à cela. On voit des parents qui, lorsqu’ils étaient enfants, traitaient à la légère cette question. Devenus parents, cela a été une révélation pour eux, tout à coup, que le sérieux de cette question. Qu'est-ce qui remplit notre vie, tous les jours ? On nous dit : Il ne faut pas toujours parler de Christ. - Mais si l'on veut dire qu'il ne faut pas parler ni écrire sur ces questions, ne pas y penser, ce n'est pas ce que Dieu veut ! Quand nous n'y pensons pas, le Saint Esprit est attristé et notre âme est ouverte à tous les échos du monde. Il faut quelque chose au cœur ; si ce n'est pas le ciel, Christ, ce sont les choses du monde et on se pose des questions qui, à elles seules, révèlent l'état de l'âme. Elles n'appellent pas de réponse mais révèlent un état d'âme.

                        Obéissance du soldat de Jésus Christ
            Voilà un soldat de Jésus Christ ; ce n'est pas agréable d'être soldat. Nous serions volontiers des soldats pour défiler les jours de gloire ; alors on trouve des volontaires ! Mais lorsqu'il s'agit de se tenir là aux moments difficiles où il y a seulement des coups à recevoir, on ne trouve pas de volontaires. Mais il faut faire son compte : difficultés, souffrances, larmes, épreuves… très bien. Voilà comment parle la foi, et puis, l'obéissance : il faut marcher selon les lois. On dit : Chrétiens, nous faisons ce que nous voulons. - Pas du tout ! Vous n'avez pas le droit de choisir la forme de témoignage. L'obéissance est la deuxième vertu ; vous avez à obéir. Un chrétien qui n'obéit pas ne porte pas l'image de Christ mais du premier Adam, pas du dernier. Un chrétien qui n'obéit pas pèche. Il n'a pas le droit de dire : Moi, je pense ainsi. - Il doit dire plutôt : Qu'est-ce que Christ pense ? Qu'est-ce que Christ veut, que veut mon Maître ; où veut-Il que je marche, le maître qui est mort pour moi, qui a été Celui qui a obéi jusqu'à la mort ? - « L’esclave n'est pas plus grand que le maître » (Jean 15 : 20).

                        Patience du laboureur
            Une troisième vertu, c'est la patience. Le laboureur ne moissonne pas le, jour où il sème (voir Jac. 5 : 7). Nous semons, servons, souffrons… que le Seigneur encourage ceux qui le font ! Les évangélistes : que le Seigneur les encourage ! Je l'ai souvent demandé dans mon cœur ; c'est un très précieux service. Ce n'est pas nécessairement le plus facile. Il est plus facile d'avoir à faire à un monde opposé, au visage découvert qu'aux difficultés et aux combats intérieurs.
            Voilà des exhortations, des encouragements pour Timothée !

                        Séparation d’avec le mal, se retirer de l’iniquité
            Au chapitre 2, ce ne sont pas encore les « derniers jours » ; ils sont décrits au chapitre 3. Je désirais dire un mot sur la devise qui est là : « Le Seigneur connaît ceux qui sont à lui, et : Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur » (2 : 19).
            Nous avons là un sceau, un cachet qui a deux faces, et une devise sur chaque face. Sur la première : « Le Seigneur connaît ceux qui sont à lui », et sur l'autre : « Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur ». On nous dit : Il y a des chrétiens partout. - C’est vrai ; c'est la première devise du sceau. Mais beaucoup qui parlent ainsi veulent dire, au fond : Il y a des chrétiens partout, on doit donc aller partout. - Eh bien, tournez le sceau et lisez : « Qu'il se retire de l'iniquité quiconque prononce le nom du Seigneur ». Nous devons nous retirer de l'iniquité. La responsabilité individuelle est là, dernier refuge de la foi ; la responsabilité individuelle existe toujours. Un chrétien ne pourra jamais invoquer quoi que ce soit pour justifier l'association avec le mal. Du moment qu’il discerne un mal, il est obligé de s’en séparer, il est responsable devant Dieu. L'application de cela au témoignage est bien évidente, elle est vitale ; quelqu'un qui s'associe, le sachant et le voulant, à un mal, se rend coupable avec celui qui commet le mal. L'épître aux Corinthiens nous le montre pour l'assemblée. Nous devons donc nous retirer de l'iniquité par égard pour le nom du Seigneur.
            Que le Seigneur nous donne, étant séparés de nombreux groupes chrétiens, de l'être avec intelligence, de ne pas penser que les murs du local de réunion de l’assemblée constituent l'écran entre la sainteté et l'iniquité. Nous avons à faire attention à cela et à nous séparer du mal par égard pour le nom du Seigneur et sous l’autorité de sa Parole.
            Dans toute la Parole de Dieu la séparation est la règle d'or de la foi. Je sais bien qu'il y a même des frères qui disent : Il ne faut pas être trop étroit. - Le mot « secte » se trouve à la fin des Actes, en parlant du témoignage de notre Seigneur. Le témoignage même a été appelé secte : « Pour ce qui concerne cette secte, il nous est connu que partout on la contredit » (Act. 28 : 22 ; voir encore 24 : 5, 14).
            Nous séparer de l'iniquité ! Quelqu'un a une fausse doctrine, il faut nous en séparer, mais tout d'abord l'avertir et prendre toute la peine nécessaire pour l'éclairer. Si nous voyons un danger dans l'introduction du monde et de la chair - là où nous faisons profession de dire que Dieu a mis l'homme de côté, qu’Il a mis le monde de côté -, nous réalisons que nous sommes moralement en dehors du monde. Si quelque chose ou quelqu'un établit de nouveau ces relations du premier Adam avec Dieu parmi nous, alors il faut nous séparer de cela, après des exercices - car en toutes choses il faut l'exercice de la piété. Mais si nous sommes indifférents, nous ne sommes plus des témoins du Seigneur.
            C'est très important, la séparation d'avec le monde et le monde religieux ; je ne saurais dire combien de fois j'ai constaté le mal inouï qu'a fait au témoignage le manque de séparation d'avec le monde ; il a rongé le témoignage. Nos frères conducteurs, qu'ont-ils fait ? Ils sont sortis sans idée préconçue, le Seigneur les a bénis. Que voit-on maintenant ? Le monde rentre ! Celui qui aime le monde, qu'il aille dans le monde, mais que les frères et sœurs soient fidèles pour ne pas laisser corrompre le témoignage. La corruption peut être une fausse doctrine ou ce qui en résulte, des pratiques, des façons de voir qui ne sont pas selon Dieu. « Si quelqu'un corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira » (1 Cor. 3 : 17).
            Il y a le temple, la maison de Dieu, là où Dieu habite. Il faut que les choses soient dignes de Dieu, de Celui qui habite la maison. Nous avons des exigences dans nos maisons, est-ce qu'Il n'en aurait pas pour la sienne ? J'attire l'attention, frères et sœurs, sur ce point : la séparation - non pas qu'il n'y faille beaucoup de larmes et d'exercices de foi ; mais, autrement, c'est la porte ouverte, c'est la ruine. « Qu'ils reviennent vers toi, mais toi ne retourne pas vers eux » (Jér. 15 : 19) - c'est la séparation. On pourra dire, en lisant quelques versets plus bas : Alors il n'y aura plus personne, on se sépare de tout le monde si l'on veut aller « avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur » (2 Tim. 2 : 22). On nous dit : Mais vous ne pouvez pas reconnaître ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur. - Si vous parlez ainsi vous êtes plus sage que la Parole de Dieu Elle suppose que le Seigneur donnera à ceux qui l'invoquent d'un cœur pur la capacité de se retrouver ; si vous dites le contraire, vous annulez la Parole de Dieu. Parce que « le Seigneur connaît ceux qui sont à lui » (v. 19), ceux qui se retirent de l'iniquité, c'est-à-dire de tous les lieux et façons de faire où l'homme règne ; ils sont assurés que le Seigneur leur donnera de retrouver ceux qui invoquant le nom du Seigneur d'un cœur pur.
            « Qu'il se retire... » ; c'est même très étendu. Cela s'adresse même à un chrétien professant ; il est plus responsable qu'un païen. Je désire insister sur cela, et je prie que le Seigneur nous donne de veiller à cette séparation rigoureuse et intelligente.
            Qu'est-ce qui a tué Israël ? C'est le manque de séparation. Tout l'Ancien Testament en fait foi, toute l'histoire d'Israël dans la Palestine continuellement et dans le détail. Que de fois nous le voyons !

                        Séparés pour Dieu
            Toutes les fois qu'un chrétien, frère ou sœur - et ceci est indiscutable - mondanise, oublie cette séparation, ne réalise pas cette séparation intérieure, le « nazaréat", il perd sa force, sa puissance ; c'est absolu, c'est une loi, c'est un principe immanquable. On a toujours vu dans l'histoire du témoignage que toutes les fois qu'un chrétien oublie cette séparation intérieure pour Dieu, qu'il fraie avec le monde et lie des traités d'amitié avec lui sous quelque forme que ce soit, Dieu lui retire sa puissance.
            Je fais un appel à chacun de nous, pensant être le premier à l'entendre et certain que toute la parole de Dieu, toute l'expérience, la justifient. Un appel quant à cette nécessité absolue d'être séparé si nous voulons avoir Dieu avec nous. Dieu n'est jamais avec la chair, avec le monde. Il est contre ceux qui sont du monde. Dans notre vie de tous les jours, j'espère que nous faisons tous cette expérience, que nous jouissons de Dieu quand nous sommes séparés. Si nous ne sommes pas séparés, Dieu se retire à l'instant même. Il dit : Non, je ne peux pas m'associer à cela. Il est fidèle à sa propre gloire et fidèle envers nous. Nous continuons en vertu d'une vitesse acquise et d'une force acquise, mais Dieu s'est retiré. Nous voyons cette expression dans le premier livre de Samuel, au sujet de Saül (16 : 14) et dans le livre d’Osée, pour Israël (5 : 6 ; 9 : 12) ; c'est terrible ! C'est vrai de Saül qui n'avait pas la foi, mais vrai aussi, dans le détail, du chrétien qui est dans le monde. Dieu se retire de lui, et c'est très solennel.

                        Piété et foi victorieuse
            Nous avons vu qu’au chapitre 2, ce ne sont pas encore les derniers jours, mais au chapitre 3 cela va plus loin ; nous avons le portrait des hommes. Nous pourrions rapprocher ce portrait des hommes chrétiens et celui des hommes païens dans l’épître aux Romains ; en considérant le parallélisme nous constatons qu’il y a presque identité entre la corruption chrétienne et la corruption païenne ! Il y a quelque chose de plus dans Timothée, des touches sombres en plus ; l'hypocrisie chrétienne : « Ayant l’apparence de la piété et en ayant renié la puissance » (v. 5). On a le nom de la piété et on est allié au monde, on va chercher quelque chose dans le monde, on se nourrit du monde ; il y a l’apparence de la piété sans la puissance. Tandis que s'il y a une vraie piété, la foi est victorieuse ; elle est plus forte que le monde ; nous trouvons cette victoire dans cette épître et dans les épîtres de Jean.

                        Lire la Parole de Dieu et prier
            « Mais toi… tu connais les Saintes Lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus » (2 Tim. 3 : 14-15). Que cette pensée reste aussi, que la Parole soit lue, qu’elle le soit dans nos maisons. Dieu a opéré des conversions dans les lectures de famille, les prières de famille. Les conversions que Dieu a opérées sans se servir de quelqu'un, sont innombrables. Dieu les révélera un jour, quand Il le jugera bon.
            Parmi les familles de chrétiens, c'est par ce moyen-là que le plus grand nombre de conversions est opéré. Rien ne vaut pour les familles de chrétiens cet exercice quotidien, la lecture de la Parole de Dieu et la prière, parents et enfants se mettant à genoux devant Dieu, rendant gloire à Dieu, prenant devant Dieu la place qui convient, priant Dieu pour qu'Il dépose sa parole dans les jeunes cœurs

                        Demeurer près du Seigneur
            Que Dieu fasse que Lui-même accompagne sa lumière dans leur cœur et qu'elle porte du fruit en vie éternelle !
            Que le Seigneur soit avec nous pour toujours, qu'Il nous tienne près de Lui et qu'Il nous garde de l'émiettement quotidien de notre vie, de nos pensées, de nos affections, de nos forces. Qu'Il fasse que nos affections soient concentrées en Lui. Combien d'objets, au long d'une semaine, accaparent nos affections, nos pensées, notre temps, notre énergie, peut-être notre argent (qui pourtant ne nous appartient pas). Que le Seigneur nous donne de L'aimer et de vivre près de Lui, de rester près de Lui, sans bruit, jusqu'à la fin !


D’après une méditation de Louis Chaudier, dimanche après-midi 25 avril 1948