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RESPONSABILITÉ ET CHOIX DU CROYANT (1)


Lire : Matthieu 6 : 19-25, 33-34 ; Marc 4 : 18-19 ; Luc 9 : 23-24 ; 2 Pierre 1 : 3, 4, 8, 10, 11.

Deux grands principes bibliques

            Dans la Parole de Dieu nous trouvons deux grands principes :
                  1) Celui de la grâce, de notre position, de nos privilèges. - c'est le côté de Dieu ;
                  2) Celui de la responsabilité, de notre état, de la marche sous le gouvernement divin - c'est le côté de l'homme.

            Ces deux principes ont une égale importance. Ils ne se contredisent pas, ne se gênent pas. Ils suivent deux voies rigoureusement parallèles et s'équilibrent toujours, de sorte que si les privilèges augmentent, la responsabilité augmente aussi. Car « à quiconque il a été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé » (Luc 12 : 48). Nous devons leur accorder une égale attention et maintenir l'équilibre.
            Au Moyen Âge l'équilibre a été rompu au détriment du premier principe. Pour le rétablir, les Réformateurs ont appuyé sur le principe de la grâce. Mais l'équilibre s'est trouvé rompu à nouveau au détriment du deuxième principe. Il est maintenu en Éphésiens 2 : 8-10 : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés (premier principe) … pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l'avance, afin que nous marchions en elles » (deuxième principe).
            En général nous préférons les expressions qui se rapportent au premier principe et nous évitons ou tordons celles qui se rapportent au deuxième, en voulant les placer dans le cadre du premier. Les versets que nous venons de lire dans le Nouveau Testament font partie du deuxième principe. C'est pourquoi on ne les aime pas beaucoup : ils nous reprennent dans notre conscience. Laissons pénétrer en nous leur pointe aiguë pour qu'ils nous soient utiles. Ils nous libéreront de ce qui nous empêche de nous épanouir. La pointe de l'épée s'aiguise sur la pierre de la responsabilité. Quand le Saint Esprit agit dans un homme, pécheur ou croyant, il lui fait sentir sa responsabilité. Plus un homme sent sa responsabilité et plus le Saint Esprit agit fortement en lui.


Responsabilité

            Qu'est-ce que la responsabilité ? Elle dépend de la position donnée à l'homme. Ainsi Adam en Éden devait obéir à Dieu comme étant dans la position de créature bénie. Il désobéit, devient coupable... Le pécheur a failli à sa responsabilité de créature et il ne peut pas payer sa dette. Mais attention, il la doit toujours ! Si je dois 100 000 € et que je ne peux pas les payer, je les dois quand même. Je dois et devrai toujours 100 000 € tant que la dette ne sera pas payée. L'impuissance ne supprime pas la responsabilité ni la culpabilité.
            Jésus est venu. Il a payé la dette et a fait face à notre responsabilité de créature perdue. Quelle est maintenant la nouvelle responsabilité du pécheur ? Se repentir, reconnaître sa dette et accepter le Sauveur. C'est bien clair : « Personne ne peut venir à moi… », dit Jésus (Jean 6 : 44). Mais les pécheurs endurcis et rebelles sont coupables parce qu'ils ne veulent pas. « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (Jean 5 : 40).
            C'est vrai, nous ne pouvons rien par nous-mêmes. Notre impuissance est réelle. Mais ce qui constitue notre culpabilité c'est que nous ne voulons pas, soit venir à Jésus pour avoir la vie, soit demeurer en Lui pour porter des fruits.

                        La responsabilité du croyant
            
La responsabilité du croyant dépend de deux choses :
                  1) De la relation. Une nouvelle relation appelle une nouvelle responsabilité. Une nouvelle position exige une nouvelle responsabilité. Maintenant nous avons la responsabilité d'enfants vis-à-vis d'un Père.
                  2) Des privilèges et des dons reçus. Un exemple : un fils est capable de remplacer son père à la tête d'une entreprise. Celui-ci se retire des affaires, l'installe à sa place en lui laissant tout ce qui concerne l'entreprise. La responsabilité du fils consiste à faire valoir ce qu'il a reçu : il doit travailler, ne pas être inactif, ni stérile, pour éviter la faillite. C'est l'enseignement de 2 Pierre 1 : 3 : Dieu « nous a donné tout ce qui concerne la vie et la piété ».

            Nous avons reçu des dons de grâce, des talents, etc. Si nous ne sommes pas inactifs, ni stériles, poursuit Pierre, nous ne faillirons jamais (v. 8, 10).
            Par le moyen d'un puissant tracteur, un ouvrier doit labourer un champ, en retournant la terre à 80 cm de profondeur. Cet homme surpris dans l'inaction prolongée aurait-il pu dire : Mais comment pouvez-vous exiger de moi, un être faible, un tel travail : retourner ce grand champ à une telle profondeur ? - Non ! car la réponse aurait été : Tu as à ta disposition la puissance du tracteur. Tu sais t'en servir. Tu l'as montré en d'autres occasions. Mais aujourd'hui, tu ne veux pas, tu es un paresseux, tu n'as pas d'excuses.
            Que de fois nous cherchons, nous aussi, à nous abriter sous la fausse excuse de notre faiblesse quand nous ne voulons pas faire la volonté de Dieu.

                        Faire mourir les actions du corps pour vivre
            
Que trouvons-nous en Romains 8 : 13 : « Si, par l’Esprit, vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » - comme l'ouvrier qui, par la puissance du tracteur, retournait la terre. Mais souvent nous ne voulons pas faire mourir les actions du corps parce que nous les aimons, parce que nous prenons soin de la chair pour satisfaire ses convoitises (Rom. 13 : 14), parce que cela nous ferait mal. Opération pourtant libératrice ! Le tranchant de l'épée, comme un scalpel, coupe les liens et nous débarrasse de ce qui nous empêche de porter du fruit et de nous développer, de nous nourrir, de respirer et de vivre ! « ...Vous vivrez » !
            Notre responsabilité de croyant est entière et précise. Elle n'a rien de partiel, de vague et d'imaginaire. Nous ne la sentirons jamais assez et nous ne désirerons jamais trop plaire à Dieu.
            Qui dit « désir », dit « objet » ; qui dit « objet », dit « choix ».


À suivre