Le chemin de l’homme parfait – Psaumes 15 à 17
L’homme selon le cœur de Dieu
Le chemin de l’homme parfait
Psaume 14 : le chemin de l’homme insensé
Psaume 15 : le chemin de l’homme intègre
Psaume 16 : le chemin de l’homme pieux devant Dieu
Psaume 17 : le chemin de l’homme juste devant les hommes
Marcher à la suite de Jésus
L’homme selon le cœur de Dieu
Quelqu’un a dit que dans les Psaumes, notre cœur « fait connaissance avec le cœur de Christ », et cela les rend précieux à tous ceux qui Lui appartiennent. Appelés parfois le « cœur » de l’Ancien Testament, les psaumes nous révèlent, comme aucun autre livre de la Parole de Dieu, la vie intérieure du Seigneur Jésus, les sentiments du cœur de l’homme divin. Dieu, dans sa grâce, révèle aux croyants un grand et profond mystère, « le mystère de la piété » (1 Tim. 3 : 16), qui est celui de la venue du Fils de Dieu dans le monde, dans un corps d’homme formé par Dieu Lui-même (Héb. 10 : 5). Dans ce corps, le Dieu d’éternité, « devenu chair » (Jean 1 : 14), a vécu sur la terre au milieu des hommes. Il a eu faim et soif, Il a été fatigué. Il a souffert dans son corps, dans son âme et dans son esprit. Et, à la fin d’un dur chemin solitaire, Il a offert ce corps parfait en sacrifice à Dieu et pour le salut des hommes.
Dans les Évangiles, nous voyons vivre Jésus, le Messie d’Israël, le Serviteur de Dieu et des hommes, le Fils de l’homme et le Fils de Dieu. Nous Le voyons marcher, nous L’entendons parler et annoncer la bonne nouvelle du salut à tous les hommes, soulager leurs misères et guérir leurs maladies, faire du bien à tous. Mais les sentiments les plus profonds qui animaient le cœur de Christ dans son chemin sur la terre et même dans les heures de la croix, ce sont les psaumes qui nous les révèlent – dans la mesure où nous pouvons connaître quelque chose de la Personne du Fils de Dieu (voir Matt. 11 : 27).
Tous les Psaumes n’évoquent pas directement la Personne du Seigneur Jésus et ses sentiments, et même dans les psaumes « messianiques », certains versets ne pourraient pas Lui être appliqués. Nous devons nous souvenir que nous voyons aussi dans les Psaumes Israël et le résidu fidèle souffrant pendant la grande tribulation, puis restauré et béni dans le Millénium ; les Psaumes ne vont pas au-delà (aspect prophétique), ou encore directement l’auteur du Psaume dans les expériences de sa vie (aspect historique, en David, Asaph, les fils de Corée…).
Plusieurs Psaumes peuvent être liés en petits groupes qui traitent un thème particulier à l’intérieur du livre auquel ils appartiennent, alors que d’autres sont isolés. Dans le premier livre, nous aimerions considérer quatre Psaumes qui se suivent. Ils nous parlent tous du chemin de l’homme sur la terre. Dans le premier (Ps. 14), nous trouvons le chemin de l’homme sans Dieu, puis, en contraste total, dans les trois suivants (Ps. 15, 16, 17), nous suivons le chemin de l’homme qui marche avec Dieu. Nous pouvons appliquer aux psaumes 15 à 17 ce qui a été dit sur d’autres groupes de Psaumes : « Ces psaumes, dans la mesure où ils s’appliquent à Christ, ont en vue le temps durant lequel Il marchait sur la terre avant sa réjection finale » (JND). Ils nous montrent quelque chose de la perfection de « l’homme Christ Jésus », l’homme divin qui a vécu et marché sur cette terre parmi les hommes pendant quelques années, sans jamais aucune défaillance – obéissant, dépendant, confiant, en relation constante avec son Dieu et Père dans chacun de ses pas.
Psaume 14 : le chemin de l’homme insensé
Deux versets des Proverbes illustrent les deux chemins possibles pour l’homme sur la terre, celui des justes et celui des méchants : « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante qui va croissant jusqu’à ce que le plein jour soit établi. Le chemin des méchants est comme l’obscurité ; ils ne savent contre quoi ils trébucheront » (Prov. 4 : 18-19).
Ce premier psaume de notre petite série nous montre ce qu’il y a dans le cœur de l’homme et dans quel chemin son cœur le dirige. Le Psaume 53, qui lui est très semblable, est appelé un Psaume d’instruction (v. 1). Le Psaume 14 nous présente donc lui aussi un enseignement. Écoutons donc et ne rejetons pas l’instruction que Dieu nous donne par sa Parole (Prov. 8 : 33). Nous apprenons ainsi par le Psaume 14 ce qu’est le cœur de l’homme sans Dieu, de l’homme qui pense que Dieu demeure indifférent à la façon dont vivent les hommes. Ils vivent comme si Dieu n’existait pas. C’est entièrement opposé à la manière de vivre des justes, et particulièrement de Celui qui a été « le Juste » par excellence sur cette terre, ce que les trois Psaumes suivants nous montreront.
Le constat est donc dressé dans la première phrase du premier verset : Celui qui nie l’existence de Dieu - ou qui vit sans Lui - est un insensé (voir Ps. 10 : 4), quelqu’un qui est dépourvu de sens, fou, stupide, sot (autres termes que nous trouvons dans les Psaumes ou les Proverbes). La suite du verset 1, jusqu’au verset 6, montre quelle est la conduite de l’insensé, de l’homme sans Dieu (ou « athée » - dans les Psaumes, il est un type de l’Antichrist, donc opposé en tout au Christ de Dieu). L’apôtre Paul reprendra ces versets lorsqu’il décrira l’homme, qu’il soit Juif ou des nations, et son caractère naturel, manifesté de tout temps (Rom. 3 : 9-12). Il ajoutera quatre citations des Psaumes, plus un verset d’Ésaïe, pour compléter ce terrible mais exact tableau de l’état de l’homme qui est « sous l’emprise du péché » (v. 9). C’est l’homme qui s’est détourné de Dieu, qui ne L’a pas recherché. « Il n’y a personne qui fasse le bien » (Ps. 14 : 3) et Paul traduit : « Il n’y en a aucun qui exerce la bonté ». L’homme sans Dieu n’est capable que de faire le mal. Dieu se tient auprès des justes (v. 5), mais Il dit : « Retirez-vous de moi, vous qui faites le mal » (Ps. 119 : 115) ; et l’apôtre Pierre écrit : « Celui qui veut aimer la vie et voir d’heureux jours, qu’il garde sa langue du mal, et ses lèvres de proférer la tromperie ; qu’il se détourne du mal et fasse le bien ; qu’il recherche la paix et qu’il la poursuive ; car les yeux du Seigneur sont sur les justes, et ses oreilles sont [attentives] à leurs supplications ; mais la face du Seigneur est contre ceux qui font le mal » (1 Pi. 3 : 11-12).
« Ceux qui font le mal » sont souvent appelés dans la Parole des « ouvriers d’iniquité » (21 fois) ; non seulement ils n’ont pas de connaissance de Dieu (v. 4), ils sont eux-mêmes injustes dans leur cœur, mais ils pratiquent activement l’injustice. Quelqu’un a écrit : « N’avoir ‘’pas de Dieu’’ sur la terre conduit à ‘’pas de bien’’ dans la vie » (H. Smith). Les « ouvriers d’iniquité » sont haïs de Dieu et Il les rejette de sa présence (Ps. 5 : 6 ; Luc 13 : 27).
L’insensé n’a ni crainte de Dieu, ni sagesse, ni intelligence. L’homme naturel ou « charnel » ne possède pas ces qualités. Nous ne les trouvons que dans l’homme Christ Jésus, en perfection, et dans ceux qui connaissent Dieu, le recherchent, et mettent en pratique sa Parole : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse ; tous ceux qui pratiquent ses préceptes auront une bonne intelligence » (Ps. 11 : 10).
Dieu Lui-même s’est penché du haut des cieux pour regarder sur la terre (Ps. 113 : 6 ; 33 : 13-15 ; comp. Gen. 6 : 12 ; 18 : 21 ; Ex. 2 : 25 ; etc.) et s’enquérir s’Il trouverait un seul homme qui ait de l’intelligence pour se tourner vers Lui. Mais, comme le dira Paul lorsqu’il parlera des hommes impies qui n’ont pas su discerner par leur intelligence la puissance de Dieu et sa divinité : « Ayant connu Dieu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu et ne lui ont pas non plus rendu grâces, mais ils se sont égarés dans leurs raisonnements, et leur cœur privé d’intelligence a été rempli de ténèbres » Rom. 1 : 20-21). La conclusion de l’apôtre est que tous les hommes sont coupables devant Dieu, et qu’aucun d’eux ne peut se justifier devant Lui, même pas le Juif privilégié à qui Dieu avait donné la Loi. « La Loi donc est sainte et le commandement saint, juste et bon » ; elle met le péché en évidence, démontre que l’homme est pécheur, mais elle n’apporte pas la solution à cette grave question (Rom. 7 : 12 ; 3 : 20 ; 5 : 20). La justification de l’homme ne se trouve que dans la grâce de Dieu, la foi en Jésus Christ et son œuvre de rédemption (Rom. 3 : 21-24).
Le seul homme qui ait toujours recherché Dieu (Ps. 16 : 8a) et qui ait fait le bien (Act. 10 : 38 ; Marc 7 : 37), c’est l’homme Christ Jésus, qui dès le matin, se tournait vers son Dieu par la prière, ou pouvait passer toute la nuit en prière (Marc 1 : 35 ; Luc 6 : 12 ; És. 50 : 4). Lui seul pouvait dire : « Je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 8 : 29). Sur Lui le regard de Dieu se posait avec plaisir (Luc 3 : 22 ; 9 : 35).
Les hommes sans Dieu ne l’invoquent pas (v. 4), c’est-à-dire ne se tournent pas vers Lui, ne le recherchent pas, ne crient pas vers Lui. Le péché est entré dans le monde par la désobéissance d’Adam à Dieu ; puis Caïn a « complété » le péché de l’homme par le meurtre de son frère. Caïn s’est détourné de Dieu et a marché dans un chemin qui s’éloignait de Lui (Jude 11). Seth, le « remplaçant » d’Abel, appelle son fils Énosh - homme, mortel. Et alors seulement « on commença à invoquer le nom de l’Éternel » (Gen. 4 : 26). Nous trouvons de tels hommes (peu nombreux) dans ces premiers temps de l’histoire de l’homme : Hénoc, Noé… Ils étaient caractérisés par le fait qu’ils marchaient avec Dieu (Gen. 5 : 24 ; 6 : 9), alors que la plupart des hommes « marchaient dans le chemin de Caïn » (Jude 11).
Le Seigneur Jésus a éprouvé toute la méchanceté de l’homme. Tout au long de son chemin sur la terre, Il a connu « la contradiction des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12 : 3), la haine, les injures, les insultes, les mauvais traitements – particulièrement dans la nuit qui a précédé sa crucifixion et dans cette terrible journée où l’homme l’a cloué sur la croix. Il était, Lui, « l’affligé » qui se confiait en Dieu et qui a connu de la part des hommes méchants, un opprobre qui Lui a « brisé le cœur » (Ps. 69 : 7, 10, 19, 20). Les évangiles décrivent ces moments de la crucifixion si douloureux pour Lui, et nombreux sont les psaumes qui nous font quelque peu entrer dans les souffrances que son amour a éprouvé de la part de ceux qui se sont élevés contre Lui comme des adversaires et de méchants ennemis.
Le dernier verset de ce psaume apporte une espérance pour les fidèles qui auront subi la persécution de la part des méchants. La joie sera leur part lorsque le Seigneur apparaîtra en gloire pour les délivrer (voir Ps. 126 : 1-3). Lorsque le saint, juste et fidèle, a été délivré par Dieu des liens de la mort, Il a retrouvé la joie de la face de Dieu (Ps. 16 : 11) – cela nous sera rappelé aux psaumes 16 et 17.
Psaume 15 : le chemin de l’homme intègre
Nous sommes heureux d’arriver au Psaume 15. En effet, maintenant nous ne voyons plus l’insensé qui rejette Dieu et son Fils qu’Il avait envoyé parmi les hommes. L’homme intègre, juste et vrai est décrit dans ce psaume. Nous y considérons Celui qui, par sa conduite et sa marche sur la terre, a démontré que le bonheur et la bénédiction de l’homme sont en ceci : « Heureux l’homme qui ne marche pas dans le conseil des méchants, ne se tient pas dans le chemin des pécheurs… Mais qui a son plaisir en la loi de l’Éternel, et médite dans sa loi jour et nuit ! » (Ps. 1 : 1-2). Dans ce premier psaume, le juste nous est présenté dans les trois premiers versets, et les méchants et leur sort sont décrits dans les versets suivants.
Les pécheurs et les insensés peuvent bien se demander, en tremblant : « Qui de nous séjournera dans le feu consumant ? Qui de nous séjournera dans les flammes éternelles ? » (És. 33 : 14). Mais, quant au juste, il sera béni, et dans son chemin à la suite du Juste il aura Dieu comme abri et protection : « Celui qui marche dans la justice, et celui qui parle avec droiture, celui qui rejette le gain acquis par extorsion, qui secoue les mains pour ne pas accepter de pot-de-vin, qui bouche ses oreilles pour ne pas entendre parler de sang et qui ferme ses yeux pour ne pas voir le mal, - celui-là demeurera en haut : les forteresses des rochers seront sa haute retraite ; son pain lui sera donné, ses eaux seront assurées » (v. 14-17).
Le Psaume 15 commence par une question qui sonde le cœur de l’homme : Qui pourra se tenir dans la présence du Dieu saint ? Qui oserait s’avancer parmi les hommes ? La même question est posée au Psaume 24 : 3 et la réponse de Dieu suit. En Apocalypse 5, une question est aussi posée : Qui sera digne de rompre les sceaux du livre des jugements de Dieu et de l’ouvrir (Apoc. 5 : 2) ? La réponse est en quelque sorte toujours la même : il n’y en a qu’un seul qui soit digne de se tenir devant le Dieu saint - et c’est le Même qui prendra de sa main le livre. C’est Lui aussi l’homme droit, intègre, décrit dans le verset 4 du Psaume 24 et dans les versets 2 à 5 du Psaume 15. C’est le Christ, que le psalmiste David nous engage à considérer : « Observe l’homme intègre et regarde l’homme droit, car la fin d’un tel homme est la paix » (Ps. 37 : 37 ; voir Mich. 5 : 4a).
Il « ne médit pas de sa langue » (v. 3a) ; le Psaume 34 dit : Il « ne jure pas avec fausseté » (v. 4), et l’apôtre Pierre, citant le prophète Ésaïe, nous dit du Christ : « … dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude » (1 Pi. 2 : 22) – la tromperie et la ruse qui viennent du cœur des hommes iniques et qui sortent de leur bouche (voir Marc 7 : 22 ; Rom. 1 : 29). En entendant Jésus, les hommes pouvaient s’étonner « des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4 : 22) et rendre témoignage à son sujet : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme » (Jean 7 : 46). Il disait ce qu’Il avait entendu de son Père, des paroles de grâce et de vérité. Elles étaient pures (Ps. 12 : 6), venant du cœur de Celui qui était parfaitement pur.
Le Seigneur Jésus n’a toujours fait que du bien à ceux qu’Il a rencontrés dans son chemin (voir Act. 10 : 38) et nous admirons de quelle manière patiente, pleine d’amour et de support, Il a soutenu, encouragé, fortifié ceux qui ont été sur la terre ses « compagnons », les disciples, qui le suivaient en craignant (Marc 10 : 32 ; Luc 22 : 28 ; Jean 13 : 5 ; 17 : 12).
Dieu honore ceux qui l’honorent (1 Sam. 2 : 30). Nous voyons aussi Jésus comme Celui qui honorait ceux qui l’honoraient par leur foi, venant à Lui dans une crainte respectueuse ; par exemple, le centurion venu à Lui pour le supplier de guérir son serviteur, ou la femme cananéenne insistant auprès de Lui afin qu’Il guérisse sa fille (Matt. 8 : 10 ; 15 : 28). Lui-même, le parfait Serviteur, trouvait son plaisir constant dans la crainte de l’Éternel (És. 11 : 3).
Le verset 5 ne s’applique pas à Jésus, le pauvre par excellence, qui n’avait même pas un statère sur Lui pour payer l’impôt pour le temple - qu’il n’avait d’ailleurs pas à payer puisqu’Il était le Fils du roi du temple et le Seigneur du temple (voir Matt. 17 : 24-27). Cependant, la Parole de Dieu nous donne deux exemples de probité de la part de serviteurs craignant Dieu : Samuel et Paul (1 Sam. 12 : 3 ; Act. 20 : 33).
Celui qui a montré qu’il peut se tenir devant Dieu, celui-là « recevra bénédiction de la part de l’Éternel, et justice du Dieu de son salut », dit David au Psaume 24. Et la conclusion du Psaume 15 est que « celui qui fait ces choses » sera pleinement affermi dans son chemin de droiture et d’intégrité, et ne sera jamais ébranlé » (voir Ps. 16 : 8 ; 62 : 6). À l’issue d’un tel chemin à la gloire de Dieu, Jésus, l’homme parfait devant Dieu, sera invité à se tenir à toujours dans la présence de Dieu, ce que le Psaume 16 va confirmer (v. 11).
Psaume 16 : le chemin de l’homme pieux devant Dieu
Dans ce psaume, nous contemplons à chaque verset l’homme selon le cœur de Dieu, le saint et pieux - terme qui prend le sens de bienveillant, aimable, fidèle -, celui qui se confie pleinement en Dieu, en tout temps et en toutes circonstances, jusqu’à la mort (voir 2 Chr. 6 : 41, la note e et les références). Jésus est placé ici devant nos yeux comme le Modèle de l’homme de foi qui marche dans la présence de Dieu. Celui qui remplit ce Psaume est Christ Lui-même, décrit ailleurs comme « le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement » (Héb. 12 : 2). Puissions-nous avoir à cœur d’imiter un tel Modèle et de « marcher comme Lui a marché » (1 Jean 2 : 6) ! Ce sera pour la gloire de Dieu et pour notre bénédiction. Tout au long de son chemin sur la terre, Jésus a manifesté l’ensemble des caractères qui rendent l’homme agréable à Dieu. Il a été le seul homme parfait devant Dieu et envers Lui – il n’y a eu que Lui et il n’y aura que Lui. Dans ce psaume, nous contemplons sa « belle allure » et sa « belle démarche » (Prov. 30 : 29-31), et nous admirons l’homme selon le cœur de Dieu dans toute sa marche. Quelle vision glorieuse !
Au fur et à mesure que nous avançons dans la lecture de ce psaume, nous découvrons avec admiration ce qui est le summum de la marche que Dieu approuve. Il a trouvé son plaisir en Celui qui a été sur la terre l’homme parfait dans tout son chemin. Ce chemin l’a conduit, à travers la mort même, jusqu’en résurrection de vie éternelle, dans la présence de la face de Dieu dans le ciel.
Au premier verset, c’est l’homme Christ Jésus qui s’exprime. Aux versets 2 et 3, nous entendons le témoignage que le Saint Esprit rend à Christ. Au verset 4 et jusqu’à la fin, c’est l’homme pieux qui s’exprime à nouveau. Il suit son chemin dans la dépendance et la confiance, allant jusqu’à la mort, dans la pleine certitude de la résurrection et des plaisirs de la présence de Dieu à l’issue du chemin de la vie.
Le Fils de Dieu, s’étant « anéanti lui-même » (Phil. 2 : 7), a été trouvé sur la terre comme un homme ayant pris une humble place de dépendance vis-à-vis de Dieu, manifestée dans la prière et l’humilité (v. 1 et 2). C’est pourquoi nous L’entendons répondre à un chef du peuple qui s’adresse à Lui en l’appelant « bon maître » : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon un seul, Dieu » (Luc 18 : 18-19). La bonté de Dieu est décrite tout au long du Psaume 136 : « Célébrez l’Éternel … ; car sa bonté demeure à toujours ».
Dès le premier verset, nous voyons qui réalise une pleine dépendance, dans une prière dans laquelle Il s’attend à Dieu et se confie en Lui. Qui, sinon, l’homme Christ Jésus, s’est entièrement confié en Dieu ? Il affirme déjà cette confiance, celle de « l’homme droit », dès le début du Psaume 11 : « Je me suis confié en l’Éternel » (v. 1, 7b). Il la confirme au Psaume 31 : 15 : « Mais moi, ô Éternel, je me suis confié en toi ; j’ai dit?: Tu es mon Dieu ». Il la réitère encore au Psaume 91, où Il dit : « J’ai dit de l’Éternel : “Il est ma confiance et mon lieu fort ; il est mon Dieu, je me confierai en lui” » (v. 2) ; etc. Elle sera la sienne, du début à la fin de son chemin, jusque dans la mort même (Ps. 16 : 9-10). Qu’une telle confiance nous remplisse, nous croyants, dans notre chemin sur la terre ! Encourageons-nous à mettre notre confiance en Dieu : « Vous qui craignez l’Éternel, confiez-vous en l’Éternel ! – Il est leur secours et leur bouclier » (Ps. 115 : 11).
Les « saints » et les « excellents » dans lesquels Il trouvait ses délices (v. 3) étaient les publicains et les pécheurs repentants, toutes les âmes pauvres et misérables qui ont été les objets de ses soins d’amour, qui ont reçu ses paroles de grâce. Il est entré dans leurs peines, et leurs souffrances. Si nous-mêmes nous prenons place parmi ceux qui sont objets de la grâce divine, le Saint Esprit nous met au bénéfice du fait que « Lui-même a pris nos infirmités et a porté nos maladies », qu’Il a « porté nos souffrances et s’est chargé de nos douleurs » (Matt. 8 : 17 ; És. 53 : 4). Il est venu vers les pécheurs perdus, en grâce et en amour, et nous Le voyons, Lui, l’homme parfait et sans péché, s’associer à ceux qui confessaient leurs péchés au baptême de Jean (Matt. 3 : 5-6, 13-15). Il appelait à venir à Lui les humbles et ceux qui étaient chargés de lourds fardeaux, étant Lui-même « doux et humble de cœur » (Matt. 11 : 29).
Le verset 4 est un avertissement à ne pas nous égarer à la suite de quiconque cherche à nous éloigner du droit chemin. Il nous faut marcher dans un chemin de séparation, les yeux fixés sur Celui qui est « le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement » (Héb. 12 : 2). Éloignons-nous de « tout esprit qui ne reconnaît pas (ne confesse pas) Jésus Christ venu en chair » et de ceux qui « ne reconnaissent pas (ne confessent pas) Jésus Christ venu en chair » (1 Jean 4 : 2-3 ; 2 Jean 7). Si nous Le reconnaissons devant les hommes, Lui aussi nous reconnaîtra devant son Père qui est dans les cieux - « devant (son) Père et devant ses anges » (Matt. 10 : 32 ; Apoc. 3 : 5). Jésus, le parfait Modèle, a marché dans un chemin de complète séparation du mal, dans la présence constante de son Dieu (voir v. 8).
Aux versets 5 et 6 nous Le voyons pleinement satisfait de la part que Dieu Lui a faite. Il se réjouit de son héritage, de sa portion, de son lot, de sa coupe ; tout Lui vient de l’Éternel. Il réalise sans réserve ce dont nous avons besoin d’être pleinement assurés : « Tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières » (Jac. 1 : 17). S’il y avait devant Lui « les liens (ou cordeaux), de la mort » et « les détresses du shéol » (Ps. 116 : 3), toutefois il y avait aussi la joie de l’héritage à venir promis par son Dieu qui L’a établi « héritier de tout » (Héb. 1 : 2) : « Je te donnerai les nations pour héritage et, pour ta possession, les bouts de la terre » (Ps. 2 : 8). L’héritage est sa part future, assurée au bout du chemin, à sa résurrection ; la coupe est sa part présente, dans le chemin ; c’est ici une coupe de rafraîchissement et de bénédiction pour Lui (voir Ps. 110 : 7). Aux versets 7 et 8, Il peut bénir le Dieu qui Lui donne dès le début de sa journée et pendant la nuit même, les conseils dont l’homme dépendant a besoin pour marcher « dans le chemin de la justice, au milieu des sentiers de juste jugement » (Prov. 8 : 20). Il dira, par l’esprit prophétique : « Il me réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne » (És. 50 : 4b). Le Christ s’est pleinement confié à la direction du conseil de Dieu, qui dit par David : « Je t’instruirai, et je t’enseignerai le chemin où tu dois marcher ; je te conseillerai, ayant mon œil sur toi » (Ps. 32 : 8).
Le Saint Esprit reposait constamment sur Lui, « l’esprit de conseil » de Dieu (És. 11 : 2), cet Esprit par lequel Il ouvrait la bouche pour « annoncer de bonnes nouvelles aux pauvres, pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour renvoyer libres ceux qui sont opprimés, pour proclamer l’an agréable du Seigneur » (Luc 4 : 18-19). Quelle gloire et quel plaisir pour Dieu, quelle bénédiction pour les pauvres pécheurs !
David rappelle ailleurs que l’Éternel « ne permettra jamais que le juste soit ébranlé » (Ps. 55 : 22b). Dieu est à la droite de Celui qui est le Juste (Act. 7 : 52 ; 22 : 14 ; Jac. 5 : 6 ; 1 Pi. 3 : 18 ; 1 Jean 2 : 1 ; …). Il est son appui constant et Il ne sera jamais ébranlé, jusque dans son règne glorieux à venir : « Le roi se confie en l’Éternel, et par la bonté du Très-haut, il ne sera pas ébranlé » (Ps. 21 : 8). L’œil de Dieu se reposait jour et nuit sur Lui, et Il était l’objet de sa protection constante : « Il ne permettra pas que ton pied soit ébranlé ; celui qui te garde ne sommeillera pas » (Ps. 121 : 3).
Lui seul pouvait dire en vérité : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi » (v. 8). Ce qu’Il savait être agréable à Dieu était toujours devant Lui et Il se dirigeait sans cesse vers cela, pour le plaisir et la gloire de Dieu. Lorsque les sœurs de Béthanie l’appellent à leur secours car leur frère est malade, ses affections pour la famille de Béthanie ne le font pas se hâter pour aller vers elles (Jean 11 : 5-6). Le chemin dans lequel Dieu sera glorifié (v. 4) - ainsi que le Fils de l’homme - passait par une attente de quatre jours avant d’aller « réveiller » Lazare (v. 11).
Son Dieu était toujours « à sa droite », jusqu’au bout du chemin (v. 10-11 ; Act. 2 : 25-28), jusqu’au « baptême » duquel Il devait être baptisé et qui étreignait son âme sainte (Luc 12 : 50). Et maintenant, son Dieu l’a élevé et fait asseoir à la place d’honneur sur son trône. (Ps. 110 : 1 ; Matt. 22 : 44). Mais cette divine présence réjouissait l’homme parfait en tout temps. Dans un moment bien douloureux pour son cœur, c’est dans la joie de son esprit qu’Il se tourne vers son Père (Luc 10 : 21). Il y avait devant Lui une joie qui L’a conduit à « endurer la croix » (Héb. 12 : 2), une confiance qui Lui donnait l’assurance que même dans la mort, son âme ne pourrait pas rester dans le séjour des morts et que son corps ne connaîtrait pas la corruption avant qu’Il en sorte. Il pourra dire, par les paroles de la prière de David : « Ta bonté est grande envers moi, et tu as sauvé mon âme du shéol profond » (Ps. 86 : 13).
Tout au long de son chemin de douleur, Il était rempli de la joie qu’Il trouvait dans la contemplation de la face de Dieu. Elle allait Lui être cachée pendant les heures ténébreuses de l’expiation, et cela allait être pour Lui une tristesse infinie ; mais Il avait l’assurance d’un « rassasiement de joie » lorsqu’Il se trouverait à nouveau dans la lumière de la face de Dieu - « Dans la lumière de la face du roi est la vie » (Prov. 16 : 15a).
Paul pourra affirmer : « Celui que Dieu a ressuscité n’a pas vu la corruption » (Act. 13 : 37). Il est le Fils bien-aimé du Père, en qui Il a trouvé son plaisir (Mat. 3 : 17 ; 17 : 5); Il est « le saint de Dieu », l’homme pieux par excellence, « celui qui appartient à Dieu moralement par la perfection de son caractère » (JND) ; Il est Celui qui a glorifié Dieu par son œuvre merveilleuse (Jean 17 : 4), et que Dieu a glorifié et ressuscité (Jean 13 : 31-32 ; Act. 13 : 15, 13) ; Il s’est remis entièrement à Dieu, en toute confiance et assurance, et Il a parcouru « le chemin de la vie » qui passe à travers la mort et au-delà, dans une vie de résurrection. « Christ, ayant été ressuscité d’entre les morts, ne meurt plus » (Rom. 6 : 9).
Psaume 17 : le chemin de l’homme juste devant les hommes
Le dernier psaume de cette petite série nous montre l’homme juste dans la présence des méchants. Tout ce psaume est une prière, ressource inestimable pour le juste dans un monde hostile.
Au premier verset, Il se tourne vers Dieu et sa prière sera reçue parce qu’elle monte de lèvres pures, expression d’un cœur droit devant Dieu. C’est la droiture qui le caractérise. « Celui qui marche dans sa droiture craint l’Éternel » (Prov. 14 : 2), et marche dans « le chemin du juste » ; un chemin « pesé », aplani par Dieu (És. 26 : 7). En opposition avec les méchants, le Christ a marché en toute intégrité et justice : « Mais moi, je marcherai dans mon intégrité… Mon pied se tient sur un chemin aplani » - ou : de droiture (Ps. 26 : 9-12). Il se tient devant le Dieu juste dans la conscience et l’assurance de sa propre et constante droiture (Ps. 17 : 2).
Le cœur du Juste a été sondé à fond (comp. Ps. 139 : 23-24) ; ses reins (le siège de la vie intérieure et de la force dans la marche) et son cœur (la source de son amour) ont été éprouvés (Ps. 26 : 2). Il a été trouvé parfaitement pur, sans tache et sans défaut devant Dieu. Le Seigneur Jésus avait pu dire : « Ma pensée ne va pas au-delà de ma parole » (v. 4), et encore : Je suis « absolument ce qu’aussi je vous dis ! » (Jean 8 : 25).
Gardant toujours la Parole de Dieu et marchant en elle, Il s’est maintenu à part de l’homme violent. La douceur L’a pleinement caractérisé, dans toutes ses voies, dans toutes ses actions, dans toutes ses paroles (v. 4 ; Matt. 11 : 29). Le Psaume 15 nous L’a montré comme Celui qui « ne médit pas de sa langue » (v. 3) ; ici aucune parole violente ne sort de sa bouche. Il ne prononçait que ce qui Lui venait de son Père, des paroles de grâce et de vérité, des paroles qui étaient « esprit et vie » (Jean 14 : 10b ; 6 : 63). Toutes les réponses du Seigneur Jésus à ses accusateurs et à ses détracteurs, à ceux qui Le provoquaient et L’insultaient, étaient empreintes de calme et de dignité et révélaient qu’Il était de Dieu. Il a été dit de Lui : « Non seulement Il savait ce qu’Il fallait faire et dire, mais comment, quand, et où » (S. Ridout). L’apôtre Pierre nous parle de Celui qui, « lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas l’outrage » (1 Pi. 2 : 23). Quel témoignage à la perfection de Jésus dans tout ce qu’Il disait !
Son chemin était bien assuré et ses pieds gardés de chute car Il a toujours marché dans les sentiers de Dieu, conduit par Lui en toute soumission et dépendance (v. 5). Sa confiance était en l’Éternel qui gardait son pied de toute embûche (Prov. 3 : 26 ; Ps. 91 : 12) et bien mieux que David, Il pouvait dire : « Ô Éternel ! rends-moi justice, car j’ai marché dans mon intégrité, et je me suis confié en l’Éternel : je ne chancellerai pas » (Ps. 26 : 1). Sa marche était toujours bien assurée dans des sentiers droits et unis (voir Luc 3 : 5).
Au verset 6, Il invoque Dieu à nouveau, dans l’assurance d’être exaucé, car toutes ses demandes sont conformes à la volonté de Celui qui l’avait envoyé sur la terre parmi les hommes (voir 1 Jean 5 : 14-15). Il demande à son Dieu de l’écouter – et Dieu écoute la prière des justes (Prov. 15 : 29), Il sauve son oint et « Il lui répondra des cieux de sa sainteté » (Ps. 20 : 7). Il dira, par la voix du psalmiste : « Dans ma détresse j’ai invoqué l’Éternel et j’ai crié à mon Dieu : de son temple, il a entendu ma voix, et mon cri est parvenu devant lui à ses oreilles » (Ps. 18 : 7). Il disait à son Père, devant la foule qui l’entourait au tombeau de Lazare, et avant même de le ressusciter : « Père, je te rends grâces de ce que tu m’as entendu. Moi je savais que tu m’entends toujours » (Jean 11 : 41-42).
Dans les versets 7 à 14, l’homme juste trouve l’homme méchant qui cherche à entraver son chemin de droiture devant Dieu. Le désir du juste est que la bonté de Dieu soit magnifiée, admirée, dans la délivrance de ceux qui se confient en Lui et aussi dans la destruction des adversaires du Serviteur de l’Éternel (v. 7 ; voir Ps. 31 : 21 ; Ps. 143 : 12). Les méchants « l’environnaient » (v. 11), cherchaient à « le prendre dans ses paroles » (Luc 20 : 20, 26), à l’accuser (Luc 11 : 54 ; Jean 8 : 3-6), à « le prendre » pour le mettre à mort (Luc 4 : 29 ; 19 : 47 ; 20 : 19 ; Jean 7 : 2, 32, 44 ; 8 : 59 ; 10 : 39…).
Ses ennemis méchants L’entourent, L’insultent ; dans leur orgueil et leur folie, ils sont là comme des lions qui désirent Le mettre à mort (Luc 22 : 2). Cela évoque les moments si douloureux pour le Seigneur Jésus, à la fin de son chemin, lors des trois premières heures de la croix, lorsque la méchanceté des hommes s’est montrée sans retenue contre le Saint de Dieu (voir Ps. 22 : 7, 12-13, 16 ; Matt. 27 : 39-44). Mais Il est le bien-aimé de l’Éternel et, plus encore qu’Israël, Il le garde « comme la prunelle de son œil » (Deut. 32 : 10 ; voir Zac. 2 : 12b).
Le dernier verset du psaume nous montre sa confiance inébranlable et son assurance, dans la terrible épreuve de la mort et de l’abandon – Il attend la délivrance et elle viendra « d’entre les cornes des buffles » (Ps. 22 : 22). Il dit encore au Psaume 18 : « Il me délivra de mon puissant ennemi et de ceux qui me haïssaient ; car ils étaient plus forts que moi… il me fit sortir au large, il me délivra, parce qu’il prenait son plaisir en moi » (Ps. 18 : 18, 20).
Durant tout son chemin d’homme sur la terre Il avait toujours marché à la lumière de la face de Dieu (Ps. 89 : 16b) ; mais il y a eu un moment où Il a été privé de cette face qui le fortifiait continuellement (Ps. 105 : 4), lorsqu’Il a été « conduit et amené dans les ténèbres, et non dans la lumière » (Lam. 3 : 2) et que Dieu a fait « tomber sur Lui l’iniquité de nous tous » (És. 53 : 6). Que ces heures de ténèbres et d’abandon ont été douloureuses pour notre Seigneur ! …
Mais ensuite, au terme des trois heures de l’expiation, Il a pu dire : « C’est accompli » (Jean 19 : 30). Il Lui restait encore à entrer dans la mort pour nous en délivrer (Héb. 2 : 14b-15), mais au matin du troisième jour Il est ressuscité (Luc 24 : 21, 34). Puis Il a été « élevé dans le ciel » (Luc 24 : 51) pour s’asseoir à côté de la Majesté divine (Héb. 1 : 3b). Il peut à nouveau être « rassasié » de la contemplation de la face de Dieu. Le dernier verset du Psaume 16 et le dernier verset du Psaume 17 ont le même thème glorieux, qui se retrouve encore au Psaume 21 : 6. Ce dernier nous montre la joie de Christ dans la résurrection, et Christ est mis par Dieu « pour bénédictions à toujours », Dieu l’ayant « rempli de joie par sa face » (v. 7). Quelle réponse glorieuse à Celui qui a mis toute sa confiance et son attente en Dieu, jusque dans la mort !
Ainsi se termine le chemin d’humilité et de douleurs de l’homme parfait, de Celui qui s’est abaissé : Il est « élevé dans la gloire » (1 Tim. 3 : 16 fin) - « L’abaissement va devant la gloire » (Prov. 15 : 33). Il n’y a que deux chemins que puisse suivre l’homme dans ce monde :
- Le Psaume 14 nous montre l’un des deux : c’est celui de l’homme sans Dieu. C’est un chemin large, dans lequel le monde et celui qui en est le chef proposent bien des plaisirs pour la chair ; ces sont « les délices du péché » (Héb. 11 : 25), qui ne sont que pour peu de temps. C’est un chemin bien éloigné de la pensée de Dieu ; il conduit à la perdition éternelle, loin de Lui pour toujours.
- Les Psaumes 15 à 17 dépeignent l’autre chemin, bien différent, tout à la gloire et pour le plaisir de Dieu. C’est aujourd’hui le chemin du croyant, dans la présence de Dieu. C’est un chemin étroit, dans lequel on rencontre des obstacles et des difficultés, mais dans lequel aussi le Seigneur Jésus nous offre son bras puissant pour nous y appuyer et son cœur plein d’amour pour y trouver du réconfort.
C’est le chemin qu’a suivi « l’homme Christ Jésus », l’homme parfait, et dans lequel Il invite chacun des siens à Le suivre, Lui, notre Modèle et notre exemple : « Suis-moi » (Jean 21 : 19 ; voir 1 Pi. 2 : 21). C’est le chemin qui se termine dans la présence du Seigneur Jésus, dans le repos et le bonheur de la maison du Père, pour toujours. « Il y a un sentier de justice tracé par Christ ici-bas en un monde de péché ; il nous a laissé les traces bénies de ses pas et le témoignage des mouvements de son cœur, afin que nous y marchions et que nous en vivions » (JND). Que ce soit la part de chacun d’entre nous jusqu’à ce qu’Il vienne nous prendre auprès de Lui !
Dans l’humilité profonde, suivant ton obscur chemin,
Tu fus méprisé du monde, toi qui lui tendais la main ;
Toi dont l’amour secourable, compatissant et parfait,
Sur l’humanité coupable versa bienfait sur bienfait.
Oh ! quels trésors il nous ouvre, ton cœur plein de charité !
Dieu lui-même n’y découvre que lumière et sainteté ;
Et désormais, par ta grâce, enfants de Dieu par la foi,
Nous pouvons suivre tes traces dans le même amour que toi.
Si nos forces se consument dans l’opprobre et la labeur,
Si nous goûtons l’amertume en te suivant, ô Sauveur,
Sur toi notre œil se repose afin de te ressembler
Et refléter quelque chose de ta sainte humanité.
Mais le chemin se termine dans ce pays glorieux
Où luit ta beauté divine, ô Sauveur victorieux.
Là, bonheur incomparable, adorant, glorifiés,
Nous serons rendus semblables à toi pour l’éternité.
Hymnes & Cantiques n° 176
Ph. Fuzier – avril 2026