PREMIÈRE ÉPÎTRE AUX THESSALONICIENS (1)
CHAPITRE PREMIER - L’état pratique des Thessaloniciens
Le premier chapitre respire pleinement toute la fraîcheur de la vie de foi de ces jeunes croyants. Paul peut rendre grâces pour eux et mentionner ce que le Saint Esprit avait produit en eux. Ils n’avaient pas seulement cru à l’évangile, mais ils portaient les fruits qui doivent l’accompagner, de sorte qu’ils étaient devenus des modèles pour d’autres. Leur vie était désormais orientée vers Dieu et ils attendaient des cieux son Fils. Le témoignage qui pouvait être rendu à ces croyants nous parle encore aujourd’hui. Quel encouragement pour nous à suivre leur trace, en dépit de près de 20 siècles qui nous séparent !
« Paul, Sylvain et Timothée, à l’assemblée des Thessaloniciens, en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus Christ : Grâce et paix à vous ! » (v. 1).
Paul, le grand apôtre des nations, ne se présente pas ici comme tel, mais se joint simplement aux deux frères qui l’accompagnaient dans son deuxième voyage missionnaire. Il y a en tout neuf épîtres dans lesquelles il se présente comme apôtre. Lorsqu’il s’adresse aux Galates, il met un accent très particulier sur son autorité apostolique. Chaque fois qu’il s’agit d’adresser une répréhension aux croyants, ou de transmettre une révélation fondamentale de la doctrine du Nouveau Testament, Paul souligne son apostolat.
Il en est autrement ici. À Thessalonique, il n’avait pas besoin de corriger, mais il peut reconnaître avec joie ce que l’Esprit de Dieu avait opéré dans ces croyants. Son attitude vis-à-vis des Thessaloniciens est imprégnée d’estime réciproque, d’amour et d’affection.
Silas et Timothée avaient accompagné l’apôtre lors de son premier voyage en Europe et avaient été avec lui à Thessalonique. Comme Paul, Silas était à la fois juif et citoyen romain (Act. 16 : 37). Le témoignage qui lui est rendu dans les Actes permet de conclure qu’il a été un compagnon de voyage utile. Plus tard, il fut apparemment un collaborateur de l’apôtre Pierre, qui le nomme « un frère fidèle » (1 Pi. 5 : 12).
Timothée nous est bien connu comme collaborateur de Paul. Il lui fut très attaché jusqu’à la fin de sa vie, et l’apôtre l’appelle « mon enfant bien aimé ». Il est aussi mentionné dans l’introduction de plusieurs autres épîtres (par exemple : 2 Corinthiens, Philippiens, Colossiens).
Paul s’adresse ici « à l’assemblée des Thessaloniciens, en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus Christ ». Une telle adresse n’est utilisée que dans la seconde épître aux Thessaloniciens (sous une forme presque identique). Nous n’avons pas ici la pensée du seul corps, tel qu’il nous est présenté dans l’épître aux Éphésiens. Cette vérité n’était pas, ou qu’à peine connue des Thessaloniciens. L’accent est mis ici sur la nouvelle relation dans laquelle ils avaient été introduits. Ils avaient maintenant affaire à Dieu le Père et au Seigneur Jésus Christ. Cette relation est sans doute personnelle, mais nous pouvons la savourer ensemble. L’assemblée est en quelque sorte vue ici comme la famille de Dieu. Nous sommes enfants de Dieu, c’est-à-dire que nous Le connaissons comme Père par le Seigneur Jésus Christ.
Cette relation avec Dieu le Père d’une part, et avec le Seigneur Jésus Christ d’autre part, nous fait penser au ministère de Jean et à celui de Pierre, respectivement :
- Les croyants sont « en Dieu le Père ». C’est le sujet de Jean : « Je vous écris, petits enfants, parce que vous connaissez le Père » (1 Jean 2 : 13). Cela est vrai de chaque croyant, dès qu’il est venu à la foi. Nous sommes enfants de Dieu parce que nous sommes « nés de Dieu ». Nous Le connaissons comme Père, un Père qui nous aime et qui prend soin de nous. Nous pouvons avoir communion avec Lui. Les Thessaloniciens se trouvaient dans des circonstances difficiles : ils subissaient de grandes persécutions. Dans une telle situation, quel réconfort pour eux de se souvenir que le grand Dieu des cieux était devenu leur Père !
- Cependant le chrétien n’est pas seulement uni avec Dieu le Père, il l’est aussi avec le Seigneur Jésus Christ. Celui-ci est cité ici avec son titre complet, et ce n’est pas par hasard. Il est « Jésus Christ », le Fils de l’homme autrefois abaissé, que Dieu a oint et élevé au-dessus de toutes choses. Cependant, Il est aussi le Seigneur. C’est comme homme glorifié qu’Il porte ce titre : Dieu l’a « fait Seigneur » (Act. 2 : 36). Nous nous trouvons, comme les Thessaloniciens, dans le royaume de Dieu, et nous avons affaire à Jésus comme à notre Seigneur. Il est ainsi nommé quelque 25 fois dans cette épître. Il est notre Sauveur - grâce infinie !-, mais Il est aussi notre Seigneur, celui dont nous reconnaissons les droits, dans un monde qui aujourd’hui encore Le rejette. Pas plus qu’autrefois, le monde ne veut s’incliner devant Lui, mais c’est notre privilège de partager avec Lui son rejet et de reconnaître ses droits comme Seigneur. Ayant fait cela, nous partagerons un jour sa gloire. C’est ce que l’apôtre Pierre développe abondamment dans ses deux épîtres.
Le rappel de cette relation intime avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus Christ était propre à encourager les Thessaloniciens. Plusieurs d’entre eux étaient des païens avant leur conversion, et avaient servi des dieux et des seigneurs étrangers. Maintenant, ils connaissaient le seul vrai Dieu et étaient unis à Lui et à son Fils. Quel merveilleux changement !
Le souhait de bénédiction est court, mais combien riche : « Grâce et paix à vous ! ». « Grâce » (en grec : charis) était la salutation habituelle parmi les nations ; « Paix » (en hébreu : shalom) celle des Juifs. Paul associe les deux, de sorte que nous pourrions parler ici d’une « salutation chrétienne ».
C’est la grâce qui apporte le salut à l’homme (Tite 2 : 11). Ensuite, elle nous donne tout ce dont nous avons besoin pour notre chemin (2 Cor. 12 : 9). Elle est enfin ce qui nous sera apporté à la révélation de Jésus Christ (1 Pi. 1 : 13). Toute la vie chrétienne est ainsi encadrée par la grâce. Il ne s’agit pas ici de la grâce qui convertit, mais de la grâce qui nous porte chaque jour. L’apôtre souhaite aux Thessaloniciens, et à nous aussi, d’avoir un sentiment plus profond de la faveur imméritée avec laquelle Dieu pose ses regards sur ses enfants.
Il en est de même de la paix. Il n’est pas question ici de la paix avec Dieu, de la paix de la conscience, que possède chaque croyant. Il s’agit de cette paix de Dieu qui demeure la part constante de ceux qui se confient en l’amour de leur Père et marchent dans l’obéissance à leur Seigneur. C’est la jouissance pratique de cette paix qui nous est souhaitée. Notre position est « en Dieu, notre Père et dans le Seigneur Jésus Christ ». Notre bénédiction journalière est la jouissance de la grâce et de la paix dans le chemin.
« Nous rendons toujours grâces à Dieu pour vous tous, faisant mention de vous dans nos prières » (v. 2).
Paul était un homme très occupé. Quand nous lisons les Actes et les épîtres, nous nous rendons compte combien il était actif. Il voyageait, il prêchait, il travaillait, il visitait, il écrivait. Et pourtant, c’était un homme qui trouvait toujours du temps pour prier. La prière avait une grande importance dans sa vie. Il en savait toute la valeur et c’est pourquoi il ne la négligeait pas.
Paul priait sans doute aussi pour ses propres circonstances, mais ce qui avait la priorité, c’était la prière pour les autres. Il portait les frères et les sœurs sur son cœur et intercédait pour eux. Il priait pour ceux qu’il connaissait personnellement (comme les Thessaloniciens), mais aussi pour ceux qu’il n’avait pas encore rencontrés (comme les Colossiens). Les sujets de prière de Paul, tels qu’ils nous sont rapportés dans les épîtres, étaient divers. Mais ils étaient adaptés en chaque cas aux circonstances des saints auxquels il pensait. Ici, Paul avait des motifs de rendre grâces, et c’est pourquoi il le fait. Il pouvait rendre grâces pour eux continuellement !
Nous pouvons apprendre quelque chose de lui. Nous sommes enclins à voir ce qui est négatif chez nos frères et sœurs, ce qui nous déplaît et peut-être nous fait de la peine. Nous nous laissons aller à la critique, et nous oublions ce que le Seigneur a opéré en notre frère et en notre sœur. Exerçons-nous à rendre grâces au Seigneur pour eux, et nous ferons l’expérience que nous les verrons alors sous un jour tout différent.
Paul rendait grâces pour eux tous. Il n’en excluait aucun, ni n’oubliait personne. Il en était de même quant aux Philippiens. Paul pouvait faire des supplications pour eux avec joie (Phil. 1 : 4). Et il ne priait pas seulement de temps en temps, mais toujours. Ce mot exprime une action continue. Rendre grâces pour les autres devrait être pour nous aussi une bonne habitude.
Enfin, Paul ne priait pas tout seul, mais Silas et Timothée se joignaient à lui. Ils connaissaient la communion dans la prière entre frères. Cela aussi est une bénédiction.
« Nous souvenant sans cesse de votre œuvre de foi, de votre travail d’amour, et de votre patience d’espérance en notre Seigneur Jésus Christ, devant notre Dieu et Père » (v. 3).
Dans ce verset, Paul en vient à parler des caractères intérieurs des Thessaloniciens, à savoir : la foi, l’amour et l’espérance. De façon générale, l’épître montre qu’ils manquaient d’enseignement en bien des domaines, mais que leur état pratique était très bon. La foi, l’amour et l’espérance sont les fondements de notre caractère comme chrétiens. On trouvait chez eux ces fondements. Leurs cœurs étaient sans partage dirigés vers Dieu et vers le Seigneur Jésus, et c’est ce qui était décisif. Une grande connaissance de la Parole n’est pas une garantie de la manifestation réelle de ces caractères intérieurs.
La foi, l’amour et l’espérance sont plusieurs fois mentionnés ensemble dans le Nouveau Testament, par exemple à la fin de 1 Corinthiens 13. Paul les cite de nouveau en 1 Thessaloniciens 5 : 8. Mais ici, ils ne sont pas seulement présentés comme des caractères intérieurs ; on voit aussi comment ils se manifestaient dans la vie des Thessaloniciens. Paul ne parle pas seulement de leur foi, mais de leur œuvre de foi, pas seulement de leur amour, mais de leur travail d’amour, pas seulement de leur espérance, mais de leur patience d’espérance. L’état de leur cœur était bon, et les fruits correspondants en étaient visibles.
La foi, au sens biblique, est une conviction, un attachement à des réalités qui sont encore invisibles à l’œil humain. La foi est en contraste avec la vue (Héb. 11 : 1). Elle nous lie à ce qui est encore invisible. La foi a Dieu devant elle. Elle se manifeste par la confiance et par l’obéissance. Les yeux de notre cœur sont ouverts pour contempler un domaine invisible, et la foi nous fait déjà posséder actuellement ce qui appartient à ce domaine. Le jour vient où nous pourrons le contempler de nos propres yeux, mais maintenant nous vivons par la foi. Il est rappelé aux Thessaloniciens que les choses qui ne se voient pas précèdent celles qui se verront dans le royaume millénaire. Un jour, ce royaume sera manifesté aux yeux de tous ; mais maintenant, il est un mystère et ne peut être saisi que par la foi.
Une foi sans œuvres est morte (Jac. 2 : 26). La foi se montre par une activité, sinon quelque chose ne va pas. Toutefois, cette activité ne doit pas être charnelle, mais produite pas l’action de Dieu. Les œuvres chrétiennes ne doivent pas être accomplies pour atteindre la foi, c’est juste l’inverse. Les œuvres chrétiennes sont la conséquence naturelle d’une foi produite par Dieu. Il en était ainsi des Thessaloniciens. Il devrait en être ainsi de nous.
L’amour, de la même manière, a premièrement Dieu pour objet. Le prochain ne vient qu’ensuite. Il s’agit ici de l’amour divin. Dans notre état naturel, nous ne pouvions faire autre chose que nous haïr l’un l’autre. « Car nous étions, nous aussi... détestables, nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3 : 3). Maintenant, il en est autrement. Nous pouvons aimer, parce que nous sommes nés de Dieu et que l’amour de Dieu est versé dans nos cœurs (Rom. 5 : 5). La nouvelle nature, d’origine divine, ne peut qu’aimer. L’amour agit dans l’être intérieur, mais se manifeste au-dehors. Il se voit et se montre en pratique dans l’amour envers les frères et sœurs. C’est le travail d’amour dont Paul parle ici. Le mot travail employé dans ce verset signifie un souci intense, associé à un effort à la limite de l’épuisement. Connaissons-nous aujourd’hui encore ce dévouement opéré par l’amour de Dieu en nous ?
Le troisième caractère est l’espérance. Paul avait enseigné les Thessaloniciens au sujet du retour du Seigneur Jésus pour établir son royaume sur la terre. Cette espérance était vivante en eux et produisait la patience, la persévérance. Notre espérance n’est pas simplement fixée sur un meilleur avenir, mais sur la personne du Seigneur lui-même. Lui est « notre espérance » (1 Tim. 1 : 1). Ce que nous désirons et que notre foi saisit, va bientôt devenir une réalité visible. Dans ce monde qui L’a rejeté et où sa croix a été dressée, le Seigneur Jésus revendiquera un jour ses droits. Ce moment, Il l’attend Lui-même, et nous aussi nous pouvons l’attendre avec persévérance.
En 2 Thessaloniciens 3 : 5, Paul parle de la patience du Christ (le mot grec implique la pensée de la persévérance) et exprime le souhait que nos cœurs soient inclinés à cette patience persévérante. La patience, ici, c’est tenir ferme au travers des épreuves et des souffrances. Les Thessaloniciens connaissaient des circonstances difficiles, mais leurs yeux étaient fixés sur Celui qui allait revenir. Ils attendaient du ciel le Fils de Dieu, et cela leur redonnait du courage et de la force. Pour nous, les circonstances sont plus faciles. C’est peut-être le motif pour lequel notre patience d’espérance n’est souvent que bien peu marquée.
La foi, l’amour et l’espérance doivent être les ressorts de toute notre activité chrétienne, les traits caractéristiques de notre état intérieur. Lorsque, à la fin du premier siècle, l’apôtre Jean écrivit une lettre à l’assemblée d’Éphèse, il pouvait reconnaître qu’il y avait des œuvres, du travail et de la patience. Extérieurement, tout était convenable. Mais où étaient la foi, l’amour et l’espérance ? Quelle était leur disposition d’esprit ? Le Seigneur doit faire le reproche : « Mais j’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour » (Apoc. 2 : 4). Et cela est dit à une assemblée à laquelle, quelques années auparavant, Paul écrivait une épître où il pouvait parler des bénédictions chrétiennes les plus élevées. Les œuvres, le travail, la patience se maintenaient à Éphèse, mais n’étaient plus caractérisés par ces grandes et puissantes vertus ; l’habitude persistait, mais la communion manquait. Il en était autrement ici à Thessalonique. Malgré une connaissance limitée, leurs œuvres étaient un fruit de la foi, leur travail était produit par l’amour, et leur patience était nourrie de l’espérance.
Qu’en est-il de nous ? Dieu ne voit pas seulement notre activité. Il voit nos cœurs, il en sonde les motifs. Il nous demande dans quelles dispositions intérieures nous agissons. Est-ce par habitude, ou est-ce dans une réelle relation de nos cœurs avec lui ? Là où ce n’est que par habitude, le premier amour manque. Le premier amour est le meilleur amour, il a Dieu seul pour objet. Dieu désire que nous nous attachions à lui d’un cœur non partagé. Une grande connaissance n’est pas une sauvegarde. Ce dont nous avons besoin, c’est du dévouement de cœur. C’est ce que nous pouvons apprendre des Thessaloniciens.
« Sachant, frères aimés de Dieu, votre élection » (v. 4).
Remarquons avec quelle affection l’apôtre s’adresse à eux. Il les appelle : « frères aimés de Dieu ». Les sœurs sont bien évidemment comprises dans cette expression. Paul savait que les Thessaloniciens étaient aimés de Dieu, et c’était pour lui un motif suffisant pour les aimer aussi.
C’est avec une grande conviction qu’il mentionne maintenant leur élection. La vérité de l’élection n’est pas le thème développé ici. Elle nous est présentée dans d’autres passages (par ex. Éph. 1 : 4). Ici, nous avons simplement le fait que l’apôtre savait qu’ils étaient élus. Comment pouvait-il le savoir ? Quand il vint à Thessalonique avec Silas et Timothée, il ne savait pas qui Dieu avait élu dans cette ville. Paul n’avait pas accès au livre de vie, et il ne nous est pas dit qu’il ait eu une révélation particulière de la part de Dieu à ce sujet. Mais il voyait vivre les Thessaloniciens, il voyait les fruits de leur nouvelle vie, il voyait les manifestations de la foi, de l’amour et de l’espérance. Cela lui suffisait pour être convaincu que ces chrétiens étaient des élus de Dieu.
Le mot grec utilisé pour « sachant » indique que cette connaissance n’était pas acquise par révélation mais par observation. Paul pouvait voir dans leur comportement qu’ils étaient élus. Ils transcrivaient dans la pratique ce qu’ils avaient appris. Pourquoi la question se pose-t-elle si souvent aujourd’hui de savoir si quelqu’un est vraiment converti ? Cela ne vient-il pas de ce que nous ne montrons pas suffisamment clairement dans nos vies de quel côté nous sommes ? Dieu désire que nos vies manifestent de façon claire que nous sommes ses enfants, qu’Il nous a élus. C’est tout autant possible de nos jours qu’à cette époque.
« Car notre évangile n’est pas venu à vous en parole seulement, mais aussi en puissance, dans l’Esprit Saint, et avec une pleine assurance : vous savez comment nous avons été parmi vous par amour pour vous » (v. 5).
Ce verset nous montre la source du bon état des Thessaloniciens. C’était l’évangile. L’apôtre l’appelle ici « notre évangile », parce qu’il l’avait annoncé à Thessalonique avec ses collaborateurs. La prédication de l’évangile est le point de départ de tout. C’était l’un des grands piliers du ministère de l’apôtre Paul. Il en parle dans son discours d’adieu aux anciens d’Éphèse. L’appel à la repentance et à la foi, le témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu, la prédication du royaume de Dieu et la révélation de tout le conseil de Dieu, tel était son ministère (Act. 20 : 21, 24, 25, 27).
Paul annonçait le plein évangile. Selon 1 Corinthiens 15 :1-4, cette prédication comprenait trois points importants, savoir que Christ est mort, qu’Il a été enseveli et qu’Il est ressuscité. C’est la foi en ces grands fondements du salut qui sauve. En fait, l’évangile est le témoignage complet de ce que l’homme perdu trouve en Christ.
Comment donc l’évangile était-il parvenu aux Thessaloniciens ? Paul cite ici quatre points, qui nous montrent l’ordre divin. C’était d’abord en paroles, puis en puissance, ensuite dans l’Esprit Saint et enfin dans une grande plénitude d’assurance. Il en est encore ainsi maintenant, quand il est annoncé de la bonne manière.
- En premier lieu vient naturellement la prédication. La Parole doit être annoncée et entendue (ou lue) pour pouvoir être reçue. Paul écrit aux Corinthiens : « Or je vous fais savoir, frères, l’évangile que je vous ai annoncé, que vous avez aussi reçu… » (1 Cor. 15 : 1).
- Mais tout ne se limite pas à des paroles. Le message produit quelque chose, s’il est reçu. Il se manifeste en puissance. Il n’est pas dit ici que c’est la puissance du Saint Esprit (car l’Esprit est nommé séparément), mais il est clair que ce n’est pas une puissance humaine. C’est la puissance de Dieu. Paul écrit aux Romains : « Je n’ai pas honte de l’évangile, car il est la puissance de Dieu pour sauver quiconque croit » (Rom. 1 : 16). La puissance de Dieu rend la parole efficace dans le croyant et produit ainsi un grand changement. Nous sommes retirés du domaine de la mort et introduits dans le domaine de la vie.
- Celui qui accepte le plein évangile reçoit le Saint Esprit, qui nous procure l’assurance du salut. Elle est appelée ici « une pleine assurance ». C’est en effet quelque chose de merveilleux de savoir que nous avons été acceptés de Dieu.
- Dieu ne veut pas nous laisser dans l’incertitude, mais nous place sur un fondement solide. Pour ceux qui ont cru à l’évangile, les doutes sont hors de saison. Nous nous appuyons sur ce que Dieu a dit et cela suffit.
Ensuite, l’exemple du serviteur nous est présenté. C’était Paul et ses collaborateurs qui avaient prêché la Parole aux Thessaloniciens. Cependant il ne suffit pas de prêcher. Paul ajoute : «ainsi que vous savez quels nous avons été parmi vous pour l’amour de vous». C’est une chose de parler, mais c’en est une tout autre d’être. Un prédicateur ou un témoin de l’évangile devrait toujours être un exemple vivant de ce qu’il enseigne. Le discours et le comportement doivent être en accord, si l’on veut que le témoignage porte du fruit. Nous reviendrons plus longuement sur ce principe à propos du deuxième chapitre (v. 1-12).
Pourquoi y a-t-il souvent si peu de fruit parmi nous ? Un des motifs n’est-il pas que nous parlons beaucoup mais que nous ne sommes pas ce que nous disons ? Il est possible d’avoir beaucoup de connaissance et de la facilité à s’exprimer, mais de ne mettre que très peu en pratique dans la vie journalière ce que nous avons reçu. Combien il est important d’avoir, en ce domaine aussi, le Seigneur comme modèle parfait ! Ses actes et ses paroles étaient toujours en parfaite harmonie. Aux Juifs qui Luii demandaient : « Toi, qui es-tu ? », Il pouvait répondre : « Absolument ce qu’aussi je vous dis » (Jean 8 : 25). Le livre des Actes commence par le rappel de ce que Jésus « commença de faire et d’enseigner ». D’abord faire, ensuite enseigner, ainsi en était-il pour le Seigneur. Paul L’imitait. C’est ce que nous avons à faire aussi.
« Et vous êtes devenus nos imitateurs et ceux du Seigneur, ayant reçu la Parole, accompagnée de grandes tribulations, avec la joie de l’Esprit Saint » (v. 6).
Après la description, au verset 3, des caractères intérieurs de la nouvelle vie dans les Thessaloniciens (la foi, l’amour et l’espérance), nous en trouvons dans les versets 6 à 8 les caractères extérieurs. Ce qui s’accomplissait dans l’homme intérieur était rendu visible.
Avant de considérer de plus près ces caractères extérieurs, voyons d’abord les circonstances dans lesquelles se trouvaient les destinataires de la lettre, résultant du fait qu’ils avaient reçu la Parole. Au chapitre 2, nous voyons comment ils l’avaient reçue dans leur cœur : ils l’avaient acceptée comme étant « la parole de Dieu », « ainsi qu’elle l’est véritablement» (v. 13). Ici, il s’agit de leurs circonstances, comme conséquence de leur conversion au christianisme. Leur situation était marquée d’un côté par « de grandes tribulations » et d’un autre par « la joie de l’Esprit Saint ». Tribulations et joie, cela peut-il aller ensemble ? Oui, car ce sont les traits du royaume de Dieu dans sa période actuelle, comme Paul l’avait annoncé aux Thessaloniciens.
Pour nous aussi, le royaume de Dieu tel qu’il se présente aujourd’hui est lié d’une part à la tribulation et d’autre part à la joie. Le moment de régner avec le Seigneur n’est pas encore venu. Il est encore un Christ rejeté, et nous partageons son rejet. Il a souffert, et nous souffrons avec lui. En Actes 14 : 22, il est rappelé aux disciples que « c’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu ». Là, c’est le royaume sous son aspect futur, dans lequel nous régnerons avec Lui. Et le chemin qui y conduit est caractérisé par les souffrances. Certainement, nous ne connaissons aujourd’hui que peu de ces souffrances. Mais celui qui se met véritablement et ouvertement du côté de Christ, le Rejeté, en subira inévitablement. Le principe divin reste valable pour tous les temps : « Tous ceux aussi qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés » (2 Tim. 3 : 12).
Si aujourd’hui les tribulations sont aussi notre part dans le royaume de Dieu, nous pouvons néanmoins savourer pleinement la joie du Saint Esprit. La joie est l’un des signes distinctifs du royaume de Dieu manifesté en puissance et en gloire ; c’est ce que nous voyons dans bien des passages de l’Ancien Testament. Mais le chrétien n’a pas à attendre l’avènement public du royaume. Il peut savourer cette grande joie déjà maintenant, malgré toutes les oppositions. Les Thessaloniciens le faisaient et nous en donnent l’exemple.
Il en était de même de l’apôtre Paul. Il eut à passer par beaucoup de souffrances, à subir de grandes persécutions. Il avait pourtant toujours une joie profonde dans le cœur, la joie produite par le Saint Esprit.
Venons-en maintenant à ces caractères extérieurs de la nouvelle vie. En premier lieu, les Thessaloniciens nous sont présentés comme étant des imitateurs : « Vous êtes devenus nos imitateurs, et ceux du Seigneur ». Ils n’étaient pas seulement devenus des chrétiens, ils le montraient aussi. Mais pourquoi Paul se nomme-t-il en premier, lui et ses collaborateurs, et le Seigneur ensuite ? En fait, les Thessaloniciens n’avaient pas vu le Seigneur personnellement. Ce qu’ils connaissaient de Lui, c’était par le moyen de l’apôtre Paul. Ils l’avaient entendu de sa bouche, mais avant toutes choses, ils l’avaient vu en Paul. Il était si semblable à son Seigneur qu’on suivait le Seigneur quand on imitait l’apôtre.
En différentes épîtres, Paul mentionne qu’il est devenu un imitateur du Seigneur ; et il nous exhorte à faire de même (1 Cor. 4 : 16 ; 11 : 1 ; Phil. 3 : 17). Une condition préliminaire pour imiter, c’est de suivre. C’est seulement lorsque nous nous tenons tout près du Seigneur que nous pouvons apprendre de Lui et Lui ressembler. En Philippiens 2 : 5, lorsque nous lisons : « Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus », il est question de notre disposition d’esprit, de notre manière de penser. Pierre parle de notre marche et nous exhorte à suivre les traces du Seigneur Jésus (1 Pi. 2 : 21). Les deux choses sont importantes, nos pensées et notre comportement, et dans les deux cas, Jésus devrait être vu. C’est le but de l’Esprit de Dieu de former en nous l’image de notre Seigneur. Pour cela, il est nécessaire que nous nous occupions beaucoup de Lui. Ce n’est que s’Il est journellement devant nous et que nous Le contemplons dans tous les détails de sa vie sur cette terre, que nous pouvons être ses imitateurs.
« Si bien que vous êtes devenus des modèles pour tous ceux qui croient dans la Macédoine et dans l’Achaïe » (v. 7).
Voici le deuxième caractère extérieur. Les imitateurs deviennent des modèles. La Macédoine était la province du nord, où se trouvait Thessalonique ; l’Achaïe, celle du sud, où se trouvait Corinthe, ville d’où Paul a écrit sa lettre. Combien puissant devait être le témoignage des Thessaloniciens pour que Paul puisse les présenter comme des modèles !
Cette parole est aussi pour nous. Dieu désire que nous montrions notre drapeau ; Il veut que nous soyons, comme imitateurs de Christ, des modèles pour nos frères et sœurs. Chacun doit voir qui nous suivons. Si nous sommes des modèles, c’est que nous montrons ouvertement que nous suivons le Seigneur et que nous portons sa marque. Nos frères et sœurs, de même que les personnes qui nous entourent, nous observent attentivement. Que voient-ils en nous ? Manifestons-nous les caractères du Seigneur Jésus ou voit-on ceux du vieil homme ?
Il ne s’agit pas ici de théorie abstraite, mais de christianisme pratique. La première chose n’est pas de transmettre une doctrine à d’autres, mais de la vivre, en nous nourrissant journellement de sa Parole et en nous approchant sans cesse de Lui dans la prière. Pour cela, nous n’avons pas besoin d’une grande connaissance, mais d’attachement au Seigneur Jésus. Souvent, ce ne sont pas les croyants qui ont une grande connaissance qui sont des modèles pour les autres, mais ceux qui, silencieusement, vivent ce que Christ représente pour eux.
Quel contraste quand nous comparons les Thessaloniciens avec les Corinthiens ! Paul peut dire à ces derniers qu’en toutes choses ils avaient été enrichis, de sorte qu’ils ne manquaient d’aucun don de grâce (1 Cor. 1 : 5-7). Mais où lisons-nous qu’ils étaient des modèles pour d’autres ? Nulle part ! Au contraire, leur comportement était malheureusement une occasion de mise en garde et d’avertissement pour d’autres. Les Thessaloniciens, eux, savaient encore relativement peu de choses, mais ils vivaient ce qu’ils savaient.
« De chez vous, en effet, la parole du Seigneur a retenti non seulement dans la Macédoine et dans l’Achaïe, mais partout votre foi envers Dieu s’est répandue, au point que nous n’avons pas besoin d’en parler » (v. 8).
Nous avons dans ce verset le troisième caractère extérieur, pour ainsi dire le dernier maillon de la chaîne. Ils étaient premièrement des imitateurs, ensuite des modèles, ils nous sont enfin présentés comme des témoins. Ce témoignage n’était pas limité à la Macédoine et à l’Achaïe, mais allait bien au-delà. Leur conduite appuyait la proclamation de l’évangile par l’apôtre et ses compagnons. La parole du Seigneur avait retenti depuis chez eux et leur foi était devenue visible. Leur témoignage consistait aussi bien en paroles qu’en actions. C’est ce qu’ils avaient vu en Paul. Leurs paroles et leur conduite étaient en harmonie.
La déclaration de ce verset est d’autant plus remarquable que les moyens de communication de ce temps-là étaient très limités. Les transmissions d’informations ne pouvaient être qu’orales ou manuscrites.
Nous avons peine à concevoir aujourd’hui un témoignage aussi vivant. Mais l’évangile a-t-il changé ? L’Esprit a-t-il changé ? Le Seigneur a-t-il changé ? Non ! Certes, les circonstances sont différentes, mais surtout, c’est nous qui avons changé. Et pourtant le Seigneur peut encore opérer en nous et faire de nous des témoins vivants. Suivons-Le et laissons-nous former à son image. Nous pourrons alors être des modèles pour d’autres et notre témoignage sera vrai et crédible. Un témoignage qui n’a pas sa source dans la communion avec le Seigneur et qui n’est pas en harmonie avec notre marche sera difficilement reçu. Pensons à Lot. Son association avec le monde rendait impossible un témoignage efficace, de sorte que l’on se moquait de lui lorsqu’il parlait du jugement qui allait venir sur la ville (Gen. 19 : 14).
« Eux-mêmes, en effet, racontent à votre sujet quel accueil nous avons reçu de vous, et comment vous vous êtes tournés vers Dieu, vous détournant des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai » (v. 9).
Les deux derniers versets de ce premier chapitre traitent du but que Dieu avait dans le salut des Thessaloniciens. Ils s’étaient tournés (on pourrait dire convertis) des idoles vers Dieu. Cette conversion n’était pas un but en elle-même. Ils s’étaient convertis : 1° pour servir Dieu, 2° pour attendre des cieux son Fils.
Le comportement des Thessaloniciens avait pour résultat que le monde même (bien qu’involontairement) devenait témoin de la puissance de l’évangile. Les hommes avaient vu le changement qui s’était opéré en eux, et ils en parlaient. Le fait qu’ils s’étaient tournés des idoles vers Dieu ne pouvait tout simplement pas être caché.
Ce passage montre clairement ce que le Nouveau Testament entend par « conversion ». Nous nous sommes tant habitués à certaines expressions que nous ne savons parfois plus du tout quel est leur sens profond. Conversion et repentance sont deux choses intimement liées, dont nous ne pouvons comprendre la signification qu’en les gardant ensemble. L’histoire bien connue du fils prodigue en Luc 15 nous en donne une bonne illustration. Assis auprès des pourceaux et se remémorant la maison paternelle, il se repentit. Il mena deuil sur son propre état et reconnut qu’il avait mal agi. Se repentir ne signifie pas s’astreindre à certains exercices de repentance, c’est un changement de ses pensées. La repentance s’accompagne toujours d’une tristesse selon Dieu quant à notre propre état de péché et quant à nos mauvaises voies (voir 2 Cor. 7 : 10). Mais, pour le fils prodigue, ce n’était pas tout. Le changement de son attitude intérieure (son repentir) eut des conséquences. En effet il se leva pour retourner vers son Père. S’il était resté avec les pourceaux, rien n’aurait changé. Mais il a fait un demi-tour et s’en est allé vers son père. Voilà la conversion : c’est se lever et retourner à Dieu.
Repentir et conversion vont ensemble. Dans sa prédication, Pierre l’a exprimé ainsi : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés » (Act. 3 : 19). Nous trouvons la même association de termes dans les paroles de Paul. Il prêchait aux hommes « de se repentir et de se tourner vers Dieu, en faisant des œuvres qui conviennent à la repentance » (Act. 26 : 20). La repentance est intérieure, la conversion est visible extérieurement.
La conversion est un changement de direction : on se détourne d’une chose, et on se tourne vers une autre chose. Nous trouvons cela très explicitement en Actes 26 : 18 : « ... pour qu’ils se tournent des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan à Dieu ». C’est aussi un changement de position : nous sommes sortis des ténèbres et du pouvoir de Satan, et nous sommes entrés dans la lumière et vers Dieu. C’est le grand changement dont nous parle ce verset 9 : « Vous vous êtes tournés vers Dieu, vous détournant des idoles… ». Beaucoup de Thessaloniciens étaient précédemment des païens, et comme tels servaient leurs propres idoles. Quand Paul était à Athènes, son esprit était bouleversé en voyant la ville remplie d’idoles (Act. 17 : 16). Nous pouvons bien penser qu’il en était de même à Thessalonique.
Maintenant, ce changement avait eu lieu. Autrefois, ces croyants avaient servi les idoles, maintenant, ils servaient Dieu. Les idoles étaient sans aucune vie, elles ne pouvaient ni voir, ni entendre. Comme toutes les choses qui appartiennent à ce monde, elles étaient aussi dans la mort. Mais les Thessaloniciens avaient affaire maintenant à un Dieu vivant. Les idoles n’étaient rien d’autre qu’un mensonge, mais ceux qui avaient cru étaient en relation avec le Dieu de vérité. Quel changement magnifique !
Il en est ainsi aussi maintenant. Quand un homme se convertit à Dieu, tout change. La conversion est une rupture radicale, un changement total d’orientation. Par la conversion, la manière de vivre est complètement modifiée. Une personne convertie passe des ténèbres à la lumière, du domaine de la puissance de Satan au royaume du Fils de l’amour du Père. Peut-on se représenter des contrastes plus grands ?
Arrêtons-nous sur une conséquence pratique de ce verset. Nous sommes-nous véritablement et radicalement séparés de tout ce qui appartient à notre première manière de vivre ? Dans la vie d’un enfant de Dieu aussi, il peut y avoir des idoles qu’on ne veut pas abandonner. Nous nous sommes tournés vers Dieu, mais n’avons peut-être pas tout quitté, et il y a encore dans notre vie des domaines où le Seigneur n’est pas vraiment le maître. Nos idoles, ce sont les choses qui se placent entre le Seigneur et nous. Si nous les laissons subsister, elles privent notre vie spirituelle de force.
La conversion chrétienne est une orientation vers Dieu, c’est-à-dire vers une Personne. C’est ce qui fait le caractère unique du christianisme. Nous n’avons pas simplement affaire à une doctrine, mais à des Personnes divines. N’oublions jamais cela. La doctrine chrétienne est excellente, mais elle ne nous est utile que si nous la maintenons en relation avec Dieu et avec le Seigneur Jésus.
Les Thessaloniciens s’étaient convertis pour servir Dieu. C’est aussi notre mission de servir Dieu dans ce monde. Le mot utilisé ici pour « servir » signifie que nous servons Dieu comme esclaves, que nous mettons toute notre vie à sa disposition. Ce mot est aussi utilisé en 2 Pi. 2 : 19 : « On est esclave de ce par quoi on est vaincu ». C’est la portée de la pensée que nous avons ici. En Philippiens 2, nous lisons que le Seigneur a pris la forme d’esclave, et en Romains 1, Paul se présente comme esclave de Jésus Christ. Dans ces deux passages, le mot « esclave » est de la même famille que le mot « servir » que nous avons ici. Nous ne nous sommes pas convertis pour faire de temps en temps une bonne œuvre pour Dieu, ou pour accomplir une fois ou l’autre un service, mais pour être entièrement à sa disposition, pour Le servir comme des esclaves. Dieu désire que toute notre vie Lui soit consacrée, que nous Lui appartenions entièrement. Le service de Dieu, dans ce sens, est une activité permanente qui ne prendra fin que quand le Seigneur viendra.
Le Seigneur Jésus est notre modèle parfait. Qui a été un serviteur comme Lui ? Tout un évangile - celui de Marc - nous Le présente comme le vrai Serviteur venu pour faire en toute chose la volonté de Dieu. C’est de Lui seul que nous pouvons apprendre le vrai service pour Dieu, le dévouement, la consécration à Dieu. En Exode 21 : 1-6, il nous est parlé du serviteur hébreu. Dans cette figure, nous reconnaissons le Seigneur Jésus dans son dévouement à Dieu. Il n’a pas voulu sortir libre, il a voulu servir à toujours. Qu’il en soit de même pour nous !
La plupart de ceux qui lisent ces lignes ont sans doute reçu le Seigneur Jésus comme leur Sauveur personnel. Mais nous contentons-nous de savoir que nos péchés sont pardonnés et qu’aucun jugement ne nous atteindra plus ? Ou bien sommes-nous réellement disposés, comme chrétiens, à remettre notre vie entière à Dieu, à la Lui consacrer ? Dieu n’a évidemment pas besoin de notre service, mais Il attend de nous que nous le Lui offrions. Consacrer sa vie à Dieu, ce n’est pas une contrainte, mais un privilège. C’est encore possible actuellement.
« Et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient » (v. 10).
Après avoir parlé du service pour Dieu, Paul nous présente le deuxième grand but de la conversion : nous attendons du ciel le Fils de Dieu. Les Thessaloniciens vivaient dans l’attente permanente du Seigneur Jésus. Cette espérance était si vivante qu’ils étaient troublés parce que quelques-uns d’entre eux s’étaient endormis avant que le Seigneur revienne pour établir son royaume.
Le retour du Seigneur Jésus est aussi notre espérance. En Tite 2 : 13, Paul dit que nous attendons « la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ, qui s’est donné lui-même pour nous ». Ce n’est pas simplement une espérance, c’est une bienheureuse espérance. Dans ce passage, nous discernons que non seulement nous attendons la venue du Seigneur pour nous, mais aussi sa venue avec nous, lorsqu’il viendra sur la terre. La différence entre sa venue pour nous et sa venue avec nous retiendra de plus près notre attention ultérieurement, mais disons déjà maintenant ceci : Il s’agit d’une seule et même venue, qui se déroulera en deux phases. Nous attendons Celui qui vient pour enlever son Épouse, mais nous nous réjouirons aussi avec Lui, lorsque tout honneur Lui sera rendu sur cette terre.
La vérité concernant le retour du Seigneur fut l’une des premières vérités que l’ennemi ait obscurcies. En étudiant l’histoire de l’Église, nous constatons cela rapidement. La conséquence en fut que les chrétiens se sentirent chez eux sur la terre et oublièrent leur caractère céleste. Par la grâce de Dieu, nous possédons de nouveau de la lumière concernant cette vérité. Nous savons très bien que le Seigneur revient. Mais sommes-nous imprégnés de cette vérité ? Est-elle simplement une connaissance théorique ou marque-t-elle notre manière de vivre et de penser ? Attendons-nous vraiment le Seigneur chaque jour, comme les Thessaloniciens ? Il a dit : « Je viens bientôt » (Apoc. 22 : 7, 12, 20). Ces paroles ont toujours été vraies. Mais s’il y a eu une fois des chrétiens qui ont eu à attendre journellement le Seigneur, c’est bien nous.
Nous voyons ici ce qu’est une vie chrétienne orientée vers un but. Elle consiste dans le service pour Dieu et dans l’attente du Seigneur Jésus. Servir et attendre, - voilà les deux pôles entre lesquels se déroule toute notre vie. Et ces deux activités devraient toujours être en équilibre. Si nous ne sommes orientés que vers le service et oublions sa venue, le service sera bientôt le centre, et non plus le Seigneur. Alors, d’un service qui était bon au départ peut même dériver une mauvaise activité. Si, parce que nous vivons dans l’attente du Seigneur, nous oublions le service, toute notre vie est comme paralysée. Le temps du service n’est pas encore passé. La perspective du retour du Seigneur ne devrait pas nous paralyser, mais nous stimuler. Quand il sera venu, il n’y aura plus de service possible pour Lui.
Et maintenant, qui donc est Celui que nous attendons du ciel ? L’apôtre ne dit pas simplement que nous attendons le Seigneur Jésus, bien que cela soit exact. Nous le trouvons ici sous un triple caractère. Premièrement, Il est le Fils, ensuite Celui qui est ressuscité d’entre les morts, enfin Jésus. Comme ailleurs dans la Bible, ces noms et ces titres ne sont pas utilisés au hasard ; ils ont toute leur signification.
Le Fils, le Fils de Dieu, le Fils de l’amour du Père est d’abord placé devant nous. Il est l’objet de la joie et de la satisfaction du Père. C’est de cette même manière qu’il devrait être l’objet de notre attente. Nous l’aimons, lui, le Fils bien-aimé du Père, et nous l’attendons.
Mais il est aussi Celui que Dieu a ressuscité d’entre les morts. Il est devenu véritablement homme et Il le reste. C’est comme homme qu’Il est entré dans la mort, et qu’Il a été ressuscité et glorifié par Dieu. C’est comme tel que nous pouvons l’attendre. Il viendra comme le Fils de l’homme élevé par Dieu à la place suprême.
Il est enfin « Jésus », c’est-à-dire le Sauveur. Pour nous, Il vient comme celui qui, un jour, mourut sur la croix de Golgotha, comme seul « médiateur entre Dieu et les hommes » (1 Tim. 2 : 5).
Paul ajoute alors : « ... qui nous délivre de la colère qui vient ». Dans la Parole, le mot « colère » peut s’appliquer d’une manière toute générale à la colère de Dieu. Nous lisons par exemple en Jean 3 : 36 : « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui ». Ce n’est que par l’œuvre du Seigneur Jésus qu’un homme peut échapper à la juste colère de Dieu. Le mot « colère » peut aussi s’appliquer - et c’est la pensée principale ici - aux jugements qui viendront sur la terre quand les croyants seront enlevés dans le ciel. Dans ce sens, nous lisons plus loin dans cette épître : « Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à la possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ » (5 : 9). Dans les chapitres 6 à 19 de l’Apocalypse, la « colère » est mentionnée cinq fois pour décrire le jugement de Dieu qui culminera dans la grande tribulation (6 : 16-17 ; 11 : 18 ; 16 : 19 ; 19 : 15).
En tant que croyants de la dispensation de la grâce, nous n’avons rien à craindre des jugements qui viendront sur cette terre et qui nous sont décrits dans l’Apocalypse. La Parole de Dieu le dit clairement. Le Seigneur Jésus nous sauvera avant ces jugements. Cela ressort très distinctement d’Apocalypse 3 : 10, où le Seigneur dit, en se présentant Lui-même comme Juge : « Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière, pour éprouver ceux qui habitent sur la terre ». Comme croyants, nous sommes sauvés de toute manifestation de la colère de Dieu parce qu’un Autre a subi cette colère pour nous. C’est une grande consolation.
Nous L’attendons ainsi, d’un côté parce qu’Il est le Fils de l’amour du Père, Celui que nous aimons aussi, et d’un autre côté parce qu’Il nous gardera des jugements à venir.
E. A. Bremicker – Messager évangélique (1997 p. 276-288 ; 306-318)
À suivre