LES PRIÈRES DE JÉSUS DANS L’ÉVANGILE DE LUC (3)
Son intercession comme Avocat
Soumission absolue dans l’angoisse du combat
Prière pour ses ennemis
Prière de la victoire
Prière de Jésus quant aux soins pastoraux
« Le Seigneur dit encore : Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé ; mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu, fortifie tes frères » (Luc 22 : 31-32).
La merveilleuse grâce du Seigneur Jésus a déjà été vue lors de la fraction du pain quand Il a institué un mémorial pour les siens, juste avant de connaître Lui-même les plus grandes souffrances. À cette même occasion, Il a pourvu encore en grâce aux besoins des disciples ; Il connaissait l’état de leurs coeurs, les dangers auxquels ils étaient exposés et la triste chute qui allait survenir. Tous les apôtres ont été « criblés » cette nuit-là, mais Pierre l’a été de façon particulière. Il était très sûr de lui-même, comme il l’avait exprimé de manière catégorique : « Si tous étaient scandalisés à ton sujet, moi, je ne serai jamais scandalisé » (Matt. 26 : 33 ; Luc 22 : 33). Cette confiance en lui-même était comme de la paille qui devait être éliminée quand le blé serait criblé.
Mais auparavant, le Seigneur avait prié pour Pierre. Un résultat béni a été produit : la confiance du disciple en lui-même a été brisée ; sa foi dans le Seigneur Jésus, bien loin de défaillir, a même été fortifiée au travers de cette triste expérience. Combien il est heureux d’avoir un si fidèle Avocat, dont nous parle l’apôtre Jean : « Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le Juste ; et lui est la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 2 : 1).
Nous qui sommes sauvés, consacrons-nous aussi du temps à prier pour ceux qui, parmi le peuple de Dieu, sont faibles et chancelants, bien qu’ils se sentent forts ? C’est vraiment là un service fidèle pour Dieu. En effet, nous devrions être capables de discerner si quelqu’un est en danger de faire une chute grave – s’il ne montre aucun signe d’humilité, de méfiance de lui-même et de dépendance du Seigneur. Alors, nous pouvons prier à l’avance pour lui. Prions beaucoup pour les croyants qui se trouvent dans un tel état, plus nombreux peut-être que nous ne le pensons.
Seigneur, garde-moi d’être
Égoïste et fermé.
Apprends-moi à prier
Pour les chrétiens partout ;
Que pour eux constamment,
Je sache intercéder.
Soumission absolue dans l’angoisse du combat
« [Jésus] s’éloigna d’eux environ d’un jet de pierre, et s’étant mis à genoux, il priait, disant : Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite. Alors lui apparut un ange du ciel, qui le fortifiait. Étant dans l’angoisse du combat, il priait plus instamment ; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang qui tombaient sur la terre » (Luc 22 : 41-44).
C’est avec des pieds déchaussés (voir Ex. 3 : 5) que nous venons sur ce terrain où nos cœurs, remplis d’adoration, peuvent contempler cette scène qui nous étreint et nous émerveille – le Seigneur de gloire courbé dans l’angoisse du combat et priant. Comme Homme parfait, sans péché, le Seigneur ressent le poids terrible du supplice à venir et de l’angoisse qui l’accompagne, cette épreuve suprême qu’Il va bientôt endurer sur la croix. Il était parfaitement juste que le Seigneur, comme homme, ne puisse pas désirer supporter ce redoutable jugement de Dieu contre le péché. Nous L’adorons quand Il exprime ce qui étreint son cœur : « Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! ». Mais nous admirons en même temps la perfection et la sainteté de l’Homme Christ Jésus quand Il ajoute : « Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite ». Quelle perfection montre cette prière de sainte soumission en face d’une angoisse aussi profonde, infinie !
Anticipant l’heure terrible,
Tu connus l’angoisse et l’effroi,
Demandant, s’il était possible,
Que ceci passât loin de toi.
« Mais que ta volonté soit faite ! »
Ô sublime acceptation
Du Rédempteur que rien n’arrête,
En qui tout est perfection !
Cette prière du Seigneur fournit aussi un exemple pour les siens lorsqu’ils ont à affronter de bouleversantes épreuves. Sommes-nous préparés par Dieu à prier dans cette attitude bénie lorsque des sujets de souffrance et de détresse pèsent sur nos cœurs, et que nous sommes placés devant ce qui nous semble impossible à supporter ? Par une telle prière, la véritable victoire morale est gagnée, et c’est dans une paix parfaite et avec un courage inébranlable que le cœur peut faire face à l’épreuve.
Quand je te parle en prière,
Quand mon cœur s’élève à toi,
Je voudrais, mon Dieu, mon Père,
Tout accepter avec foi ;
Comme Christ courber la tête,
Et te dire qu’il vaut mieux
Que ta volonté soit faite,
Et non pas ce que je veux.
« Quand ils furent venus au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les malfaiteurs, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23 : 33-34).
Quelle admirable grâce ! Jésus a supporté une persécution acharnée et brutale, la raillerie, les crachats, la moquerie, la violence. Après de telles insultes, Il gardait un esprit tranquille, digne et patient. Puis, au fond de son cœur, dans un amour pur et actif, Il a prié pour ses ennemis. Un enfant de Dieu, ayant souffert d’un traitement cruel, peut parfois trouver dans son cœur, après avoir tranquillement pesé la chose devant Dieu, le désir de prier en toute droiture pour le pardon de son tortionnaire. Mais on verra rarement un tel esprit de pardon se manifester au moment même du supplice. Cela demande une véritable communion avec Dieu. Certainement, dans ce jour même de la crucifixion, des âmes précieuses ont été amenées à la repentance à cause de cette prière ; et sans doute, beaucoup d’autres encore y ont été amenées depuis.
Grâces à Dieu, nous avons un exemple absolument parfait dans notre adorable Seigneur. Si nous subissons des torts graves et injustes ou plus légers (ils nous trouvent bien trop souvent sur la défensive ou pleins de ressentiment), ne nous lassons pas de prier pour ceux qui nous ont offensés. S’ils ont tort, leurs actions leur nuiront davantage qu’à nous-mêmes. Un sage discernement des choses nous conduira à rechercher leur bien, alors même qu’ils peuvent chercher à nous faire du mal. Mais il n’en sera ainsi que si nous adoptons, dans une heureuse communion avec notre Seigneur, son propre point de vue en grâce.
« Quelle gloire y a-t-il si, maltraités pour avoir mal agi, vous l’endurez ? Mais si vous souffrez en faisant le bien et l’endurez, c’est digne de louange devant Dieu, car c’est à cela que vous avez été appelés ; car aussi Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces, lui qui… lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas l’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (1 Pi. 2 : 20-23).
« Ayant crié d’une voix forte, Jésus dit : Père ! entre tes mains je remets mon esprit. Ayant dit cela, il expira » (Luc 23 : 46).
L’entier dévouement du Fils de l’homme à la volonté de Dieu avait été exprimé dans sa première prière dans l’Évangile de Luc ; il atteint maintenant, de façon merveilleuse, son point culminant dans le sacrifice suprême de Lui-même. Il a poursuivi sa course sans défaillance jusqu’à la fin. Cette détermination morale du cœur est pleine d’une magnifique beauté et ses conséquences sont infinies ! Personne n’a jamais connu une mort comme la sienne ! Au moment de mourir, Il a crié d’une voix forte pouvant toucher les hommes dans leur âme et les faire trembler. Ensuite, par une prière parfaitement paisible, Il a remis calmement son esprit entre les mains du Père.
Ce n’était pas une défaite : c’était la victoire ! Il avait triomphé de tous les ennemis en subissant la haine extrême des hommes. Cependant ce n’était en rien comparable aux souffrances tellement plus grandes qu’Il a connues quand Il subissait le jugement de Dieu à l’égard du péché. Cette perfection morale est d’une valeur infinie ! Il n’avait pas de crainte devant la mort : en paix, son esprit est confié aux soins de son Père.
Cette tranquillité d’esprit peut nous servir d’exemple À un degré bien inférieur, nous sommes appelés à la réaliser dans notre vie sur la terre : « Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu remettent leur âme, en faisant le bien, au fidèle créateur » (1 Pi. 4 : 19). Qu’il est précieux de pouvoir, dans une telle prière, remettre entièrement notre cause dans les mains de notre Père, bien que tout semble être contre nous ! Et même si nous étions appelés à mourir, la même chose pourrait être réalisée. Les paroles d’Étienne, lapidé à mort, le prouvent d’une façon très frappante : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Act. 7 : 59).
Prière de Jésus quant aux soins pastoraux
« Il arriva que, comme il était à table avec eux, il prit le pain et il bénit ; puis il le rompit et le leur distribua » (Luc 24 : 30).
Il est merveilleux de savoir que les prières de Jésus ne prennent pas fin avec sa mort ! Ses disciples ont-ils pensé que tout était perdu à jamais quand Il a été crucifié ? Deux d’entre eux, sur le chemin d’Emmaüs, ont exprimé de telles pensées dans leur découragement ; ils ne Le reconnaissaient pas alors qu’Il parlait avec eux (Luc 24 : 16). Mais les paroles qu’Il leur a adressées ont fait brûler leur cœur (v. 32). Puis, à table avec eux, Il a pris le pain, et après avoir béni, il l’a rompu et le leur a distribué ; alors, leurs yeux ont été ouverts et ils L’ont reconnu.
Nous pouvons être sûrs qu’aujourd’hui, dans la gloire de sa résurrection, Il prie de la même manière en faveur de tous ses rachetés : « C’est Christ qui est mort, bien plus, qui est aussi ressuscité, qui est aussi à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous » (Rom. 8 : 34). Car Il est le grand souverain sacrificateur, qui porte toujours sur son cœur la famille entière de ceux qui se confient dans sa grâce qui les a sauvés (Héb. 4 : 15). Il est le berger qui, avec tendresse, cherche à rassembler ses brebis dispersées (Jean 10 : 16).
Pour nous tous, au saint lieu,
Maintenant tu pries ;
Ton cœur présente à Dieu
Tes brebis chéries.
Ô Pasteur souverain,
Qui nous tiens en ta main,
Que toujours notre cœur
Sur toi se repose,
Te remettant, Seigneur,
En paix toute chose !
N’aurons-nous pas, nous aussi, un intérêt sincère pour que soient ramenés ceux dont les pas se sont égarés par suite du découragement ou d’un péché ? Si, malgré nos efforts, nous ne parvenons pas à les ramener, n’y a-t-il pas toujours la ressource de la prière ? Que de brebis sont dispersées aujourd’hui ! Il y a un besoin urgent de bergers ayant dans leur cœur quelque chose de l’amour fidèle de leur Maître, et cherchant la bénédiction de telles âmes précieuses. Ne cessons jamais de prier pour les faibles et ceux qui s’écartent parmi le peuple de Dieu. Prions aussi pour que soient suscités des bergers qui suivront les traces du grand Berger des brebis dans ce travail béni.
D’après L. M. Grant
(fin)