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LES PRIÈRES DE JÉSUS DANS L’ÉVANGILE DE LUC (2)


En prière, seul, à l’écart
La prière de Jésus anticipant le royaume
Louange au Père pour sa sagesse
Un exemple pour ses disciples
Actions de grâces avant son sacrifice
 

En prière, seul, à l’écart
 
            « Il arriva, comme
[Jésus] était en prière à l’écart, que ses disciples étaient avec lui » (Luc 9 : 18).
            En contraste avec sa prière publique, devant la foule (v. 16), Jésus prie maintenant seul, bien que ses disciples soient avec Lui. Personne ne pouvait en effet entrer dans les exercices de cœur qui L’occupaient profondément à ce moment-là, comme le montre ensuite la conversation avec ses disciples (v. 18b-22). Il éveille leurs sentiments en leur demandant quelle est l’opinion des gens à son égard. Les disciples savaient que les diverses pensées au sujet de Jésus n’étaient rien d’autre que de simples théories ; elles n’étaient pas basées sur des faits, et ne reflétaient aucun désir de chercher la vérité – car ce qu’il y a de terrible, comme le disait quelqu’un, c’est que, quand on cherche la vérité, on la trouve. Mais Pierre répondra, pleinement convaincu : Tu es « le Christ de Dieu ! », lorsque le Seigneur demandera à ses disciples : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » (v. 20).
            Pourtant le Seigneur a commandé à ses disciples de ne dire à personne qu’Il était le Christ. Puis Il a souligné qu’il fallait « que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté… qu’il soit mis à mort, et qu’il soit ressuscité le troisième jour » (v. 22). Bien qu’il fût le Christ, le Roi oint par Dieu, il ne fallait cependant pas parler de Lui à la nation. Le temps n’était pas venu pour occuper le trône ; Il devait d’abord souffrir. Il ne voulait pas que le peuple fasse un geste pour Le faire roi. Et les disciples n’entraient pas du tout dans les pensées de Christ. Combien alors le Seigneur a été seul, profondément seul, dans cette souffrance qui occupait si intensément son âme et qu’Il ne pouvait partager ! Ne L’aimons-nous pas davantage en pensant à cela ?
            L’enfant de Dieu, lui aussi, doit être préparé à traverser des exercices d’âme dans la solitude. Dans toute vie surgissent des questions que nul autre n’est à même de saisir de la même manière, des questions qui doivent être portées devant Dieu dans la prière solitaire.

                Je laisse à tes pieds mes fardeaux,
                Devant Toi, je dépose tous mes soucis ;
                Et chaque fois que je ne sais pas me diriger,
                J’abandonne à tes pieds mes fardeaux.
                Tu m’attires à tes pieds pour prier ;
                Près de Toi, mon cœur trouve la paix.


            Il y a certains soucis que le croyant ne s’attend pas à voir partagés par d’autres, bien qu’il puisse essayer, avec douceur, de leur suggérer de les porter avec lui. Mais ce genre de prière est indispensable pour maintenir une communion réelle de l’âme avec Dieu.


La prière de Jésus anticipant le royaume

            « Il arriva… que [Jésus] prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et qu’il monta sur la montagne pour prier. Comme il priait, l’apparence de son visage devint tout autre, et son vêtement d’une blancheur resplendissante comme un éclair » (Luc 9 : 28-29).
            La gloire devait suivre les souffrances volontaires de Christ, sa mort et sa résurrection. N’en est-elle pas une magnifique conséquence ? Il n’est donc pas étonnant que la prière de Jésus, seul à l’écart (v. 18), soit suivie d’une autre prière qui se termine par cette merveilleuse transfiguration où apparaissent avec Lui Moïse et Élie, ces deux hommes de Dieu de l’Ancien Testament. Dans cette gloire même, ils parlaient ensemble « de sa mort qu’il allait accomplir à Jérusalem » (v. 31).
            C’est un beau tableau du royaume de Dieu à venir, comme nous l’indique le verset 27, bien que ce ne soit qu’une vision brève et momentanée. Le Seigneur avait enseigné à ses disciples à demander : « Que ton règne vienne » (Matt. 6 : 10). Et sans doute le Seigneur a-t-Il exprimé à ce moment-là dans sa prière le désir ardent de son cœur : le jour béni de sa venue en gloire. En effet, comment le fidèle et véritable Serviteur de Dieu pouvait-Il trouver du repos ou de la joie dans les tristes circonstances qui L’entouraient, avec la mort qui se profilait devant Lui ? Il en détourne son regard, pour le porter sur l’avenir, dont la certitude peut Lui procurer, pour le présent, une joie infinie et une pleine confiance.
            Il y a donc là un autre caractère de la prière qui doit engager le cœur du croyant pour qu’il puisse se maintenir dans le service du Seigneur avec une attitude de piété et une marche conséquente. Les conditions terrestres n’ont rien pour le satisfaire. Cependant, il trouve ses délices dans la contemplation de la gloire à venir ; il est alors paisible et content, quelles que soient les circonstances. Du moins, il en est ainsi lorsque, dans une prière sincère, il exprime l’ardent désir de son cœur de voir arriver le jour où son Seigneur sera élevé au-dessus de tout.

                  Bientôt, Seigneur, sur ta face,
                  Tes rachetés pourront voir
                  Le sourire de la grâce
                  Joint à l’éclat du pouvoir.


Louange au Père pour sa sagesse

            « Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi » (Luc : 10 : 21).
            Les 70 disciples envoyés par le Seigneur Jésus sont revenus vers Lui avec joie, étonnés et enthousiastes : Il leur avait donné la puissance miraculeuse de chasser les esprits immondes et les démons. Le Seigneur leur dit de ne pas se réjouir de cette puissance qu’ils ont reçue, mais plutôt de ce que leurs noms sont inscrits dans les cieux (v. 20). Il était important en effet qu’ils ne soient pas centrés sur leur propre œuvre, au point de ne plus avoir de temps pour méditer sur l’œuvre de Dieu, infiniment supérieure. Un exemple nous est donné aussitôt dans la merveilleuse prière de Jésus. C’est une prière de joie et d’actions de grâces rendues à son Père pour la sagesse qu’Il a déployée en révélant les choses éternelles et célestes aux « petits enfants » Cette révélation ne dépendait pas des capacités de l’homme, ni de sa connaissance, mais du cœur plein de grâce de Dieu.
            Cette prière, précise et si belle, vient à propos pour nous rappeler de garder notre place. Elle attribue à notre Dieu et Père des conseils et une sagesse bien plus élevés que tout ce à quoi les hommes peuvent atteindre. Les cœurs sont alors remplis de joie et de vraies actions de grâces, comme il en a été pour l’apôtre Paul lorsqu’il s’écriait avec ferveur : « Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies indiscernables ! Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ? Qui lui a donné le premier, pour qu’il lui soit rendu ? Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! À lui la gloire éternellement ! Amen » (Rom. 11 : 33-36). Cette prière est importante pour nous maintenir fidèles, dans le vrai caractère chrétien.


Un exemple pour ses disciples

            « Comme Jésus était en prière en un certain lieu, après qu’il eut terminé, il arriva qu’un de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne-nous à prier » (Luc 11 : 1).
            À la fin du chapitre 10, le Seigneur avait approuvé Marie de Béthanie parce qu’elle avait choisi la « bonne part », la seule chose qui était nécessaire : s’asseoir à ses pieds (v. 39, 42).
            Maintenant, les disciples voient leur Maître en prière et l’un d’eux Lui demande : « Seigneur, enseigne-nous à prier ». Ne pouvons-nous pas en déduire que par son exemple, Jésus voulait susciter un exercice spirituel dans l’âme de ses disciples ? Maître béni ! Ses prières reçoivent toujours une réponse. Prier pour l’exercice spirituel du peuple de Dieu est extrêmement nécessaire pour que celui-ci soit béni et conduit dans le bon et vrai chemin. Si le Seigneur ne priait pas pour nous, il est vraisemblable que notre exercice spirituel se réduirait à rien.
            Si nous avons appris nous-mêmes la valeur et l’importance d’un sérieux exercice de piété dans la prière, ne devrions-nous pas rechercher la face du Seigneur avec le désir sincère que d’autres enfants de Dieu soient aussi enseignés par le Seigneur à prier ? Ne sommes-nous pas attristés qu’il y ait parmi les croyants une trop grande lacune dans la prière et un manque de vraie communion avec Dieu ? N’y a-t-il pas aussi, semble-t-il, une connaissance restreinte de la manière dont il faut prier ?
            Souvenons-nous des paroles de Samuel adressées à Israël : « Quant à moi aussi, loin de moi que je pèche contre l’Éternel, que je cesse de prier pour vous » (1 Sam. 12 : 23).

…………………………

            Un croyant nous rappelle quelques points essentiels pour une prière efficace :
                  - Avoir un but défini : une prière vague ou une confession générale des péchés n’aboutit pas à grand-chose.
                  - Prier par l’Esprit : nos motifs sont souvent un obstacle à l’exaucement.
                  - Étudier la Parole : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela sera fait pour vous » (Jean 15 : 7).
                  - Avoir un cœur purifié : « Si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu ; et quoi que nous demandions, nous le recevons de lui » (1 Jean 3 : 21-22).
                  - Avoir une foi inébranlable : c’est une foi qui s’attend avec hardiesse à un Dieu qui opère des miracles. Exerçons-nous à attendre de Dieu ce qui est inattendu.
                  - Prier « en son nom » (Jean 14 : 13-14) - au nom de Jésus !


Actions de grâces avant son sacrifice

            « Ayant reçu une coupe, [Jésus] rendit grâces et dit : Prenez ceci et distribuez-le entre vous… Puis, ayant pris un pain, ayant rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi ; de même la coupe aussi, après le souper, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est versé pour vous » (Luc 22 : 17-20).

            C’est le seul cas dans l’Évangile de Luc où il nous est dit que Jésus « rendit grâces », et cela est dit à deux reprises :
                  - la première fois (v. 17) pour la coupe en relation avec la fête de Pâque, en anticipation de sa mort proche ;
                  - la seconde fois (v. 19) lorsqu’Il institua la Cène, qui serait le mémorial béni de sa mort accomplie.
            Le Seigneur rend grâces à son Père, sachant que dans quelques heures à peine Il va être offert en sacrifice. La profondeur et la réalité de ce qu’Il a éprouvé à ce moment-là doivent certainement émouvoir nos cœurs et les pousser à une profonde reconnaissance. Si Jésus pouvait rendre grâces à son Père à ce moment solennel où Il instituait le mémorial du grand sacrifice qu’Il allait accomplir en notre faveur, quelle sera notre réponse lorsque nous avons le privilège d’être assemblés autour de Lui ? Que de chacun de nos cœurs puissent jaillir des prières d’actions de grâces vers Celui qui en est infiniment digne !

                 Quel encens rare et sans mélange
                 T’offriraient les tiens en retour ?
                 Le parfum de notre louange
                 N’est-il pas, Jésus, ton amour ?


            Ne limitons pas non plus, bien sûr, ces actions de grâces à l’heure du culte, à la fraction du pain seulement. La célébration de la Cène est pour nous le moment béni où nous rendons grâces en étant ensemble, mais le cœur de l’enfant de Dieu peut s’élever à tout moment en reconnaissance et en adoration envers le Père pour le don précieux et béni de son Fils. Cela apportera à la prière, en tout temps, un parfum de spontanéité et de douceur.


D’après L. M. Grant

À suivre