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JÉRÉMIE ET SA PROPHÉTIE (1)
(Brefs commentaires sur quelques passages du livre de Jérémie)

          Au début de son livre, nous lisons que la parole de l’Éternel vint à Jérémie durant les 40 dernières années du royaume de Juda (règnes de Josias, Jehoïakim, Jehoïakin et Sédécias). Dans les chapitres 43 et 44, Dieu se sert encore de lui, alors qu’il est en Égypte où il a été contraint de fuir avec quelques-uns des Juifs qui continuaient à désobéir à Dieu.
            Sa vie a été une vie de service fidèle envers l’Éternel ; cependant, elle a été en même temps une succession de tristes expériences au milieu d’un peuple refusant constamment de prendre garde aux messages que Dieu donnait par son prophète. Il n’y a rien d’étonnant à ce que Jérémie ait été appelé le prophète qui pleure.

L’appel de Jérémie et l’encouragement divin

            Jérémie a été sacrificateur aussi bien que prophète ; pourtant, sa vie a été menacée à plusieurs reprises par ses compatriotes désobéissants. À vue humaine, il avait toutes les raisons de craindre pour sa vie et sa sécurité. Toutefois, dès son appel, alors qu’il était un jeune homme, Dieu lui a donné l’assurance qu’il serait avec lui : « La parole de l’Éternel vint à moi, disant : Avant que je te forme dans le ventre de ta mère, je t’ai connu, et avant que tu sortes de son sein, je t’ai sanctifié, je t’ai établi prophète pour les nations. Et je dis : Ah, Seigneur Éternel ! voici, je ne sais pas parler ; car je suis un enfant. Et l’Éternel me dit : Ne dis pas : Je suis un enfant, car pour tout ce pour quoi je t’enverrai, tu iras, et tout ce que je te commanderai, tu le diras. Ne les crains point ; car je suis avec toi pour te délivrer, dit l’Éternel » (1 : 4-8). À la fin de ce premier chapitre, nous lisons encore : « Ils combattront contre toi, mais ils ne l’emporteront pas sur toi, car moi je suis avec toi » (v. 19). Quel encouragement donné par Dieu à son jeune serviteur !
           Nous vivons pratiquement à la fin de la période de la grâce de Dieu. Le jugement approche rapidement. La chrétienté se rebelle de plus en plus contre la Parole. Qu’il y ait des jeunes hommes et des jeunes femmes qui résistent à cette marée du mal et tiennent ferme pour Dieu !

DIeu veille sur sa parole pour l’exécuter

         L’Éternel avait assuré à Jérémie, le jeune prophète, qu’il avait mis ses paroles dans sa bouche. Mais avant de commencer à se servir de lui comme son prophète, Dieu le teste. Il a également ses moyens pour nous mettre à l’épreuve.
            « La parole de l’Éternel vint à moi, disant : Que vois-tu, Jérémie ? Et je dis : Je vois un bâton d’amandier. Et l’Éternel me dit : Tu as bien vu car je veille sur ma parole pour l’exécuter. Et la parole de l’Éternel vint à moi une seconde fois, disant : Que vois-tu ? Et je dis : Je vois un pot bouillant, dont le devant est du côté du nord. Et l’Éternel me dit : Du nord le mal fondra sur tous les habitants du pays » (1 : 11-14).
            
Dieu veille sur sa parole pour l’exécuter ; c’est la première chose que Jérémie avait à apprendre. Tout messager de Dieu doit en être convaincu. Notre Dieu est un Dieu qui ne peut pas mentir, affirme l’Écriture : « Dieu n’est pas un homme, pour mentir » (Nom. 23 : 19) ; « la vie éternelle que Dieu, qui ne peut mentir, a promise » (Tite 1 : 2) ; « deux actes irrévocables, dans lesquels il était impossible que Dieu mente » (Héb. 6 : 18).
            Les paroles que le prophète prononce au nom de Dieu ne sont pas de simples mots. Si la Parole de Dieu a souvent produit aussitôt son effet, il a fallu parfois des siècles pour qu’elle s’accomplisse. Certaines choses que Dieu nous a dites ne verront leur réalisation que dans l’avenir. Mais il n’y a pas « un seul iota ou un seul trait de lettre » de la Parole de Dieu (Matt. 5 : 18) sur lesquels nous ne puissions compter avec une pleine certitude. Dieu se porte garant de sa Parole et Il exécutera tout ce qu’Il a dit et promis.
           Dès le début de son ministère prophétique, Jérémie a su pourquoi le jugement de Dieu allait s’abattre sur son peuple et il a appris d’où il viendrait. Josias, le roi de Juda, est mort en essayant d’empêcher Neco, le pharaon d’Égypte, de poursuivre ses buts politiques. Mais Dieu a montré d’une manière évidente que le danger pour Juda ne venait pas du sud - l’Égypte est au sud d’Israël -, mais du nord, où se trouve l’Assyrie et Babylone. Le roi Josias lui-même a recherché l’Éternel et il a fait ce qui est droit à ses yeux : il a voulu ramener Juda à l’Éternel. Mais malheureusement le cœur du peuple n’était pas avec le roi dans ce retour vers Dieu. Les hommes de Juda avaient abandonné l’Éternel et s’étaient détournés vers des idoles.

La douleur du prophète

          À partir du chapitre 2 de la prophétie de Jérémie, Dieu emploie de nombreuses images exprimant sa tristesse au sujet de l’infidélité de Juda à son égard : « ils m’ont abandonné… pour se creuser..  des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau » (2 : 13) ; « vigne étrangère » (v. 21), « dromadaire légère… ânesse sauvage » (v. 23-24).
         Présentant cette infidélité comme un adultère spirituel (3 : 1), l’Éternel supplie Juda de revenir à Lui. Il entrevoit l’avenir, lorsque ce peuple réuni aux dix tribus d’Israël Lui sera ramené. Dans l’intervalle Il annonce le jugement contre son peuple à cause de sa rébellion. Il lui dit : « Ta voie et tes actions ont amené sur toi ces choses, c’est là ton iniquité ; oui, c’est une chose amère ; oui, elle pénètre jusqu’à ton cœur » (Jér. 4 : 18).
            Profondément affligé par ce message, Jérémie, dans sa détresse, pousse ce cri : « Mes entrailles ! mes entrailles ! je suis dans la douleur ! Les parois de mon cœur ! Mon cœur est en tumulte au dedans de moi, je ne puis me taire ; car, mon âme, tu entends le son de la trompette, la clameur de la guerre ! Ruine sur ruine se fait entendre, car tout le pays est dévasté… Jusqu’à quand verrai-je l’étendard, entendrai-je la voix de la trompette ? Car mon peuple est fou, ils ne m’ont pas connu… ils n’ont pas d’intelligence ; ils sont sages pour faire le mal, mais ils ne savent pas faire le bien » (4 : 19-22).
            Dans l’Écriture, les entrailles sont considérées comme le siège des émotions, tandis que pour nous les émotions se rattachent plutôt au cœur. La parole de Dieu est une réalité pour le prophète ; en pensée, il entend la trompette et discerne l’étendard de la guerre ! Prenons-nous vraiment à cœur le message de Dieu ? Jusqu’à quel point nous touche-t-il personnellement ? Le sort de ceux qui ne sont pas sauvés et le jugement qui va bientôt tomber nous affectent-ils ? Ou bien, après avoir prêché ces choses, nous nous en allons avec le sentiment du devoir accompli ?
            L’Éternel répond avec tristesse aux questions du prophète. « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse, et la connaissance du Saint est l’intelligence » (Prov. 9 : 10). Sages pour faire le mal, voilà ce que nous sommes aussi devenus, souvent sans savoir faire le bien.

L’état moral caché derrière une façade de piété

            À plusieurs reprises, Dieu envoie Jérémie dans des lieux publics pour proclamer sa parole. Au chapitre 7, nous le voyons « dans la porte de la maison de l’Éternel » (v. 1), devant le temple. Parfois il s’y trouve à l’occasion d’une fête ou d’un jeûne, parmi le peuple attiré là de tous les alentours. Il est alors à la vue de tous, mais très impopulaire ! Au chapitre 26, son apparition en public sera même la cause d’un attentat contre lui.
            Jérémie déclare ici : « Écoutez la parole de l’Éternel, vous, tout Juda, qui entrez par ces portes pour vous prosterner devant l’Éternel. Ainsi dit l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël : Amendez vos voies et vos actions, et je vous ferai demeurer dans ce lieu. Ne mettez pas votre confiance en des paroles de mensonge, disant : « C’est ici le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel ! » (7 : 2-4).
            Pendant les trois ans et demi de son ministère public, notre Seigneur Jésus aussi était habituellement à la vue de tous. Lors de sa comparution devant le souverain sacrificateur, quand on Le questionne au sujet de ses disciples et de sa doctrine, Il répond : « Moi, j’ai ouvertement parlé au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple où tous les Juifs s’assemblent, et je n’ai rien dit en secret » (Jean 18 : 20).
            Bien que Jérémie ait été souvent envoyé au temple, ce n’était pas à cause de la sainteté de ce lieu. Les gens alors – comme beaucoup de personnes aujourd’hui – étaient fiers de leurs bâtiments splendides, mais leurs activités quotidiennes, idolâtres et égoïstes, montraient que leur cœur était bien loin de l’Éternel. Dieu veut de la sincérité ! De simples pratiques religieuses extérieures n’apportaient rien. L’Éternel allait bientôt mettre de côté le temple de Jérusalem, exactement comme Il l’avait fait autrefois pour Silo, le lieu où Il avait été adoré (Jér. 7 : 12).
            Ne pensons pas que le lieu où nous nous rassemblons nous donne du mérite devant Dieu. Il recherche des cœurs purs – des cœurs qui Lui soient fidèles !

Le refus des conducteurs de Juda de prendre garde aux avertissements divins

            « Les sages sont couverts de honte, ils ont peur, et sont pris ; voici, ils ont méprisé la parole de l’Éternel, et quelle sagesse ont-ils ?... Ainsi dit l’Éternel : Que le sage ne se glorifie pas dans sa sagesse, et que l’homme vaillant ne se glorifie pas dans sa vaillance ; que le riche ne se glorifie pas dans sa richesse ; mais que celui qui se glorifie, se glorifie en ceci, qu’il a de l’intelligence et qu’il me connaît ; car je suis l’Éternel, qui use de bonté, de jugement et de justice sur la terre, car je trouve mes délices en ces choses-là, dit l’Éternel » (Jér. 8 : 9 ; 9 : 22-23).
            Quelle différence entre la sagesse de ce monde et ce que Dieu reconnaît comme la vraie sagesse ! Il est triste de voir la sagesse de ce monde caractérisée par le rejet de Dieu, de sa Parole et de son autorité. En revanche, l’homme se vante de ce qu’il est lui-même ; il est fier de sa sagesse, de sa puissance et de ses richesses. Dans les jours de Jérémie, les conducteurs de Juda refusaient de prendre garde aux avertissements de Dieu concernant le jugement imminent qui allait venir sur eux ; ils se confiaient plutôt dans leurs idoles, dans leurs alliances et dans leurs mesures défensives. Paix, paix, disaient-ils ; pourtant, il n’y avait pas de paix. L’ennemi était en chemin.
         Le cœur de l’homme ne s’est pas amélioré, 2600 ans après la prophétie de Jérémie. Les déclarations des scientifiques sur l’origine de l’univers et de l’homme dans cet univers sont diverses et toujours changeantes ; elles ont seulement ceci en commun : Dieu n’y est pour rien ! Les théories des hommes conduisent à des absurdités, mais cela ne les dérange pas. Quelles que soient les difficultés du temps actuel et aussi insolubles que s’avèrent les problèmes de ce monde, tous les politiciens, croyant avoir des réponses à ces difficultés, promettent de les résoudre. Tout cela en vain ! Mais leurs échecs répétés ne semblent pas interpeller les sages de ce monde.
            Cependant, Dieu continue à plaider auprès des hommes, leur présentant encore son amour et le Sauveur qu’Il a donné. Oh, tournez-vous vers Lui maintenant !

Jérémie, objet des complots de la part des siens

            Les expériences de Jérémie étaient souvent difficiles. Il était sacrificateur ; sa ville natale, Anathoth, était une ville de sacrificateurs appartenant à l’héritage de la tribu de Benjamin (Jos. 21 : 17-19). Cependant, nous lisons au chapitre 11 que les hommes d’Anathoth en voulaient à sa vie : « C’est pourquoi, ainsi dit l’Éternel au sujet des hommes d’Anathoth qui en veulent à ta vie, disant : Ne prophétise pas au nom de l’Éternel, afin que tu ne meures pas par nos mains ; -- c’est pourquoi, ainsi dit l’Éternel des armées : Voici, je les punis : les jeunes hommes mourront par l’épée, leurs fils et leurs filles mourront par la famine, et il ne restera rien d’eux ; car je ferai venir du mal sur les hommes d’Anathoth, l’année où ils seront visités » (11 : 21-23).
            
Plus loin, il nous est dit que ses frères et la maison de son père étaient parmi eux (12 : 6). Nous trouvons encore d’autres allusions à cette haine contre Jérémie, à mesure que nous avançons dans la lecture de son livre.
            Au sujet de notre Seigneur Jésus, nous lisons : « Ses frères non plus ne croyaient pas en lui » (Jean 7 : 5) ; « Ses proches sortirent pour se saisir de lui ; car ils disaient : Il n’a plus son bon sens » (Marc 3 : 21). Heureusement, les choses ont changé après sa résurrection. Dans la chambre haute, les disciples de Jésus « persévéraient d’un commun accord dans la prière, avec quelques femmes, et Marie la mère de Jésus, et avec ses frères » (Act. 1 : 13-14). Deux d’entre eux, Jacques et Jude, se nomment eux-mêmes « esclaves de Jésus Christ » dans les épîtres qu’ils ont écrites.
           Aujourd’hui, le croyant qui désire être fidèle au Seigneur Jésus rencontre souvent une opposition semblable de la part de gens qui lui sont chers ou de sa parenté. Si certains versets se rapportaient à la grande tribulation à venir – comme Marc 13 : 12-13 : « Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir ; et vous serez haïs de tous à cause de mon nom » -, ceux de Jean 15 : 18-21, montrent que cela est aussi vrai pour nous aujourd’hui.

Le prophète devant se séparer du peuple voué par Dieu au jugement

            « La parole de l’Éternel vint à moi, disant : Tu ne te prendras pas de femme et tu n’auras pas de fils ni de filles en ce lieu-ci… N’entre pas dans la maison de lamentation, et ne va pas pour pleurer, et ne mène pas deuil sur eux ; car j’ai ôté à ce peuple, dit l’Éternel, ma paix, -- la bonté, et les compassions. Et grands et petits mourront dans ce pays… Et tu n’entreras pas dans une maison de festin afin de t’asseoir avec eux pour manger et pour boire » (Jér. 16 : 1, 5-6, 8).
            Pour Jérémie, servir l’Éternel impliquait le sacrifice de beaucoup de choses que nous considérons comme naturelles et légitimes. Il ne devait pas avoir de femme, ni de fils ou de filles ; il ne pouvait participer à aucune activité sociale, ni à des funérailles ou à un repas de fête – toutes ces choses étaient interdites au prophète de l’Éternel. Il devait être, en fait, un homme solitaire au milieu d’un peuple voué par Dieu à un jugement terrible. Les gémissements comme les festivités cesseraient dans le royaume de Juda. Le peuple subirait une fin douloureuse, ou serait emmené en captivité dans un pays étranger.
           Comme croyants désirant être fidèles au Seigneur, nous sommes souvent privés de bien des choses. Cette privation est en réalité un effet de sa miséricorde envers nous. Quand Jérusalem est tombée, Jérémie n’avait pas de femme ni d’enfants qui auraient pu être maltraités ou tués par les ennemis. En revanche, les femmes et les enfants du roi Sédécias ont été amenés aux Chaldéens, et ses fils égorgés devant ses yeux ; c’est probablement la dernière chose qu’il a vue avant que ses propres yeux soient crevés (38 : 22- 23 ; 52 : 10-11).
            Notre Seigneur compense richement les pertes que nous subirons. « En vérité, je vous dis : il n’y a personne qui ait quitté maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, à cause de moi et à cause de l’évangile, et qui n’en reçoive maintenant, en ce temps-ci, 100 fois autant, maisons, et frères, et sœurs, et mères, et enfants, et champs, avec des persécutions et, dans le siècle qui vient, la vie éternelle » (Marc 10 : 29-30).


D’après E. P. Vedder - « Le Seigneur est proche » – année 2013


À suivre