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Enracinés, édifiés, fondés


1 - Enracinés
          1. 1 « Enracinés » dans l’amour

          1. 2 Des racines profondes et étendues
2 - Édifiés          
          2. 1 Marcher en Lui
          2. 2 Enracinés et édifiés en Lui
          2. 3 Affermis

3 - Fondés
          3. 1 Enracinés et fondés
          3. 2 Fondés et fermes
          3. 3 Tenir ferme et demeurer ferme

            Dans ses épîtres, l’apôtre Paul évoque à plusieurs reprises l’état spirituel des croyants en Christ. Rempli de sollicitude pour les saints aussi bien que pour toutes les assemblées (2 Cor. 11 : 28 ; Phil. 2 : 20), il désirait l’affermissement et la croissance des unes comme des autres. Nous voyons par exemple qu’il exhorte les croyants de Colosses à être « enracinés et édifiés » en Christ. (Col. 2 : 6). Ou encore, au cours d’une prière en faveur des croyants d’Éphèse, il demande qu’ils soient à la fois « enracinés et fondés » dans l’amour divin (Éph. 3 : 17).
            Considérons d’un peu plus près ces deux passages des épîtres de Paul, dans le sentiment de l’importance pour les enfants de Dieu d’être pleinement établis et affermis en Christ.


1 - Enracinés

            « Que le Père…vous donne d’être fortifiés en puissance par son Esprit quant à l’homme intérieur, pour que… vous soyez enracinés et fondés dans l’amour. » (Éph. 3 : 16-17).
            
Une première prière de l’apôtre Paul pour les saints à Éphèse est rapportée au début de l’épître (1 : 15-23). Elle est adressée « au Dieu de notre Seigneur Jésus Christ » ; Paul exprime trois grandes demandes en faveur des saints, afin qu’ils sachent :
                  - quelle est « l’espérance de l’appel » divin, ce « saint appel » en grâce (2 Tim. 1 : 9) et « dans le Christ Jésus » (Phil. 3 : 14) ; il vient d’en haut pour leur bénédiction céleste (voir 1 : 3) ; l’espérance de cet appel est le but final qui sera atteint lorsque le Seigneur Lui-même nous introduira dans le ciel ;
                  - quelles sont « les richesses de la gloire de son héritage » en eux ; Christ est « l’héritier de tout » (Héb. 1 : 2 ; voir Ps. 2 : 8), de toutes les choses créées, et les saints, qui ont été « faits héritiers en lui » (1 : 11), sont « héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ » (Rom. 8 : 17) ; ils entreront dans son héritage millénaire avec Lui ;
                  - quelle est l’extraordinaire puissance qui « opère » (qui agit) envers les croyants aujourd’hui ; cette même énergie en puissance dans la force de Dieu a été produite dans la résurrection du Seigneur Jésus (v. 19-20) ; elle agit ici envers nous, mais nous apprenons qu’elle agit aussi en nous (3 : 20).

            Toutes ces bénédictions - l’appel, l’héritage, la puissance - viennent de Dieu. L’apôtre désire que les saints le sachent et le réalisent, à la gloire de Dieu et de son amour envers nous dans son propos éternel en bénédiction (voir 1 : 3-14).
            Dans une deuxième prière (3 : 14-21), l’apôtre exprime encore plusieurs demandes au « Père de notre Seigneur Jésus Christ », pour le bénéfice de ces « saints et fidèles… dans le Christ Jésus » (1 : 1). En fait, sa prière comporte six points différents, liés ou découlant les uns des autres :
                  - qu’ils soient fortifiés par le Saint Esprit, dont la puissance divine s’exerce dans les rachetés ;
                  - que Christ habite dans leur cœur, y occupant une place permanente ;
                  - qu’ils soient enracinés et fondés dans l’amour ;
                  - qu’ils soient capables de comprendre le plan divin, immense dans toutes ses « dimensions » ;
                  - qu’ils connaissent l’amour du Christ, le centre des conseils divins ;
                  - qu’ils soient remplis jusqu’à la plénitude de Dieu, qui est « tout ce que Dieu est en tant que révélé et manifesté en Christ » (H. Smith).

                        1. 1 « Enracinés » dans l’amour
            Nous nous limiterons à considérer le troisième point, qui fait l’objet de nos réflexions. L’apôtre désirait que les croyants soient « enracinés et fondés dans l’amour » ; nous remarquons l’association des termes « enracinés » et « fondés » ; mais nous verrons le mot « fondé » un peu plus loin.
            Christ lui-même demeure dans le cœur du chrétien (deuxième point de la prière de Paul) par la puissance du Saint Esprit dans « l’homme intérieur ». Réalisant une telle bénédiction, le croyant plongera ses « racines » dans l’amour et, en même temps, il y sera solidement établi. Un tel état le rendra capable de « connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance ». Cela ne veut pas dire qu’il connaît parfaitement cet amour divin – c’est impossible pour le croyant sur la terre et dans sa faiblesse. D’ailleurs le verbe « connaître » n’a pas ici le même sens que lorsque le Seigneur dit : « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père » (Matt. 11 : 27), ou lorsqu’il est dit que nous sommes « connus » de Dieu (voir 1 Cor. 13 : 12 ; 2 Cor. 6 : 9). Il s’agit plutôt d’une connaissance de l’amour du Christ qui se développe progressivement, comme les racines d’un arbre, jusqu’à ce que nous arrivions au moment où nous connaîtrons comme nous avons été connus (voir 1 Cor. 13 : 12). En attendant ce jour de gloire, attachons-nous toujours plus à « connaître l’Éternel » (Osée 6 : 3), à progresser dans la connaissance de l’amour du Christ.

                        1. 2 Des racines profondes et étendues
            La grandeur et la beauté d’un arbre dépendent de la bonne santé de ses racines. Nous lisons dans le prophète Ézéchiel, au sujet d’Assur (l’Assyrie), comparé à un grand cèdre du Liban, arbre magnifique : « Il était beau dans sa grandeur et dans la longueur de ses branches, parce que sa racine était auprès de grandes eaux » (31 : 7). Les racines d’un arbre ne se voient pas, mais elles sont généralement aussi importantes que son branchage. Elles s’étendent sous la terre, à la recherche de l’eau et de la nourriture, assurant ainsi sa vie et sa croissance.
            Le prophète Jérémie nous propose un bel exemple de la croissance et de la bénédiction de celui qui place sa confiance en Dieu : « Béni l’homme qui se confie en l’Éternel, et de qui l’Éternel est la confiance ! Il sera comme un arbre planté près des eaux ; et il étendra ses racines vers le courant ; et il ne s’apercevra pas quand la chaleur viendra, et sa feuille sera toujours verte ; et dans l’année de la sécheresse il ne craindra pas, et il ne cessera de porter du fruit » (Jér. 17 : 7-8).
            En puisant dans la Parole de Dieu, par laquelle elles se développent, nos « racines spirituelles » abreuvent et nourrissent l’homme intérieur qui est ainsi « renouvelé de jour en jour » (2 Cor. 4 : 16) dans ses affections pour Christ. Par cette Parole (le courant d’eau), la feuille est toujours « verte » : c’est la manifestation extérieure visible de la vie de celui qui demeure en Christ ; le « fruit », c’est ce que produit la vie de Christ dans le croyant, pour la gloire de Dieu (comp. Jean 15 : 4-5, 8). Ainsi « enraciné » dans l’amour du Christ, le croyant ne craint pas la chaleur de l’épreuve, car il sait que la Parole affirme : « Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez supporter, mais avec la tentation il fera aussi l’issue, afin que vous puissiez la supporter » (1 Cor. 10 : 13) ; « Il ne craindra pas une mauvaise nouvelle ; son cœur est ferme, se confiant en l’Éternel » (Ps. 112 : 7).
            Quelqu’un a écrit : « Quand le Seigneur Jésus demeure dans notre cœur, et y prend toujours plus de place, quand son amour est devant nous chaque jour de manière nouvelle et toujours plus grande, alors notre foi croît et notre confiance en Dieu s’approfondit. Nous sommes alors fermement ancrés en notre Dieu - même lorsque arrivent les tempêtes ». Demeurons toujours près de la source de la vie, Christ Lui-même, et ainsi nous serons toujours plus profondément ancrés dans son immense amour.


2 - Édifiés

            « Ainsi, comme vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur, marchez en lui, enracinés et édifiés en lui, et affermis dans la foi, …abondant en elle avec des actions de grâces » (Col. 2 : 6-7).
            
Nous avons reçu (comp. Jean 1 : 12) dans nos cœurs, par la grâce de Dieu, cette Personne divine qui est le Christ (l’Oint de Dieu), Jésus (le Sauveur), le Seigneur - Celui qui a toute autorité. Sommes-nous conscients de cette part extraordinaire qui est celle des enfants de Dieu ? A-t-Il en permanence la « première place » (Col. 1 : 18), la place d’honneur dans notre cœur, dans notre vie ? Quel bonheur inexprimable, lorsque, bientôt, Il y aura toute la place !
            Dans ce passage de l’épître aux Colossiens, nous trouvons au verset 7 trois pensées relatives au fait que nous avons « reçu le Christ Jésus, le Seigneur » :
                  - nous devons « marcher en lui » sur cette terre, dans la conscience de ce que ce fait implique ;
                  - être « enracinés et édifiés en lui » ;
                  - être « affermis dans la foi ».

                        2. 1 Marcher en Lui
            
Pour que notre marche soit « en lui », semblable à la sienne lorsqu’Il était Homme sur la terre, nous devons être dans une communion constante avec Lui. L’apôtre Jean nous dit : « Si quelqu’un dit demeurer en lui » (c’est la communion avec Lui), « il doit lui-même marcher comme lui a marché (c’est la marche en Lui) » (1 Jean 2 : 6).
            Une marche conforme à ce qu’a été la sienne, c’est une marche toujours guidée par le Saint Esprit (5 : 25), c’est « marcher d’une manière digne du Seigneur » (Col. 1 : 10). Il convient donc que notre marche soit selon les caractères mentionnés par l’apôtre, dont le premier est que nous soyons « enracinés en lui ».

                        2. 2 Enracinés et édifiés en Lui
            
Dans cette expression, deux caractères de la marche chrétienne telle que Paul la définit sont donnés : nous passons d’une image de la nature (un arbre et ses racines) à celle d’un édifice dont la croissance est visible ; plus les murs d’un bâtiment s’élèvent et que la construction progresse, plus sa forme et sa beauté apparaissent.
            L’association des deux termes « enracinés » et « édifiés » donne la pensée d’une base solide sur laquelle la croissance se développe. « Enraciné » est en rapport avec le fait que nous sommes actuellement sur la terre ; « édifiés » nous rappelle que nous sommes désormais du ciel et destinés à entrer au ciel.
            L’arbre est un type souvent employé dans la Parole de Dieu. Après avoir vu ce que le prophète Jérémie nous dit au sujet de l’arbre planté près des eaux, nous pouvons considérer un autre passage, dans le Psaume 1 : « … Il sera comme un arbre planté près des ruisseaux d’eaux, qui rend son fruit en sa saison, et dont la feuille ne se flétrit pas ; et tout ce qu’il fait prospère » (v. 3). De qui s’agit-il ? C’est le Seigneur Jésus Lui-même, l’homme béni qui se tient séparé des méchants et près de son Dieu, c’est l’Homme parfait et le Modèle du croyant. Dieu était toujours devant Lui (Ps. 16 : 8) ; sa Parole était l’objet constant de ses méditations. Il vivait selon cette Parole divine, elle était « cachée dans son cœur » (Ps. 119 : 11), objet de ses affections et de la joie de son cœur (Jér. 15 : 16). Sa vie était conduite par cette Parole, Il avait « incliné son cœur » à la mettre en pratique continuellement (Ps. 119 : 112).
            Que la Parole de Dieu puisse avoir une telle valeur pour nous ! Alors nous serons comme cet arbre bien planté près des ruisseaux de la grâce de Dieu, et dont les racines s’étendent vers le courant. Si nous restons en permanence dans « la vraie grâce de Dieu », nous croîtrons et serons « établis » en elle pour y demeurer (2 Pi. 3 : 18 ; 1 Pi. 5 : 12 ; Rom. 5 : 2) ; notre vitalité spirituelle sera maintenue, nous porterons du fruit pour Dieu. Comme Joseph autrefois, nous prospérerons dans tout ce que nous ferons par et pour le Seigneur, qui sera avec nous, que les circonstances de notre vie soient difficiles ou heureuses (voir Gen. 39 : 2-3, 23).

                                Croissance (ou : édification)
            
La croissance spirituelle est quelque chose d’indispensable pour les croyants. Lorsqu’un être vivant naît sur la terre, il ne peut que croître (sauf incident de santé) jusqu’à atteindre une certaine maturité. Un bébé devient un enfant, puis un adolescent et enfin un adulte. Il en est de même pour les croyants : ils doivent grandir et se développer spirituellement, croître « dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (2 Pi. 3 : 18 ; Col. 1 : 10). Ils doivent parvenir à maturité et devenir, selon l’expression de la Parole de Dieu, des « hommes faits », ou « parfaits » (Héb. 6 : 1 ; 1 Cor. 2 : 6 ; Phil. 3 : 15), dont le caractère nous est donné dans l’épître aux Hébreux : ce sont ceux qui « … par le fait de l’habitude, ont les sens exercés à discerner le bien et mal » (5 : 14).
            Dans sa première épître, l’apôtre Jean nous enseigne très clairement à cet égard : il montre trois états successifs dans la croissance spirituelle des croyants (2 : 13-14) :
                  - il y a d’abord les « petits enfants » - ceux qui « connaissent le Père », Celui qui les aime ;
                  - puis les jeunes gens, dont la caractéristique est la force - ils ont « vaincu le méchant » ;
                  - enfin, les « pères » dont il est dit simplement qu’ils « ont connu et connaissent celui qui est dès le commencement » (voir 1 Jean 2 : 13-14) ; c’est le summum de la croissance pour les croyants sur la terre.

            Un « petit enfant » doit devenir un « jeune homme », tout en conservant en lui ce qui caractérise le petit enfant ; puis il doit tendre à l’état de « père », tout en conservant la force spirituelle des « jeunes gens ».
            Ayons à cœur de faire de tels progrès, ne restant pas au stade de « petits enfants », susceptibles d’être « ballotés et emportés par tout vent de doctrine » (Éph. 4 : 14) ; faibles et sans discernement, ils ne sont pas « des hommes spirituels » (1 Cor. 3 : 1) ; « inexpérimentés dans la parole de la justice », ils ont encore besoin de lait spirituel (Héb. 5 : 13). Mais bien plutôt, « gardant la vérité dans l’amour », que « nous croissions en tout jusqu’à lui qui est le chef, le Christ » (Éph. 4 : 15). Bien enracinés dans l’amour de Christ, nous serons édifiés en Lui jusqu’à ce que nous L’atteignions, Lui, l’homme glorifié dans le ciel. Quel but merveilleux !

                                Le corps de Christ et la maison de Dieu
            
Notons, sans développer ce sujet, que si la Parole nous présente la croissance individuelle qui concerne chacun de nous individuellement, elle nous enseigne aussi quant au sujet important de la croissance collective de ceux qui constituent tous ensemble le corps de Christ et l’édifice, qui est la maison de Dieu. Citons simplement deux passages, l’un en rapport avec le corps, l’autre avec l’édifice, où nous trouvons le mot « ensemble » :
                  - Concernant le corps, nous lisons : « … que, gardant la vérité dans l’amour, nous croissions en tout jusqu’à lui qui est le chef, le Christ, de qui tout le corps, bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure qui le soutient, produit, selon l’action de chaque partie dans sa mesure, la croissance de ce corps pour être lui-même édifié en amour » (Éph. 4 : 15-16). Cette merveilleuse croissance du corps de Christ - les rachetés tous ensemble, dans la vérité et l’amour - nous conduit jusqu’à Lui !
                  - Concernant la maison, l’édifice, nous lisons : en Jésus Christ, « tout l’édifice, bien ajusté ensemble, grandit pour être un temple saint dans le Seigneur ; en lui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éph. 2 : 21-22). De la même manière que le corps, l’édifice est « bien ajusté ensemble », chaque pierre étant réunie à l’autre, parfaitement adaptée à sa place, toutes sont édifiées ensemble en Lui, qui est à la fois la pierre de fondement (És. 28 : 16) et la pierre du faîte – « Grâce, grâce sur elle ! » (Zac. 4 : 7).

                                Soyons édifiés, édifions-nous les uns les autres
            
Notre Dieu a la puissance de nous édifier par la parole de sa grâce (Act. 20 : 32). Écoutons-la et mettons-la en pratique afin que notre croissance dans la connaissance de Dieu et du Seigneur Jésus Christ se développe toujours plus, jusqu’à parvenir à la connaissance du « seul vrai Dieu », « le Père », et du « Fils de Dieu » (Jean 17 : 3 ; 1 Jean 2 : 13a-14 ; Éph. 4 : 13). Édifions-nous l’un l’autre individuellement (1 Thes. 5 : 11), mais aussi tous ensemble, sur « notre très sainte foi » (Jude 20) : la « foi » désigne ici les enseignements de la Parole de Dieu, la doctrine chrétienne, sainte car elle nous sépare du monde ; dans ce verset une note dit : « vous édifiant : bâtissant votre vie ». Montrons de l’amour entre nous, car l’amour que manifestent les disciples du Seigneur Jésus entre eux édifie (1 Cor. 8 : 1).

                        2. 3 Affermis
            
Notons, sans trop nous y arrêter, le troisième caractère souligné par l’apôtre dans notre passage de Colossiens 2, car il est aussi important. « Marchez en lui… affermis dans la foi ». Comme l’exprime un cantique, « sans la marche de la foi, ma vie est languissante » (Hymnes&Cantiques n°84 st. 1). Ainsi, pour marcher « en Christ », ce caractère de foi est indispensable. Les croyants marchent dans ce monde non pas « par la vue », mais en plaçant leur foi en Dieu pour tout leur chemin (voir 2 Cor. 5 : 7). Pensons à l’exemple remarquable d’Énoch, qui a « marché avec Dieu 300 ans » (Gen. 5 : 22) ; sa marche par la foi lui a valu de recevoir « le témoignage d’avoir plu à Dieu » - « or, sans la foi, il est impossible de lui plaire » (voir Héb. 11 : 5-6). Une marche avec Dieu, dans sa présence et sous son regard, consolide le croyant dans la foi ; il est conduit à rendre grâces pour l’expérience qu’il fait de la façon dont Dieu guide ceux qui, avec confiance, s’attendent à Lui. Et si nous devenons toujours plus solides dans la foi, « notre Seigneur Jésus Christ » Lui-même « nous affermira jusqu’à la fin pour être irréprochables dans la journée de notre Seigneur Jésus Christ » (1 Cor. 1 : 8).
            À la fin de sa première épître adressée aux croyants de Corinthe, l’apôtre Paul les exhorte par deux fois à tenir ferme : « Veillez, tenez ferme dans la foi ; comportez-vous en hommes, fortifiez-vous - ou : affermissez-vous » (1 Cor. 16 : 13). Écoutons et mettons en pratique dans notre comportement ces paroles de Paul, pour notre bien et notre croissance spirituelle.
            Nous sommes encore encouragés par Jacques à raviver et affermir nos affections pour Christ, dont nous attendons le prochain retour avec patience, car Il a promis de venir bientôt (Apoc. 22 : 20) : « Prenez patience ; affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche » (Jac. 5 : 8).


3 - Fondés

            « Que le Père…vous donne d’être fortifiés en puissance par son Esprit quant à l’homme intérieur, pour que… vous soyez enracinés et fondés dans l’amour. » (Éph. 3 : 16-17).
            
Être « fondé », c’est être établi fermement sur une base solide. Pensons à la parabole des deux maisons (Matt. 7 : 24-27). Pour le croyant, cela signifie être établi sur la personne même de Jésus Christ, car il n’existe pas d’autre véritable fondement que Lui (1 Cor. 3 : 11). Dieu le Père avait révélé à Pierre que Jésus était « le Christ, le Fils du Dieu vivant » ; c’est là le fondement inébranlable sur lequel le Seigneur Jésus bâtit son Assemblée. Il est Lui-même le « roc » sur lequel elle est édifiée (Matt. 16 : 16-18). Elle est un édifice composé de « pierres vivantes » (1 Pi. 2 : 5) qui sont tous les vrais croyants à partir du jour de la Pentecôte qui a suivi la mort, la résurrection et la glorification de Christ dans le ciel (Act. 2), jusqu’à son retour pour emmener les siens au ciel auprès de Lui.
            Revenons maintenant au passage si important de la prière de Paul pour les croyants d’Éphèse, afin de considérer son désir que les saints soient « fondés dans l’amour ».

                        3. 1 Enracinés et fondés
            
En Éphésiens 3, Dieu le Père, le Saint Esprit et le Christ sont au cœur de cette prière de l’apôtre Paul ; elle est adressée au « Père de notre Seigneur Jésus Christ ». Elle a Christ comme centre et l’Esprit comme puissance agissante. Et la demande de l’apôtre est pour le bénéfice spirituel des croyants afin qu’ils progressent dans la compréhension et la connaissance de choses très élevées dans lesquelles Dieu veut qu’ils entrent. Ce sont « les choses profondes de Dieu », qu’Il nous a « librement données » dans sa grâce envers nous, et qu’Il veut que nous connaissions. Et pour cela, nous avons reçu « l’Esprit qui est de Dieu », qui seul peut nous les révéler (voir 1 Cor. 2 : 10-12).
            Ce verset d’Éphésiens 3 : 18 montre que nous devons non seulement être profondément et fermement « enracinés » dans l’amour, mais aussi, en même temps, solidement « fondés » en Lui. La compréhension que nous pouvons avoir des plans éternels de Dieu, dans lesquels nous sommes inclus (quelle merveilleuse grâce divine !), et la connaissance de « l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance », ne peuvent nous être accessibles que si notre cœur prend racine dans l’amour du Christ et si nous sommes solidement établis sur la base large et solide de cet amour. Cela se réalise par la volonté du Père, la puissance de l’Esprit et la foi en Christ.

                        3. 2 Fondés et fermes
            
« … saints, irréprochables et irrépréhensibles devant lui – si du moins vous demeurez dans la foi, fondés et fermes » (Col. 1 : 22-23).
            
La foi est une clé de ce passage. L’apôtre désire que les saints à Colosses « demeurent » dans la foi, et qu’ils y soient établis. Le verbe « demeurer » a ici le sens de « continuer à demeurer » - c’est une situation établie, permanente et qui se prolonge. Dans notre vie, notre conduite et notre marche, notre foi ne doit pas se montrer de temps à autre, épisodiquement. Même si elle est peut-être plus faible à certains moments et plus forte à d’autres, elle doit être cependant toujours active et vivante en nous.
            Le prophète Habakuk nous dit : « Le juste vivra par sa foi » (Hab. 2 : 4). L’importance de cette parole est telle qu’elle est reprise trois fois dans le Nouveau Testament :
                  - l’épître aux Romains nous présente le juste, celui qui croit et qui est justifié par la justice de Dieu (Rom. 1 : 17) ;
                  - l’épître aux Galates insiste sur la foi de celui qui est justifié devant Dieu « par la foi en Jésus Christ » (Gal. 3 : 11 ; 2 : 16 ; 3 : 24) ;
                  - enfin, l’épître aux Hébreux met l’accent sur la vie par la foi (Héb. 11 : 38), et ce verset introduit le chapitre 11 qu’on a pu appeler « le chapitre de la foi ».

            Dans ce chapitre de l’épître aux Hébreux, nous voyons de grands exemples d’hommes et de femmes de foi. Ils ont eu des moments de faiblesse et même des chutes - ils avaient « les mêmes penchants que nous » (Jac. 5 : 17) -, mais ils ont tous été caractérisés par une foi qui honore Dieu et qui leur donne une place dans ce palmarès glorieux. Et mieux encore, la Parole place ensuite devant nos yeux pour nous encourager dans notre « course » terrestre, « Jésus, le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement » (Héb. 12 : 2), comme modèle parfait de foi.

                        3. 3 Tenir ferme et demeurer ferme
            
Nous comprenons sans peine que pour « demeurer » dans la foi, pour y être maintenus, nous devons être bien « fondés », solidement établis en elle (voir Col. 1 : 23). Et non seulement nous devons y être « fondés » - c’est la première étape, indispensable -, mais il faut encore « demeurer ferme », bien assurés, sans vaciller, ne nous laissant pas ébranler ou détourner. L’apôtre Paul a encouragé les croyants de Corinthe à être « fermes, inébranlables » (1 Cor. 15 : 58), en précisant : « fermes dans la foi » (1 Cor. 16 : 13).
            Le passage d’Éphésiens 6 : 10-18 montre comment « tenir ferme » dans un combat important pour nous, chrétiens : celui qui a lieu « contre les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes » (v. 12). Cela implique une action résolue de notre part. Pour tenir ferme, il faut d’abord avoir résisté, puis avoir « tout surmonté » (ou : mené à bonne fin, accompli). Nous avons pour cela trois éléments de « l’armure complète de Dieu » : la ceinture de la vérité, la cuirasse de la justice et les pieds chaussés de la préparation de l’évangile de paix (v. 14).
            Persécutés par ceux qui s’opposaient à l’évangile, traversant une période éprouvante pour leur foi, troublés par des personnes qui affirmaient que « le jour du Seigneur était là » (2 Thes. 2 : 2), les croyants de Thessalonique ont reçu les encouragements de l’apôtre Paul à « demeurer fermes » : « Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues » (2 : 15). À la foi dans la Parole de Dieu qu’ils avaient reçue comme étant telle (1 Thes. 2 : 13), ils devaient ajouter la persévérance dans ce que l’apôtre leur avait enseigné, par écrit ou oralement. Paul leur avait donné un enseignement juste et vrai, ils devaient rester fermes dans ces vérités et les maintenir.
            Que notre Seigneur Jésus Christ veuille nous aider à nous approprier ces encouragements adressés autrefois aux Thessaloniciens, mais qui sont tellement actuels pour nous aujourd’hui !


Ph. Fuzier – juillet 2025