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Lexique des termes bibliques

Ce lexique fournit une explication de termes bibliques recouvrant des vérités fondamentales de la Parole de Dieu.

Zèle

Trois mots sont utilisés dans la langue française pour traduire le terme du texte original grec zelotès : zélé - zélateur - zélote.
Le mot zélateur ne se trouve qu'une foi dans l'Ecriture. L'apôtre Paul, parlant de son zèle pour Dieu dans le judaïsme, écrit qu'il persécutait outre mesure l'assemblée de Dieu et la dévastait, « étant le plus ardent zélateur des traditions » de ses pères (Gal. 1 : 14). Il le dit aussi aux Philippiens : « Quant au zèle, persécutant l'assemblée » (3 : 6). Dans l'apologie qu'il présente à Jérusalem il rappelle qu'il a été instruit dans l'exactitude de la loi de ses pères, « étant zélé pour Dieu » (Actes 22 : 3). Ce même zèle, il le reconnaît chez le peuple juif dans son ensemble : « Je leur rends témoignage, dit-il, qu'ils ont du zèle pour Dieu, mais non selon la connaissance » (Rom. 10 : 2). Opposés qu'ils étaient à la grâce de Dieu révélée par le Seigneur Jésus, ils se sont montrés, zélés, d'ardents zélateurs, des défenseurs intransigeants de la loi confiée autrefois à Moïse.
Le terme zélote se lit dans deux passages seulement pour désigner l'un des douze disciples du Seigneur : Simon Zélote. Il a été ainsi distingué des nombreuses personnes qui ont porté le nom de Simon. Jésus, après avoir passé toute la nuit à prier Dieu, appelle ses disciples : « Simon, qu'il nomma aussi Pierre, et André, son frère... et Simon qui était appelé Zélote » (Luc 6 : 14, 15). Et, après son ascension, tandis qu'ils s'en retournent à Jérusalem, ils sont vus dans la chambre haute, persévérant dans la prière : « Pierre, et Jean... et Simon Zélote » (Actes 1 : 13).
Par l'historien Josèphe nous savons qu'un parti opposé à la domination romaine s'était constitué parmi les Juifs : le parti des zélotes. Ses adeptes étaient caractérisés par un zèle ardent dans l'observation de la loi et dans l'attente d'un Messie promis qui allait venir les délivrer du joug de Rome. Simon avait été l'un de ces zélotes. Puis, quand il est venu à la foi, suivant et servant le Seigneur, ce surnom lui est resté.
Il est à noter en passant que, dans les deux premiers évangiles, il est appelé le Cananéen. Non pas qu'il fût né en terre de Canaan ou à Cana de Galilée, mais il a été appelé ainsi, parce que le terme cananéen signifie zélé dans la langue araméenne, tout comme le terme zélote dans la langue grecque (voir la note en Matt. 10 : 4 et en Marc 3 : 18).
Le zèle est l'énergie ardente déployée dans le travail et le dévouement pour le Seigneur. La parole de Dieu exhorte les fidèles à être zélés pour faire le bien, comme aussi pour faire du bien. « Il est bon, » dit l'apôtre aux frères de la Galatie, « d'être toujours zélés pour le bien. » Et à Tite il écrit : « Notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ, qui s'est donné lui-même pour nous, afin qu'il... purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes oeuvres » (Gal. 4 : 18 ; Tite 2 : 14). C'est là le désir du coeur du Seigneur de voir du zèle dans la vie pratique de ceux qu'il s'est acquis pour lui-même (H.R.).
Quand les frères à Corinthe ont manifesté de meilleures dispositions à l'égard de l'apôtre, une vraie communion dans le zèle a été réalisée de part et d'autre : chez les Corinthiens ; chez l'apôtre lui-même ; chez Tite, son délégué. A propos des Corinthiens l'apôtre s'écrie : « mais quel ardent désir, mais quel zèle » ! Quant à lui-même il déclare : « afin que le zèle que nous avons pour vous, vous fût manifesté devant Dieu ». Quant à Tite il rend grâces à Dieu qui met le même zèle pour eux dans son coeur : « étant très zélé, il est allé spontanément auprès de vous » (2 Cor. 7 : 11, 12 ; 8 : 16, 17).
C'est par le Seigneur Jésus que le zèle pour Dieu a été manifesté en perfection. C'est lui-même qui dit par l'Esprit prophétique : « Le zèle de ta maison m'a dévoré, et les outrages de ceux qui t'outragent sont tombés sur moi ». Et, dans un autre psaume : « Mon zèle m'a dévoré ; car mes oppresseurs ont oublié tes paroles » (Ps. 69 : 9 ; 119 : 139). La maison de Dieu profanée, les paroles de Dieu oubliées, tels furent les motifs puissants du zèle de notre Seigneur pour la gloire de son Dieu.
En effet, aux jours de sa chair, il chassa les vendeurs et les changeurs hors du temple, qui était encore pour lui la maison de son Père. Les disciples se rappelèrent alors les paroles du psaume 69 : « Le zèle de ta maison me dévore » (Jean 2 : 17). Le Seigneur Jésus ne pouvait pas tolérer une telle profanation. De sa propre autorité il revendiquait la gloire d'un tel lieu, la demeure même où Jéhovah avait habité au milieu de son peuple.
Comme il portait intérêt à la maison de son Père, les croyants ont à porter un semblable intérêt à ce qui, aujourd'hui, est la maison de Dieu, l'Assemblée du Dieu vivant. Ils ont à être remplis de zèle dans la recherche de son bien, travaillant en vue de son édification. Pourquoi la ville de Jérusalem était-elle chère au coeur du psalmiste ? Parce que la maison de l'Eternel était là ! « A cause de la maison de l'Eternel, notre Dieu, dit-il, je rechercherai ton bien » (Ps. 122 : 9).
Un tel zèle était déjà réalisé par les enfants d'Israël aux jours d'Esdras et de Néhémie. On pouvait dire d'eux, tandis qu'ils construisaient la maison du grand Dieu : « Cet ouvrage se poursuit avec zèle et prospère dans leurs mains » (Esdras 5 : 8). Et à propos de la construction de la muraille, il est parlé d'un travailleur, Baruc, qui « répara avec zèle une autre portion » (Néh. 3 : 20). Il est à souhaiter que nous aussi nous soyons de tels ouvriers, actifs et zélés, considérant toujours comment nous édifions sur le seul fondement, lequel est Jésus Christ (1 Cor. 3 : 10).
Nous nous arrêtons enfin sur l'un des derniers appels de la parole de Dieu : »Aie donc du zèle et repens-toi ! » (Apoc. 3 : 19). Cet appel est adressé à l'ange de l'assemblée qui est à Laodicée, la dernière des sept assemblées dont il est parlé au début du livre de l'Apocalypse. Qui est donc cet ange ? L'un de nos frères conducteurs a défini ce titre comme représentant la responsabilité personnifiée, ce qui signifie que tous, au sein de l'assemblée, nous avons à être exercés quant à notre responsabilité d'agir selon la pensée de Dieu (A.G.).
L'assemblée qui était à Laodicée représente l'Eglise arrivée à un état d'infidélité extrême. Le Seigneur, lui, le Témoin fidèle et véritable, l'appelle une fois encore et lui dit : « Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime ; aie donc du zèle et repens-toi. » La possibilité de se repentir lui est encore offerte. Un tel appel continue à se faire entendre aujourd'hui. N'avons-nous pas à nous repentir du triste état dans lequel nous nous trouvons ? Il est à désirer que nous nous empressions d'y répondre, avec zèle, n'oubliant pas que « la tristesse qui est selon Dieu opère une repentance à salut dont on n'a pas de regret » (2 Cor. 7 : 10).

Pierre Rossel