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celui que l'Eternel cache et protège.
Le message que l'Eternel avait mis dans la bouche de Jérémie était destiné à regagner le coeur de son peuple oublieux, trop fidèle image de notre propre coeur ! Dans son amour, l'Eternel châtie son peuple (Jér. 6 : 29-30) ; mais Il le fait en vain car celui-ci refuse de revenir ! (Jér. 5 : 3 ; Soph. 3 : 2). Dieu instruit Habakuk, angoissé par la marée montante du mal : le juste, au milieu de l'épreuve, vivra de foi. Son compagnon de service, Sophonie, met l'accent sur la jalousie de Dieu, qui fait partie de ses perfections (Soph. 1 : 18 ; 3 : 8 ; Deut. 5 : 9). Comment pourrait-Il supporter que des rivaux lui disputent les affections des siens ? Hélas, ne nous faut-il pas souvent confesser que d'autres seigneurs ont dominé sur nous ? Que nous puissions alors exprimer le désir formé par la repentance : « Par toi seul, nous ferons mention de ton nom » (Es. 26 : 13).
Le déclin spirituel du peuple est intense. Il s'adonne au culte de Baal et à celui de « l'armée des cieux », lié à l'astrologie (Jér.8 : 2). Les princes et les fils du roi affichent leur déloyauté envers l'Eternel : en particulier, ils adoptent les manières de se vêtir en usage à ce moment-là au milieu des nations idolâtres (Soph. 1 : 8) ! Quelle est notre façon de nous vêtir, nous qui faisons profession de servir Dieu ? Est-elle toujours en accord avec la pudeur et la modestie dont parle l'Ecriture (Rom. 12 : 2 ; 1 Pier. 3 : 3 ; 1 Tim. 2 : 9) ?
Parmi les hommes du peuple d'Israël, certains « sautaient par-dessus le seuil », considéré comme hanté par des divinités néfastes (1 Sam. 5 : 5). Satan se cache sous ces pratiques superstitieuses pour mieux séduire les coeurs. Même aujourd'hui, de nombreux chrétiens s'attachent secrètement aux horoscopes, aux talismans. Ils « touchent du bois », comme le font les gens de ce monde, sous prétexte de se prémunir contre des dangers potentiels. Il faut rejeter avec une sainte énergie toutes ces vaines spéculations de l'esprit humain. L'Eternel seul peut nous garder de tout mal (Ps. 121 : 3-8 ; Job 1 : 9-10).
Le prophète déclare qu'ils remplissent la maison de leur Seigneur de violence et de fraude (Soph. 1 : 9). Aussi annonce-t-il le jugement de tous ces idolâtres, de ceux qui se montraient doubles de coeur (Jac. 4 : 7-8), en cherchant à servir simultanément l'Eternel et Moloch (une affreuse idole, appelée ici Malcam, à laquelle on offrait des sacrifices humains et même des enfants brûlés vifs -2 Rois 16 : 3 ; 21 : 6) !
Parmi eux, il y avait ceux qui se détournaient délibérément de l'Eternel, et d'autres, plus nombreux, qui affichaient leur indifférence (Es. 1 : 4). On retrouve toujours ces deux catégories de personnes : ensemble, elles courent (1 Cor. 15 : 34) vers le même terrible jugement.
En effet, les prophéties de Sophonie vont recevoir un accomplissement partiel avec l'invasion de Babylone, en 606 avant Jésus Christ. Toutefois, le terrible « grand jour de l'Eternel », si fortement évoqué dans ce livre, est encore à venir. Ses caractères effrayants sont largement mis en évidence (Soph. 1 : 14-16). La venue de ce jour annoncée depuis plus de 2 500 ans par les prophètes, a été confirmée par le Seigneur Jésus dans les évangiles et par les apôtres dans les épîtres. Dans le Nouveau Testament, il est appelé « le jour du Seigneur ».
Il commencera aussitôt après l'enlèvement de l'Eglise « à la rencontre du Seigneur en l'air ». « Les fils de la lumière » n'ont aucune raison de le redouter, mais il en va tout autrement pour ceux qui sont encore dans les ténèbres (1 Thes. 4 : 17 ; 5 : 4, 9) !
Toutefois, l'imminence de cette juste rétribution du mal doit ouvrir les yeux de chaque croyant sur la violence et la corruption qui règnent dans ce monde, et les amener à s'en séparer de façon beaucoup plus nette (2 Pier. 3 : 10-12).
La main de l'Eternel (Es. 5 : 25) doit s'étendre contre sa propre ville. Plus tard, nous voyons le Seigneur pleurant sur elle en disant : « Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix » ! (Luc 19 : 41-42). Les coins et les recoins des rues et des maisons seront fouillés « avec des lampes ». Alors tous ceux qui reposent sur leurs lies (voir Jér. 48 : 11-12) et qui osent dire dans leur coeur : « L'Eternel ne fera ni bien ni mal » (Soph.. 1 : 12), n'échapperont pas au jugement. Ils verront leurs biens devenir une proie et leurs maisons détruites !
Il est question du jugement des Philistins (Soph. 2 : 4-7). Ce petit peuple farouche a été utilisé, de même que les Assyriens, comme une verge dans la main de Dieu (Es. 10 : 5). Il les a souvent autorisés à empiéter sur les possessions pourtant inaliénables d'Israël. Ce dernier se détournait de l'Eternel qui le livrait dans la main de ses ennemis (Juges 10 : 7 ; 13 : 1 ; 1 Sam. 9 : 12) ! La malédiction est prononcée sur « ceux qui habitent les côtes de la mer ». Il n'y aura plus d'habitants et ces côtes seront « pour le résidu de la maison de Juda » ! L'Eternel, leur Dieu, dans sa miséricorde, visitera Juda et rétablira ses captifs (Soph. 2 : 5-7). Cette mention anticipée de la captivité de Juda et de la fin de leur exil est remarquable.
Ces Philistins sont une image de la chrétienté apostate. Il faut reconnaître que le monde religieux asservit souvent les chrétiens, à cause de leurs infidélités répétées (2 Cor. 11 : 20) !
Il est question enfin de la destruction de l'Ethiopie et de l'Assyrie (Soph. 2 : 12-15 ; Ezé. 30 : 4-9). Ces deux puissantes nations idolâtres représentent l'homme, inconscient de son état et plongé entièrement dans des ténèbres morales. Pour l'Assyrie, le jugement annoncé va s'abattre sur ce pays tel qu'il existait alors, sous l'action conjuguée de Babylone et des Mèdes ; mais il l'atteindra encore, tel qu'il sera à la fin des temps (Es. 10 : 12-15 ; Ezé. 31 : 3, 11-14)!
Hélas, « l'inique ne connaît pas la honte ». Quelle est la triste réponse de ces coeurs endurcis ? « Ils se sont levés de bonne heure et ils ont corrompu leurs actions » (Soph. 3 : 5-7). Aussi un « malheur » solennel est soudain prononcé avec force contre cette ville rebelle, corrompue, oppressive (Soph. 3 : 1 ; Ezé. 24 : 9). Et les reproches qui suivent (Soph. 3 : 2) pourraient, hélas, s'adresser aussi à un enfant de Dieu, qui néglige la Parole de Dieu (« elle n'écoute pas la voix, elle ne reçoit pas l'instruction ») et qui délaisse la prière (« elle ne se confie pas dans l'Eternel, ne s'approche pas de son Dieu »).
Toutes les classes responsables de la société à Jérusalem se sont corrompues et s'adonnent à la violence. Quel sinistre tableau ! Les princes sont comparés à des lions rugissants (Prov. 28 : 15) et les juges, à des loups affamés (Hab.1 : 8) qui dévorent leurs proies de façon gloutonne. Les prophètes ne sont que des vantards perfides : ils trompent le peuple par de fausses promesses. Enfin, les sacrificateurs profanent le lieu saint et violent la loi (Soph. 3 : 3-4) !
C'est pourquoi le jour de la vengeance est imminent et l'Eternel fait part à Israël du décret qu'Il a prononcé : « Attendez-moi…pour le jour où je me lèverai pour le butin ! » (Soph. 3 : 8). Le Seigneur est représenté comme un vainqueur dépouillant ses ennemis. Il est déterminé à verser son indignation et l'ardeur de sa colère sur les peuples. C'est dans ce but qu'Il les rassemblera. Israël, lui aussi, connaîtra la grande tribulation. C'est la fin du temps des nations qui est évoquée ici ; ailleurs, il est précisé que Christ, la pierre détachée sans main, frappera la grande statue et remplira à son tour toute la terre (Dan. 2 : 34-35).
« Ils paîtront et se coucheront ; et il n'y aura personne qui les effraye » (Soph. 3 : 13). Le contentement et la tranquillité seront enfin la part du résidu. Dans la première partie du Psaume 23, l'âme est satisfaite : elle reçoit tout ce qui répond à ses besoins et à ses désirs ; dans la seconde partie, elle réalise qu'elle est en paix même en présence de ses ennemis !
Présentement, cette nation est encore « répandue loin et ravagée… un peuple merveilleux dès ce temps et au-delà…une nation qui attend, attend, et qui est foulée (Es.18 : 2). Mais sur le chemin du retour vers Jérusalem, ce peuple sera épuré : les rebelles, les orgueilleux et ceux qui étaient « hautains à cause de ma montagne sainte » (c'est-à-dire à cause de Sion), seront ôtés (Soph. 3 : 11). Le plus fâcheux signe d'orgueil est de se vanter des dons reçus par un effet de la faveur de Dieu. L'homme naturel a toujours en vue sa propre gloire : il se considère comme un centre. On peut facilement se laisser entraîner sur une telle pente. Sachons bien que celui qui est véritablement né de nouveau ne redeviendra jamais un homme naturel ou animal (1 Cor. 2 : 14), mais qu'il peut encore facilement être ou devenir un chrétien charnel, comme l'étaient les croyants à Corinthe (1 Cor. 3 : 1-3). Ils s'enorgueillissaient « d'avoir été enrichis en Lui en toute parole et en toute connaissance » au lieu d'y voir un effet de la seule grâce de Dieu (1 Cor. 1 : 4-5) ! Prenons garde à rejeter toute arrogance dans le domaine spirituel. De toutes les formes d'orgueil, c'est la pire !
L'Eternel annonce : « Je laisserai au milieu de toi un peuple affligé et abaissé, et ils se confieront au nom de l'Eternel » (Soph.3 : 12) ! Le résidu n'a aucune importance ni aucune influence dans le monde. Il est composé de gens qui n'ont pas grande valeuraux yeux des incrédules (1 Cor. 1 : 26). Ils ressemblent à Celui qui n'a jamais fait valoir ses droits ici-bas, ils ont peu de force, mais ils gardent sa Parole et ne renient pas son nom. Dans leur faiblesse, ils se confient en Lui. Demandons au Seigneur de détacher nos coeurs de tout ce qui nous entoure afin que Lui seul ait toute la place.
Certainement ce verset s'applique d'abord au moment du règne de Christ sur la terre pendant la période millénaire, mais n'éveille-t-il pas un écho dans le coeur de chacun de ses rachetés, qui seront avec Lui dans l'éternité bienheureuse ? Ce qui est vrai du peuple terrestre l'est aussi pour l'Eglise, et d'une manière plus bénie encore, puisqu'elle occupe une place de choix dans le coeur de Christ.
Pensons beaucoup plus à son bonheur : Il a répandu la semence en pleurant sur cette terre. Il va revenir avec chant de joie, portant ses gerbes (Ps. 126 : 6). Il jouira éternellement, et les siens avec Lui, du repos parfait de l'amour.
Ce précieux livre se ferme sur de belles promesses : « Je sauverai celle qui boitait, et je recueillerai celle qui était chassée, et je ferai d'elles une louange et un nom…Je vous amènerai … je vous rassemblerai…je rétablirai vos captifs » (Soph.3 : 19-20). Chrétiens, nous appartenons à une autre économie, mais combien il est précieux de faire nôtres de telles promesses, dans les temps difficiles qui précèdent son retour ! Si ses rachetés font leurs délices dans le Seigneur et Lui obéissent, Il trouvera aussi en eux ses délices et les comblera de biens (Prov. 8 : 21). « Je guérirai leur abandon de moi et je les aimerai librement » (Osée 14 : 4).
