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En outre Israël n'allait plus à Guilgal, ce lieu où la chair était jugée. L'Ange de l'Eternel, lassé d'attendre, avait dû descendre à Bokim, le lieu des pleurs et de l'humiliation (Jug. 2 : 1).
Dans une telle misère morale, le peuple redoute la puissance humaine : les chars de fer de l'ennemi lui font peur. L'énergie de la foi, si nécessaire pour le combat, fait défaut, à quelques exceptions près : Othniel, Acsa. Partout, on a commencé par tolérer la présence des ennemis, ensuite on subit leur volonté ; plus question de jouir paisiblement de la bénédiction divine.
Désormais le même cycle va constamment se renouveler : le peuple commence par abandonner l'Eternel. Dieu se sert des ennemis pour parler à leur conscience. Alors ils crient à Lui et Il leur envoie un sauveur. Mais bientôt, ils recommencent à désobéir et à s'éloigner dans leurs coeurs.
Dans Juges 10, les fils d'Israël sont opprimés, écrasés même par les Philistins et les fils d'Ammon, ils sont dans une grande détresse. Alors ils crient à l'Eternel : « Nous avons péché contre toi ; car nous avons abandonné notre Dieu, et nous avons servi les Baals » (Jug. 10 : 10). Tout cela est réel, mais leur travail de conscience et de coeur est-il suffisant ?
Celui qui voit dans le secret (Matt. 6 : 4, 6, 18) commence par leur rappeler les merveilles opérées en leur faveur. Il ajoute : « Mais vous m'avez abandonné et vous avez servi d'autres dieux » (Jug. 10 : 11-12). Chaque fois que dans sa miséricorde Dieu leur a accordé une délivrance, ils ont commis de nouvelles infidélités ! L'Eternel leur déclare : « C'est pourquoi je ne vous sauverai plus » (v.13). Il les renvoie à leurs idoles, à tous les secours humains vers lesquels ils se sont tournés. Il semble rester sourd à leurs prières. Refuse-t-Il donc de sauver ? La situation est-elle sans espoir ? Non, mais il faut confesser ses péchés, s'en humilier en reconnaissant que le châtiment est mérité (v. 15). Il faut aussi prouver par des actes la réalité de l'humiliation : « Ils ôtèrent du milieu d'eux les dieux étrangers et servirent l'Eternel » (v. 16).
L'idolâtrie dans l'Eglise
Ayant abandonné son premier amour, l'Eglise responsable a connu un déclin comparable à celui d'Israël. La force et, dans une grande mesure, la bénédiction ont aujourd'hui disparu au milieu d'elle. Pourtant Dieu, lui, n'a pas changé : sa puissance est toujours à la disposition de la foi.
Dans cette Eglise, le relâchement collectif est la conséquence des défaillances individuelles. Chaque chrétien est donc responsable. Si son amour pour le Seigneur est défaillant, comment pourrait-il rester séparé de ce monde ? Un monde qui nous propose de multiples idoles, très variées, toujours prêtes à envahir le coeur ?
Quel témoignage avons-nous réellement rendu à cet égard depuis notre conversion ? Nous avons été « achetés à prix » (1 Cor. 6 : 19), par le sang précieux de Christ ! Y a-t-il eu dans notre comportement une conversion totale, comme chez les saints à Thessalonique ? Notre état spirituel est-il bon (1 Thes. 1 : 9) ?
Une part importante de notre temps, du fait en particulier de nos études ou de notre travail, se passe en contact avec des personnes incroyantes. Nous ne pouvons pas constamment éviter ces relations ; il faut veiller toutefois à ce qu'elles n'exercent aucune influence sur notre vie spirituelle. Prenons garde aux mauvaises compagnies (1 Cor. 15 : 33) : il y a des personnes qu'il faut absolument fuir, même s'il doit en résulter de la moquerie ou des persécutions.
Veillons beaucoup sur notre état intérieur, sur la qualité et la continuité de la communion avec le Seigneur. Lui seul, homme ici-bas, a pu dire : « Le chef de ce monde vient et il n'a rien en moi » (Jean 14 : 30). Ne laissons pas notre chair se montrer à sa guise, avec ses convoitises (1 Jean 2 : 16-17). Elle doit être laissée là où la croix de Christ l'a placée : dans la mort (Rom 8 : 13). Or elle voudrait constamment se manifester. Pour l'en empêcher, il faut user librement, sous la conduite du Saint Esprit, des ressources à notre disposition : l'épée de l'Esprit, c'est-à-dire la Parole de Dieu, et la prière (Eph. 6 : 17-18). L'humiliation, si souvent nécessaire, personnelle ou collective, ne doit pas être des lèvres seulement. Il faut se garder d'une humiliation « de commande », c'est-à-dire d'une sorte de rite où le coeur n'est pas engagé. Retenons l'appel de Dieu à déchirer nos coeurs et non nos vêtements (Joël 2 : 13). Très souvent, notre prière ne contient que des termes vagues, généraux. En fait, on est disposé, peut-être, à se reconnaître solidaire du mal dans l'assemblée, mais chacun réalise-t-il qu'il a des manquements personnels à confesser (2 Chr. 28 : 10) ? Plus le déclin est accentué, plus le travail dans la conscience doit être profond.
Une vraie humiliation est accompagnée par des actes : elle est suivie par le rejet des idoles, longtemps tolérées peut-être (Job 20 : 12-13).
Une idole, c'est tout ce qui empêche un inconverti de venir à Christ et un croyant d'avoir une marche fidèle. Citons en particulier l'amour de l'argent et l'avarice qui s'y lie, les convoitises charnelles qui font la guerre à l'âme, le sport qui devient vite une passion, le désir de dominer, d'exercer le pouvoir… Et n'y a-t-il pas encore cette idole intérieure si exigeante : le « moi » ? Examinons, chacun pour soi-même, dans la présence du Seigneur, quelles sont les idoles qui se trouvent dans notre coeur, et derrière lesquelles se cachent des démons (1 Cor. 10 : 20) ; demandons au Seigneur la force de nous en séparer. Apprenons à dire, avec Jean le baptiseur : « Il faut que Lui croisse et que moi je diminue » (Jean 3 : 30). C'est le chemin de la bénédiction.
Si, aujourd'hui, avec leur orgueil et leur appétit insatiable de jouissance (Rom. 1 : 25), les hommes pensent être plus « raffinés » que ceux de l'Antiquité, ils n'en sont pas moins idolâtres.
Qu'il est triste de constater que l'Eglise a contribué à ce développement de l'idolâtrie. Déjà au quatrième siècle de notre ère, au moment où les païens entraient en foule, on introduisit des images dans quelques édifices chrétiens : c'était seulement, disait-on, pour les orner et pour instruire le peuple. En 736, un empereur d'Orient, Léon l'Isaurien, promulgua des édits contre les images. En 780, l'impératrice Irène réintroduisit leur culte dans l'église d'Orient, ce qui fut ratifié en 787 par le concile de Nicée.
L'église romaine encourage également le culte des statues et les représentations du Christ, de la vierge Marie et des saints. Elle cherche à le justifier en disant que, tandis qu'on honore ces derniers, on adore Dieu et son divin Fils. Pourtant la Loi de Moïse interdisait formellement toute représentation qui puisse servir au culte, toute image d'un homme, d'une femme ou d'un être quelconque (Deut. 4 : 15 ; 18 : 23-24). Le second commandement, des plus solennels, insiste sur la défense de servir les images et de s'incliner devant elles (Deut. 5 : 7-18) ; ainsi, il n'est pas selon la pensée de Dieu d'élever sur des autels des images, des sculptures, des peintures, des statues, afin de s'agenouiller et de brûler des cierges devant elles, de leur adresser des prières ou de les porter en procession.
Tout cela ne cesse de grandir et viendra à son comble après l'enlèvement au ciel des vrais croyants, auxquels Dieu commande déjà : Sortez du milieu d'elle, mon peuple. L'Apocalypse nous présente de façon détaillée le jugement de Babylone, l'église apostate qui s'est corrompue par des alliances impures avec le monde et ses idoles (Apoc. 17-18). Cette mère des abominations sera détruite.
L'Eternel est un Dieu jaloux qui veut être l'objet exclusif de notre adoration. Christ est le seul médiateur, notre tout puissant intercesseur (Act. 4 : 12 ; Rom. 8 : 31-34 ; 1 Tim. 2 : 5 ; Héb. 7 : 24-25 ; 9 : 24). C'est l'offenser que de s'adresser à des créatures, autant, si ce n'est plus qu'à Lui. La vierge Marie et les saints, représentés sur les statues, ne sont pas encore ressuscités. La Parole interdit de chercher un contact quelconque avec les défunts, fussent-ils des croyants (Lév. 20 : 6, 27 ; Deut. 18 : 10-14).
Ph.L. le 27.09.07
Tu l'acquis, Dieu Sauveur, sur le mont Calvaire.
