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Le travail de purification à Jérusalem, la Pâque et la fête des pains sans levain
L'attaque du roi d'Assyrie contre Jérusalem
La maladie d'Ezéchias
La dernière épreuve
C'est à ce moment-là que l'Eternel transporta en captivité les dix tribus d'Israël : pour eux, « il n'y eut plus de remède » (2 Chr. 36 : 16). La conduite d'Achaz Lui aurait donné toutes les raisons d'agir de même à l'égard de Juda. Mais la grâce de Dieu avait encore une ressource inattendue : c'était un roi fidèle, Ezéchias. La Providence divine l'avait fait échapper aux sacrifices à Moloc, dont ses frères avaient été victimes. Il était véritablement un « tison sauvé du feu » (Zach. 3 : 2).
Au bout de seize jours, les quatorze lévites et leurs frères ont entièrement nettoyé la maison de Dieu. Tout a été remis en ordre : le culte peut être rétabli. Là encore, Ezéchias se lève de bonne heure. L'holocauste et le sacrifice pour le péché, suivis par le cantique, sont offerts pour tout Israël. Il n'y pas de joie ni de louange possible sans l'oeuvre de Golgotha.
Ezéchias comprend alors qu'il faut rétablir la Pâque. Elle sera célébrée le second mois, ainsi que cela a été prévu (Nom. 9 : 11). Il envoie des messagers dans tout le pays d'Israël. Rappelons-nous la teneur de son précieux message (2 Chr. 30 : 6-8) : « Retournez à l'Eternel » (c'est la repentance), « donnez la main à l'Eternel » (expression de la foi), « venez à son sanctuaire » (pour chercher Sa présence) et « servez l'Eternel » ! Le roi se plaît aussi à rappeler que Dieu fait grâce, car Il est miséricordieux.
Cet appel est pourtant reçu avec beaucoup de moquerie, par incrédulité ou par indifférence. Tel est souvent, hélas, l'accueil réservé aux appels de la grâce. Toutefois quelques-uns s'humilient et se joignent à la grande congrégation qui se réunit bientôt à Jérusalem. La purification déjà commencée se poursuit : les autels idolâtres, construits par Achaz, un peu partout dans Jérusalem, vont rejoindre dans le torrent du Cédron les impuretés du temple (2 Chr. 29 : 16).
Parmi ceux qui sont venus à la fête, beaucoup ont négligé de se sanctifier (2 Chr. 30 : 17). Faut-il donc les renvoyer ? Non, le sang des victimes égorgées pour la Pâque pourvoit à leur sanctification. Ceci nous fait penser au sang de Jésus, le saint Agneau de Dieu, qui nous purifie de tout péché (1 Jean 1 : 7).
Le roi Ezéchias - il agit ici comme un type de Christ - intercède auprès de Dieu en faveur des faibles et des ignorants, afin qu'Il pardonne « à tous ceux qui ont appliqué leur coeur à rechercher l'Eternel » (2 Chr. 30 : 19).
Au lieu d'exhorter, souvent en vain, quelqu'un à abandonner ses idoles, il faut d'abord chercher à l'amener à Jésus ! C'est une des leçons de la conduite d'Ezéchias ici vis-à-vis de brebis égarées d'Israël.
Pour offrir les holocaustes, Ezéchias prend tout ce qui est nécessaire sur ses propres biens. Le peuple l'imite et se montre généreux : les prémices et les dîmes s'amoncellent ! La force de l'exemple est bien supérieure à celle des paroles. Ne l'oublions pas en ce qui nous concerne (2 Thes. 3 : 7-9).
Des intendants et des administrateurs sont désignés, dans chaque ville, « chaque jour pour l'affaire du jour ». Ils doivent veiller sur ces biens et les distribuer avec fidélité ( 2 Chr. 31 : 16, 19 ; 1 Cor. 4 : 2). Une fidélité nécessaire également pour « distribuer des portions », et apporter de la nourriture spirituelle au peuple de Dieu.
La foi d'Ezéchias commence par chanceler. Il croit se tirer d'affaire en donnant à Sankhérib un énorme tribut. En vain, car la délivrance et la paix ne s'obtiennent pas en faisant des concessions. L'Ennemi trompe et déçoit toujours. Ce monarque, loin de désarmer, envoie peu après de grandes forces contre Ezéchias et les habitants de Jérusalem. Il délègue ses pouvoirs à trois dangereux personnages. Son général en chef est chargé de les vaincre, le chef de ses serviteurs de les asservir et son grand échanson de les séduire. Méfions-nous de certains personnages que Satan peut nous envoyer parfois : leur langage les trahira.
Le Rab-Shaké (le grand échanson) commence par prononcer une harangue où il se moque ouvertement de la confiance de ses adversaires en l'Eternel. Il use, tour à tour, de menaces, de moqueries et de mensonges. Il prétend avoir reçu un ordre de l'Eternel pour monter contre Juda et le détruire (2 Rois 18 : 25) ! Il tente ensuite de les séduire, en faisant miroiter les richesses de l'Assyrie où il se propose de les transporter. Il y a apparemment peu de différence (voir Deut. 8 : 7-8). Mais dans le pays de l'ennemi, pas de ruisseaux d'eau, de sources et d'eaux profondes. L'Ennemi cherche toujours à nous détourner de notre ressource suprême. Ezéchias a commandé de ne pas lui répondre. Il ne faut pas discuter avec l'Ennemi, il faut le fuir.
Sankhérib lui-même adresse au peuple un discours menaçant et perfide. Il accuse Ezéchias de livrer ses sujets à la mort, par la faim et par la soif (1 Chr. 32 : 11). C'est un mensonge : les chambres du sanctuaire sont abondamment remplies de vivres, mis en réserve au temps de l'abondance (2 Chr. 31 : 10-11). Et, grâce à l'aqueduc que le roi vient de construire (2 Chr. 32 : 4 ; 2 Rois 20 : 20), l'eau fraîche jaillit à l'intérieur même de la ville.
Le menteur n'a pas, depuis lors, changé de méthode (Jean 8 : 44). A l'entendre, rester auprès de Jésus, c'est s'exposer à la disette et aux privations. C'est évidemment tout le contraire ! Christ est le pain de vie (Jean 6 : 48, 51). Il est aussi la source des eaux vives (Jean 7 : 37).
Quelle sera la réponse d'Ezéchias ? Au lieu d'une armure, il se revêt d'un sac et son quartier général se trouve dans la maison de l'Eternel. Les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu (2 Cor. 10 : 4-5).
Avec le prophète, ils crient ensemble à Dieu pour avoir du secours (Matt. 18 : 19). Leur confiance ne sera pas déçue : « Ne crains point », fait répondre l'Eternel au roi (le nom d'Ezéchias signifie : puissance de l'Eternel).
Une formidable armée menaçait le peuple de Dieu : la victoire est accordée à ces deux hommes de foi et à la ville de Jérusalem (Es. 38 : 6). Les assaillants sont écrasés, un ange est envoyé du ciel contre eux. Leur chef retourne dans son pays, la honte au visage. Il sera bientôt assassiné par ses fils.
Son désespoir (Es. 38 : 10-14) montre qu'il ne connaît pas encore la promesse que Dieu a faite : « Il engloutira la mort en victoire ; et le Seigneur Eternel essuiera les larmes de dessus tout visage » (Es. 25 :8). Ezéchias vit au temps des promesses pour la terre (Ps. 116 : 9). Il ne voit pas au-delà d'un prolongement de jours. Il est loin de savoir aussi, comme l'apôtre Paul, et tous les rachetés avec lui, que mourir est un gain, car déloger et être avec Christ est de beaucoup meilleur (Phil. 1 : 21, 23)
Dieu entend sa prière, il voit ses larmes… et se laisse fléchir : quinze années sont ajoutées à la vie d'Ezéchias, qui est délivré ainsi que Jérusalem de la main du roi d'Assyrie (Es. 38 : 5). L'Eternel donne aussi un signe de sa grâce : l'ombre rétrograde sur le cadran solaire d'Achaz, annonçant ainsi que le jugement est retardé.
Le roi déclare : « Que dirai-je ? Il m'a parlé et lui l'a fait. J'irai doucement toutes mes années, dans l'amertume de mon âme… tu m'as fait vivre » (Es. 38 : 15-16).
Ces envoyés se présentent avec une lettre et un cadeau pour Ezéchias. Que n'a-t-il déployé cette lettre-là devant l'Eternel ! Accepter ce cadeau le rend redevable vis-à-vis de ces étrangers (Ex. 23 : 8). Les amabilités de notre monde corrompu sont très dangereuses pour un chrétien. Elles trouvent, hélas, souvent, un écho complaisant dans la vanité de son propre coeur. N'était-ce pas plutôt pour ce roi une occasion pour parler de la bonté et de la puissance de l'Eternel qui l'avait par deux fois délivré ? L'occasion aussi de faire connaître à ces adorateurs du soleil la maison de Dieu, le Dieu vivant et vrai (1 Thes. 1 : 9) ?
Hélas, Ezéchias ne rendit pas en raison du bienfait reçu, car son coeur s'éleva (2 Chr. 32 : 25). Au lieu de chercher la pensée de l'Eternel, il montre à ces ennemis potentiels sa propre maison, son arsenal, tous ses trésors, tout ce dont Dieu lui annonce ensuite qu'il n'en subsistera rien (Es. 39 : 6).
« Qu'ont-ils vu dans ta maison ? », demande Esaïe au roi. Question toujours sérieuse. Nos visiteurs, que voient-ils dans la nôtre ? Des biens périssables que nous nous flattons de posséder ou « quelques reflets du très saint lieu », un peu du parfum de Christ dans les siens ?
